lundi 10 novembre 2014

Devine qui vient dîner?

Un auteur de roman noir reste un auteur de roman noir comme un nègre reste un nègre, un juif un juif, un bougnoule un bougnoule et un pédé un pédé. L'intégration demeure très, mais alors très fragile. Il suffit d'avoir lu le mépris à peine dissimulé dans les yeux d'une X, par exemple, à la Foire de Brive, son étonnement muettement réprobateur à l'idée que je signais, moi aussi, sur le stand Gallimard, pour savoir que tous les beaux discours sur l'effacement des genres, sur le roman noir qui serait de la littérature à part entière, c'est de la couille en barre.
Il suffit de gratter un peu, parfois très peu pour que revienne vite, chez certains écrivains "de blanche" quelque chose qui est de l'ordre du racisme, c'est un dire un mélange de peur, d'ignorance et de connerie.
En même temps, je publie de la poésie au printemps et je les encule.

27 commentaires:

  1. Janvier va donc enfin voir se matérialiser le recueil jusqu'ici imaginaire, soi-disant fruit de la plume d'un certain Martin Joubert, Sauter les descriptions ?

    Excellente nouvelle, d'autant que ce serait bien la première fois que pareille chose arriverait, même en tenant compte du récent Pierre Ménard de Michel Lafon

    RépondreSupprimer
  2. http://grooveshark.com/#!/search?q=Nat+king+Cole

    RépondreSupprimer
  3. Ah si, pardon, il y a au moins un précédent : le Necronomicon de l'Arabe fou Abdul al-Hazred, issu de l'imagination de Lovecraft et dont plusieurs éditions ont vu le jour par la suite (dont une chez J'ai Lu dans les années 80). Mais ce sont des thuriféraires qui se sont chargé de le rédiger, pas l'inventeur lui-même…

    RépondreSupprimer
  4. Certains de ces Philinte n'ont rien contre une petite sodomie

    RépondreSupprimer
  5. http://sd.keepcalm-o-matic.co.uk/i/keep-calm-and-love-leroy-7.png

    RépondreSupprimer
  6. C'est sûr qu'à côté d'un bogosse gendre idéal à succès du style Foekinos, Jérôme, vous ne faîtes pas le poids. Littérairement, c'est une autre histoire…

    RépondreSupprimer
  7. Tant de livres qui voudraient passer pour de beaux chevaux puissants, bien nourris, bien hydratés, et qui ne sont que des rosses efflanquées portant sur leurs flancs un panier d’avoine et un bidon d’eau.
    Eric Chevillard

    RépondreSupprimer
  8. Foenkinos beau gosse?... Mouais...Il a des lunettes mais elles ne sont même pas noires...

    RépondreSupprimer
  9. "Mon point de vue est peut-être celui d'un "artiste", c'est à dire, selon la bonne bourgeoisie, le point de vue d'un fou. Il y a des fous qui regardent le visage et le comportement des gens. Non pas en épigones du positivisme lombrosien... mais parce qu'il connaissent la sémiologie; ils savent que la culture produit des codes, que les codes produisent des comportements, que le comportement est un langage; et dans ce moment historique où le langage verbal est complètement conventionnel, stérilisé (technicisé), le langage du comportement (postures et mimique) revêt une importance décisive".
    PPP

    RépondreSupprimer
  10. Oui, enfin, le genre polar, sous l'appellation mijaurée et prétentieuse "roman noir" est plébiscité par tout l'establishment éditorial. T'es tombé sur un crétin 5 rue Sébastien Bottin ? Il y en a plein les couloirs.
    De là à en faire une discrimination, non tu pousses, c'est au contraire très bien vu, de nos jours.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'exagère rien du tout. Je suis sur le terrain au coeur de l'Etoile Noire depuis quelques années. Je l'ai cru, je ne le crois plus. En 2011, j'ai cru que c'était gagné lors de ma première venue à Brive avec une SN. Et puis, ça, deux ans plus tard. D'où la photo de "Devine qui vient dîner?" Se sentir dans la peau de Sydney Poitier dans ce film.
      Brive, c'est le thermomètre pour toutes ces histoires. Je pourrais te raconter bien d'autres choses, et qui concernent d'autres écrivains. Si tu approches d'un peu trop près la cour des grands, on te rappelle à l'ordre gentiment mais fermement. La preuve par A+B, c'est la sélection ou pas sur la liste des prix. Le jour où un roman noir aura un grand prix, on en reparlera et tu auras raison. Mais là, ce n'est pas un crétin ou une crétine, c'est juste une qui a eu du mal à cacher ce que d'autres, beaucoup d'autres, pensent.
      Pour le reste, l'appellation "roman noir" est un combat. Tu es un peu éloigné des affaires, on dirait. "Roman noir", peut-être est-ce plebiscité par l'establishment éditorial du ...roman noir. Mais pour les autres.... Je raconterai dans mes Mémoires... Plus tard...

      Supprimer
  11. Leroy,
    On le sait que l'excellent élève aurait pu faire une belle carrière ailleurs.
    Mais il n'a pas choisi la solution de facilité.
    Cependant, grâce à son écriture légère, il est maintenant un écrivain reconnu et qui plus est, qui a obtenu des prix.
    Alors du coup, faudra demander à quelqu'un de moins intelligent que moi pour lire votre bouquin.
    Oh hé hein bon.

    RépondreSupprimer
  12. Non, tu te paies un statut de "victime" un peu facile. Tu n'as pas été sélectionné pour des prix ?… Cosette !… C'est si grave ?… On dirait Parisis !… La vermine gauche caviar a inventé le terme "roman noir", pour pouvoir rentrer à l'académie, son rêve œdipien. Mais en réalité, quand on fait du polar, c'est pour le contraire, être dans la part maudite de la société. Mais avec la généralisation petite-bourgeoise de la bonne conscience, tout à coup, il faudrait avoir le beurre et l'argent du beurre.
    Désolé, pas preneur.

    RépondreSupprimer
  13. T'as pas tout à fait tort sur ce coup là, vieux loup... Même si Hammett et Chandler, c'est moyennement de la vermine gauche caviar et même si, et dieu merci, on trouve de la littérature blanche aussi, notamment de la poésie mais pas que, dans la part maudite de la société. Sans doute ai-je effectivement la même névrose que Sydney Poitier dans Devine qui vient dîner: un nègre qui veut être plus blanc que blanc. Sauf que: il y a aussi une revendication d'égalité, un désir d'hybridation, de métissage qui est la raison d'être le la littérature. Les ghettos rendent cons, à la longue, que ce soit le blanc ou le noir.

    RépondreSupprimer
  14. Une éditrice bien aimée me fais souvent part d'impressions semblables au retour d'un salon du Livre ou, pire encore, d'une intervention à la société des gens de lettres ou d'un forum sur France Cul : il est vrai que son cas est grave puisqu'elle publie pour la jeunesse...

    RépondreSupprimer
  15. я там есть !

    https://www.youtube.com/watch?v=EnVUUkd-MlQ

    RépondreSupprimer
  16. J'aime quand vous devenez poète !

    RépondreSupprimer
  17. Bon, je suis soulagé, je croyais que tu allais m'expédier aux géhennes du drapeau rouge. Cependant, ni Hammett, ni Chandler — qui soit dit en passant était un auteur on ne peut plus bourgeois et se revendiquant comme tel — ne parlaient de "roman noir" expression née beaucoup plus tard, et certainement pas en Amérique. Les feuilletonnistes des pulps magazine, se foutaient comme de l'an 40 d'être reconnus comme "romanciers", ils payaient leurs loyers.
    Je pense que l'imbécile qui t'a barré la route de la Blanche sous ce prétexte idiot ne mérite que le mépris, et que tu as autre chose à faire qu'y prêter attention.
    Amitiés,
    T

    RépondreSupprimer
  18. Quant à Edmond, voilà comment il eût du s'annoncer : Я там являюсь.
    En échange d'un peu d'oseille, je peux lui apprendre comment qu'on cause chez les Ch'tis popoff.

    RépondreSupprimer
  19. Oui, cette histoire du style, c'est complexe. Hammett, qu'on a beaucoup trop encensé, a bénéficié en France de l'effet de surprise. Son style "comportementaliste", vient des rapports de détective qu'il écrivait pour la Pinkerton, de même que celui d'Hemingway ou de Ring Lardner, venaient du journalisme où ils avaient fait leurs classes. Pas de place pour le monologue intérieur ou les états d'âme. Ce n'est rien d'autre qu'une école, elle a ses mérites, elle a ses défauts. Elle se comprend dans l'anglais américain, elle n'a rien à foutre dans une littérature de langue européenne, marquée par une tradition, à laquelle tu fais souvent référence. Quadruppe remarquait que le "comportementalisme" de Manchette, prof d'anglais et donc admiratif, était poussé si loin qu'il devenait une forme de préciosité comme une autre.
    Chandler, d'une école différente puisqu'il écrit au "je" états d'âme et monologue intérieur, tombe assez souvent dans le sentimentalisme. Il joue sur la fibre affective pour stimuler l'identification du lecteur. Soyons justes, il en joue assez bien. Par contre, un Thompson n'a aucun style, il s'en tamponne le coquillard. Une imagination formidable pour les histoires. Mais il écrit à la truelle, contrairement à ce que prétend l'édition qui veut placer sa soupe. Veilleur de nuit, dealer d'herbe, il pense à son chèque. On peut dire la même chose d'un Dostoïevski — aucun style, un Markovicz, son traducteur acte-sud a fait sa carrière là-dessus. 15 répétitions par page, au rythme de l'épilepsie, et un vocabulaire de 200 mots. Pour l'un, comme pour l'autre (j'ai traduit les deux) le traducteur se sent obligé d'en rajouter sur la "littérature", sinon, c'est indigent.
    Les véritables stylistes du polar sont James Cain et Chester Himes, qui fondent la forme et le fond, comme de véritables artistes. Et j'ajouterai le maquereau de Chicago Iceberg Slim, mais les traductions françaises sont nulles.
    Un certain Jérôme Leroy avait un style aérien, quand il se lâchait la grappe. Il pouvait mépriser les malotrus de la Blanche haut la main.

    RépondreSupprimer
  20. ia tam iavlaiousse17 novembre 2014 à 10:42

    à TM :

    merci beaucoup du cadeau.
    je l'ai noté dans mon petit carnet.
    Love.

    RépondreSupprimer
  21. My pleasure.
    Votre chanson est très drôle.

    RépondreSupprimer
  22. Marignac je vous file de l'oseille en échange,vous me frottez le dos pendant mon bain du dimanche.Rectificatif: c'est pas Edmond.A bientôt.

    RépondreSupprimer
  23. Peur, ignorance et connerie. La trinité infernale qui frappe souvent quand on croit s'en être débarrassé. Ce qui la rend redoutable, c'est qu'elle est désarmante.

    Désarmante parce qu'elle est fière de ses attributs : on croit pouvoir confondre un con ou un ignorant en le désignant comme tel, mais que se passe-t-il quand le con ou l'ignorant se revendique déjà comme tel, s'en fiche, s'en satisfait, ou pire, le revendique comme un droit, convaincu qu'il est de sa supériorité ? Désarmante, également, parce qu'elle fonctionne par sentences, par jugements définitifs (dans votre cas, le roman noir considéré comme une léproserie), qui s'affichent non seulement pour clore la discussion, mais aussi pour l'empêcher.

    Désarmante, enfin, parce que les persécutés d'hier sont souvent prompts à se changer en persécuteurs. Sans doute parce qu'ils croient avoir conquis leur place de haute lutte, et qu'ils ne veulent la céder à personne, surtout pas aux petits nouveaux qui s'agitent à leurs pieds, de peur de redevenir des parias. Il n'y a qu'à voir comment de nombreux jazzmen ont accueilli le rock, y compris (et surtout) ceux qui se vantaient d'être "progressistes" :

    "quand on nous dit qu'un certain rock'n'roll est une initiation au jazz dans ce qu'il a de meilleur, nous nous demandons par quelle opération l'apologie de la déficience mentale et sensible conduit au développement de soi-même. S'agit-il là d'un processus mystique, au terme duquel Eddy Mitchell et Claude François, d'abêtissement en délabrement, s'incarnent enfin en Monk et Parker " (André Hodeir)

    Pour ceux qui veulent creuser le "sujet", je recommande le livre "Anti-rock : the opposition to rock'n'roll" de Linda Martin et Kerry Seagrave.

    Bref, cher Jérôme, je compatis. Ou comme disent les jeunes : "I know that feel bro" : http://www.nerddogueto.com.br/wordpress/wp-content/uploads/2011/12/i-know-that-feel-bro.jpg

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable