mercredi 15 octobre 2014

Péan pour Loukanikos

Nous en avions déjà parlé dans FQG. Il fut le symbole héroïque et narquois de la résistance de tout un peuple à la barbarie austéritaire qui a ramené la Grèce au rang d'un pays du tiers-monde, prouvant qu'il n'y avait plus besoin, dans l'Europe post-démocratique, de chars et de brutasses galonnées pour faire un putsch. Il suffisait de quelques hommes en noir venus de Bruxelles, du FMI et de la BCE pour imposer la dictature des marchés. On en connaît les résultats en matière politique, sociale et sanitaire.
Loukanikos, la saucisse, fut de toutes les manifestations, chien du peuple d'Athènes, comme un enchanteur sachant varier ses métamorphoses, comme un demi-dieu célébrant l'alliance du vivant. Il repose désormais à l'ombre d'un arbre, sur une colline de la ville, au-dessus de la rumeur jamais éteinte des coeurs purs retrouvant leur fierté et leur désir dans l'émeute.