jeudi 30 octobre 2014

J'avais oublié que c'était si beau.

"Je n'hésitai presque pas avant de lui dire que je l'appellerai Glaise.
Glaise. Elle en avait la couleur nocturne, de même que la densité suggérant quelque calme gestation au plus profond d'un monde figé dans son silence natal. Un monde de marais perdus sans doute, car il était impossible de ne pas songer aux marécages en regardant ses yeux dans lesquels, en de fulgurants reflets, se diluaient toutes les couleurs stagnantes de la nuit, des algues et des herbes à moitié décomposées. Glaise."
 

 




2 commentaires:

  1. C'était assez couillu de la part de Bourgois de le rééditer : la première édition, Losfeld en a soldé des tonnes.

    Sternberg était humainement insupportable, paraît-il (Losfeld dixit), mais c'était un sacré écrivain et on lui doit cette merveille multiplicatrice de promesses de bonheurs que fut la collection "Humour" chez Julliard.

    Il est mort dans une indifférence quasi-générale, après s'être efforcé avec succès de ciseler des contes ultra-courts, genre archi-difficile par excellence.

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  2. La "Lettre ouverte aux terriens" (1974) de Sternberg, il passe notre société à l'acide. Un livre peu connu et pourtant prodigieux, revigorant. Je n'ai rien lu de plus juste sur notre temps. Si jacques Sternberg ressentait et decrivait les choses comme moi, c'est que je n'etais pas fou !

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ouverture du feu en position défavorable