vendredi 16 mai 2014

Verlaine


 Après trois ans


Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

2 commentaires:

  1. Superbe poème que je découvre. Merci.
    Aimerai beaucoup en savoir un peu plus sur l'origne, le recueil, l'annėe... Merci par avance

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  2. Bonjour cher JMT, c'est dans Poèmes saturniens, la partie "Melancholia", c'est à dire le Verlaine le plus...Verlaine.
    On aura beau dire (je mets Rimbaud dans une autre dimension) mais pour moi ça se joue toujours entre Verlaine, Baudelaire et Apollinaire, au bout du compte.

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ouverture du feu en position défavorable