dimanche 16 février 2014

Dieu sauve la banque!


C’est une solution comme une autre que la solution hollandaise (pas hollandienne, hein !) pour sauver les banques, ou au moins restaurer la confiance des clients.

Une digression pour commencer : oui, on dit client maintenant, on n’ose plus dire usager, ça sent trop son socialisme rampant, ses jours heureux façon CNR avec cette idée obsolète de service rendu qui primait parfois encore un peu sur la transaction commerciale. Aujourd’hui, faites vous bien à l’idée que vous n’êtes plus usager de rien, ni du train, ni de la poste, ni du téléphone, ni des autoroutes pour la bonne raison que vous ne possédez plus rien, tout ayant été privatisé. Vous n’êtes plus qu’un client, c’est à dire quelqu’un avec qui on va essayer de faire le plus de profit possible et le plus vite possible tout en lui donnant l’illusion que c’est lui qui fait une bonne affaire. Ce qui explique que dans un wagon, vous n’avez plus une seule personne qui a payé le même prix pour un Paris-Vesoul (Paris-Vesoul qui d’ailleurs n’existera encore que s’il est rentable), que dans une file d’attente à la poste, la guichetière chargée de remplir « des objectifs » va tenter de vous convaincre avec acharnement d’affranchir vos vœux pour votre tata (celle que vous allez voir parfois à Vesoul) au tarif Chronopost en vous expliquant qu’une lettre à vitesse lente risque fort d’arriver à la fin du premier quinquennat de Marine Le Pen, vers 2021, quand votre tata sera morte ou qu’elle aura rejoint la résistance.

Ne parlons pas des rendez-vous avec votre banquier qui, si vous n’êtes pas à découvert, vous propose dans un sourire léonin des « placements adaptés » sans que vous réussissiez à vous départir de l’impression d’être dans un polar américain de série B en face d’un vendeur de voitures d’occasion qui vous refile une Studebaker d’occasion à un prix imbattable mais qui tombera en rade quelques dizaines de miles plus loin.

Il faut dire que les banques, ces dernières années, elles ont fait très fort pour le bonheur des peuples. Il y a eu la crise des subprimes de 2008, le scandale de la manipulation du Libor et en Europe les bénéfices monstrueux engrangés en prêtant aux Etats un argent que les banques ont emprunté pour presque rien à la Banque centrale européenne, BCE  abondée par ces mêmes Etats qui payent donc pour ce qu’ils ont donné. Et quand les banques n’ont plus d’argent à cause de leurs activités spéculatives, ce n’est pas trop grave, ces grands libéraux viennent demander à ces mêmes Etats, c’est à dire aux peuples, de les renflouer pour pouvoir continuer. Ça s’appelle la logique capitaliste financière mais ne cherchez pas, c’est le seul système rationnel, comme « la main invisible du marché » et « ses harmonies spontanées ». Il suffit de vous agenouiller, de fermer les yeux et de croire. Ne commencez surtout pas à douter ou à rire,  vous seriez traités d’hérétique, d’idiot, de communiste, voire des trois à la fois.

Evidemment, à la longue, la confiance dans les banques s’est érodée. Quand on vous fait vivre pour des générations dans l’austérité ou qu’on vous renvoie à la limite de la tiers-mondisation façon grecque ou espagnole, le premier réflexe quand vous entendez le mot banquier est de sortir votre revolver. Peuple tempéré et protestant, qui ne veut pas en arriver à de telles extrémités, les Pays-Bas ont donc décidé de faire prêter serment aux banquiers. Comme pour les médecins avec Hippocrate. Comme il n’y a pas d’Hippocrate pour les banquiers, et estimant qu’il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses saints, ce qui tombe bien car le batave est parpaillot1, les banquiers hollandais doivent depuis le 1er janvier prêter serment à Notre Seigneur. « Je jure que je m’efforcerai de préserver et consolider la confiance dans l’industrie des services financiers. Que Dieu tout-puissant me vienne en aide.» C’est par cette phrase que se conclura la cérémonie.

On aura beau dire, Dieu est de retour en Europe. Malraux avait un peu parlé d’un vingt-et-unième siècle qui serait mystique ou ne serait pas, mais on ne s’attendait pas à ce que cela aille si vite. Passe encore que chez nous, le Printemps Français rêve de nous transformer en théocratie dans une alliance de plus en plus objective avec les Barbus suburbains, mais voilà que Dieu vient en plus d’être convoqué pour restaurer le taux  de confiance dans les banquiers qui, en Hollande, était passé de 90% en 2008 à 37% en 2013.

Catherine Spaak préfère garder ses économies chez elles pour s'habiller
Dieu vaut-il mieux qu’une bonne vieille nationalisation ? Je veux dire pour vérifier que les banquiers ne jouent pas au casino avec mes éconocroques, est-ce que je peux me fier davantage à Dieu qu’à l’Etat ? Si je crois en Dieu, sans aucun doute à condition, évidemment que mon banquier y croit aussi. Ce qui est déjà un pari plus audacieux. Et même s’il y croyait, mon banquier, et qu’il soit protestant comme ce sera le cas en Hollande, ça ne changera pas grand chose au problème. Le banquier protestant, parce qu’il est protestant, ne verra aucun inconvénient à me ruiner au nom de Dieu puisque la fortune, chez ces maudits Réformés, est un signe d’élection divine, sachant qu’ils parlent de leur fortune à eux et pas de la mienne, du coup.

Admettons maintenant que mon banquier soit catholique, il aura certes sans doute plus de scrupules à me ruiner mais qu’est-ce qui me prouvera qu’il n’est pas partisan de la théologie de la libération, mon banquier ? Oui, figurez-vous qu’il y a plusieurs demeures dans la maison du Père et que la figure du catholique ne se résume pas aux ayatollahs à crucifix de Civitas ou à Béatrice Bourges qui ferait passer l’Opus Dei pour une boîte à partouzes. Il y a des catholiques de gauche, très à gauche même, regardez le pape François. Qu’est-ce qui me garantirait, dans cette hypothèse, que mon banquier n’utiliserait pas mon flouze, tout en ayant le sentiment de respecter son serment, pour financer du commerce équitable ou une quelconque révolution bolivarienne. Dans un tel cas de figure, j’essaierai de faire contre mauvaise fortune bon cœur, mais bon, tout le monde n’est pas obligé d’être de gauche tiers-mondiste old school comme votre serviteur.

Dernière hypothèse, mais j’ose à peine l’imaginer, Dieu n’existe pas, les banquiers hollandais le savent mais sont comme leurs confrères européens tellement aux abois qu’ils sont prêts à n’importe quoi pour continuer à faire de l’argent, quoi qu’il arrive.

Mais ça je n’ose y croire. D’ailleurs, Dieu ne le permettrait pas.

paru sur causeur.fr

20 commentaires:

  1. Ce matin sur France Culture lors des infos l'envoyé spécial en Centrafrique parle donc des "jeunes chrétiens" qui mettent dehors en les massacrant dans le dos, femmes et enfants compris, les dix pour cent de musulmans encore présents dans le pays : si dieu existait le "jeune journaliste" aurait parlé de reconquête, de croisade, de jugement dernier et vengeance apocalyptique... or il a juste dit le "jeune journaliste", bassement et honteusement, que les chrétiens étaient en train de gagner la partie. Dieu, décidément, n'y est pour rien ni pour personne. Le pape, lui, ce matin, se brosse les dents et s'en lave les couilles.
    Jugnon

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    1. Jugnon, vous êtes le symétrique des néocons qui ne voient que le musulman qui flingue le chrétien sans voir la réciproque.

      Vous pensez quoi du Nigéria ? Ne sont-ce point des Mahométans qui dérouillent des croisés dans ce cas ?

      Je crois que ces guerres n'ont de religieux que le catalyseur et que les communautés peuvent vivre en paix comme ce fut le cas pendant des siècles.

      Vous êtes borgne ... Comme Le Pen mais comme c'est de l'autre oeil, vous vous arrogez le statut d'opposant, alors que vous n'êtes qu'un reflet ...

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    2. mon singe,
      je pense par ailleurs que les musulmans massacreurs d'enfants sont comme les chrétiens massacreurs des infâmes... c'est vous qui êtes malade et qui chercher à compenser le massacre de l'un par la tuerie de l'autre. Cela se voit gros au milieu de votre face chrétienne et malheureuse.
      Jugnon

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    3. Ben non, vous voyez mal. C'est ce dont je vous accuse vous. J'ai eu de la tristesse lors de la mort de Méric. Et j'en ai autant quand un petit noir musulman ou chrétien se fait buter.

      Ce sont vous m'accusez à la sauce c'est çui qui dit qui y est, procède une fois encore de la malhonnêteté. Catholique d'extrême droite (c'est à dire contre les expulsions, les exclusions du gouvernement de gauche), je m'atriste de la mort des enfants quelque soit leur sexe et la noirceur de leur peau.

      Je suis malade. Oui, c'est gentil de prendre des nouvelles. Je le soigne. Un gros rhume que je soigne au rhum vénézuélien. La tête ? Ca va !

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    4. Je vous ai donc compris (puisque vous êtes heureux comme un chrétien) : il y a des chrétiens qui massacrent, des musulmans qui massacrent, des juifs qui massacrent. Et cela justement permet de dire aux chrétiens qui massacrent que ce sont des infâmes, des salauds et des traîtres. Vous en tirerez avec moi les conséquences qu'il faut contre la religion en général et le monothéisme en particulier : c'est une entreprise séculaire de destruction de l'homme. Cela va cesser car il y a des hommes.
      Et j'ai bien compris que vous étiez donc chrétien, et pas vraiment gêné par les massacres chrétiens parce que carrément opposé aux massacres musulmans. Dialectique impressionnante.
      Jugnon

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    5. Vous n'avez rien compris puisque je dis le contraire !!!

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    6. Je vous conseille le singe de lire le discours de la méthode de Descartes plutôt que les confessions d'Augustin... vous ne savez pas ce que vous dites : je précise donc, vous m'avez dit explicitement que les chrétiens peuvent bien massacrer du musulman car ce sont les musulmans qui ont commencé dans leur propre cour de récré au Nigéria... j'en ai déduit qu'en tant que chrétien vous revendiquiez un droit naturel et divin à la vengeance tribale... n'est-ce pas ?
      Jugnon

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    7. Le fait que des musulmans massacrent des chrétiens ne donne aucun droit de massacre aux chrétiens. Je demandais au borgne que vous êtes d'ouvrir les yeux sur le symétrique de ce qu'il dénonce.

      Le Discours sur la Méthode ? Et pourquoi pas Nietzsche ?

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    8. Je laisse tombé, vous êtes trop con... euh singe.

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    9. Je connais un renard qui, comme vous, méprisait des raisins hors d'atteinte ...

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  2. Texte fort convenable.
    Petite précision, tout de même : l'Opus Dei EST BIEN une boîte à partouze.

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  3. Jérôme qui n'en est pas à une contradiction prêt continue donc à défendre les cathos. Du moins certains cathos.
    Moi je les ai subis quand j'étais petit. Rien de bien grave, j'étais pas en Irlande (pouf pouf). J'ai même eu au caté un des ces prêtres qui plaisent à Jérôme : prêtre ouvrier basque chez les marins de Saint jean de Luz, toujours prêt à aller se castagner avec la guardia civil dans les dernières années de Franco.
    Mais, car il y a un mais, à côté de cette exception, la majorité de l'église est quand même un ramassis de salopars de droite, toujours du côté du manche, toujours prêts à soutenir les pires régimes, et la fameuse théologie de la libération a toujours été très minoritaire à Rome.
    La majorité c'était, ça a toujours été, et ce sera toujours la droite dure, réac, empêcheuse de vivre tranquille.
    Les Jipé II et Ben 16, sans parler des Pi je ne sais combien. Et finalement c'est comme ça que je les aime, quand ils avancent à visage découvert.
    Quand au François, j'attends qu'il excommunie autant de financiers, banquiers, grands actionnaires et autres traders qu'il fait chier tous ceux qui veulent baiser hors des liens du mariage tel que défini par l'église ...

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    1. Je te remercie pour la nuance, "certains cathos" effectivement.

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  4. Moi c'est comme ça que je les aime pas !

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  5. " la fortune, chez ces maudits Réformés, est un signe d’élection divine"
    Ouais, ouais, toujours le même mantra qui tourne en boucle. Alors je te le demande, camarade Leroy, cherche-moi dans l'oeuvre de Calvin, l'endroit où il est écrit noir sur blanc, que la fortune est un signe d'élection divine... On va bien rigoler.
    Pour ta gouverne, sache que pour Calvin faire métier de prêter de l'argent était assimilé à du brigandage.

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    1. Mouais, et mon cul, c'est du Max Weber?

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    2. Jérôme, tu es bientôt mûr pour prendre ta carte à Égalité et Réconciliation!

      Déjà au Moyen-Âge, les pays du nord de l'Europe connaissaient un grand essor manufacturier et commercial. Il n'est qu'à regarder les cartes des réseaux commerciaux hanséatiques médiévaux qui s'étendaient sur toute l'aire de la Baltique et même au-delà pour s'en convaincre. Donc quand bien même la Réforme n'aurait pas eu lieu, le développement économique des pays du Nord aurait été le même...
      Au IXème siècle, à l'apogée du califat de Bagdad, Weber aurait écrit "L'ethique musulmane et l'esprit du capitalisme" (http://intelligentsia.tn.over-blog.com/article-islam-et-capitalisme-72641430.html: copie d'un article paru dans le Monde Diplo de janvier 2009). Au XXIème siècle, devant l'émergence d'une puissance économique comme la Chine, il aurait écrit "L'éthique bouddhiste et l'esprit du capitalisme"

      En revanche, quand Jaurès, à la même époque que Weber, fait remonter les origines du socialisme européen à Luther (et je précise que Jaurès n'avait pas tout à fait la même idée du socialisme que François Hollande), c'est mon cul?
      Toute protestante qu'elle fut, ma grand-mère n'était pas banquière mais employée de magasin. Elle était également communiste, déléguée CGT du personnel de l'entreprise où elle bossait et luttait contre le capital autrement qu'en écrivant des bouquins... Et t'aurait mis sa main dans la gueule en lisant tes conneries.

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    3. Ouais, bon, d'accord... Il y avait tout de même beaucoup, beaucoup de second degré dans l'article. Excuse moi auprès de la mémoire de ta grand-mère, cependant.
      Pour le reste, Egalité et Réconcilaition et "seulement dans les bouquins" (ce qui ne serait déjà pas si mal), je trouve que tu es sévère, voire que tu attiges quand même un peu;

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    4. Oui, j'y suis allé un peu fort. Disons que je n'aime pas certaines formes de stigmatisations qui poussent à voir un terroriste derrière chaque musulman, un banquier derrière chaque juif ou chaque protestant, un pédophile derrière chaque curé... Je pense qu'il est important de s'adresser à chacun sans heurter certaines choses qui constituent son identité...

      Pour ce qui est de Jaurès qui voit chez Luther l'origine du socialisme ou de Weber qui voit dans la Réforme les prémices du capitalisme, je pense que les deux sont à côté de la plaque, car appliquent à la Renaissance une grille de lecture idéologique issue de la modernité. Entre la Réforme et le capitalisme ou le socialisme, il y a une série de médiations, d'inflexions, ainsi que certaines circonstances historiques. De plus, comme je l'ai déjà expliqué, le capitalisme nordique était déjà sous-jacent dans l'économie des réseaux hanséatiques médiévaux...
      Il faut savoir également que Weber ne pouvait pas saquer Calvin (c'était le cas chez certains luthériens allemands à l'époque), ce qui a eu une influence sur son travail en y introduisant une forte dimension subjective.
      Moi-même je regrette que Calvin dans son éthique s'en soit tenu à une vision paternaliste et "caritative" de la pauvreté sans prendre la mesure du caractère aliénant des inégalités. En même temps, il est difficile de lui reprocher de ne pas avoir été marxiste plusieurs siècles avant Marx...

      Comme je suis un fidèle lecteur de ton blog, tu dois te douter que je ne pense pas trop de mal de tes bouquins et surtout de ton style. Par les temps qui courent, ça fait plaisir de lire quelqu'un qui a ouvert un manuel de grammaire au moins une fois dans sa vie...

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  6. Gigantesquissime!

    J'ai éclaté de rire ( littéralement) lorsque j'ai lu sous votre plume ce que j'ai initialement cru être un "hoax"... et redoublé de rire après avoir trouvé cette information dans des "machins sérieux" ( c'est à dire pas plus sérieux que les autres, mais moins drôles car obligés de mettre un préservatif à leur plume pour ne pas perdre leur crédibilité et leurs clients.)

    Moi, j'aurais exigé un serment devant Hermès( Divinité, entre autres, des voleurs), en présence d'une effigie d'Ulysse (grand patron des rusés..), le tout terminé par une bacchanale endiablée à l'antique ( sans aucune sobriété protestante, bien sûr).

    Celà pourrait être un scénario pour Sacha Baron Cohen, "Borat au pays des bataves" par exemple.

    Seul le rire peut délivrer du sentiment oppressant de l'emprise du mysticisme, ou du pouvoir exercé par des personnes personnalités sadiques anales ( ordre, parcimonie, obstination, triade freudienne les définissant), se distribuant entre névrose obsessionnelle, folie raisonnante et enclave paranoïaque.

    L'existence ou non de Dieu n'a aucune importance, celui-ci n'étant qu'une métaphore à trois fonctions au moins, rigidifiées chez ce type de caractère: l'Imago paternelle, le Surmoi sadique, et la pensée magique.

    Evidemment, comme toujours, ces personnalités ( que l'on les dénomme "personnalités autoritaires" comme Adorno et L. Israël ou tout simplement "paranoïaques" ou paranoïdes") ne tolèrent aucune dissidence, et ne sont mues que par des fantasmes " révisionnistes" , le fameux "ça n'a pas eu lieu", traductible par "on efface tout, on recommence".

    Evidemment Jérome, Weber a été d'une lucidité absolue, et aussi W. Reich en dépit de sa folie .
    " Transformation rationnelle du Monde, utilisant des méthodes pragmatiques, conformément à la volonté divine" ( Max Weber)

    Le pire de chez pire, c'est que l'amour de l'argent chez ces "dézingués graves" n'est pas jouissif; il ne peuvent même pas concevoir que la jouissance n'est pas d'ordre vénal.




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