lundi 20 janvier 2014

Complications

Le néolibéralisme  qui s'installe aujourd'hui partout avec une violence sociale terrifiante aurait pu avoir une toute petite excuse. Mais vraiment toute petite: s'accompagner d'une certaine tolérance sur la liberté d'expression, les moeurs, etc... 
Or, on s'aperçoit que la Bête est tellement hargneuse, sans doute parce qu'elle est consciente de sa logique suicidaire ne serait-ce que sur le plan écologique, qu'elle veut faire régner désormais un ordre moral dont la rigueur est proportionnellement inverse à son laisser-faire et à sa sauvagerie en matière économique et sociale. Histoire sans doute d'empêcher, à tous les sens du terme, de penser à autre chose.
Ainsi a-t-on vu, en France, en moins de quinze jours, se produire deux phénomènes intéressants.
D'abord, un ministre de la Police a redéfini de manière extrêmement restrictive la liberté d'expression avec l'aide d'un comique antisémite. Ensuite des dizaines de milliers de personnes, galvanisées par l'exemple espagnol, ont défilé dans la rue pour remettre en question le droit à l'avortement.
Je résume: non seulement, il va falloir se résoudre à des régressions sociales sans précédent mais en plus il vaudra mieux fermer sa gueule et dire merci à la dame.  
On attend le prochain épisode sur la peine de mort, par exemple.
 

13 commentaires:

  1. Dans les deux cas Péguy aurait été heureux donc je suis heureux : interdire la connerie individuelle au nom du peuple et de la raison, laisser monter le parti clérical pour le contrer dans la rue par l'événement politique du peuple et de la raison. Simple.
    Jugnon

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  2. Mort à la mort, vive la vie !

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  3. Cher Jérôme, votre billet me semble fort peu cohérent : d'un côté, vous dénoncez avec raison l'excès de pouvoir du ministre de l'intérieur, et je me réjouis de trouver en vous un authentique libéral à l'anglo-saxonne partisan de la liberté d'expression garantie par le 1er amendement de la constitution américaine; de l'autre, vous protestez contre cette même liberté d'expression quand elle s'applique à une manifestation pacifique de personnes qui ne partagent pas votre philosophie et vos opinions... Quant à Péguy, M. Jugnon, je ne vois pas ce qu'il vient faire dans cette histoire.
    Matthieu

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    1. Cher Matthieu,
      Le libéral anglo saxon n'a pas le monopole de la liberté d'expression. Et d'ailleurs le libéral anglo-saxon, du fait de son attachement à la liberté d'expression, cohabite à son grand dam je crois avec les pro life et autres tea parties.
      Je ne dénie aucunement le droit de manifester contre l'avortement, le mariage gay. Je pourrais même comprendre certains discours sur une nécessaire culture de vie aujourd'hui même s'il faudra m'expliquer comment un chrétien peut être pour la peine de mort, ce qui est souvent le cas chez les intégristes qui voudraient lapider les avorteurs mais diront que c'est formidable, la peine de mort, ça permet la rédemption (je me souviens à ce sujet d'une hallucinante intervoiuve du RP Bruckberger, il y a longtemps, dans le figmag).
      Donc, qu'ils manifestent.
      Je voulais simplement faire part, sans doute de manière trop elliptique, de ma légère inquiétude à voir un discours économique totalement libéral s'accompagner à la fois d'une répression de la liberté d'expression et d'une résurgence archaïque sur des sujets que l'on croyait classés.


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    2. Cher Matthieu sine nomine,
      le mieux pour comprendre ce que Péguy a à voir avec cette histoire c'est de lire en septembre mon prochain livre sur Péguy, mais le plus utile serait de lire L'écriture et la différence de Derrida puis le tome 1 des oeuvres complètes de Péguy en entier. Simple.
      Jugnon

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  4. Jérôme, qui aime bien, taquine bien ! Merci pour votre réponse. Je pourrais prolonger l'échange sur ce que vous appelez le "discours économique totalement libéral" mais je m'en voudrais de voler de précieuses minutes à la banque verte que je conseille et qui s'est enrichie sur le dos de ses clients et des contribuables en distribuant des prêts bonifiés par l'Etat et bénéficie de l'open bar de la Banque Centrale Européenne...
    J'ai pensé à vous en buvant un Chinon du domaine Jaulin-Plaisantin, c'était bien agréable.

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  5. Merci Jérôme. Vous savez que qui aime bien, taquine bien ! Je pourrais disserter longtemps sur le discours économique totalement libéral que vous dénoncez et qui me semble assez éloigné de la réalité que je fréquente au quotidien dans un secteur bancaire protégé des nouveaux entrants par la réglementation, assuré de ne jamais faire faillite et sous perfusion de la BCE. M. Patrick Artus, qui est un économiste lucide, résume assez bien la situation paradoxale française : "L’industrie française est confrontée à la concurrence de pays à coûts salariaux faibles: malgré des gains de productivité importants, elle doit baisser ses prix pour pouvoir continuer à vendre. L’industrie souffre donc à la fois de pertes d’emplois et de l’écrasement de ses marges bénéficiaires. Les services (au sens large : secteurs non industriels) français sont au contraire en moyenne dans une situation de faible concurrence : les marges bénéficiaires s’ouvrent malgré la faiblesse des gains de productivité grâce à la hausse des prix. La situation française est donc la pire : la concurrence étrangère forte due au niveau trop bas de gamme affaiblit l’industrie et réduit l’emploi ; la concurrence faible domestique réduit le pouvoir d’achat avec la hausse des prix des services ; la hausse du prix relatif des services protégés par rapport à l’industrie détourne les facteurs de production vers les services protégés."

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    1. Merci Matthieu, vous avez bien raison pour le Chinon. Et pour le reste aussi d'ailleurs. Je vous remercie pour vos précisions et de fait les libéraux sont surtout libéraux pour les autres. On socialise les pertes, on privatise les profits, la musique est hélas connue...Ah ces patrons avec retraites chapeaux qui expliquent qu'il faudra travailler plus longtemps en diminuant les pensions, ah ces larbins médiatiques du tout-marché qui sont fonctionnaires des Universités....

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  6. Les anti IVG sont sur le pied de guerre depuis plusieurs mois; fin novembre à Lyon, ils ont organisé une "marche pour la vie" (1700 clampins quand même!) en tête du cortège qui réunissait le gratin catho droitard lyonnais, les têtes de listes FN aux municipales, le cheffaillon nazillon Gabriac et le cardinal Barbarin; "et tout ça, ça fait d'excellents français"comme dit la jolie chanson pétainiste qu'on chantait sous l'occupe;
    en face, nous n'étions pas très nombreux(ses) et là, j'ai plus qu'une inquiétude; la logique des anti IVG m'épate: les femmes qui veulent avorter sont des inconscientes, immorales et irresponsables mais elles DOIVENT avoir un enfant!
    on aura les mêmes contre le réexamen de la loi Leonetti et le libre choix de la fin de vie...la souffrance c'est le chemin de la rédemption comme disait l'impayable Bruckeberger.

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    1. Oui, elise, et quand bien même ils seraient minoritaires, ce qui peut inquiéter, c'est que l'autre parti de gouvernement ayant exactement le même programme économique, ou plutôt d'absence de programme sinon faciliter la vie aux marchés et au capitalisme financiarisé, va vouloir trouver des marqueurs "de droite". Ils ne le peuvent plus trop sur la sécurité et l'immigration, même s'ils font semblant. En revanche, sur "les moeurs", ils peuvent trouver un boulevard. Parce qu'en plus, les soces n'yant plus que ça eux aussi pour se dinstinguer, ils en rajoutent avec le mariage gay, le genre, l'égalité homme femme (sans mesure réelle pour le privé d'ailleurs), au risque que la droite réagisse en remettant en question tout ça mais aussi pourquoi pas l'avortement, la pilule du lendemain, etc...
      Retour vers le futur. Grâce à Valls aussi du coup, j'attends les nouvelles interdictions de La religieuse ou de Sade édité chez Pauvert...

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  7. L'humanisme radical (ou lumières radicales) que je défends permet de bien utiliser la police d'Etat provisoire pour éliminer la connerie massifiante d'un Dieu-donné ou d'un pape François lorsque ces derniers s'en prennent à l'individu souverain : pas de liberté d'expression pour ceux qui n'ont pas d'expression de la liberté. Dieu-donné et François n'ont rien à faire dans notre histoire démocratique : depuis Rousseau, on leur fait comprendre que la démocratie humaine, tu l'aimes ou tu la quittes.
    Jugnon

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    1. mettre sur le même plan Dieudonné et le pape ne vous paraît pas quelque peu excessif et..."massifiant"?

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  8. Dieudonné s'en prend au juif pour sauver sa peau.
    Le pape s'en prend à la conscience humaine (cf Artaud) pour sauver de la peau divine de bébé mort dans l'âme : ne veut pas d'une naissance humaine, d'une mort humaine, d'une vie d'hommes. Pire que Dieu-donné, le pape.
    Jugnon

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ouverture du feu en position défavorable