mercredi 22 janvier 2014

Comme un singe en hiver

On pourrait partir avant qu'il ne soit trop tard.

Vue sur mer.

J'ai écrit quelques romans et nouvelles d'anticipation entre 1999 et 2007. On me dit que je ne me suis pas trompé de beaucoup. C'est gentil mais ce n'est pas une consolation.

On entasse des livres et des dvd pour se rassurer, se faire un rempart contre l'ennui, le vide. C'est encore pire. Il y a une sorte de vertige de plus en plus fort au fur et à mesure que l'âge vient et qu'une certitude s'impose: nous n'aurons jamais le temps de lire, de voir tout ça. Et relire, ou revoir, n'en parlons pas.

L'aliénation est le seul concept que j'ai éprouvé concrètement et que j'éprouve de plus en plus nettement. Et encore, je ne joue pas aux jeux vidéos.

C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté.

Il y aurait bien deux ou trois endroits où aller. Pas plus.

Je suis certain que si le communisme advenait, ce que je souhaite, et que le libre développement de chacun soit l'unique condition du libre développement de tous, bref que l'on puisse vivre sans souci matériel, les hommes se passeraient très bien les uns des autres. On ne vit ensemble que parce que le mode de production capitaliste nous l'impose. Si l'on pouvait faire autrement, on partirait chacun de son côté avec quelques âmes choisies, mais pas beaucoup. Le communisme serait un monde d'ermites sensuels qui jouiraient de la solitude comme on jouit d'un vice heureux. 

On ne sait pas aimer parce que l'amour est un chien de l'enfer.

Tenez, puisqu'on parle de Buk:
ne déshabillez pas mon amour
vous risqueriez de trouver un mannequin
ne déshabillez pas le mannequin
vous risqueriez de trouver
mon amour.