mercredi 20 novembre 2013

Les commentateurs de Pavlov, exercice d'uchronie politico-sportive.

NB: Pavlov n'est pas un joueur ukrainien. (paru sur Causeur.fr)

France-Ukraine : 0-3
La preuve est faite, si besoin en était : la France va mal, très mal. L’échec de cette équipe multiraciale nous renvoie à un autre échec flagrant, celui de l’intégration. Une France communautarisée qui ne se vit plus comme nation ne peut briller dans la compétition internationale – qu’elle soit sportive ou économique. Cette défaite humiliante avec l’expulsion de Ribéry, les mauvais gestes, les insultes et l’arrogance de ces joueurs sans repères, c’est aussi l’héritage de mai 68 et d’une éducation qui a naufragé sous les coups de boutoirs de l’individualisme hédoniste, du pédagogisme et du McDo.

On est étonné que des émeutes n’aient pas succédé à ce Waterloo sportif, politique et moral. On murmure que monsieur Valls avait renforcé de manière spectaculaire les renforts policiers autour des lieux de pouvoir et notamment de l’Assemblée Nationale car on craignait, du côté de la DCRI, des cortèges spontanés de supporters bien décidés à transformer ce 19 novembre en 6 février footballistique.

En même temps, peut-on en vouloir vraiment à ces joueurs, imposés à 75%, d’être démotivés ? Ils illustrent de manière symbolique cette démotivation qui est aussi celle des entrepreneurs français sous la tyrannie fiscale et incompétente du tandem Hollande-Ayrault.

Il faudrait, décidément, que François Hollande abrège ce calvaire et, comme l’a fait Didier Deschamps à la FFF, présente sa démission, une fois pour toutes.

France-Ukraine : 0-0
Un match terne et une élimination sans gloire. L’impuissance des joueurs français devant les buts, c’est celle de notre pays aujourd’hui. Un pays sans volonté, sans dessein qui évolue dans une grisaille de mauvais rêve, entrecoupée seulement de colères brèves, de sursauts d’orgueil à l’image des bonnets rouges ou des accélérations courageuses mais inutiles de Ribéry.

Dans cette histoire, Didier Deschamps, c’est Jean-Marc Ayrault. Son changement de système pour un 4-3-3 qui n’a rien prouvé fait penser au premier ministre et à ses reculades timorées, ses changements de pied qui ne résolvent aucun problème et ne font qu’accentuer le sentiment d’une absence de vision.  Encore une fois, une France qui perd sans perdre, avec des joueurs eux aussi sans doute touchés par le ras-le-bol fiscal à l’image des classes moyennes, ne peut pas gagner. Il faudrait, du côté de la Fédération Française de Football comme de l’Elysée, accepter de tirer les conséquences soit en changeant de paradigme, soit en partant. On oserait à peine imaginer quel serait ce matin le climat dans le pays si la défaite avait été plus lourde.

France-Ukraine : 2-0 (élimination de la France par tirs aux buts)

Quels regrets ! Merveilleusement fringante et collective en première mi-temps, marquant deux buts admirables, l’équipe de France s’est trouvée privée de volonté dans la seconde période, comme prise d’une étrange langueur. Comment ne pas voir une parfaite allégorie de la situation de la France ? Les fondamentaux sont là, le désir d’entreprendre malgré la politique fiscale désastreuse qui n’a pas démotivé des joueurs pourtant taxés à 75%.

Mais, au bout du compte, Didier Deschamps comme la FFF se sont contentés de demi-mesures, de celle qui ne permettent pas la victoire décisive sur une crise que l’on pourrait pourtant aisément surmonter avec un peu de courage. Mais ce courage manque comme il manque à l’exécutif.

On n’aime plus l’équipe de France, on n’aime plus ce gouvernement. Les deux, plombés par l’impopularité, ne sont plus en mesure d’agir sur les événements, de renverser la tendance. Ce n’est pas l’aggiornamento promis par Jean-Marc Ayrault sur les impôts qui changera grand-chose au problème.

Le match d’hier soir a signé la fin d’une génération de joueurs et, espérons-le, de dirigeants. On peut espérer que les prochaines élections, municipales et européennes, indiqueront aussi au gouvernement la porte de sortie. Il est tout de même dommage que les belles choses que nous avons vues hier soir et que nous voyons chaque jour dans le pays réel qui continue à se battre, ne nous amène pas à la victoire par la seule faute d’un président de la république qui ne veut pas comprendre les enjeux.


France-Ukraine : 6-0
Le coup du chapeau de Sakho, le but de Benzema, le but de Ribéry, sans compter le but ukrainien contre son camp, et voilà une incroyable victoire qui va faire taire les déclinistes de tout poil. Ce qu’on a vu hier, sur le terrain, c’est la France de 98. Loin de la peinture apocalyptique des médias, la France reste malgré la crise un pays capable de faire de ses différences une richesse et surtout de jouer collectif. On ne peut que reconsidérer, après un tel match, la politique de François Hollande qui lui aussi finira par trouver sur le plan politique son billet pour Rio. Après tout, avec son gouvernement si critiqué, son premier ministre si moqué, le Président, comme Didier Deschamps, a refusé la fatalité. C’est difficile, ce n’est pas compris de l’opinion ou pas tout de suite, mais ça finit par payer.

On a oublié que la semaine dernière, malgré quelques réticences, Bruxelles avait avalisé le budget 2014 présenté par Paris, ce qui prouve que nous sommes sur la bonne voie d’une mise en conformité de notre système aux normes européennes. Bien sûr, la Commission a indiqué que notre marge de manœuvre était très faible et que nous n’avions pas le droit à l’erreur. Exactement comme l’équipe de France hier soir qui a prouvé, et de quelle manière merveilleuse, que rien n’est jamais joué d’avance quand le courage est au rendez-vous.