vendredi 11 octobre 2013

Liberté Hebdo: sauvez le petit canard rouge

Chaque semaine, depuis 2007, j'ai le plaisir et l'honneur de donner ma chronique, Le Talon de fer, à Liberté Hebdo,  journal communiste du Nord-Pas de Calais, né de la Résistance.
Il se trouve aujourd'hui, à la veille des Municipales et en pleine ascension des idées les plus sauvagement libérales et réactionnaires, que Liberté Hebdo est en grave difficulté, et c'est un euphémisme. Mais de fait, on ne lâche rien. Le petit canard rouge dont vous trouverez facilement la page FB et l'adresse (dans la bloguerolle) a besoin de vous.
Voici la Une de ce vendredi, et, à la suite, le petit texte que nous avons donné dans les pages pour la mobilisation des lecteurs, des abonnés, des militants et des amis.
J’ai vu disparaître…





Depuis ma naissance, j’ai vu disparaître un tas de choses.

J’ai vu disparaître le franc, les cabines téléphoniques, les trains corail et les demoiselles du renseignement.

J’ai vu disparaître l’URSS, les scores à deux chiffres (avant la virgule) pour le PCF, les librairies de quartier et les cinémas du même nom.

J’ai vu disparaître le service militaire, les Boyards maïs, la sidérurgie française et la retraite à taux plein avec 37 annuités et demie.

J’ai vu disparaître les billets BIGE, les classes dans le métro (mais pas les classes sociales ni la lutte qui va avec.) et les pompistes dans les stations service.

J’ai vu disparaître Hara-Kiri, Aragon, l’hebdomadaire Révolution et les banques nationalisées.

J’ai vu disparaître Hugo Chavez, Henri Alleg et Georges Marchais (hélas) mais aussi Pinochet, Thatcher et Reagan (tant mieux).

J’ai vu disparaître le pouvoir d’achat des plus pauvres, l’espoir d’une vie meilleure pour la génération qui suit et le minitel qui était fait pour tout le monde (gratuitement) au profit de l’ordinateur qui est fait pour chacun (en payant un max).

J’ai vu disparaître les vols habités vers la lune, le CNPF (mais pas le Medef), le SAC et les cassettes VHS.

J’ai vu disparaître le cordon sanitaire face au FN, la décence républicaine chez un président de la République avec Sarkozy, la Fête de l’Huma au JT de 13H avec Mourousi  et les machines à écrire.

J’ai vu disparaître des journaux, beaucoup de journaux.

J’ai vu disparaître des gens que j’aimais et qui croyaient à un monde meilleur.

Mais je n’ai jamais vu disparaître l’espoir et le sens du combat chez ceux qui se dressent chaque jour  contre la sauvagerie du capitalisme.

C’est pour cela que j’aimerais autant ne pas voir disparaître Liberté Hebdo qui depuis sa naissance a toujours fait partie de ce combat.