samedi 28 septembre 2013

Les jardins de Queluz

Le château de Queluz, au Portugal. Eté 2009. Pas un visiteur. L'invisibilité est un jeu d'enfant. Il suffit de choisir le moment et l'angle.

Bonjour, plaisir.

Je suis communiste parce que je veux qu'on me laisse tranquille, c'est à dire que mon libre développement soit la condition du libre développement de tous.

Le vin, la plage et les fantômes de princesse.

Puisqu'il est impossible de les vaincre, il faut leur échapper. Ruser avec leur temps, leurs névroses, leur absence rédhibitoire et mortifère de goût, d'oreille, de corps. 

Les reconnaître est aisé. Ils n'ont pas de corps, et partant pas de sens de l'humour. 

Je relis Fouquet, ou le soleil offusqué de Paul Morand. Colbert n'a pas de corps, Fouquet, si. C'est ce que Colbert ne pardonnera pas à Fouquet: "Comment pardonner à Fouquet sa célébrité, sa fortune, son charme, son labeur agile, son esprit prompt, ses tapisseries, ses poètes et sa bibliothèque...."

La Fontaine, protégé de Fouquet. Pas de hasard, ceux qui ont un corps se reconnaissent, les amants, les partisans, les francs-tireurs, les docteurs subtils du plaisir:
"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique."

La Manif pour tous, des millions de corps sans corps à qui on ne demandait rien mais qui sont quand même venus se mêler du corps des autres. Car le corps des autres les gêne, forcément. Le pédé aujourd'hui, la femme adultère hier, la sorcière avant-hier.

Et ils sont sur le point de gagner. Alors penser à l'invisibilité, au détour, au retrait, aux collines.
Aux jardins de Queluz au coeur de l'été.