lundi 19 août 2013

Et nous nous retrouverons du côté d'Orouët

Finalement, laisser la parole à Jean-Louis Bory, sur ce film, est encore ce qu'il y a de mieux à faire: 

"A ce petit jeu-là, notre complicité se réchauffe vite en sympathie. Rozier n'est pas Chabrol, il aime ses minettes et le petit Jules godiche. Cette sympathie communicative transforme ces petites bonnes femmes quelconques et ce quelconque godelureau. Ils ne sont plus personne, ils sont personnages. Rozier sait (cf Adieu Philippine) que le loisir révèle par sa vacance même -par sa liberté. Libres, ces jeunes gens à peine sortis de l'adolescence retournent à leur enfance -chahuteurs, insupportables, fous rires idiots, plaisanteries grosses comme des maisons, taquineries, drames minuscules, ennui léger. 
Encore innocents? Ca ne durera pas. Ca ne dure pas plus que les vacances en septembre, et c'est, en fin de compte, aussi mélancolique. Est-ce parce que Rozier, dans cette chronique dont il souligne le cours irréversible en notant les jours comme sur un carnet de bord a peint dans ce qu'il a de plus impalpable le temps qui se perd? Ou à cause du titre? Du côté d'Orouët évoque d'autres plages, marquées par l'ombre d'autres jeunes filles en fleur." 
17 septembre 1973