samedi 29 juin 2013

Mac Orlan, poésies documentaires.

"L'odeur de l'amour dans les maisons closes
est celle des marais chéris des iguanodons.
Ce n'est pas une odeur conjugale,
mais une odeur où la préhistoire se révèle.
C'est donc amusant de n'être qu'une cellule vivante
étalée sur un un divan de velours rouge,
cependant que le jazz infernal de Paris
rythme la danse quotidienne des affaires."
Inflation sentimentale

"Dans le clair pays des filles bicyclistes
dans le beau pays vert des vaches aseptisées
les barrières blanches, les écluses et les bélandres
entourent l'adolescente Mijke de circonstances paisibles."
Quelques films sentimentaux, "Vieille Hollande"


Mac Orlan, dans sa poésie, n'a pas eu besoin du surréalisme pour être surréaliste. Il a juste eu de l'oreille et de l'odorat. Il a juste été un enregistreur, un sismographe avec, quand même, le sens du montage. Mais avant tout, il s'est laissé impressionner comme une plaque photographique par son époque alors que le surréalistes, (et nos aimables abonnés savent qu'on les aime beaucoup ici), ont surtout voulu impressionner la leur. Ceci explique sans doute la place un peu trop secondaire de Mac Orlan dans le château de l'histoire littéraire, autorisé à vivre dans cette mansarde, au demeurant jolie, appelée: "fantastique social".