jeudi 14 mars 2013

Je suis un point commun

Quel est le point commun entre le nihilisme joyeux de Roland Jaccard et la mélancolie sarcastique de Patrick Besson?
En toute simplicité: moi.
Dans le gros volume des critiques littéraires de Besson, Avons nous lu? (Fayard) couvrant la période 2001-2009, il y a un papier sur Comme un fauteuil voltaire dans une bibliothèque en ruine. Entre l'article paru dans Nice Matin et sa version actuelle, Besson a retiré une comparaison avec Maïakovski et une autre avec Houellebecq. Il a eu raison. C'était too much. Pour le reste, il dit du bien. Ce qui n'est pas évident chez lui, très à l'aise dans la descente comme d'autres sont à l'aise dans les indécentes.
Roland, lui, voyage plus léger dans Ma vie et autres trahisons(Grasset): il évoque ses rencontres et ses lectures. Je fais partie des deux catégories. Il est d'une bienveillance coupable et charmante pour ma Physiologie des lunettes noires. Et dans le Jaccard-Express, Tokyo-Lausanne-Paris, en plus, je me retrouve en bonne compagnie: des japonaises jeunes et jolies, Jacques Chessex, Cioran et Yi Sing, poète coréen des années 30, une découverte improbable et magnifique, typiquement jaccardienne (cf son triple tropisme pour l'Asie, le pessimisme et la beauté.)