dimanche 17 mars 2013

Frédéric Berthet ne s'en va pas

Evidemment, nous croyions avoir déjà lu, au moment de leur parution Felicidad et Paris-Berry de Frédéric Berthet, rééditées aujourd'hui par la Table Ronde en Petite Vermillon. Il nous les avait envoyés en SP, on avait dû déjeuner ensemble un peu après. Je pensais déjà, à ce moment-là, 1993, que Frédéric était un très grand écrivain. Depuis Daimler s'en va, en fait, (1988).
Ce qui caractérise décidément les chefs-d'oeuvres, Barthes disait ça à propos de Proust, c'est que l'on ne saute jamais les mêmes passages.
Je suis étonné, vingt ans après, de ne pas avoir été plus marqué par cet extrait de la nouvelle "Un point de vue divin" dans Felicidad.
Il résume très exactement ce que je pense aujourd'hui de la question. Au point d'avoir envie d'en faire une devise:


"La ville soudain avait une bonne odeur, à la fois verte et métallique. La vie recommençait. Tout était drôle, léger, amusant. Il savait bien que tout ce que la littérature lui prenait, elle était forcée de lui rendre de temps en temps."


"Forcée de lui rendre de temps en temps..." 

Oui, quand même.