jeudi 28 juin 2012

On sera à Frontignan

On sera à Frontignan ce ouiquènde, invité pour la 15ème édition du Festival International du Roman Noir.
Tout le programme est visible ici
La réponse à la question de cette quinzième édition est évidemment non. Rien ne sauvera le monde sauf le communisme sexy, poétique et balnéaire, avec des filles qui dansent sur la plage, les cheveux dans les yeux, le soleil dans les cheveux et le goût du sel sur la peau, comme dans les oeuvres d'Hilo Chen, des "huiles photoréalistes" qui s'appellent toutes "Beach'...

lundi 25 juin 2012

Restons groupés pour une opposition de gauche

Voici les noms des députés du groupe communiste et ultramarin qui mèneront une opposition de gauche résolue au social-libéralisme qui vient de prendre le pouvoir:
Dix députés du Front de gauche: François Asensi (Seine-Saint-Denis), Alain Bocquet (Nord), Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis), Jean-Jacques Candelier (Nord),  Patrice Carvalho (Oise), Gaby Charroux (Bouches-du-Rhône), André Chassaigne (Puy-de-Dôme), Marc Dolez (Nord), Jacqueline Fraysse (Hauts-de-Seine), Nicolas Sansu (Cher). 
Cinq députés ultramarins les rejoignent: Huguette Bello (La Réunion), Alfred Marie-Jeanne (Martinique), Jean- Philippe Nilor (Martinique), Gabriel Serville (Guyanne), Bruno Nestor Azerot (Martinique).

Et nous contrairement aux clounes écolos, radicaux et borlos, on a besoin de personne pour un groupe qui résonne! 

L'hymne officiel du groupe, chanté par une militante. Tout le monde aura compris que le "terrible engin" est ici une métaphore de la lutte des classes.

dimanche 24 juin 2012

Bukowski n'a jamais fait ça

paru sur Causeur.fr


En 1978, pour Charles Bukowski, les choses ne vont pas trop mal. Il boit toujours autant mais il écrit de plus en plus et il commence à être connu. La vie d’un écrivain, c’est toujours la même chose : une équation à trois inconnues entre le travail, l’alcool et la célébrité. Il faut savoir les doser, les tenir, ne pas se laisser désespérer par l’une ou par l’autre.
En plus, en 78, Bukowski a épousé une jolie fille, Linda Lee. Jolie comme on l’était dans les seventies. Linda Lee ressemble vaguement à Diane Keaton, elle a une chevelure bouclée afro, de celles qui donnent aux femmes de l’époque une allure à la fois calme et douce de mouton sexy qui appelle la caresse. Alors qu’en fait, à l’intérieur, c’étaient des anciennes dures. Elles avaient conquis de haute lutte toute une série de droits sur les campus du Flower Power, comme celui de brûler leurs soutien-gorges et le drapeau américain. Du coup, elles pouvaient se permettre d’être cools avec les hommes comme Buk et préférer la compagnie des rimailleurs dipsomanes à celles des cadres sup ou des écrivains calibrés pour les rentrées littéraires et les académies. Elles n’avaient plus rien à prouver.
Quand on lit Shakespeare n’a jamais fait ça (13ème Note édition), trente-cinq ans après, on s’aperçoit que les femmes d’aujourd’hui, c’est tout le contraire. Les filles ont l’air dures, s’harnachent comme des mecs, ont des sourires carnassiers et des muscles fitness. C’est pour mieux cacher qu’elles font partie des grandes vaincues du système, répudiées à cinquante ans par des maris volages et moins bien payées pour les mêmes postes alors qu’elles sacrifient pourtant tout à leur carrière.
Sur aucune des photos représentant Bukowski et Linda Lee dans Shakespeare n’a jamais fait ça, on a l’impression que Linda Lee souffre, bien au contraire, d’accompagner Bukowski dans son premier voyage en France et en Allemagne. Elle boit avec lui, tient l’alcool, panique avec lui quand il y a des problèmes de correspondance de train (rien de pire que les femmes qui veulent vous rassurer alors que la situation est vraiment inquiétante), le suit sur les champs de courses de Düsseldorf et le traite de débile quand il s’ennuie à la visite d’une cathédrale. Buk décrit bien cet amour-là qui ne doit rien à la morale ou aux manuels de bien-être conjugal : « Il m’a fallu cinquante six-ans pour trouver Linda et ça valait la peine d’attendre. Un homme doit passer par beaucoup de femmes avant de tomber sur la bonne mais, avec un peu de chance, il y arrive. S’arrêter à la première ou à la deuxième femme de sa vie est un aveu d’ignorance ; un homme n’a encore aucune idée de ce qu’est une femme. »
Shakespeare n’a jamais fait ça est un ouvrage de commande, inédit en France. Des éditeurs avaient demandé à Buk de raconter sa tournée promotionnelle entre Paris, Mannheim, Hambourg et Cologne. Le tout suivi par un ami, le photographe germano-californien Michaël Montfort. Les ouvrages de commande, pour les grands écrivains, c’est toujours la même chose : au début ils vous donnent l’impression de prendre ça par dessus la jambe et puis, malgré eux, la musique revient et le charme opère à nouveau. L’Allemagne, pour Bukowski, c’est un retour à des racines oubliées. Il y est né en 1920 avant que son père ne décide d’émigrer aux USA en 1923. Mauvaise Pioche : Bukowski grandira avec la Grande Dépression, ombre portée sur toute son œuvre que l’on a trop vite fait de réduire à des scènes de sexe dans des appartements miteux et de beuveries dans les bas-fonds de L.A. Bukowski, et Shakespeare n’a jamais fait ça, le rappelle assez bien, c’est avant tout un type qui a peur de la vie alors qu’il voudrait l’aimer. Mais il sait que si « l’amour est un chien de l’enfer », la vie ne vaut guère mieux.
Entre retrouvailles avec son pote le cinéaste Barbet Schroeder, passage catastrophique et mythique à Apostrophes, entretien avec les journalistes, lectures publiques, unique rencontre avec un oncle nonagénaire et évidemment souleries homériques, Buk joue plus ou moins à l’indifférent au début. Il s’intéresse davantage aux tavernes, à la qualité de l’hôtellerie ou à ce qui est buvable (pour lui, à peu près tout) mais on le sent vite gagné par une émotion qu’il refoule. Et quand le lecteur se demande où est, entre autre, le talent de Bukowski, c’est dans ce refoulement, ces larmes retenues à la lisière du Temps, en un mot ce maintien- même si le terme peut sembler paradoxal pour celui qui soigna avec méthode sa légende de « gros dégueulasse ».
A la fin de Shakespeare n’a jamais fait ça, on trouvera quelques témoignages et quelques poèmes inédits de Bukowski. On citera, avant de partir, ces quelques vers : « observer les buveurs de bière dans cette gare/de Mannheim, c’est voir une intime conviction/confirmée, publiquement manifestée : en se tenant debout dans l’histoire/et dans leur propre existence, ces types démontrent que vivre peut être épouvantable/par moments, et à d’autres moments… presque acceptable,/sans qu’il y ait de quoi tomber à la renverse:/ la bière n’est pas si mauvaise, le train va finir par arriver. »
Voilà, Bukowski, c’est ça : la bière n’est pas si mauvaise, le train va finir par arriver.
Charles Bukowski, Shakespeare n’a jamais fait ça , (13ème Note édition).
*Photo : Michael Monfort/13e note editions

samedi 23 juin 2012

Insomnie, 3: Traitement de choc

Ici, on adore le cinéma d'Alain Jessua. Le maître du fantastique social. Un des rares français à savoir se servir du genre, du cinéma de genre comme outil critique. Dans Traitement de choc, 1972, on voit naître l'hédonisme libéral-libertaire dans toute son horreur. Le film pourrait servir d'illustration parfaite à Néo-fascisme et idéologie du désir, publie par Michel Clouscard l'année suivante. Pour les amateurs, c'est sans doute le seul film d'Alain Delon où l'on voit aussi longuement sa quéquette.

Insomnie, 2: Le combat dans l'ïle

Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider, jeunes. Reconnaître que l'on finit aussi par aimer les films pour les acteurs quand on vieillit. Pas mal de films de l'époque, 1961, saisissent remarquablement la nature de l'extrême-droite, de l'activisme d'extrême droite. Penser au Petit Soldat. C'est normal, ils vivent l'OAS en direct. Porte étroite de tout discours sur le dandysme fasciste: éviter la caricature, éviter la fascination. Là, c'est impeccable. Et puis ce Paris bcbg des années 60, comme dans Les Enfants tristes de Nimier: les femmes et les voitures sont plus belles qu'aujourd'hui. Les appartements aussi.
 Il y eut une époque, donc, où Cavalier faisait des films exigeants sans être pontifiant.

Insomnie, 1: Le jour se lève

Le jour se lève. Pas revu depuis vingt ans, au moins. Un film sur la gueule de bois après l'échec du Front Popu, finalement. L'anti Belle Equipe. Je ne me souvenais pas qu'on insistait autant sur le boulot de chien qu'est obligé de faire Gabin dans le film. Du sable plein les poumons et une vilaine toux.

Le jour se lève 1939 

vendredi 22 juin 2012

Experts partout, politiques nulle part!



 paru sur Causeur
Quand j’étais enfant, « amoureux de cartes et d’estampes », le monde était simple et la carte de l’Europe aussi. Il y avait un côté tout bleu, à l’Ouest. C’était nous, c’étaient les bons. On avait la démocratie, le plein emploi ou presque, la liberté d’expression, le multipartisme, la libre entreprise et tout le toutim. On avait bien l’Espagne et le Portugal qui enfermaient des opposants et garrotaient du Basque mais enfin, comme ils étaient anticommunistes, on leur passait leurs gamineries.
Parce que justement, à l’Est, c’était tout rouge. C’était le Bloc de l’Est. Les communistes, les mauvais, avec l’URSS gigantesque qui les surveillait de près. Eux, ils avaient des vraies dictatures. Ces hypocrites les appelaient républiques populaires ou démocratiques et elles étaient, il faut bien le dire, assez peu démocratiques et assez peu populaires.
Les communistes avaient aussi le plein emploi mais on nous expliquait que c’était pas de jeu, qu’ils étaient à trois derrière une tondeuse pour la pelouse d’un jardin public, un qui poussait, un qui ramassait et un qui était là en cas de panne de la tondeuse. En plus, ils ne pouvaient pas dire ce qu’ils voulaient, lisaient un seul journal et ne votaient jamais. Comme le dit fort justement Jean Dujardin dans OSS 117 : Rio ne répond plus à une jolie agente du Mossad qui ose lui faire remarquer en 67 que le Brésil est une dictature : «  Une dictature, comme vous y allez ! Vous êtes bien sympathique, Dolorès, mais épargnez-moi vos analyses politiques... Savez-vous seulement ce qu'est une dictature ?  Une dictature c'est quand les gens sont communistes, déjà. Qu'ils ont froid, avec des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair. C'est ça, une dictature, Dolorès. »
Ce à quoi Dolorès répond : « -D'accord. Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète et une seule chaîne de télévision dont toute l'information est contrôlée par l'État ?
- J'appelle ça la France, mademoiselle. Et pas n'importe laquelle ; la France du général de Gaulle. »
Bon passons sur ce scandaleux relativisme et arrivons à la chute du Mur.
Elle fut une bénédiction, on nous convainquit même qu’elle marquait la fin de l’Histoire. Bon, dans un premier temps la génération suivante d’enfants amoureux de cartes et d’estampes apprécia moyennement la chose. La liste des capitales à apprendre par cœur augmenta alors que des pays disparaissaient du dictionnaire comme la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie ou l’URSS en s’éparpillant façon puzzle plus ou moins sanglant.
Aujourd’hui, quand on nous présente une carte de l’Europe ou de l’Union européenne dans les journaux, on ne la sépare évidemment plus en en deux blocs, on se contente d’indiquer, après chaque élection chez l’un ou chez l’autre, le rapport de force droite gauche sur le continent.
En bleu, les pays de droite. En rose les pays de gauche. Et des dégradés de bleu pour les pays gouvernant avec de grandes coalitions. Il n’y a évidemment aucune tâche rouge. Même la Grèce a rassuré tout le monde puisqu’elle a cédé à l’amicale pression des journaux, des télés, du FMI, de la Commission, de la BCE, de Berlin,  de Londres,  de Paris pour voter pour le Bon, le Beau, le Bien et la Raison réunis.
Les Echos ont ainsi dans leur édition du 19 juin donné une de ces cartes pour rassurer leur lecteur après la victoire totale et anxiogène du PS français aux Législatives. C’est bien connu, en France, on regarde à l’étranger pour trouver des arguments en disant que les autres font mieux que nous. La carte était titrée : La gauche, largement minoritaire en Europe. Ouf. Et effectivement, à part la France, la Belgique, la Slovénie, la Slovaquie, la Roumanie, le Danemark et Chypre, que du bleu plus ou moins foncé. Le moins foncé indiquait que si par hasard, il y avait des partageux au gouvernement, ils étaient bien contrôlés par les autres, qu’il ne fallait pas se faire de souci.
D’ailleurs la légende de la carte expliquait très bien tout ça. Sauf qu’une nouvelle couleur était apparue. Une espèce de mauve qui n’existait pas auparavant, même avant la chute du Mur et qui recouvrait la Grèce et l’Italie. Alors, c’est quoi ces pays qui ne sont ni de gauche, ni de droite ? Figurez-vous que ce sont des pays dirigés par « des gouvernements d’experts ». Eh, oui, des gouvernements d’experts…
Nation européenne, circa 2012, soumise à un gouvernement d'experts (allégorie)
Un expert n’est ni de droite, ni de gauche, il est un expert. Peu importe que ses analyses soient les mêmes en général que celles de la droite, son caractère d’expert lui confère une supériorité ontologique. Avant, un expert se contentait d’expertiser, maintenant il gouverne. Certes, il est moyennement élu par le peuple mais comme c’est un expert, on ne va pas l’embêter avec des choses comme ça, des broutilles qui prennent du temps et de l’argent. Alors qu’il suffit de mettre the right man in the right place. Comme Mario Monti en Italie ou Venizelos en Grèce qui furent experts chez Goldman Sachs. Banque dont on sait à quel point elle montra son excellence dans la gestion de la crise de 2008 et la création de produits financiers dérivés qui ont obligé le gouvernement US et la Fed à un renflouement avec l’argent des contribuables, se chiffrant à des milliards de dollars,.
Mais foin de mauvaises querelles !
Cette carte des Echos était des plus encourageantes. A quoi bon continuer à diviser les Etats en droite et gauche alors qu’ils font la politique des experts, au bout du compte. Pourquoi ne pas nommer directement des experts à la tête des Etats ?
Et d’ailleurs, pourquoi des Etats, des nations, enfin toute ces antiquailles qui encombraient les cartes d’antan alors qu’on on pourrait les remplacer par des entités administratives et commerciales, sans racines, sans histoire, dans l’heureuse apesanteur d’un marché devenu l’horizon radieux et indépassable de l’humanité ?
Oui, pourquoi ?


Jérôme Leroy

jeudi 21 juin 2012

Pour saluer l'été

Comme chaque année, Feu sur le Quartier Général tient à saluer l'été en compagnie de Catherine Spaak.
 Dansez, aimez, nagez, buvez et ne mourez jamais. 
"Je vous souhaite un été de cinquante ans" (Rimbaud)

mercredi 20 juin 2012

Je souhaite la victoire de la Grèce

Un quart de finale Grèce-Allemagne à Dantzig, après-demain.... Pourvu que la Grèce pense à bien jouer dans les couloirs.
En même temps, ne soyons pas germanophobes et restons sportifs. Que les meilleurs gagnent, même si par malheur ce devait être les boches.

La fin du monde arriva assez vite et ce n'était pas plus mal, au bout du compte.

"Te souviens-tu de ces serpents, quand nous arrivâmes en Épire,  qui  effaçaient derrière nous les traces de nos pas? D’autres serpents viendront et tout sera effacé… "



samedi 16 juin 2012

La mort de Thierry Roland et le corps de Sophie Barjac


C'est sur Causeur

Voilà, c’est ça vieillir, finalement. C’est perdre progressivement des repères dans tous les domaines. On veut nous faire croire pour nous rassurer que l’âge nous offre un monde plus cohérent, débarrassé de l’accessoire. Tu parles. Vieillir c’est surtout avancer vaille que vaille dans un monde qui vous ressemble de moins en moins. On voudrait faire marche arrière et on ne peut pas. On s’accroche à des chansons, des disques vinyles, des photos d’été heureux, des vieux journaux gardés par fétichisme. On appelle ça la nostalgie. C’est un mal qui nous fait du bien, la nostalgie. En grec, littéralement, ça signifie la douleur du retour : ce pincement au cœur, ce poids sur le plexus quand on sent les années qui s’enfuient alors  que l’on croit que tout s’est passé hier et que c’est encore à portée de main.
Thierry Roland est mort et je ne me sens pas très bien.
Vieillir, c’est voir s’estomper tous les paysages. S’apercevoir que l’on est progressivement le prisonnier d’un univers qui n’a plus grand chose de commun avec celui que l’on a connu enfant. 
Au hasard ?
 Où sont passées les R5 orange ? Les cabines téléphoniques et les demoiselles du renseignement ? Où sont passées les robes à smoke qui masquaient la pubescence mystérieuse des seins de nos cousines ? Que sont devenus le Matin de Paris, le corps de Sophie Barjac dans Hôtel de la Plage, le Tang  dans les cafés de notre jeunesse perdue où la télé au-dessus du bar n’avait pas d’écran plat et seulement trois chaînes. On allait y voir entre copains des matchs de foot. Ces années-là la France ne faisait pas des merveilles, c’était avant les dream team de Michel Hidalgo mais c’était déjà Thierry Roland qui commentait.
Thierry Roland est mort et je suis anormalement triste à cette nouvelle.
Je sais que c’est parce que je vieillis, voilà, c’est tout. Il avait 74 ans, il venait d’avoir « un pépin de santé ». On parlait comme ça dans les années 70 pour dire qu’on n’allait pas bien. Tout Français ayant regardé la télé et dans les années 70 et 80, ne serait-ce que quelques minutes d’un match de foot, n’a pas pu manquer sa voix. Nasale, gouailleuse, un rien parigote. Les voix aussi ont changé à la télé et à la radio. Chez les journalistes sportifs comme les chroniqueurs économiques, elles se ressemblent toutes. De toute façon, puisque dans ces deux domaines, il s’agit de laisser parler des spécialistes aseptisés qui disent tous la même chose, pourquoi garder le plaisir des intonations, des accents, des tessitures différentes ? Il faut des robots pour commenter un monde qui se robotise.
Thierry Roland est mort et ce n’était pas un robot.
Un robot ne dit pas de conneries. Thierry Roland en disait beaucoup. Le puritanisme ambiant lui aurait vite fait un procès en sorcellerie. Avant, on se contentait de dire « Quel beauf ! », « Quel nul ! » mais jamais « Quel salaud ! » Il était au commentaire sportif ce que Jean Yanne était au cinéma. L’image rugueuse du Français vaguement poujadiste qui n’a pas sa langue dans sa poche mais qui n’est pas méchant, au fond. Ses remarques sur la compétence d’un arbitre tunisien pour arbitrer la France dans un match de haut niveau, aujourd’hui, on l’empalerait pour ça. C’est mauvais signe. Tout le monde est devenu plus sensible. Les Tunisiens qui ont fait une révolution, les Français qui ont peur de leur ombre dès qu’on parle du sud de la Méditerranée, les associations qui font la police de la pensée, les arbitres qui sont obligés de se farcir la violence ordinaire des supporters et des joueurs dans les rencontres du dimanche en promotion de district, au pied des cités ou dans les zones rurbaines.
Thierry Roland est mort et ses maladresse verbales étaient scandaleusement et involontairement drôles parce qu’elle reflétaient un monde aujourd’hui disparu, plus surement que l’Atlantide. Ma préférée, pour tout ce qu’elle révèle d’une France heureuse où l’état-providence faisait consensus, c’est : « On aura beau dire, la défense en ligne du Paraguay, c’est pas la sécurité sociale. » J’ai oublié de quel match il s’agissait. Je n’ai pas oublié que ce genre de comparaison indiquait que même chez un type de droite, il y avait des choses qui étaient là pour l’éternité. La France des années 70, la France de Thierry Roland, ce n’est pas compliqué, on aurait dit le Sud et ça aurait pu durer au moins un million d’années.
Thierry Roland est mort et on a envie de présenter ses condoléances à la famille et puis aussi à Jean-Michel Larqué. Dans une époque aussi monstrueuse que la nôtre, je pense qu’il y a plus déplaisant que de travailler pendant des années avec un copain (engueulades comprises) et de se promener à travers tous les stades du monde, même les plus improbables, pour commenter un sport que l’on aime et porter un casque ridicule sur la tête.
On dit qu’il ne se sentait pas bien, qu’il n’avait pas envie d’aller en Ukraine pour commenter l’Euro. Il a même été à la limite d’une ultime gaffe en disant que la médecine ukrainienne, bon, c’était pas ça.
Je ne sais pas s’il a vu la belle victoire de la France contre l’Ukraine. 2-0 dont un but de Menez qui a le même nom qu’un acteur de ce temps-là, du temps de Thierry Roland et du mien. Il n’est pas impossible, en cherchant bien de trouver un film de Pascal Thomas comme « Pleure pas la bouche pleine » où Bernard Menez joue le séducteur maladroit à la campagne alors qu’un match commenté par Thierry Roland passe en fond.
Quand un gardien de but faisait un bon dégagement, Thierry Roland avait une espèce de tic langagier. Il disait avec un air de contentement «  Bernard Lama….loin devant ! »  
Eh bien voilà, Thierry Roland est loin devant, désormais.


Jérôme Leroy

Molon Labé!

Je n'espère pas grand chose du second tour des éléctions législatives françaises. On va sauver dix députés, douze avec de la chance, treize si le camarade Thiémé réussit l'exploit de dégommer Borloo dans la 21ème du Nord. C'est jouable. Mais bon.
En revanche, l'agréable vent de panique qui s'empare des larbins du marché (éditorialistes économiques payés avec mes impôts, têtes de morts de la Troïka, chefs de gouvernements techniques non élus) à la perspective d'une victoire du Front de Gauche Grec, Syriza, qui pourrait arriver en tête ce même 17 juin, m'enchante. Leur programme est assez simple:
1°"Que ça vous plaise ou nom, on restera dans l'Euro parce qu'on en a déjà assez bavé des ronds de chapeau comme ça"
2° "Votre memorandum sur un énième plan de rigueur, vous pouvez vous en servir pour les feuillées, sinon"

Bien sûr, ce ne sera pas facile pour l'élégant Alexis Tsipras, la sexy Rena Dourou et l'héroïque Manolis Glezos qui, à dix huit ans, avait descendu le drapeau à croix gammée qui flottait sur l'Acropole pour le remplacer par le drapeau grec.
Mais enfin, comme tous les Grecs, ils sont les enfants d'Athènes mais aussi de Sparte.
Alors, ci-dessous, un bref résumé des rapports que la Grèce rouge pourrait entretenir avec les Marchés et l'Europe dans les semaines qui viennent:


"Ne leur donnez rien, prenez leur tout!" Oui, pour une fois, ça changera

jeudi 14 juin 2012

Bradbury, le pessimiste enchanté


Paru sur Causeur.fr
Ray Bradbury est enfin arrivé sur Mars à l’âge de 91 ans, quelque part à l’ouest d’octobre en croquant les pommes d’or du soleil. Avant d’être l’un des plus grands écrivains américains, il avait été ce petit garçon né en 1920 pour qui l’enfance se confondit avec la Grande Dépression. On sous-estime trop souvent le traumatisme que représenta la plus grande crise économique de l’Histoire sur une génération d’écrivains nés à cette époque, et aussi différents que Bukowski, Salinger, Kerouac ou Bradbury. Ils n’en parlèrent jamais directement mais une bonne partie de leurs œuvres peut se lire comme une stratégie d’évitement, une promenade angoissée autour d’un trou noir que l’on ne veut pas nommer.
Pour Bradbury, la fuite fut dans le rêve, la tête dans les étoiles, le cœur dans ces petites villes américaines au milieu de nulle part. Celles où s’arrêtent des cirques ambulants par des après-midi d’été trop chaudes, celles où le temps semble s’abolir pour des enfants qui s’ennuient et ressuscitent de vieilles légendes, celles où l’on apprend près d’une station service que là-bas, dans les grandes villes, la fin du monde est en cours.
Bradbury fut classé parmi les écrivains de science-fiction. C’est un paradoxe car peu d’écrivains se méfièrent autant que lui de la science. Le progrès technologique, pour Bradbury, se faisait forcément au détriment de la civilisation et altérait la beauté du monde comme l’imaginaire de l’humanité.
Lisez ou relisez Chroniques Martiennes, son chef d’œuvre le plus connu, qui date de 1950. Ce classique de nos collèges mérite qu’on y retourne une fois adulte. Jamais un livre ne présenta la conquête spatiale sous un jour aussi sombre. Elle est réduite à une expédition coloniale qui est l’ultime espoir d’une Terre épuisée. L’homme se comporte sur Mars comme un barbare inconséquent, un béotien maladroit et détruit presque sans s’en rendre compte la culture martienne qui avait su transformer sa technologie en poésie pour faire du monde un diamant fragile peuplé de créatures diaphanes : « Oui, leurs villes sont belles. Ils savaient associer l’art à la vie. Pour les Américains, ça a toujours été une chose à part. Quelque chose qu’on relègue dans la chambre du haut, celle de l’idiot de la famille. »
Il n’est pas étonnant que certains historiens de la science-fiction aient classé Bradbury comme ouvertement réactionnaire alors que celui-ci ne cessa de dénoncer la ségrégation raciale dans nombre de ses nouvelles. Son œuvre est en effet l’exact envers de celle de son contemporain Isaac Asimov, l’écrivain préféré des lycéens en filière scientifique. Asimov croyait dur comme fer que les robots étaient une solution pour sauver l’humanité, que l’homme était fait pour dominer l’univers et qu’il n’y avait pas un problème que la science ne saurait résoudre. Il suffit de regarder autour de soi pour comprendre à quel point cet optimisme prométhéen est devenu terriblement hors de saison alors que le pessimisme enchanté d’un Bradbury n’a pas pris une ride.
On s’en rend compte notamment à la lecture de Fahrenheit 451 (1953), roman ouvertement antimaccarthyste qui imagine une société dans laquelle le livre est banni. Des pompiers spécialisés sont chargés de traquer les derniers lecteurs et de brûler leurs bibliothèques. Les résistants en sont amenés à apprendre par cœur les grands classiques de la littérature et à se réfugier dans les bois en espérant des temps meilleurs. Surtout, ils doivent veiller à ne pas prendre une balle : sinon, Don Quichotte et L’Odyssée disparaîtraient avec eux. Fahrenheit 451, qui fit l’objet d’une adaptation trop méconnue par François Truffaut en 1966, dépasse bien sûr cette simple allégorie politique (comme 1984 dépasse la simple critique du stalinisme) pour devenir une grande œuvre antitotalitaire qui continue aujourd’hui, plus que jamais, à questionner notre rapport de plus en plus aliénant à l’image omniprésente.
On peut lire, au dos de la première édition française du Pays d’Octobre (Denoël, Présence du Futur, 1966) des extraits de critiques dont celle de Paris-Presse qui déclare : « Ray Bradbury : le Marcel Aymé de la science-fiction ». 
Finalement, on ne saurait mieux dire.

mercredi 13 juin 2012

Solange la janséniste


 Paru dans Valeurs Actuelles

Finalement, Charles Valérien, le narrateur d’Enjoy, premier roman de Solange Bied-Charreton, aurait très bien pu être croisé chez Houellebecq ou Bret Easton Ellis : il lui suffirait de presque rien pour être un monomaniaque dépressif fatigué par une hyperlucidité sur son temps ou même un tueur psychotique donnant le change dans un métier très tendance comme « consultant en organisationnel ». Mais Solange Bied-Charreton en se servant de Charles Valérien pour faire le portrait vachard, ironique et remarquablement précis du trentenaire à l’époque des réseaux sociaux s’inscrit plutôt dans une tradition littéraire qui va de Marcel Aymé à Geneviève Dormann. Elle aime le style et refuse la complaisance sociologique dans la peinture des ridicules d’un garçon qui n’existe plus que par l’intermédiaire de la mise en scène dérisoire de lui-même grâce à ShowYou, avatar de Facebook dans Enjoy. Elle refuse aussi de transformer Charles Valérien en serial killer. Nous sommes en France, que diable, et même la puissance orwellienne de ShowYou laisse à Charles Valérien, reporter narcissique de lui-même, une certaine tenue de garçon de famille BCBG et une bonne volonté attendrissante devant cette nouvelle servitude volontaire.
Portrait de ce qu’on appelle la génération Y, celle qui n’a jamais connu un monde sans Internet, Enjoy est un roman très intelligent car il ne juge jamais. Solange Bied-Charreton est évidemment une moraliste mais elle n’aura pas l’impolitesse de nous faire la morale. Il n’y a pas eu besoin de ShowYou, nous dit-elle à travers le portrait d’un père baby-boomer devenu fou et de Rémy Gauthrin, écrivain quadra manipulateur, pour que l’humanité tout entière ne se sente exister que dans une permanente représentation. Les jansénistes se méfiaient déjà du théâtre, Solange Bied-Charreton se méfie de ShowYou. Elle est de son temps, oui, mais elle n’oublie rien.  


JL
Enjoy de Solange Bied-Charreton (Stock)

lundi 11 juin 2012

Le Front de gauche: et maintenant...

Des résultats contrastés, dont celui de Méluche face à Mlp (ce qui a dû provoquer dans la réacosphère la première érection de ces charognes consanguines depuis le dernier contrôle au faciès auquel ils ont assisté), nous montrent que la route est encore longue  pour un mouvement comme le nôtre qui a moins de quatre ans, avant la révolution par les urnes et l'insurrection citoyenne. Même si l'histoire sait parfois nous réserver de ses accélérations belles comme une fille qui se déshabille ou qui s'apprête à ouvrir le feu sur un tenant de l'ordre capitaliste.  
Alors, en route, camarades! Feu sur le quartier général! Une seule étincelle peut mettre le feu à toute la plaine!

En gros, les sous-titres de la chanson disent "Si le PS et les écolos espèrent que le FDG explose et que le PCF va aller à la soupe, ils peuvent se la tailler en pointe (expression chinoise de la dynastie Han, attestée chez Li Po). Quant à la droite ethnolibérale, comme d'habitude, qu'elle sache qu'elle est notre ennemie mortelle définitive et qu'un jour elle sera vaincue" 
Puis les sous-titres disent: "Le capitalisme aux abois peut bien jouer la carte du racisme pour diviser, le FDG répandra sa lumière d'amour pour dissiper les mensonges et expliquera gentiment aux valets et autres larbins des patrons, et au patrons eux-mêmes, qu'ils peuvent soit contribuer à l'édification du socialisme soit quitter très vite les lieux, une main devant, une main derrière ( expression Tang cette fois-ci, image du dénuement extrême, attestée chez Wang Wei)"

dimanche 10 juin 2012

Epinikion pour Rena Dourou

Une production FQG pour nos aimables abonnés en ce dimanche d'élections législatives. Rappelons que notre deuxième tour coïncidera, le 17 juin, avec l'élection du nouveau parlement grec. Syriza, le Front de Gauche local,  arrive en tête dans les sondages. La belle Rena Dourou en est une des figures de proue et a été récemment agressée avec une de ses camarades lors d'un débat télévisé par un député néo-nazi d'Aube Dorée. Ce scopitone lui est entièrement dédié car elle est une icône parfaite de notre communisme sexy, poétique et balnéaire.
Enjoy your movie.

samedi 9 juin 2012

La plus belle des critiques

Au Centre de détention de Roanne, en mars, nous avions rencontré des détenues et des détenus, dans la cadre de l'opération Polar hors les murs liée au festival Quai du Polar de Lyon. On sentait bien que l'énergie avait circulé mais on n'est jamais forcément sûr à 100% de la chose. Là oui, grâce à cet article du journal interne des détenus que l'on nous a aimablement transmis. Merci, les gars, merci les filles.

Le polar rugit à Roanne
La force intime d'un écrivain nommé Jérôme Leroy
En mars, au bâtiment socio-culturel, ensemble les détenus femmes et hommes rencontraient l'auteur Jérôme Leroy.
Le romancier manifeste son bonheur d'être ici parmi nous. Écrivain engagé, il a la tchatch, de l'humour mais pas la grosse tête. Il n'utilise pas la langue de bois. Provocateur, sans désinformation ni manipulation, il s'est lancé un grand défi : dénoncer les travers de notre société dite civilisée.
La plupart d'entre nous ont pu se procurer dans la bibliothèque du Centre de Détention certains romans de cet auteur. Dans ses polars, sur une trame politique et actuelle, il décortique notre société. Une plongée vertigineuse au cœur de la corruption et du vice dans le pouvoir qui gouverne les peuples du monde. Il ne fait pas dans le virtuel mais le concret. Une mixture de faits-divers, faits d'actualité, d'économie politique compose ses livres. Son style, des phrases courtes, efficaces, précises. Chaque mot est à sa place, ce qui permet une lecture simple, fluide et enrichissante. Le coup de cœur chez les femmes a été son livre, « La grande môme ».
Son roman : « Le bloc », a suscité une grande polémique auprès des détenus. De ce fait, le rendez-vous avec l'auteur a vite tourné en débat sur notre monde actuel qu'il évoquait sans détour et avec un goût amer. Passionnant !
Une visite décalée, insolite, toute à notre bonheur. Nous les détenu(e)s, étions tous attentifs à sa vision du monde, son interprétation du système et ses clivages.
Intellectuellement, une très belle rencontre qui nous a permis de nous évader de derrière les barreaux. Nous avons bien apprécié cette approche, cette possibilité si rare de pouvoir s'exprimer en toute liberté.
Au final nous avons été ravis de partager cet instant avec un écrivain militant. Des rencontres telles que celles-ci, nous en avons grand besoin et nous en redemandons.

(Journal interne du CD de Roanne – juin 2012) 

mardi 5 juin 2012

Loin de Brive, déjà...

...avec l'impression d'avoir fui le bonheur de peur qu'il ne se sauve. 
On ne devrait jamais quitter Montauban remarquait l'excellent Fernand Naudin dans Les Tontons Flingueurs. Brive non plus
Un excellent article, dans La Montagne, a bien résumé tout ça...

jeromes leroys de tous les pays

Une loi contre l'homophonie, vite!
(Causeur.fr)

Je suis bien conscient d’avoir un des noms les plus banals de France. Je me suis fait une raison depuis l’enfance. Sur les panneaux annonçant les résultats du baccalauréat, il a fallu que je remonte jusqu’à mon troisième prénom et à ma date de naissance pour être bien sûr que j’étais reçu et, sans exagérer, j’ai dû croiser dans ma vie une bonne vingtaine d’homonymes.
Sans compter ceux que je n’ai pas croisés mais qui ne me simplifient pas la vie.
Il y a d’abord celui qui est le plus connu, notamment par ceux qui suivent un peu le championnat de France. Jérôme Leroy est en effet un footballeur de 37 ans qui n’en finit pas de terminer sa carrière, un milieu de terrain teigneux et talentueux qui a joué, entre autres, au PSG, à Marseille, à Sochaux, à Lens, à Rennes et vient de terminer une saison à Evian où son contrat n’a pas été prolongé. Sa longévité extraordinaire entretient mon malheur. A l’époque où j’enseignais encore, j’avais le droit le lundi matin à des remarques rigolardes du genre : « Vous avez bien joué ce week-end, monsieur, vous avez même marqué. Pas trop fatigué ? C’est pour ça que vous n’avez pas eu le temps de corriger nos copies ? »
En même temps, avec ce Jérôme Leroy-là, c’est un moindre mal. Quand on connaît mon amour immodéré pour tout effort physique, il y a assez peu de chance qu’une réelle confusion se produise.
Il en va tout autrement avec un tout nouveau Jérôme Leroy arrivé sur le marché et dont j’ai découvert l’existence par le message suivant dans une de mes boites mails :
Bonjour,
Je cherche à contacter Jérôme Leroy, candidat pour Debout La République dans la 1ère du Cher.
Lors des soirées électorales des législatives l’ensemble des Rédactions de France Télévisions (France 2, France 3 national et régional, France Ô et Télé 1ères) ainsi que leurs sites internet, vont afficher les scores de tous les candidats en y adjoignant leur photo.
Pour cette raison, nous vous sollicitons afin que vous nous renvoyiez par mail à : documentationorleans@francetv.fr, une photo numérique de vous qui servira pour l’ensemble des chaines et des sites internet.
Là, j’ai eu une sueur froide en pensant à mes camarades du FDG. Je les entendais déjà : « Tu vois bien qu’on ne pouvait pas compter sur lui. De toute façon, il passait son temps à dire du bien de De Gaulle et du CNR. Il a même interviewé Nicolas Dupont-Aignan et il a dit qu’il était presque d’accord sur tout avec lui. Ca doit être ce David Desgouilles qui lui a tourné la tête. En plus, il s’est fait parachuter dans le Cher. Il n’a vraiment aucune pudeur ! »
Pour éviter ce genre de malentendus qui risquent de pourrir la vie de dizaines de milliers de Jérôme Leroy en France, je leur propose donc la création d’un Syndicat des Jérômes Leroys (SDJL) afin que nous puissions veiller à nos intérêts mutuels et que tout le monde sache qui est qui.
Sinon, j’espère faire tout de même un bon score dans le Cher et trouver un nouveau club pour la prochaine saison.

vendredi 1 juin 2012

Et dire que Brive, lundi, ce sera terminé...

...et qu'il faut déjà penser à préparer ses bagages.
Ci-dessous, quelques images de ce départ, de mes activités sur place, d'une aire d'autouroute au large d'Argenton sur Creuse, de Brive by night et de ses créatures.