mardi 31 janvier 2012

Serge Quadruppani rime avec deep ecology

Les copains d'abord, et c'est paru sur causeur

Ce qu’il y a de bien avec le roman noir, c’est qu’il nous apprend des choses que ni l’économie, ni la sociologie, ni même la presse ne peuvent ou n’osent nous dire. C’est aussi qu’il souligne les lignes de forces et les fractures de notre monde en grossissant à peine le trait. Pour peu que l’auteur soit doué d’un métier solide et d’une jolie plume, le tour est joué. Serge Quadruppani possède les deux et remplit parfaitement ce cahier des charges dans La disparition soudaine des ouvrières. (Editions du Masque)
Non, malgré le titre, il ne s’agit pas d’un roman sur les travailleuses de Lejaby. A la limite, la désindustrialisation, Serge Quadruppani en serait partisan, tant il lui semble que notre temps se caractérise par une agression généralisée de la technoscience contre un vivant en voie de marchandisation. Les ouvrières dont il est question dans ce polar se déroulant dans une splendide vallée piémontaise, ce sont les abeilles. Elles sont frappées par le CCD qui n’est pas un contrat de travail mitonné dans les coulisses des nouveaux ministères de la précarité mais du Colony Collapse Disorder, ou syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles domestiques. « Subitement, à n’importe quelle époque, – hors hiver où la ruche est en quasi sommeil-, les abeilles ne rentrent par dans leur ruche, et on ne retrouve de cadavres, ni dans la ruche, ni à proximité. Des colonies entières disparaissent en une nuit, ce qui est nouveau et très anormal pour des insectes sociaux. »
Si la commissaire Simona Tavianello, grande fliquesse antimafia, à la cinquantaine sexy et opulente, qui se trouve en vacances à proximité de Pinerolo1 s’intéresse à ce CCD, c’est qu’elle a trouvé, alors qu’elle allait acheter du miel chez un apiculteur, le cadavre d’un ingénieur dans la boutique vide. Comme cet ingénieur travaillait dans un centre de recherches pour une multinationale de l’agroalimentaire à proximité, et qu’il a en outre été exécuté par une arme qu’on avait volé à Simona la nuit précédente, la voilà mêlée bien malgré elle à l’enquête. Les choses se compliquent encore quand on découvre que l’apiculteur chez qui l’ingénieur a été assassiné est le leader d’un groupe écologiste opposé aux recherches de la multinationale accusée de provoquer le CCD et quelques autres désordres dans la faune et la flore de la région.
Quadruppani dresse habilement le tableau d’un affrontement sans merci entre des environnementalistes radicaux, des technophiles naïfs qui voudraient « pucer » les abeilles et des industriels à la recherche de nouveaux brevets, tout ce petit monde étant instrumentalisé par une spécialité bien italienne : les servizi deviati. Il s’agit d’agences de renseignement qui se sont livrées à toutes sortes de manœuvres occultes : préparation de coups d’Etat et négociations avec la mafia, sans parler de la « participation observante », comme le dit joliment Quadruppani, aux attentats-massacres des années de plomb. Dans le roman, les servizi deviati décident de provoquer une opération antiterroriste contre les apiculteurs écolos sur la seule foi d’une brochure sans nom d’auteur intitulée La révolution des abeilles. Toute ressemblance avec la désormais célèbre opération Taïga qui a vu la DCRI envahir un village corrézien pour arrêter Coupat et ses amis est bien entendu absolument volontaire.
Remarquablement documenté, La disparition soudaine des ouvrières a l’élégance de plus en plus rare de métaboliser cette documentation et de nous éviter ces tartines explicatives des thrillers actuels qui ont toujours deux cents pages de trop.
Une distance ironique et amusée reste par ailleurs présente tout au long du roman et l’on pourra conseiller, à François Hollande par exemple, de lire et de méditer ce passage où un professeur en biologie explique à la commissaire Tavianello ce qui arrive à certaines abeilles : « Selon Marini, et il avait employé lui-même la métaphore, les abeilles étaient en train de mourir d’avoir trop bien essayé de s’adapter à l’évolution du monde, au lieu de lui résister, offrant ainsi l’image parfaite de la trajectoire d’une certaine gauche. »
Serge Quadruppani, La disparition soudaine des ouvrières. (Editions du Masque)

lundi 30 janvier 2012

L'autre Otis


Le Bloc sur La Fringale Littéraire


Et on peut gagner 5 Blocs sur ce site bien agréable

Rimbaud, en janvier.

Mais la Vampire qui nous rend gentils commande que nous nous amusions avec ce qu'elle nous laisse, ou qu'autrement nous soyons plus drôles.
Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer : aux supplices, par le silence des eaux et de l'air meurtriers ; aux tortures qui rient, dans leur silence atrocement houleux.

(Illuminations, "angoisse")

dimanche 29 janvier 2012

Little brother is talking to you

(ce soir, sur huit chaînes de télécran dans tous les foyers d'Océania)
Toute image traumatisante pour les personnes fragiles est, en conformité avec la politique sanitaire de notre zone chaviste libérée et comme le savent nos aimables abonnés, compensée par une illustration célébrant la vie, la beauté et le plaisir.



samedi 28 janvier 2012

Guerre totale

Things to come, un film de 1936, chef d'oeuvre de la sf brit
Alors, pour Jean-Luc Marret dans Guerre totale, ainsi que l’aurait dit le Céline du Voyage au bout de la nuit, ça a commencé comme ça, par une intuition terrifiante, un pressentiment monstrueux : la guerre, l’amour de la guerre est la réalité de l’homme, son désir délirant, sa pulsion métaphysique vers l’autodestruction. Si par hasard l’homme ne fait pas la guerre, c’est qu’il ne peut pas. Parce qu’il se retrouve, comme un drogué en manque de violence historique, sans pouvoir provisoirement, toujours très provisoirement d’ailleurs, satisfaire sa passion mortifère. « La violence peut se définir comme un état intermédiaire entre l’inanition – crever de faim, être faible ou écrasé, bref être enclin à la gentillesse, à manger dans la main – et être repu, oisif, baigner dans le confort ; autrement dit ne plus rien avoir à foutre. »
Jean-Luc Marret a écrit sur cette guerre universelle de tous contre tous une fable-fleuve, comme il y a des romans-fleuves. Guerre totale imagine une sorte de « présent visionnaire », aurait dit J. G. Ballard, dans lequel la planète est en proie à un conflit généralisé où tous les coups sont permis et « toutes les grandes tueries, les “sanguignoleries” baroques » font le quotidien d’une humanité dévastée par ses propres délires.
Nous sommes ainsi dans un espace-temps qui n’est ni tout à fait le nôtre ni tout à fait un autre. Nous sommes au coeur de l’Albanistan, un pays hargneux atteint de fièvre obsidionale, un axe du mal à lui tout seul, dirigé par des satrapes ubuesques qui procèdent à des purges monumentales dans leurs rangs et font de la famine un mode de gouvernement. L’Albanistan et son parti unique, l’Union patriotique, attendent les bombardements massifs, ils les auront, et pis encore. Jean-Luc Marret n’a pas appelé son roman Guerre totale pour rien : on kamikaze, on piège, on bactériologise et pendant ce temps-là, sur les écrans plats du spectacle permanent, on sponsorise la boucherie et la publicité continue en vantant des marques de bière, de napalm ou de 4x4.
Tout l’enjeu d’un tel texte-limite, incontrôlable, somptueux dans son énergie morbide, est de tenir la note, de faire jusqu’au bout de ce que Hegel appelait le travail du négatif. Et c’est là que Marret, pour son premier roman, a une véritable intuition d’écrivain. Il faut que la langue, la langue qu’il écrit entre en guerre contre elle-même. Le pari est relevé de manière étonnante. Marret joue avec la typographie, la ponctuation, les onomatopées, les néologismes en dosant parfaitement ses effets.
On songe forcément à Céline et notamment à son roman un peu moins connu, Normance, dans lequel il réussit l’exploit sur plus de cinq cents pages de décrire le bombardement des usines Renault vu depuis la butte Montmartre soufflée par les bombes. Il y a aussi d’ailleurs chez Jean-Luc Marret cette ironie constante, cet humour affolé, cette panique rigolarde devant l’horreur qui sont autant d’hommages au maître de Meudon.
Mais le texte entre en guerre également avec lui-même grâce à des censures plus baroques les unes que les autres qui interrompent soudain le fil du discours et laissent, par le seul énoncé de leur nom, deviner à quel désordre est soumis ce monde, miroir du nôtre, imaginé dans Guerre totale : « Censuré par l’Union antipatriotique mondiale section Britney Spears, censuré par les fragmentistes mongolo-ruthènes, censuré par l’union mondiale des biologistes pour un eugénisme général et humaniste. »
Guerre totale, par sa manière de décaler la réalité pour mieux en saisir ses contours paradoxaux ainsi que par le flux irrésistible de son style, pourra parfois rappeler un livre de Pierre Guyotat, Tombeau pour cinq cent mille soldats, qui lui aussi, il y a quelques décennies, avait revisité notre histoire inhumaine sous l’angle de la guerre comme alpha et oméga de nos destinées intimes inextricablement mêlées à la violence collective.
Ce qui est certain, c’est que Guerre totale, comme une géopolitique sous hallucinogène, complétera utilement le très classique Goncourt d’Alexis Jenni, l’Art français de la guerre.  

Guerre totale, de Jean-Luc Marret, L’Éditeur, 448 pages, 23 €.

vendredi 27 janvier 2012

Communiste? Communiste.

"...il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer."
dernière phrase de L'Innommable  de Samuel Beckett.
she's reading Beckett on the beach ans she's a communist

lundi 23 janvier 2012

Vers l'Est, again


Demain nous serons à la librairie Bisey de Mulhouse pour signer Le Bloc, qui continue gentiment son petit bonhomme de chemin. Ce sera entre 18H45 et 20H.

dimanche 22 janvier 2012

François Hollande a prononcé un discours enthousiasmant

Et toute la jeunesse de France a exprimé son bonheur devant la furie prolétarienne que le candidat  socialiste a suscité.
Geneviève Grad a magnifiquement twisté le programme socialiste: "on fait les fous, on s'amuse, on rit"

samedi 21 janvier 2012

Etta s'en va, Lénine est mort et Solange écrit dans Libé

Etta James fit partie de nos premiers achats soul, avec Otis Redding. En 80, disons. On n'était pas franchement de notre temps, question paysage sonore. Et cela n'a pas changé depuis. Et c'est très bien comme ça. Alors on réécoute Two sides et puis, ne soyons pas chien, Trust in me, pour danser un slow dans l'éternité de sa voix, au plus près de la pulsation.

On pourra lire pendant la musique  la semaine de l'écrivain de Solange Bied-Charreton dans Libération de ce week-end en attendant de lire son premier roman, Enjoy (Stock) qui sort le 25 janvier. Encore une qui n'est pas de son temps, SBC, mais qui le comprend mieux que personne. Ce qui est, entre nous soit-dit, la meilleur preuve que vous avez affaire à un écrivain.





Bonsoir, je m'appelle Vladimir Ilitch Oulianov, je suis mort en 1924 mais ça ne m'empêche pas de m'associer au deuil de Feu sur le Quartier General, de recommander la lecture de Solange Bied Charreton et de vous annoncer l'imminence de la révolution mondiale.

vendredi 20 janvier 2012

Revoir L'Eclipse

Nerval disait qu'il y avait un air pour lequel il aurait donné tout Rossini, tout Mozart et tout Weber. Moi, je donne tout le cinéma trentenaire français des années 1990 à 2010 pour quelques plans de L'Eclipse d'Antonioni.
Je m'apprête donc à le revoir parce qu'il n'y a pas grand chose de mieux à faire par une nuit de janvier en Europe occidentale, au temps de la dictature pré-apocalyptique des marchés sur les vieilles nations. Et l'on vérifiera si ce que l'irremplaçable Jean-Louis Bory disait de ce film en 1962 est toujours vrai:
"Etrange civilisation au bord du robot. Au bord? Nous y sommes. Que sont-ils d'autres que des machines à faire du fric, comme il y a des machines à faire du vent, ces boursicoteurs dont l'agitation et les aboiements hystériques n'ont plus rien d'humain? (...) L'amour reluira-t-il après l'éclipse? Ses vieilles ruses valent encore, toujours les mêmes: la complicité de la musique douce et de ces morceaux de nature domestiquée et prisonnière des villes qu'on appelle des jardins, le désir, la caresse (même sous la forme parodique de la chatouille), l'odeur des peaux. Il arrive qu'un garçon ait envie de monter dans la chambre d'une fille. Alors, dans un décor inhumainement moderne, recommence la scène du balcon de Roméo et Juliette."

L'éclipse (1962) Bande annonce 

jeudi 19 janvier 2012

Toi aussi, larbin, nomme un banquier premier ministre!

Accélère! Un banquier slovène!
Slovénie, société anonyme
Les Slovènes ont toujours été des pragmatiques. On ne va pas leur reprocher. Ils avaient intégré le royaume de Yougoslavie après la première guerre mondiale en sentant bien qu’il vaut mieux être une petite nation tranquille dans un ensemble fédéral puissant qu’une petite nation faible au milieu d’autres petites nations tout aussi faibles. Après la seconde guerre mondiale, toujours avec la même idée, ils ont rejoint par referendum Tito et les communistes.
Plus tard, au début des années 90, ils ont compris que la Yougoslavie, c’était terminé, que ça allait faire vinaigre, que les Allemands étaient les vrais patrons en Europe et ils furent les premiers à quitter un pays qui n’existait presque plus mais dont l’agonie allait amener les massacres que l’on sait. Ensuite, ils ont demandé leur adhésion à l’Union Européenne mais comme ils ont toujours su se mettre du côté du manche, à peine entrés, ils ont dit au moment de la deuxième guerre du Golfe en 2003 qu’ils soutenaient Georges Bush dans sa croisade irakienne pour la démocratie et le pétrole réunis. Cela avait à l’époque vivement fâché le président Chirac qui tentait avec Villepin à l’ONU d’éviter le carnage.
Aujourd’hui, toujours à la pointe de la prudence, la Slovénie qui est dans la zone euro vient de s’apercevoir que ses deux millions d’habitants sont confrontés, comme les petits copains, à une vraie crise économique et financière. Récession, chômage à 12% et une dette qui est à 45% du PIB. Alors plutôt que d’attendre que Bruxelles vienne donner ses ordres comme en Grèce ou en Italie, le président Slovène vient de proposer comme nouveau premier ministre…un banquier !
Pourquoi en effet continuer de faire semblant que c’est encore la politique qui gouverne quand c’est désormais la finance. Il s’agit en l’occurrence de M. Voljc, 62ans, qui a dirigé la plus importante banque slovène, Nova Ljubljanska banka (NLB) entre 1992 et 2004. Il est aujourd’hui directeur pour l’Europe de l’Est et l’Europe centrale du groupe belge de bancassurance KBC. Il a également travaillé de 1979 à 1992 pour la Banque mondiale, dont il a dirigé la représentation en Amérique centrale.
On sent tout de suite que M. Voljc connaît son affaire et qu’il ne va pas se laisser impressionner par des criailleries sociales.
Si j’étais à la place de François Fillon, je ferais gaffe : un Baudoin Prot est vite arrivé.

mercredi 18 janvier 2012

Lord Jim n'était pas à bord du Concordia

 On a les capitaines qu'on mérite...

La dernière fois que j’avais entendu parler d’un capitaine qui avait abandonné son bateau en pleine tempête, c’était dans Lord Jim, le roman de Conrad et dans son adaptation plutôt réussie de Richard Brooks, en 1965. Il y avait Peter O’Toole qui jouait le rôle du capitaine trouillard, hanté par sa lâcheté et réussissant une composition merveilleusement hallucinée dans sa recherche de rédemption. Inutile de dire qu’il n’y a que peu de rapport avec le commandant Francesco Schettino, qui a plutôt le physique d’un second rôle dans un porno soft allemand et qui après avoir menti de manière presque désespérée devant les caméras a gardé le même air impassible et bovin quand il s’est retrouvé les bracelets aux poignets, inculpé d’homicides multiples et d’abandon de navire. L’abandon de navire, pour un marin, c’est quand même la honte totale, presque autant qu’une nation qui abandonne son destin à des inconnus qui la notent avec des lettres.
Lord Jim avait abandonné son navire en pleine tempête alors qu’il transportait des pèlerins vers la Mecque. On peut comprendre sa trouille, à défaut de l’excuser. Au milieu des vagues gigantesques qui menaçaient de faire chavirer son navire extrêmement fatigué, Jim a dû se dire qu’il ne laissait pas vraiment tomber ses passagers puisqu’ils avaient la Foi et que la Foi peut tout. D’ailleurs, il a eu raison puisque dans le roman comme dans le film, à la fin, les pèlerins sont sauvés in extremis, par une canonnière française si je me souviens bien. A cette époque là, vers 1900, la France avait des canonnières et pratiquait la politique du même nom. Elle n’attendait pas, tétanisée, que des libéraux apatrides lui dictent son destin, mais c’est une autre histoire.
Francesco Schettino, lui, n’a pas été victime d’une tempête. Apparemment, il a voulu faire le kéké avec un bateau qui ressemble à une barre HLM flottante, ce qui n’est pas très malin. On appelle ça l’inchino et cela consiste à naviguer le plus près des côtes possible, sirènes mugissantes et toutes lumières allumées, histoire de faire coucou aux habitants d’une île, en l’occurrence les huit cents résidents de Giglio.
C’est bien un truc d’Italien, de faire ça, un truc de citoyen venant d’un pays encore plus mal noté que nous, c’est dire. Et ça ne va pas arranger leurs affaires auprès des agences, une histoire de ce genre. Même si Mario Monti n’est pas Berlusconi, s’il montre dans le pilotage de l’économie italienne les mêmes dispositions que Francesco Schettino dans la manœuvre du Concordia, ça augure mal de la suite des opérations.
En plus, Schettino aurait dû savoir qu’il ne transportait pas des pèlerins musulmans mais des touristes occidentaux, c’est à dire des gens qui n’ont plus la Foi, qui oublient dans des croisières calibrées comme des pommes golden que leur seul horizon historique est une soumission définitive à des régimes austéritaires et qu’ils n’ont, par conséquent, aucune chance d’être rédimés. Lord Jim, lui, dans la deuxième partie du roman de Conrad, se rachète en aidant une tribu opprimée en Malaisie dans sa lutte pour l’indépendance. Je ne veux pas faire de procès d’intention à Francesco Schetttino mais après un tel fiasco, je le vois plutôt se reconvertir dans un domaine où son physique, comme nous le disions, sera parfaitement adapté : l’industrie pornographique.
Cependant, j’espère me tromper, qu’il sera touché par la grâce et qu’on entendra parler de lui dans quelques années comme le chef d’un maquis des Abruzzes, entourés de partisans communistes comme ceux que l’on voit au début de Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, un film encore plus émouvant que le Lord Jim de Richard Brooks, parce qu’il montre toute une génération victime d’un naufrage, celui de ses illusions, un peu comme celles des jeunes européens dégradés d’aujourd’hui.
Publié sur Causeur.fr

lundi 16 janvier 2012

Ça se lève toujours à la fin

Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, mars 2015)

Proust, une table d'orientation

article paru sur Causeur.fr

Comment peut-on être à la fois charmant, poétique et utile, alors que l’on sait depuis Théophile Gautier que tout ce qui est utile est laid ? Eh bien, par exemple, en écrivant Le Bottin des lieux proustiens comme l’a fait Michel Erman à la Table Ronde, dans la collection Petite Vermillon. Le livre est court comme un discret addendum à l’œuvre gigantesque de Marcel et dépourvu de tout jargon universitaire. Une brève préface explique le statut particulier de l’espace dans une œuvre que l’on pourrait croire uniquement dédiée au Temps et cite opportunément Georges Poulet qui consacra jadis un essai à L’espace proustien : « On voit donc clairement que, dès le premier moment -on pourrait presque dire aussi : dès le premier lieu du récit, l’œuvre proustienne s’affirme comme une recherche non seulement du temps, mais aussi de l’espace perdu. »
Ce préalable posé, la promenade peut commencer. Le premier lieu de l’œuvre, justement, c’est la chambre du héros à Combray, avec ses oreillers frais comme des joues de jeune fille mais qui est aussi le lieu de l’inquiétude fondatrice, celle du petit garçon asthmatique qui a peur de ne pas s’endormir si sa mère ne vient pas l’embrasser avant l’arrivée des invités. On se souvenait de la lanterne magique qui projetait les images de Geneviève de Brabant mais pourquoi avions-nous diable oublié qu’il y avait au mur, comme nous le précise Michel Erman, des reproductions de Corot, Hubert Robert et Turner offerts par la grand-mère bien aimée.
Les chambres ont d’ailleurs une place non négligeable dans ce Bottin et représentent pas moins d’une douzaine d’entrées. On connaît évidemment celle de Tante Léonie, toujours à Combray, dans laquelle elle offrira au narrateur lors d’une visite dominicale la fameuse madeleine trempée dans du tilleul, ce qui provoquera des années plus tard le phénomène de mémoire involontaire faisant renaitre le passé : « … toutes les fleurs de notre jardin et celle du parc de monsieur Swann et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis, et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, elle sortit, ville et jardins, de ma tasse de thé. »
Il y aussi les chambres de la perversité, qui ont une sale odeur d’ambre, de plaisir et de jalousie comme celle réservée à Albertine par le narrateur dans l’appartement familial qu’il veut surveiller et éloigner des tentations saphiques dans la Prisonnière. Michel Erman nous rappelle en quelque lignes toute l’ambigüité quasi psychanalytique de la situation: « C’est, en réalité, le cabinet de travail du père. Les deux amants dînent le plus souvent dans cette chambre. A la fin de la soirée, Albertine vient y dormir, seule, après avoir dispensé un baiser langoureux au héros, sauf les nuits où ce dernier fait en sorte qu’elle reste avec lui. »
Pourtant, celle qui nous émeut toujours autant, finalement, c’est la chambre du narrateur au grand hôtel de Balbec, celle où il connaîtra « les intermittences du cœur », celle où, un matin en se relevant après avoir lacé ses chaussures, la mer lui apparaît dans l’encadrement de la fenêtre sous un angle particulier qui lui rend incroyablement présent le souvenir de sa grand-mère, morte des années plus tôt et qui l’avait accompagné pour son premier séjour dans cette station balnéaire imaginaire, Balbec.
Balbec est d’ailleurs présentée justement ici comme un mélange de Cabourg et Trouville mais surtout comme le lieu de l’adolescence et de la découverte des jeunes filles. C’est que ce Bottin des lieux proustiens insiste sur un fait essentiel : qu’ils soient imaginaires ou réels, les lieux de la Recherche du temps perdu ne se contentent pas d’ordonner à la fois le temps et l’espace avec, par exemple, le côté de Guermantes et le côté de chez Swann qui sont les deux grandes divisions géographiques mais aussi sociales, culturelles, voire politiques qui organisent l’œuvre. Non, les lieux sont aussi consubstantiels des êtres, de leur passage et de leur évolution dans le Temps.
Ce que nous rappelle aussi ce Bottin, c’est que Proust est un formidable peintre de son époque, doué d’un sens de l’observation et de la métaphore ou, si l’on préfère d’un sens de l’observation donc de la métaphore. Mais en aucun cas, il n’est un réaliste. Il déteste l’idée d’un lieu « toile de fond » et se méfie du pittoresque qui finit toujours dans le kitsch et le toc. Non, la mer en Bretagne, qui est une des entrées de ce Bottin, ne vaut que si elle renvoie à la silhouette gracieuse de mademoiselle de Stermaria, c’est une mer « qu’elle tenait enclose dans son corps ».
Ce petit livre très complet, s’il apportera un évident plaisir au lecteur habitué de Proust peut aussi servir d’introduction idéale au néophyte, ou à celui qui est inquiet à l’idée de se lancer dans une des plus grandes œuvres romanesques de la littérature française. Un peu comme une table d’orientation claire et précise rassurera le voyageur qui se trouve soudain face à un panorama grandiose et hésite, bien à tort, à commencer son exploration.


Michel Erman, Le Bottin des lieux proustiens (La Table Ronde)

samedi 14 janvier 2012

On a causé dans le poste avec Lapaque...



Officiellement Lapaque était là pour la réédition en Babel Noir de son premier roman, un polar turfiste et janséniste, Les Barricades Mystérieuses et mézigue pour Le Bloc.
Evidemment, on a surtout raconté des horreurs, on a bien rigolé et pendant les flash d'informations, on dansait le chachacha pour mieux nous réjouir de la dégradation de la France qui a perdu son triple A. Car être dégradé par des crapules mortifères comme les enflures à la tête de ces douteuses officines, c'est finalement très une bonne nouvelle. Comme était une très bonne nouvelle la longue figure paniquée des employés du mois politico-médiatiques  qui en avaient pourtant beaucoup fait dans le larbinisme ethnolibéral afin de rester dans les bonnes grâces de ces quelques dizaines d'encostumés qu'"un paquet de mitraille dans le ventre"(Léon Bloy) suffirait pourtant à remettre à leur place.
Ce qui prouve que rien n'avait changé d'ailleurs, en France, c'est que le vin d'Olivier Pithon bu ensuite aux Papilles pour accompagner une joue de boeuf n'avait pas changé de goût.

vendredi 13 janvier 2012

jeudi 12 janvier 2012

La relève du hussard

En février 1990, je sortais mon premier roman, L'Orange de Malte. 
En janvier 2012, Solange Bied-Charreton va sortir le sien. Il s'appelle Enjoy. C'est dans quelques jours en librairie.
Ce que j'ai bien aimé dans Enjoy, dont on reparlera ici et ailleurs, c'est que cette phrase de Bernard Frank qui m'avait tourné dans la tête au moment de L'Orange m'est revenue aussitôt:
«On écrit son premier livre comme un testament, pour dire que quelque chose n'allait pas et que cependant on n'était pas coupable.»





Enjoy de Solange Bied-Charreton (Stock, 18 euros 50)

mardi 10 janvier 2012

Vite payé, vite mangé, vite aliéné

Tu vas les payer tes heures sup, dis, patron?
 ce texte est paru sur Causeur.fr


On sait que les conditions de travail dans la grande distribution relèvent de plus en plus d’un parcours du combattant. On s’étonnera d’ailleurs, à quelques rares exemples, du peu de pugnacité de la part des employés puisqu’ils ne peuvent eux, être soumis au chantage de la délocalisation s’ils n’acceptent pas chaque jour un peu plus la dégradation de condition de travail, allant des douceurs du temps partiel imposé au remplacement par des caisses automatiques. Celles qui les renvoient chaque jour un peu plus à cette « obsolescence de l’homme » dont parlait Gunther Anders dès l’après guerre en face d’un monde de plus en plus mécanisé.
En effet, on imagine mal les grandes enseignes délocaliser et envoyer leurs clients faire leurs caddies en Bulgarie. La Bulgarie, c’est loin, surtout s’il s’agit de ramener un pack de lait et des nouilles. Finalement, la caissière, pardon, l’hôtesse de caisse, ne se rend pas toujours compte qu’elle a un pouvoir de nuisance potentiel largement aussi fort qu’un agent de sécurité dans un aéroport, par exemple.
Mais la grande distribution a des allures de vitrine sociale si on la compare à la restauration rapide. Le fast-food, on le sait, est la providence des étudiants pauvres et des mères célibataires sans diplômes. On commence à y manger parce que c’est pas cher et on finit  dans les cuisines à fabriquer à la chaîne du cheese burger, et un Coca XXL s’il vous plaît.
Le point commun entre la grande distribution et la restauration rapide, c’est qu’ils font des bénéfices colossaux, notamment en pressurant le plus possible le coût du travail. Mais qu’en même temps, ils voudraient qu’on les aime. Du coup, ils se présentent dans de nombreuses campagnes de communication comme des « acteurs citoyens », créant du « lien social. »  Qui a vu les gens un samedi après-midi faire leur course loin des centres villes dans des zones commerciales ou une bande de jeunes manger dans un fast-food comprend l’ironie de la chose, pour ne pas dire son hypocrisie antiphrastique.
Comme le droit de grève dans le secteur privé notamment, est de fait impossible à exercer, et que si par hasard il l’est, on envoie la police car il ne manquerait plus qu’une grève, ça gêne qui que ce soit, il reste la Justice. Les dernières décisions favorables aux salariés ces derniers temps ont pour la plupart du temps était le fait des tribunaux. Que ce soit des magistrats qui soient les derniers remparts du droit du travail devrait peut-être nous interroger sur la qualité du dialogue social qui fut pourtant, à une époque le socle idéologique de François Fillon.
En l’occurrence, le droit vient d’être dit par le tribunal des Prud’hommes de Guingamp dans une affaire emblématique mais traitée cependant avec une grande discrétion médiatique. Une ancienne directrice d’un restaurant franchisé Mac Donald vient d’être indemnisée à hauteur de 125 000 euros au titre d’heures supplémentaires impayées et 130 000 euros au titre de journées de congés compensatoires.
250 000 euros, à ce niveau, c’est un record.
C’était pourtant une belle histoire, une  success story type telle qu’aime à la raconter l’enseigne au Clown, qui se vante par ailleurs en communiquant sur le fait qu’elle embauche 80% de CDI et a créé une base de données sociales. Seulement, l’employeur de la salariée en question, qui a la franchise de quatre MacDo en Bretagne, avait dû l’oublier. Embauchée en 99, devenue directrice entre 2006 et 2010, cette salariée d’après les représentants syndicaux (de la CFDT, donc pas des voyous bolchéviques) aux Prud’hommes, « était soumise à des pressions énormes et se trouvait sous l’emprise totale de l'entreprise, ne réalisant même pas ce qui lui arrivait. »
Ce qui est une assez bonne définition de ce que l’on appelait autrefois, en termes marxistes, l’aliénation.
Et il faut croire que ça existe, l’aliénation : la preuve, ça coûte un quart de million d’euros à l’employeur.
JL

dimanche 8 janvier 2012

Ciné-Nimier


Prêté par l'ami ALG, Les Grandes Personnes de Jean Valère. Un film de 61 que nous n'avions jamais vu, une adaptation d'Histoire un amour, un roman de Roger Nimier par Nimier lui-même qui signe aussi les dialogues. Joli conte cruel sur le thème du bel indifférent avec Maurice Ronet et Jean Seberg. On peut regretter qu'il n'y ait pas dans la réalisation de Valère l'espèce d'électricité un peu sauvage que l'on trouvait chez les réalisateurs de la Nouvelle Vague à la même époque. Et puis on pense à ce que donne en ce moment le cinéma français (sauf dans le cinéma de genre), dégoulinant de moraline sympa ou d'auto-complaisance générationnelle de trentenaires larbinisés, et on se dit que Jean Valère, c'est très bien et que c'est très bien aussi d'entendre parler un français du monde d'avant dans une ville où, pour paraphraser un grand travailleur du négatif, quand on voyait les rives de la Seine, on ne voyait pas encore nos peines.

vendredi 6 janvier 2012

Pauvre, sois heureux ! Le malheur, c’est dans ta tête.

Au coin, vilaine pauvresse assistée!
sur Causeur.fr



J’aime beaucoup Le Parisien qui d’ailleurs ne s’appelle plus Le Parisien une fois passées les frontières de l’Ile de France mais Aujourd’hui , ce qui traduit un louable souci de parler au plus grand monde. Le Parisien est sans doute, au sens noble du terme, du dernier quotidien populaire en France avec des pages hippiques, un horoscope et une carte météo qui ne ressemble pas à un timbre poste. Et contrairement à ses confrères d’Outre-Manche, pour être populaire, il ne se vautre pas pour autant dans la fange hystérique des tabloïds. Il sait même faire des unes avec des dossiers simples et didactiques sur des sujets austères que tout le monde feint de comprendre, par exemple comme vient de le souligner brillamment l’ami Di Nota, en ce qui concerne l’économie devenue une vraie pensée magique en ces temps de crises sans précédent.
Justement, avec un louable souci de bonheur du plus grand nombre, dans son édition du 2 janvier, Le Parisien nous propose une page avec 12 conseils pour aimer 2012. On appréciera le souci euphonique du titre. En dessous, pour « faire dossier », il y a un court entretien avec un neurobiologiste. Déjà, on tique un peu. La situation est donc si grave qu’il faille d’une part des conseils pour aimer une année à venir et d’autre part  faire appel à un homme de science pour nous parler de la manière d’être heureux. On voudrait nous suggérer, même inconsciemment, que notre morosité est plutôt une question de taux de lithium et de sérotonine dans notre cerveau et n’a pas pour cause un cousin qui vient de perdre son boulot et fait flirter le taux de chômage avec les 10% de la population active qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais non, le neurobiologiste ne nous ordonne pas de nous mettre sous antidépresseurs, il veut juste que nous ayons une attitude positive et il le résume en un conseil d’une pertinence qui laisse rêveur : « Il faut aller de l’avant pour être heureux. »
Monsieur Prudhomme et le pharmacien Homais réunis dans un brain trust sous les auspices de Flaubert les guettant au tournant pour son Dictionnaire des idées reçues n’auraient pas trouvé mieux. D’autant plus que c’est discutable, cette idée d’aller de l’avant quand on a le sentiment d’être au bord d’un précipice…
Mais revenons aux douze conseils du Parisien. Le premier nous indique que « les plaisirs doux sont souvent les moins chers » et de nous conseiller par exemple d’écouter une chanson que l’on aime. C’est vrai que c’est une bonne idée surtout quand le deuxième conseil nous demande de nous extasier sur le fait que « le smic augmente, c’est mieux que rien. » Il est vrai qu’à 1398 euros 37 bruts, il vaut mieux avoir des plaisirs pas chers et laisser les plaisirs chers à ceux qui ont de l’argent.
Si on parle de gastronomie, c’est que sans trop souci de se contredire avec les plaisirs simples, Le Parisien nous conseille en septième position de faire honneur à la gastronomie française honorée récemment par l’Unesco. Moi, je veux bien, mais je maintiens qu’avec 1398 euros 37 bruts, c’est tout de même un peu compliqué. Mais qu’importe, on nous donne un excellent conseil 3 : « La méthode Coué, ça marche ! » Répétez, pour voir, vingt fois « Mes œufs mayonnaises sont du foie gras, mes oeufs mayonnaises sont du foie gras » vous allez voir, ça marche !
Sinon, très antipascalien, Le Parisien nous conseille le divertissement. Cesser de s’occuper de soi et de son angoisse métaphysique pour s’occuper d’autrui (conseil 4), car donner à plus pauvre que soi non seulement c’est gentil moralement mais ça évite à l’Etat de le faire, d’ailleurs, il ne peut plus le faire, l’Etat. On pourra aussi oublier ses soucis en regardant les grandes compétitions sportive dont les JO et la Coupe d’Europe(conseil 8), façon discrète de nous faire comprendre que l’adage  « Des œufs mayonnaise et des jeux » est toujours d’actualité quand les empires s’écroulent. Pour finir, on recommande même (conseil 10) de faire des bébés même si la France a déjà fait ses preuves en ayant la première natalité d’Europe avec deux enfants par femme. Mais là, on se souvient surtout que le regretté Alphonse Boudard appelait  faire l’amour « le café du pauvre » car cela ne coûtait rien, en tout cas sur le coup, si vous me passez l’expression.
Non décidément, le seul conseil qui me semble jurer dans cette liste qui sent bon la soumission à l’ordre des choses, c’est le numéro 9 : « Ne vous privez pas d’aller voter »

jeudi 5 janvier 2012

Dilettante

Un vin de Catherine et Pierre Breton mais aussi une illustration d'une société réellement communiste.
C'est décidément un des plus jolis mots de langue française, et c'est normal puisqu'il vient de l'italien. 
Sa douce pétillance stendhalienne nous renvoie aussitôt à des choses éminemment plaisantes:
Au vin de Catherine et Pierre Breton qui est au cabernet franc ce que le marxisme est à l'émancipation: un apport décisif.
Ou à une maison d'édition à laquelle on doit de relire des textes oubliés de Frank, Calet, Giraud, Forton, Perret, Hyvernaud, Guérin parmi tant d'autres du même... tonneau.
Ou encore à un film charmant de Pascal Thomas (ils le sont presque tous) avec Catherine Frot (qui l'est tout le temps).
Dilettante n'est péjoratif que pour les larbins sarkozystes moyen pauvres épris de la valeur travail et de leur propre servitude, pire que des chiens enragés car les chiens, eux, au moins n'aiment pas leur rage. La comparaison est de Céline et la citation probablement inexacte mais aller la chercher dans ma bibliothèque serait rentrer en contradiction avec le propos même de ce billet.
Dilettante, on pourrait très bien imaginer que cela remplace "monsieur" ou "citoyen" ou même "camarade" quand, ce qui ne saurait tarder désormais, sera advenue la société réellement communiste, sexy et balnéaire.
 -Dilettante Leroy? 
-Oui?
-Je suis la dilettante  Catherine Spaak. Je vous dérange?
-Pas du tout.



mercredi 4 janvier 2012

Sonde alien

Propos happés au hasard d'un zapping insomniaque:
"Il est hors de question que je laisse une sonde alien, même animée de bonnes intentions, infecter nos terminaux".
Pourquoi ai-je l'impression que c'est le meilleur conseil que j'ai entendu depuis les lustres?

Qualité France

François Hollande aurait qualifié Nicolas Sarkozy de "sale mec" devant un parterre de journalistes, en off. Evidemment, penser que le off existe encore aujourd'hui, où il faut vérifier qu'il n'y ait pas un maniaque du smartphone qui vous filme quand vous mettez la main aux fesses de votre petite amie en entrant dans un bar ou au cinéma, ou qui vous enregistre quand vous racontez autour d'un verre à un pote quels supplices vous vous verriez bien faire subir à des traders, cela relève de la plus grande naïveté politique et n'augure pas bien de la lucidité de l'actuel leader charismatique de la gauche française. 
Cependant, si François Hollande a vraiment dit ça du président de la république, c'est impardonnable. Il faut que ce pauvre con se casse, et vite. En politique, ce genre de racaille, il faut la passer au karcher. Non?  
Sinon, pour voir les gentillesses dont sont capables entre eux les politiques, mais heureusement parfois, avec un esprit dans la méchanceté qui excuse tout, on lira la parution récente, aux éditions 1001 nuits, de Quand les politiques se lâchent, bons mots, lapsus et vachardises de Olivier Clodong.

mardi 3 janvier 2012

2012, vers le dimanche de la vie...

"Le moment idéal réside justement dans cette licence exempte de soucis : c’est le dimanche de la vie, qui nivelle tout et éloigne tout ce qui est mauvais ; des hommes doués d’une aussi bonne humeur ne peuvent être foncièrement mauvais ou vils."
Hegel, Esthétique

La zone chaviste libérée de FQG souhaite à tous ses abonnés, lecteurs, amis, camarades, frères et soeurs de luttes et de plaisirs une année 2012 qui soit celle du dimanche de la vie. 
Vivez le moment idéal chaque jour,  éloignez tout ce qui est mauvais et pratiquez la sauvegarde du sourire en attendant la très prochaine révolution qui jaillira du risible et effroyable effondrement du système spectaculaire marchand.
Je vous aime. 

Et commencez l'année avec Les Chiffons, célèbre girls group de doo wop hégélien qui chanta le dimanche de la vie des les années soixante.