Nerval disait qu'il y avait un air pour lequel il aurait donné tout Rossini, tout Mozart et tout Weber. Moi, je donne tout le cinéma trentenaire français des années 1990 à 2010 pour quelques plans de L'Eclipse d'Antonioni.
Je m'apprête donc à le revoir parce qu'il n'y a pas grand chose de mieux à faire par une nuit de janvier en Europe occidentale, au temps de la dictature pré-apocalyptique des marchés sur les vieilles nations. Et l'on vérifiera si ce que l'irremplaçable Jean-Louis Bory disait de ce film en 1962 est toujours vrai:
"Etrange civilisation au bord du robot. Au bord? Nous y sommes. Que sont-ils d'autres que des machines à faire du fric, comme il y a des machines à faire du vent, ces boursicoteurs dont l'agitation et les aboiements hystériques n'ont plus rien d'humain? (...) L'amour reluira-t-il après l'éclipse? Ses vieilles ruses valent encore, toujours les mêmes: la complicité de la musique douce et de ces morceaux de nature domestiquée et prisonnière des villes qu'on appelle des jardins, le désir, la caresse (même sous la forme parodique de la chatouille), l'odeur des peaux. Il arrive qu'un garçon ait envie de monter dans la chambre d'une fille. Alors, dans un décor inhumainement moderne, recommence la scène du balcon de Roméo et Juliette."
L'éclipse (1962) Bande annonce

Dilettante LEROY
RépondreSupprimerNous étions venu — avec Casanova et Beauvoir — vous « encourager » ; il y a quelques temps. Cette fois, c’est cette impression, que donne la lecture de votre billet, que, « durant l’éclipse », l’idée de l’amour s’étiole, qui nous a fait réagir : l’idée de l’amour, pour parler comme un autre, et la jouissance du Temps ne se sont jamais mieux portées, comme le montrent les résultats des « recherches » publiés par ce « Bureau »
Que ces conclusions poétiques n’apparaissent pas dans ce qui est donné à lire à ceux « qui oublient dans des croisières calibrées comme des pommes golden que leur seul horizon historique est une soumission définitive à des régimes austéritaires et [qui] n’ont, par conséquent, aucune chance d’être rédimés. » quoi de plus normal ?
Mais chez vous !
Voilà qui est réparé...
Salutations.
Tu devrais lancer un concours "Moi je donne…"
RépondreSupprimerMoi je donne tout le "polar français", cette misère, pour "Une Seconde de toute beauté" de F. Dard et "L'embrumé" de Viard et Zacharias, adaptation d'Hamlet dans la France des années 1960-70.
Moi je donne toutes les places financières pour une après-midi au soleil.
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