mercredi 30 novembre 2011

Accès de nihilisme

-On n'a qu'une vie!
-Ca en fait toujours une de trop...

lundi 28 novembre 2011

Lost in seventies avec Véronique Jannot et Sophie Barjac

(La Tengo éditions)


Vous avez parfois un pincement au cœur quand vous voyez passer une R16 dans la rue, vous regardez, la nuit, en secret, des films sur le câble avec Véronique Jannot et Claude Brasseur où vous surprenez, le temps d’un plan trop rapide, cette Atlantide perdue : un pubis de fille non épilé. Vous feuilletez mélancoliquement, dans les caisses des bouquinistes, les livres de poche qui montrent Annie Girardot en couverture de Docteur Françoise Gailland ou les Paris Match qui annoncent le mariage de Caroline de Monaco. Plus grave : le papier à grosses fleurs jaunes de cette chambre, que tout le monde trouve ignoble, vous le contemplez longuement et vous revient le goût des premiers baisers avec la langue et malabar rose incorporé. On vous aurait même vu écraser une larme discrète alors que vous fredonniez Ma Vie, d’Alain Barrière.
Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul, vous n’êtes plus seul. La revue Schnock va vous sauver. Elle a beau se sous-titrer « la revue des vieux de 27 à 87 ans », Schnock s’adresse d’abord à vous, enfant naufragé des seventies tout surpris de vous retrouver dans un monde de science-fiction qui ne ressemble pas à Cosmos 1999 mais davantage à un film-catastrophe dont le réalisateur en ferait un peu trop.
La revue Schnock ne joue pas seulement sur la nostalgie, celle si banale d’une génération devenue adulte, pour le vert paradis de ses amours enfantines. Non, Schnock cristallise plutôt ce sentiment diffus que, quelque part au cours des années 1970, disons entre les deux chocs pétroliers, le monde d’avant a disparu. Et que ceux qui sont nés après font parfois l’effet de mutants qui mangent leur sandwich debout en écoutant de la musique leur arrivant directement dans le cortex par le biais de casques ou d’écouteurs, quand il ne parlent pas seuls dans l’oreillette de leur téléphone portatif en poussant des caddies solitaires et glacés.
Pour ce premier numéro, Schnock propose, en morceau de choix, des entretiens avec Joël Séria (Les Galettes de Pont-Aven) et un de ses acteurs fétiches, le grand Jean-Pierre Marielle. En bonus, un best of de citations nous rappelant à quel point la gauloiserie, contrairement à l’obscénité, est de l’ordre d’un certain bonheur d’être au monde. Mais rien ne vous empêchera de naviguer dans le sommaire de Schnock comme dans une machine à remonter le temps et de tomber sur des fiches thématiques consacrées à Eddy Mitchell, prophète du chômage des cadres avec Il Ne Rentre Pas Ce Soir, ou encore sur le top 15 des biscuits Schnock, pour la plupart disparus comme le Thé brun ou La Paille d’or− « favori des fillettes anorexiques de la jeunesse dorée, il n’a jamais réussi à convaincre les classes moyennes et les gros qui sont obligés d’en manger par 10 pour calmer leur appétit ». On pourra aussi s’intéresser aux confessions douloureuses du dernier concepteur des gadgets de Pif, ce Mickey rouge, ainsi qu’à un irrésistible Guide du Routard de mon appartement, par Matthias Debureaux, version hilarante du Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre.
Pour le prochain numéro de la revue, il serait question, m’a-t-on dit, de se lancer sur les traces des rédacteurs des blagues Carambar, les seules blagues qui fassent aujourd’hui encore rire les schnocks authentiques.

"Coulez, coulez mes larmes, dit le nostalgique."

vendredi 25 novembre 2011

Vers le Sud

On sera ce ouiquènde à Cabestany pour causer du Bloc.
  
 -Je m'en vais à Cabestany...
-A peine rentré, tu repars. Tu sais quoi? Tu me méprises...

mercredi 23 novembre 2011

Vers l'Est

On rencontrera nos lecteurs, pour Le Bloc demain à partir de 17H30, à la librairie Kléber de Strasbourg.
On peut nous voir en photo dans la rubrique "Carré VIP" du magazine Voici de cette semaine, à propos de la remise du Prix de Flore. En même temps, je sais très bien que personne ne lit ce magazine qui tire à 500 000 exemplaires sauf par hasard chez le coiffeur ou le dentiste.
Lors du salon du polar à la mairie du XIIIème, on a vu JPW qui est un homme de parole: il est venu faire signer un Dernier verre en Atlantide pour son fils qui avait un an ce jour-là. Pour qu'il se souvienne plus tard du monde d'avant. J'ai été un peu ému tout de même. Et JPW a apporté  avec lui, comme promis, une bouteille de Mauzac du domaine Plageoles.
Des fois, écrivain, c'est bien comme métier.
Et après, on boira un coup.

mardi 22 novembre 2011

On aura beau dire, Nimier, tout de même...

"Elle était belle comme cinq heures de l'après-midi en octobre"
Roger Nimier, Perfide (Gallimard, 1950)

vendredi 18 novembre 2011

13ème...

C'était l'arrondissement préféré de Fajardie, qui me manque toujours autant. Le deuil, c'est aussi de ne plus pouvoir faire lire les livres qu'on a écrits à ceux qui vous ont donné envie d'écrire. Fred, ou mon grand-père, par exemple.
Mais c'est aussi l'arrondissement où ce ouiquènde se déroule Paris Polar dans les locaux de la mairie, place d'Italie. On y sera samedi à 16H pour débattre autour du thème "Polar et Politique",  avec Dominique Manotti et Renaud Dely.


Sinon Le Bloc a eu les honneurs de Paris-Match, de Valeurs actuelles, de Radio PFM, de Thierry Marignac, grand frère devant l'éternel, sur le blog Antifixion. Avec le même infréquentable, un "entretien croisé" sur le blog Unwalkers à propos des sorties presque conjointes du Bloc et de son Milieu Hostile (Baleine).

Ci-dessous, le film annonce de Paris Polar


Festival Paris Polar : la bande annonce par mairiedeparis13

Grèce, sexe et poésie


Patrick Besson remarque justement dans sa dernière chronique du Point qu'il n'y a que deux choses vraiment essentielles, parce qu'elles réclament beaucoup de précision: le sexe et la poésie. C'est d'ailleurs aussi tout ce qui reste aux peuples quand on les dépouille de tout. Même si le nombre des suicides semblerait accréditer le contraire, j'espère que le peuple grec, entre deux manifestations, en profite pour bien baiser et lire ses poètes, qui sont admirables.

"Quel est celui que tu attends marchant toujours penché
dans l'insouciance d'un septembre de miel
sans cesse on te dépasse mais reste le parfum
des kilomètres aux lumières des gares
et dans la tête les haleines chaudes et la mer"

Nikos-Alexis Aslànoglou (1), Septembre sans amour

(1)mort en 1996, traducteur de Rimbaud

mercredi 16 novembre 2011

Pour Dolorès

Chronique du 11/11/11 dans Liberté Hebdo, le petit canard rouge du Nord


Pour Dolorès



1.Donc, par exemple, on a appris il y a quelques jours, qu’une annonce immobilière proposait à Paris la vente d’un studio pour 29 000 euros. Une affaire, n’est-ce pas, quand on connaît le prix de l’immobilier à Paris, ville qui, mairie socialiste ou pas, ne cesse de chasser les pauvres et maintenant les classes moyennes toujours plus loin en périphérie.
29 000 euros…Oui, mais pour…3 mètres carrés. Vous avez bien lu : 3 mètres carrés. Comme on dit pudiquement, cette petite annonce a provoqué ce qu’on appelle « un certain malaise » dans la presse. Oui, tout de même, 3 mètres carrés, on est plus proche de la taille d’un cercueil que d’un appartement. Que des propriétaires aient assez de cynisme pour vendre une telle surface comme un logement et non un placard à balais en dit long sur le recul de civilisation qui est le nôtre. La vie dans trois mètres carrés, ça ressemble à quoi. On peut dormir dans trois mètres carrés ? Lire ? Faire l’amour sans se cogner ? En tout cas il faut éviter de faire des enfants.
Mais néanmoins, « ceux qui savent », c’est à dire les économistes libéraux vous expliqueront que c’est la loi du marché et que le marché, c’est forcément la solution.


2.Donc, par exemple, on a appris qu’une femme SDF a accouché dans la rue et que son bébé est mort-né pendant que le père faisait le tour des hôpitaux. Ce n’était pas en Inde, ce n’était pas en Afrique, c’était à Paris, dans le XIVème arrondissement en 2011. Paris, vous savez, la ville où l’on vend 3 mètres carrés pour 29 000 euros. Est-ce que la petite Dolorès aurait survécu si elle était née dans trois mètres carrés ? Ce ne doit pas être une question de surface habitable. Dolorès est née sous une tente qui devait bien faire 3 mètres carrés et la température était de 18°.  Dolorès est morte parce que la politique du logement de Benoist Apparu privilégie le logement social à l’hébergement d’urgence. Mais comme Benoist Apparu n’a pas de budget, il n’y a toujours pas de logement social mais en revanche il y a de moins en moins d’hébergement d’urgence.
Un bébé mort dans la rue…On n’avait pas vu ça depuis quand, en France ? Enfin, là aussi, « ceux qui savent » vous expliqueront qu’on a beau faire, il y a toujours des salauds de pauvres qui passent à travers les mailles des filets sociaux. Oui, moi je me rappelle juste que Xavier Emmanuelli, le créateur du SAMU social a démissionné au début de l’été parce que justement, il n’y en avait plus vraiment, de filets sociaux… Ou que les mailles sont de plus en plus larges depuis quelques années.



3.Dolorès n’était pas grecque. On peut penser que ce genre de choses va bien finir aussi par arriver en Grèce. Est peut-être déjà arrivé, qui sait ? La Grèce est ce pays d’Europe qui restera dans l’histoire pour avoir inventé la philosophie dans l’Antiquité et être devenu, dans les premières années du vingt et unième siècle, victime du premier coup d’état mené non plus par des tanks et des soldats casqués mais par des salles de marchés et des agences de notation. Papandréou, un socialiste, un genre de Hollande hellène si vous voulez, est le premier ministre. Depuis deux ans, il applique soigneusement des plans de rigueur réclamés par les autres gouvernements de l’UE qui sont tous, plus ou moins, les larbins du capitalisme. A un moment, il a cette idée folle : il va demander son avis au peuple. Par un referendum. Il s’est rappelé Aristote qui explique que la finalité de la politique, c’est le bien commun. En trois jours, son idée de referendum, elle a tellement énervé tout le monde que le voilà poussé à la démission et qu’il est débarqué pour être remplacé par un gouvernement de coalition. « Ceux qui savent » ont gagné. Demander leur avis au citoyen, et puis quoi encore ?
De toute façon Dolorès n’aurait pas pu voter. Elle n’était pas grecque et elle est morte.

mardi 15 novembre 2011

The Roomates

Ils sont anglais et pourtant ils incarnent l'esprit doo wop de manière chimiquement pure. En plus, ils sont de bon conseil, par les temps qui courent. 
Sur la couverture du livre de nos souverainetés mourantes, il y a en effet encore marqué démocratie mais tout le monde voit bien que le capitalisme financiarisé vient d'inventer, en Grèce puis en Italie, les premiers coups d'Etat post-modernes. 
Plus besoin de chars d'assaut et de charognes galonnées comme Pinochet pour appliquer le programme économique des Chicago boys: ça, c'était le monde d'avant. Aujourd'hui, deux agences de notations, trois ou quatre places boursières et une commission supranationale de larbins stipendiés suffisent.

Point Presse, 8

Un entretien dans l'Humanité Dimanche, un des meilleurs hebdos de France, avec Maud Vergnol
Un entretien sur le site des camarades de Témoignage Chrétien qui avaient déjà fait un bel article
Un article de Philippe Cohen sur Causeur.fr
Un entretien avec David Caviglioli dans le Nouvel Observateur (avec version complète sur Bibliobs)
Un article dans Nice Matin
Un article dans Sud-Ouest
Un article dans Tageblatt (République populaire du Luxembourg)
Un passage sur la RTBF
Et Arnaud Viviant, pour la 3ème fois (ce n'est plus de l'amour, c'est de la rage), dans le mensuel Regards (cryptocommuniste rénovateur)
Un public chaviste enthousiaste réclame des exemplaires du Bloc mais se demande pourquoi cette feignasse d'auteur ne met pas les liens.








lundi 14 novembre 2011

Contre les marchés, dans la nuit, seul, Tito...

"Situation très grave. Ennemi occupe les deux rives de la Tara. Si notre percée échoue, nous nous battrons jusqu'au dernier."

 Josip Broz Tito, 8 juin 1943
Union européenne, circa 2011


dimanche 13 novembre 2011

Une scène coupée de l'Aveu de Costa Gavras

Et après, ils l'ont buté dans les caves de l'ex-rue Sébastien Bottin

samedi 12 novembre 2011

C'est comme un adieu dans une langue étrangère


A retrouver dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, printemps 2015)
©Jérôme Leroy, novembre 11

vendredi 11 novembre 2011

"Dites bonne nuit au mauvais garçon!"

Je n'ai pas eu le prix de Flore. J'ai appris la nouvelle vers 14H30, au Jeu de Quilles, rue Boulard, en buvant un Cairanne blanc de chez Richaud avec le Pirate. L'attachée de presse avait l'air effondrée, elle y croyait vraiment. Moi pas. J'ai repris une bouteille de Cairanne: ça a été le début d'un vrai beau marathon d'ivrognerie. 
Ne vous méprenez pas: si j'avais gagné, j'aurais bu aussi. Parce que j'aurais gagné. On s'est rendu ensuite chez Sip où on a retrouvé Roland Jaccard qui était désolé. Comme Roland ne boit pas, j'ai proposé au Pirate de faire une pause avec deux ou trois rince-cochons, un truc que j'avais découvert dans un bistrot aujourd'hui disparu, La Chopotte,  où on mangeait bien et souvent avec Sébastien Laquaque, au mitan des années 90. Deux tiers de vin blanc, un tiers de pulco ou d'un truc au citron de ce genre. Ca vous remet le système sympathique en place. Et ça permet de continuer. 
Des SMS et des messages adorables ont afflué. Le score s'est révélé finalement honorable. 8 à 3, et au deuxième tour. J'étais arrivé en finale et je perdais aux pénalties contre l'équipe des tireurs Grasset qui étaient aussi les arbitres. Je ne vous cache pas que j'aurais préféré perdre contre Eddie Savenko ou l'excellent Olivier Maulin et ses Lumières du ciel (Belfond). D'ailleurs,  avec Maulin, et quelques autres brigands, avant d'aller au Flore, on a rhabillé les orphelins plus d'une fois à l'Avant Comptoir du Relai Odéon, chez Camdeborde.
Le Pirate avait été rejoint par Miss K et on est tous parti au Flore. Il y avait du monde. De toute façon, on n'est pas resté longtemps, j'avais une heure de direct à Radio Nova pour parler du Bloc. Vous devez pouvoir trouver ça sur le net, là j'ai la flemme pour les liens. J'ai été cohérent, malgré les 4 grammes dans chaque oeil. Et puis on est allés encore manger et encore boire chez l'Ami Pierre, comme ça, jusqu'à l'aube, ou presque.
Lot de consolation du matin, deux interviouves dans la presse, une au Nouvel Obs et un qui m'a fait vraiment plaisir et que me rappelle à quel point les camarades sont des camarades, celui paru dans l'Humanité Dimanche, par l'excellente Maud Vergnol.
Comme on a remis ça ce midi, avec le Pirate, chez Casimir, je suis comme qui dirait un peu fatigué. 
Alors, dites bonne nuit au mauvais garçon.
Je vous aime.

mardi 8 novembre 2011

En attendant la minute prescrite pour l'assaut...

...et les résultats du Prix de Flore demain (ne rêvons pas, Le Bloc, c'est la Série Noire, un truc de bad boy au bout du compte), pourquoi ne pas revenir là où tout a commencé, grâce à des photos de Florence, une de nos plus chères habituées?
Trois plaques de rue, à Rouen. Triangle magique entre le vieux collège Fontenelle et le vieux Lycée Corneille où nous fûmes deux, je le maintiens. Ce fut un grand privilège de faire nos humanités et notre éducation sentimentale dans de tels endroits. On était très sérieux, à 17 ans et sans doute avions nous raison. Il fallait tout de même se préparer, pendant ces années-là, entre 1975 et 1982, à la disparition du monde d'avant. 
On la pressentait comme Rutilius Namatianus pressent la fin de l'Empire Romain dans son De reditu suo: "Je dois aux foyers de mes pères mes larmes et ma présence ; souvent la douleur vient utilement nous rappeler à nos devoirs. II ne m'est plus permis de méconnaître ces longs désastres, qu'on a multipliés encore en négligeant de les réparer."
Et il est vrai que viendraient si vite les temps que nous connaissons et dont nous voyons les ravages dans nos vies toujours plus incertaines: folie, hystérie, mensonge, recul de civilisation.
Alors oui, ces trois rues, en Atlantide...

lundi 7 novembre 2011

Qu'un véritable ami...

 Brive, samedi après-midi. 
Une pluie battante et sous les chapiteaux de la Foire du Livre, une foule d'aéroport un jour de de grands départs, de grève ou de guerre civile. Les pipaules côtoient les poètes contemporains et, c'est bien connu, le public avec son discernement habituel se précipite sur les piles des poètes contemporains ayant parfaitement compris que les stars de la télé ou les acteurs écrivent de faux livres. 
Bref, tout va bien. Une légère agoraphobie pointant tout de même, je sors et me réfugie, dans une ruelle piétonne de la vieille ville, chez un bouquiniste. Tellement apaisé par le décor, je m'attarde et évidemment je fais quelques achats déraisonnables, surtout des auteurs de gauche: Le démon du bien de Montherlant avec un envoi à Jean Blanzat, Flêche d'orient de Morand en EO sur alfa, une jolie édition reliée de Morand, encore, chez Hachette, datant de 1964 sur Le voyage.
Bon, j'ai quand même aussi trouvé les mémoires du grand Georges Guingouin, le préfet du maquis: Quatre ans de lutte sur le sol limousin.
Il pleut toujours autant, je rentre à l'hôtel mettre à l'abri mon butin et j'ouvre l'ordinateur, histoire de me renseigner sur la capacité du monde à ne jamais faire de pause dans la bêtise, la haine, la violence, le racisme, l'horreur à l'époque de la dictature insolente des marchés qui n'ont même plus besoins de colonels pour faire des coups d'Etat en Grèce.
Mais voilà que je tombe, à propos du Bloc, sur l'article fraternel d'Arnaud Le Guern, écrivain selon mon coeur, dont la chaleur et l'élégance ont chassé toutes mes idées noires, un peu comme les bulles du Mauzac qu'il nous arrive de partager, dans le bleu de l'été indien, à la fin d'un déjeuner en terrasse, dans une rue calme comme le bonheur.

samedi 5 novembre 2011

Lost in translation, lost in seventies

Tout devient simple dans une chambre d'hôtel. On peut imaginer une vie dans une chambre d'hôtel. On est résumé à l'essentiel: quelques livres, des journaux, du papier à lettre siglé pour écrire des ébauches de poèmes.

Géométrie dans l'espace, lieu abstrait mais lieu tout de même. On n'est pas encombré par le passé puisqu'on ne fait que passer.

Au bout de quelques jours, ça y est, enfin: une bienheureuse apesanteur.

Guillaume: "Je chante la joie d'errer et le bonheur d'en mourir."

Le sourire de l'enfant mort quand on n'est pas communiste, on est chrétien.

Brive, ce matin: gorge de pigeon. La science du gris.

Il aura aimé la France de manière déraisonnable, malgré les Français, comme les FTP dans les collines autour de la ville, il y a soixante dix ans. De toute manière, il n'y a que les internationalistes pour vraiment aimer les nations. Les FTP mais aussi, finalement, les soldats de l'an II.

Arnaud Viviant continue de dire des choses aimables et décidément très intelligentes sur Le Bloc. Oui, c'est ça, ce roman est une translation.

Une belle et émouvante critique de sympathie sur le Bloc, on en trouve aussi là. Alfonso, le garçon de piscine, laisse des commentaires signés Stanko sur des blogues amis. Stanko, lost in seventies.

mardi 1 novembre 2011

Compagnons de voyage



Beaucoup de trains, de chambre d'hôtels en perspective pour la semaine à venir. Cela ne nous déplaît pas, à vrai dire.  Il n'y a que les routes pour calmer la vie, dit à peu près Roger Nimier à la fin de D'Artagnan amoureux, ou cinq ans avant. Il suffit juste de savoir avec qui on voyage. On vous les présente donc. Ils en valent la peine.

Rencontres et signatures

Bref retour à Rouen. Nous serons présent, le mercredi 2 novembre,  à partir de 18 heures, à la Librairie L'Armitière.
Et le lendemain, également à partir de 19 heures, à l'initiative de la revue Alibi et en compagnie d'Olivier Bordaçarre, auteur de La France tranquille (Fayard), nous serons à la librairie L'Imagigraphe, rue Oberkampf.
Ensuite, on partira pour trois jours au 30ème salon de Brive-la-Gaillarde

Avec Henry Fonda dans le rôle de la Grèce...


"Nous sommes déçus. Les marchés sont déçus. Dès qu'il y a un pas en avant, un peu d'espoir, les politiciens foutent tout en l'air. On leur met le pistolet sur la tempe. On leur demande de faire des efforts. Et ils tergiversent. Ils veulent faire voter leur peuple à la con. C'est lamentable. Les marchés n'ont pas le temps d'attendre."
Un trader à l'annonce du referendum grec, au JT de France 2. Ca mon gars, c'est sûr qu'à part une solution à la chilienne en septembre 73, les peuples, on leur fait pas fermer leur gueule comme ça. C'est con, hein?