lundi 31 janvier 2011

Out of Africa, out of the world

Effondrée, son excellence l'ambassadrice de la République Populaire d'Atlantide et de la Zone Chaviste libérée  aux USA est venue présenter ses condoléances aux proches de John Barry dès que la disparition de celui-ci a été annoncée. 
John Barry était depuis de longues années un partisan discret mais efficace du communisme sexy, poétique et balnéaire.

samedi 29 janvier 2011

Camarade René Magritte

"La conscience de classe est nécessaire comme le pain; mais cela ne veut pas dire que les ouvriers doivent être condamnés au pain et à l'eau et qu'il leur serait nuisible de désirer du poulet et du champagne. Car précisément, s'ils sont communistes, c'est pour pouvoir atteindre une vie supérieure, digne de l'homme.
La justification de l'activité artistique est, pour le peintre communiste, de réaliser des tableaux qui soient un luxe de la pensée, un luxe pour une société communiste, différent, cela va de soi, du luxe inutile, ostentatoire et de mauvais goût des classes exploitantes actuelles.
Vouloir exclure systématiquement ce luxe du monde socialiste serait consentir à une coupable et sordide organisation de la médiocrité, sur le plan de la pensée tout au moins.
Une vie supérieure ne peut se concevoir sans un luxe véritable. Elle ne peut-être conquise sans la lutte politique et sans la lutte difficile menée par certains artistes révolutionnaires, qui ne limitent pas leurs efforts à la seule expression d'idées politiques ou de représentation, dans un but édifiant, de scènes connues de la vie des travailleurs"

René Magritte, Note pour le parti communiste (1950) in Manifeste et autres écrits

Prolepse

Le premier film d'Alain Corneau. Politique fiction foutraque et presque bunuelienne de 1974 sur la privatisaton totale du réel, l'instrumentalisation/légalisation de la drogue pour le maintien de l'ordre, le devenir-mafia du capitalisme total à moins que ce ne soit le contraire et la capacité de l'économie spectaculaire marchande à orchestrer puis récupérer sa propre contestation. Obscénité joyeusement assumée et lucidité prophétique. Toujours, et de façon assez justifiée d'ailleurs,  interdit au moins de seize ans. Les années 70, quoi.

mardi 25 janvier 2011

Leaving Brest

Au lycée de l'Iroise comme au lycée de Kerichen, ce qui était bien, c'est que l'énergie a circulé. 
Nous avons été accueillis par de vrais lecteurs. Le blog i-voix du lycée d'Iroise en donne un écho assez juste. L'air de rien, j'ai été obligé de définir et préciser au plus près ce que j'avais voulu dire. Ils ne lâchaient pas l'affaire, jamais. 
En même temps, comment ne pas jouer le jeu quand on vous accueille comme à Kerichen avec deux élèves (option musique, mais quand même...) qui interprètent impeccablement Dock of the bay à la guitare et présentent ensuite, le morceau, assez justement somme toute, comme l'hymne national de l'Atlantide. 
J'ai vu sourire le fantôme d'Otis Redding, au-dessus des quais de Recouvrance. C'était gagné. Pour eux, pour moi...Potlatch.

dimanche 23 janvier 2011

Vide comme une bibliothèque en Vénétie

On sait que l'Italie est un laboratoire où le capitalisme teste depuis la fin des années soixante ses métamorphoses totalitaires, comme l'instrumentalisation du terrorisme pendant les années de plomb, afin d'assurer sa domination de plus en plus contestée et d'occulter ses contradictions de plus en plus manifestes. Le berluconisme, dont s'inspire largement le sarkozysme, est la dernière en date. Cynisme assumé, vulgarité télévisuelle, omniprésence médiatique, lois de convenance votées à la chaîne, mise en accusation des juges sont quelques méthodes parmi d'autres utlisées dans les deux pays qui deviennent un seul et même disneyland pré-fasciste. 
Mais l'Italie garde quand même une certaine avance. 
L'ami Serge Quadruppanni sur son blog nous prévient ainsi de la véritable liste noire que les autorités de la région de Vénétie impose aux bibliothèques. Sont retirés des rayons, excusez du peu les livres de Valerio Evangelisti, des Wu Ming, de Massimo Carlotto, Tiziano Scarpa, Nanni Balestrini, Daniel Pennac, Giuseppe Genna, Giorgio Agamben, Girolamo De Michele, Vauro, Lello Voce, Pino Cacucci, Christian Raimo, Sandrone Dazieri, Loredana Lipperini, Marco Philopat, Gianfranco Manfredi, Laura Grimaldi, Antonio Moresco, Carla Benedetti, Stefano Tassinari et Quadruppani lui-même. 
Dans cette liste, les écrivains que je connais et que j'ai un peu lus (si l'on excepte l'insignifiant Pennac) représentent le gratin du roman noir italien ou de la pensée radicale anticapitaliste. Leurs points communs, à tous? 
Avoir signé des pétitions de soutien à Cesare Battisti et notamment celle de 2004.
Les autorités italiennes ont été rendues littéralement enragées par le refus récent du Brésil d'extrader cet écrivain, ancien de la lutte armée. Battisti vivait depuis des années en France avant que Sarkozy à l'Intérieur ne revienne sur la "doctrine Mitterrand" qui accordait l'asile politique aux anciens activistes à condition qu'ils renoncent à toute action violente. Et après avoir été mis sous contrôle judiciaire en 2004 et se retrouver sur le point d'être livré, il avait réussi sa cavale en s'enfuyant chez Lula.
On en est là, en Italie. On punit les simples soutiens et on en profite dans la foulée pour épurer aussi de vieux géants de la littérature italienne comme Andréa Camilleri, qui n'ont jamais manifesté de sympathie excessive pour Berlusconi.
Pour plus de précisions, on se rendra chez l'ami Serge, qui vous en dit plus sur cette dernière infamie en date. Et la nécessité de reprendre l'information et de la faire circuler jusqu'au moindre recoin du ouèbe.

samedi 22 janvier 2011

Céline contre les robots

Le senoritisme,  pour reprendre la pertinente terminologie terminologie de Frédéric Schiffter, est en pleine forme. C'est Céline qui prend, ce coup-ci. Juste un des plus grands écrivains français, et les plus chers à notre coeur, excusez du peu. On en parle sur Causeur.




Wall street ne peut pas sentir le jasmin.

Notre vieux copain Martin Terrier envoie une manchette aux agences de notation et à leur  amour de la balbutiante démocratie en Tunisie. C'est sur Causeur.


 Un agent notateur
 

vendredi 21 janvier 2011

Brest (Litovsk)

"

"J'y suis. J'y suis toujours."
(Arthur Rimbaud)

En attendant de vous raconter les belles rencontres atlantes dont quelques échos sont déjà présents ici,  même loin de nos bases, nous nous souviendrons comme chaque année du jour où, apparemment, nous quitta le camarade Vladimir Illitch, un 21 janvier 1924

mercredi 19 janvier 2011

Vers l'Ouest

Demain, on part pour Brest à l'invitation de lycées qui aiment la poésie contemporaine et semble-t-il notre Dernier Verre en Atlantide.
La mer en hiver, la poésie, la rue de Siam: allons, nous avons encore de beaux jours devant nous. En plus, ils ont fait du joli travail, là-bas, pour explorer le continent englouti.

mardi 18 janvier 2011

Et si ce soir...


 Bon, d'accord, il reconnaissait que sur ce coup là, il était à la limite du hors-jeu. Mais il avait un alibi:  il avait quand même passé sa soirée à rédiger des tracts et des "quatre pages" pour la candidate du Front de Gauche aux cantonales. Et avec les camarades de son think tank d'intérêt local, après, ils avaient décidé d'aller boire des coups dans les bars de nuit de la vieille ville. 
Heureuse surprise, pour un lundi, on voyait tout de même quelques étudiantes qui trainaient et riaient bêtement en allant fumer dehors des cigarettes roulées. En même temps, quand elles laissaient leur mojito pour danser sur Joe Dassin, tout à coup, il avait l'impression de se retrouver dans un épisode de Life on Mars, la série que seuls peuvent vraiment comprendre ceux qui avaient, disons, dix ans en 1974. "Et si ce soir on dansait le dernier slow", ça datait de 78-79. En plus, sur le scopitone giscardien, on voyait Jeane Manson. Il avait eu le zizi tout dur, à l'époque, pendant que cette chanson passait dans les boums. Il fallait le comprendre, pour lui, ce n'était pas les derniers slows, plutôt les premiers.
Trente ans et des poussières plus tard, il valait mieux éviter le zizi tout dur et la nostalgie du lost in seventies.
Il était un marxiste conséquent, merde. Renouveler les mojito des étudiantes et demander au barman de remettre la chanson, c'était  tout ce qu'il pouvait faire. 
Pour le reste, on verrait quand la conseillère générale serait élue. Ou quand le Front de gauche serait au pouvoir.

lundi 17 janvier 2011

Big Sister: she's back dans les bacs.

Une réimpression et une remise en vente de Big Sister (Mille et Une nuits/Fayard). On est allé signer un SP jeudi dernier. On s'est aperçu qu'il y avait déjà plus de dix ans que l'on avait écrit cette histoire, parue initialement en Librio avant d'être reprise en 2004 par Mille et Une Nuits. C'était pendant l'été 2000, à La Moutsouna, un petit port un peu oublié de Naxos. 
Il nous fallait beaucoup de lumière pour mener à bien ce roman plutôt sombre sur le totalitarisme informatisé.  Beaucoup de bleu, aussi.  Et la silhouette d'Amorgos, comme une fille couchée à l'horizon.
En dix ans, évidemment, ce qui était de l'ordre de la prophétie inquiète est presque devenu de l'histoire ancienne. 
C'était placé sous le patronage de George Orwell et de Frank Alamo et on avait dédié ça aux Patagons et aux Naxiotes.
Appelez nous Cassandre et resservez-nous un verre. On va tous en avoir besoin. 


samedi 15 janvier 2011

Tunisie:1-France:0.

Imaginez un pays à la population relativement éduquée. 
Imaginez un pays où le pouvoir exerce un simulacre de démocratie mais de fait contrôle les médias et laisse une camarilla maffieuse confisquer les richesses dans une curée indécente et une hyperclasse se goberger dans un luxe effréné, pendant que l'ensemble de la population se paupérise, entre chômage de masse et précarité généralisée.
Imaginez un pays où l'on prétexterait la légitimité d'une telle politique en invoquant, à l'occasion, la menace que ferait peser un intégrisme religieux.
Imaginez une police aux ordres, totalement décomplexée dans la répression.
Vous dites Tunisie? Gagné.
Vous dites France? Gagné, aussi.
La différence, c'est que le peuple tunisien est descendu dans la rue avec un incroyable courage et a chassé son tyran en payant l'impôt du sang.
Ben Ali est en fuite, c'est son premier ministre qui a pris le pouvoir.
On continue le parallèle? On continue...
Si Sarkozy était en fuite et que François Fillon assure l'intérim, vous vous arrêteriez en route? Non, sérieusement?
Alors voilà pourquoi, en Tunisie, rien n'est terminé.
En attendant que chez nous, ça commence...

vendredi 14 janvier 2011

Celui-là, je ne le connaissais pas...

mais je dois avouer qu'il m'enchante....
Le parti communiste du Québec tiendra son prochain congrès les 19, 20 et 21 janvier. Qu'il reçoive notre fraternel soutien puisqu'il se définit comme marxiste et souverainiste.
Vive le Parti Communiste du Québec!
Vive le Québec Libre!

jeudi 13 janvier 2011

Même mon chat commence à comprendre...

...ce qui prouve qu'il est moins con, au hasard, que Denis Olivennes.

mercredi 12 janvier 2011

Trente ans de solitude

On pourra lire sur Causeur, par votre serviteur, l'édifiante histoire de Cornelius Dupree Jr.
Et puis aussi une brève de mon camarade Martin Terrier, rencontré à Coët et qui remet à sa juste place le "péril terroriste islamique" en Europe. Il le fait avec les chiffres d'Europol, qui n'est pourtant pas un organisme gauchiste. Apparemment, ça énerve. Comme l'histoire de Cornelius, d'ailleurs.

Looking for Alain Chany: l'ordre de dispersion

Le nom, Alain Chany, nous disait quelque chose. Très vaguement. C'était un peu avant Noël, au-dessus des boites de bouquinistes, à la Vieille-Bourse.  Nous avons feuilleté L'ordre de dispersion, un roman de 1972. Le premier d'un auteur né en 46 qui se présente drôlement comme  licencié et philosophe. 
Le roman avait paru dans la mythique collection plus ou moins expérimentale de Gallimard, Le Chemin, dirigée par Georges Lambrichs. On trouvait de tout au Chemin: du chichiteux très NRF-Paulhan ou les premiers pas Le Clézio, notre scout aux UV nobélisés mais aussi des auteurs qui devaient vraiment compter pour nous, et pour des raisons bien différentes, Perros et ses Papiers Collés, Réda et ses premiers recueils de poèmes, Pieyre de Mandiargues et la persistance de son érotisme surréaliste et hautain. 
Sans compter les textes-limites et éblouissants de Guyotat, du temps qu'il était lisible (Tombeau pour cinq cent mille soldats, Eden, Eden, Eden) et qu'il renvoyait au visage d'une certaine France, en versets somptueux à délimiter soi-même par la voix dans le bloc du texte , ce que d'autres ont depuis appelé le transcendantal pétainiste.
Pourtant, Alain Chany, c'était loin, comme réminiscence. Les années 90, sans doute, un texte paru à L'Olivier...( vérification faite, il s'agit d'Une sècheresse à Paris et L'ordre de dispersion est reparu en poche  à cette époque, mais est-il disponible pour autant?) 
Alain Chany est-il mort ou non? D'après l'ami Le Guern, oui, mais je n'ai pas plus de précisons. Il semble que Chany fut un soixante-huitard qui ne supporta pas L'ordre de dispersion, justement, et qui décida, comme ses parents, de vivre en paysan.
C'est un peu de ça que parle ce roman qui est plus une méditation dont certains moments tirent vers le poème en prose. Pour tout dire, c'est très beau et même les coquetteries formelles un peu convenues comme le jeu sur le je et cette distanciation auteur/narrateur/personnage constamment rappelée à la façon de certains romans du dix-huitième siècle, ont un charme vintage.
Ce qui est bien, c'est que dans les interstices, on retrouve les années 70, leur décor de monde d'avant. Et puis surtout, traitée très différemment, L'ordre de dispersion parle de la même chose qu'un autre roman, découvert aussi par hasard et que nous avons beaucoup aimé,  L'Irrévolution de Pascal Lainé. Il a sensiblement paru au même moment dans cette même collection du Chemin. Dans les deux livres, un professeur se retrouve dans la peau d'un soldat démobilisé, demi-solde des illusions perdues de Mai. Pascal Lainé jouait sur un mode mélancolique et sociologique, Alain Chany préférait pour sa part un curieux mélange de sarcasme et de lyrisme.
C'est intéressant, deux écrivains bien différents qui racontent finalement une tristesse  identique: celle d'avoir raté une révolution. Surtout quand soi-même, lecteur quadragénaire des années 10, on est dans la tristesse de n'en avoir pas connu. 
Pour l'instant, en tout cas. Mais ça peut changer.  Mais ça va changer. 
Sinon, tous les témoignages ou renseignements sur Alain Chany, donc, sont les bienvenus.

lundi 10 janvier 2011

Thierry Marignac: vanishing point

Aujourd'hui, 10 janvier 2011, Thierry Marignac a fait sauter son bastringue. Les Chroniques Marignac où le gonze ombrageux et talentueux, entre deux bourre-pifs aux post-néo-polardeux, traduisait Essenine, Limonov et Natalia Medvedeva, ont disparu des écrans radar de la blogosphère.
Vous n'avez donc, désormais, plus aucune raison pour ne pas lire ses livres que l'on trouve assez aisément aux éditions Rivages ou à la Série Noire.
Pour marquer notre vif désaccord avec ce sabordage, nous allons laisser Chroniques Marignac dans notre bloguerolle.
Encore un bon tireur en moins sur les remparts d'Alamo.


J'ai toujours pensé que Thierry Marignac entretenait avec la vie et la littérature (c'est la même chose) les rapports que Kowalski entretient avec la conduite automobile dans l'indépassable Vanishing point de Sarafian. 
Question de style, sans doute.

Tinker, tailor, soldier, spy

Il relisait La taupe de Le Carré et il comprit soudain pourquoi, plus le temps passait, plus il aimait le John Le Carré du début, époque George Smiley. Finalement, lui et ses vrais amis étaient eux aussi devenus de vieux espions, épuisés par les double jeux que leur avait imposés la vie. Des agents secrets du sens dans une époque qui n'en avait plus, des transfuges au service du monde d'avant pour tenter de se renseigner sur les formes inédites de l'oppression contemporaine. 
Mais ils étaient en activité depuis trop longtemps, et depuis trop longtemps de l'autre côté du Mur, en territoire ennemi. 
Ils savaient qu'ils perdaient la guerre froide et ils sentaient le filet des deuils, des maladies et de la fatigue se resserrer autour d'eux. 
On les avait repérés, c'était certain.
Leurs couvertures étaient toutes plus ou moins grillées. Et il n'y aurait pas d'échange à Check Point Charlie pour retrouver le monde d'avant. Fermé depuis longtemps, le passage, depuis beaucoup trop longtemps. 
Ils pouvaient juste espérer tenir encore un peu.

dimanche 9 janvier 2011

Sauter les descriptions, 31


Il s’installa à son bureau, exceptionnellement bien rangé. Il s’était débarrassé de l’ordinateur portable et c’était redevenu un bureau du monde d’avant. « Bon présage … » se dit-il .
Il prit une feuille, un stylo plume et écrivit :
« Ecrivain français, légèrement inquiet et fatigué,  recherche pour installation définitive un pays lointain avec bande littorale importante, filles qui dansent sur la plage et stations balnéaires bloquées au milieu des années soixante. Monnaie faible, paix civile, laïcité, liberté sexuelle  souhaitées. Viendrait avec livres, chats, fauteuil Voltaire et disques de doo-wop. Désire ne plus travailler, ne plus écrire, ne plus parler, juste regarder depuis une terrasse avec balustrade et bougainvillées, de grands corps souples et rieurs sortir de l’eau. »
Il reposa le stylo plume, se relut, s’étira et murmura : « Bon, ça, c'est fait. Mais à qui je l’adresse, cette petite annonce ? Pas envie de passer par le Net, moi, avec tous ces dingues... »
Il entendit une voix derrière lui, un peu moqueuse:
-Je peux chercher pour toi, si tu veux...
Il se retourna et dit :
- Pourquoi pas ? Mais en attendant, fais attention avec ta faux, tu vas esquinter mon édition originale des Contrerimes. 

© Jérôme Leroy, 2011

 

samedi 8 janvier 2011

La grâce efficace

Pourquoi Françoise Hardy? Parce que.
Pourquoi Françoise Hardy en italien? Parce que c'est encore mieux
 
Voilà, c'est fini. Vous pouvez retourner en 2011. Nous, on termine la machine à remonter le temps. Bientôt le départ. On vous préviendra. Il reste encore quelques places. Tarif préférentiel pour les abonnés.

vendredi 7 janvier 2011

Les nouveaux partisans

Pourquoi, mais pourquoi donc mettre cette chanson de Dominique Grange, égérie du maoïsme français, justement aujourd'hui? Mais parce que malgré les décennies, je trouve ses paroles d'une merveilleuse actualité. Et puis, accessoirement, parce que je pisse à la raie des anticommunistes blogospshériques qui me cassent les bonbons à longueur de ouèbe. 
Vas-y Dominique, frappe aux couilles! Pour un oeil les deux yeux, pour une dent, toute la gueule!

mercredi 5 janvier 2011

Les plaisirs démodés: le tiré à part

 La revue et les tirés à part


Décidément, la Belgique nous plaît de plus en plus. Il n'est pas impossible que ce pays à l'existence si fragile soit une manière de cinquième empire où il sera bon de se réfugier pour goûter un certain nombre de plaisirs démodés comme celui du tiré à part.
Notre ami Jean-Baptiste Baronian a coordonné un dossier polar pour  le numéro de janvier de la Revue Générale, l'équivalent de la Revue des Deux Mondes, en juste un peu plus jeune puisqu'elle fut fondée en 1865. Comme les Belges n'ont aucun problème avec la littérature de genre (nombre de leurs académiciens sont des auteurs de fantastique ou de roman noir), Jean-Baptiste Baronian a pu ainsi faire signer Mesplède ou Natalie Beunat pour ne citer que les contributions françaises. Il nous a confié un article sur les rapports entre le polar et l'engagement, ce qui nous permet notamment de parler de notre cher ami Serge Quadruppani et de pointer quelques limites d'un néopolar ne cessant de se survivre dans un antifascisme qui tient davantage de la posture que du combat politique réel. Sans compter certains auteurs à succès qui renoncent à toute velléité de critique sociale en singeant le thriller américain ou en se vantant d'écrire des polars calmants à une époque qui demande au contraire toutes les vertus mais certainement pas l'abrutissement anxiolytique. 
De toute manière, passé un délai de décence par égard envers la Revue Générale, nous nous ferons un plaisir de mettre cet article intitulé Roman noir: les infortunes de l'engagement en ligne pour, nous l'espérons, le plaisir de nos aimables abonnés qui n'auraient pas la chance de vivre à moins de dix kilomètres d'une bonne librairie belge.
Et donc, cerise sur le gâteau turgide du fétichiste bibliophile, la Revue générale offre à ses collaborateurs un certain nombre de tirés à part. Et le tiré à part, par les temps qui courent, c'est un peu comme le sens de l'honneur, la vraie cancoillotte ou les banquiers pendus, on ne voit plus ça tous les jours, hélas.

Ci-dessus, deux jeunes fétichistes belges du tiré à part, près de Knokke le zoute, décident d'oublier le réchauffement climatique par la lecture.

mardi 4 janvier 2011

Poème brut


Extrait de la  décision-cadre adoptée par le Conseil européen le 13 juin 2002:
Les infractions concernées par le mandat d'arrêt européen.
• participation à une organisation criminelle,
  terrorisme,  
  traite des êtres humains,
  exploitation sexuelle des enfants et pédopornographie, 
   trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, 
  trafic illicite d'armes, de munitions et d'explosifs, 
  corruption,  
fraude, y compris la fraude portant atteinte aux intérêts financiers des Communautés européennes au sens de la convention du 26 juillet 1995 relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes,  
blanchiment du produit du crime,  
faux monnayage, y compris la contrefaçon de l'euro,  
cybercriminalité,  
crimes contre l'environnement, y compris le trafic illicite d'espèces animales menacées et le trafic illicite d'espèces et d'essences végétales menacées,  
aide à l'entrée et au séjour irréguliers,  
homicide volontaire, coups et blessures graves, 
  trafic illicite d'organes et de tissus humains,
enlèvement, séquestration et prise d'otage,
  racisme et xénophobie,
vols organisés ou avec arme, 
  trafic illicite de biens culturels, y compris antiquités et oeuvres d'art, 
  escroquerie,  
racket et extorsion de fonds,  
contrefaçon et piratage de produits, 
  falsification de documents administratifs et trafic de faux, 
  falsification de moyens de paiement,  
trafic illicite de substances hormonales et autres facteurs de croissance,  
trafic illicite de matières nucléaires et radioactives, 
  trafic de véhicules volés, 
  viol,  
incendie volontaire,  
crimes relevant de la juridiction de la Cour pénale internationale, 
  détournement d'avion/navire,
sabotage.
Reconnaissons qu'à part trois ou quatre choses réellement abjectes, pour le reste, dans le monde spectaculaire-marchand qui est le nôtre, toutes les activités évoquées ci-dessus sont éminemment morales.

lundi 3 janvier 2011

Boire du vin naturel peut sauver le monde

Par exemple, nous, on a récemment sauvé la planète avec L'humeur du temps, le chablis d'Alice et  Olivier De Moor. Et puis comme elle était de nouveau attaquée, la planète, on l'a ressauvée avec l'Arbois Pupillin de Pierre Overnoy. Mais comme le capitalisme ne lâche pas l'affaire comme ça, on l'a reressauvée, la planète, avec un Touraine de Thierry Puzelat, son K.O rouge In Côt We Trust.
Save The Planet, Drink Organic (STPDO, un nouveau comité d'action populaire de la zone chaviste libérée de ce blog, approved by Hugo Chavez et Sébastien Lapaque).

Hans Magnus Enzensberger

"Accrochée à des téléphones en feu la gent agioteuse
suant de tous les pores de sa peau de porc gigote:
c'en est fini de la lutte des classes, abattu
le gibier gît affalé dans sa graisse, solvable,
les yeux rosis d'écume.
Bannières et barricades moisissent
sous cellophane dans les vitrines.
Dans un antique juke-box ronfle
un rock à bout de souffle: "L'Internationale." 

"Ecume" in Parler allemand (1960)

dimanche 2 janvier 2011

Ce garçon qui était au Brésil








                                                                                                                                                 
Sarkozy, ayant trahi les promesses de la République pour complaire à son clone protofasciste  Berlusconi avait fait arrêter Cesare Battisti, ancien combattant des années de plomb en Italie devenu, auteur de roman noir en France après un passage par le Mexique. Cette affaire était un des symptômes de la droitisation dure de la société française, la même qui maintient en détention Jean-Marc Rouillan. Décidément, il semblerait que la prescription soit plus facilement applicable aux bandits de droits commun qu'à ceux qui, a tort ou à raison, ont jugé bon de prendre les armes dans les années 70 et 80 contre l'ordre spectaculaire marchand et auront toujours fait moins de dégâts, au bout du compte, que les licenciements massifs et les délocalisations.
Savoir que Battisti  qui s'était réfugié au Brésil, va enfin pouvoir souffler est non seulement une satisfaction personnelle pour le tenancier de FQG qui l'a un peu connu et a participé avec lui à une anthologie sur la prison mais aussi la preuve que l'Amérique Latine, celle de Lula comme celle de Chavez, représente un espoir de résistance tandis que la vieille Europe vit de plus en plus sous le talon de fer des agences de notation qui transforment ses dirigeants politiques en pantins obéissants, plus ou moins dépourvus de sens moral (de Cameron à Zapatero, de Papandréou à Berlusconi, de Sarkozy à Merkel).
Nous présentons par ailleurs tous nos voeux au président Lula qui vient de passer le relai à Dilma Roussef, ancienne guerillera, qui sait monter et remonter une kalach les yeux fermés.