mercredi 5 octobre 2011

Dissipons les malentendus et évitons les motifs de fâcherie.

Ce matin, dans Le Canard enchainé, un papier de Didier Hassoux sur Le Bloc, intitulé "Ainsi Front, Front, Front..." 
Il faut que que vous sachiez qu'au bout d'une vingtaine de livres publiés depuis 1990, c'est la première fois que le Canard parle de moi. C'est vous dire si je suis content et fier. Mon grand-père lisait le Canard, mon père lisait le Canard et je lis le Canard. C'est pour cela que je voudrais signaler à mes aimables lecteurs que le papier de Didier Hassoux comporte, en son milieu à peu près, un paragraphe qui pourrait prêter à fâcherie, voire, si j'étais légèrement paranoïaque, ressembler au début d'une ébauche de procès en sorcellerie. 
Mais en fait, non. 
Néanmoins, nous allons apporter, en le citant in extenso, quelques précisions à ce paragraphe, histoire de dissiper les malentendus.

 "Jérôme Leroy, auteur de ce polar politique, connait bien son affaire. (Merci, c'est gentil). Trop bien, peut-être. (Aïe, on sent un reproche, certes modalisé par le "peut-être". En même temps, l'idée de connaître "trop bien" un sujet me semble étrange. On ne connait jamais assez bien son sujet,  je trouve, et l'idée ne viendrait pas de reprocher à un chirurgien de trop bien le connaître, son sujet. Mais poursuivons.) Rien d'étonnant pour un adepte de Marx (Karl, pas Groucho) et collaborateur de plusieurs feuilles de choux qui flirtent avec la droite de la droite. (Ah, là, vous allez pas me dire, c'est un reproche très net. Un être sensible y verrait même une attaque qui cherche à disqualifier. Je pense qu'il est fait allusion à mon travail régulier à Causeur, où mes articles ne sont pas franchement "à la droite de la droite" et à mes collaborations ponctuelles aux pages livres de Valeurs actuelles. Eh bien, d'abord, je ne pense pas qu'on puisse qualifier ces deux titres de droite de la droite même si, évidemment, ils ne sont pas de gauche et ensuite feuille de choux, ce n'est pas très confraternel. Sur le fond, il se trouve, là encore depuis 1990, que c'est plutôt la presse de droite, effectivement, qui a fait appel à moi. Mais, on m'a vu aussi parfois dans des "feuilles de chou" à gauche de la gauche comme Témoignage chrétien, Révolution et chaque semaine ma chronique, politique celle-là, dans Liberté Hebdo , petit canard rouge du Nord. Mais reprenons:) Leroy ressemble à cet "écrivain communiste" qui, dans son bouquin, est invité plusieurs fois par mois au "banquet des léopards", un cénacle qui réunit les admirateurs de "TNT" (feu ADG, sans doute). (Finalement, Didier Hassoux a raison de préciser "dans son bouquin" et "ressemble" parce que malgré tout Le Bloc est un roman. Néanmoins, n'éludons pas même si ce passage fait deux lignes dans le roman qui a donc été bien lu. Oui, j'ai connu ADG et c'était un pote comme l'était Fajardie. d'ailleurs ADG était pote avec Fred et s'entendait bien avec Manchette. Le Banquet des Léopards, c'était l'appellation que donnait Boudard, qui n'était pas lui un dangereux fasciste à ma connaissance, à de sympathiques agapes auxquelles hélas, je n'ai participé que deux fois, et encore, après la mort de Boudard et d'ADG, pour évoquer la mémoire des sus-nommés. Mais laissons terminer son paragraphe à Didier Hassoux). Leroy comprend ces héros (encore une fois, je trouve que c'est mieux de comprendre). Il ne les stigmatise pas (ce n'est pas le genre de la maison, c'est vrai), mais, pour autant, il ne les cautionne pas. (Ouf, la torche s'est arrêtée à cinq centimètres du bûcher).


Pour le reste de l'article, avant et après ce paragraphe, nous remercions évidemment Didier Hassoux qui a compris que c'était surtout un roman sur la peur généralisée, la guerre de tous contre tous et un pays que ne s'aime plus, l'émergence de l'extrême droite depuis trente ans étant dans tout ça, le symptôme qui m'a semblé le plus significatif d'un point de vue, nous ne nous lasserons jamais de le répéter, romanesque.