On peut penser, par exemple, à Lisbonne et Catherine
Isabelle Duport.
Je vote communiste et je t’emmerde.
Le Cimetière des
Plaisirs. Je suis content d’avoir écrit un livre comme ça en 1994. Je suis
aussi content d’avoir depuis vérifié la validité de ma vision une bonne quinzaine
de fois au terminus d’un tramway lisboète.
Aux obsèques de Michel Mohrt, à
Saint-Sulpice, j’ai pensé que les écrivains que j’aimais, je les avais d’abord
aimés pour des titres. La campagne d’Italie, Deux indiennes à Paris, et surtout
On liquide et on s’en va.
J’ai toujours été étonné
qu’Alain Robbe-Grillet ait pu être capable de trouver , à la fois, un titre aussi nul que
Les Gommes et aussi définitivement troublant que L’année dernière à Marienbad.
Je vieillis :
l’apparition de Delphine Seyrig dans Accident de Joseph Losey me semble
beaucoup plus importante que les déclarations de Ségolène Royal aux primaires
socialistes. Que n’importe quel droitard de mon cul sache cependant que malgré
le peu de sympathie que j’ai pour Ségolène Royal, elle me sera toujours
infiniment plus aimable que leurs gueules breivikiennes et rurbaines de
blogueurs onanistes. Et, quitte à me répéter, je vote
communiste et je t’emmerde.
Ce qu’il y a de bien, dans Lisbonne,
c’est Lisbonne.
Une de mes émotions érotiques les
plus puissantes est le beau visage cerné d’une militante communiste portugaise
qui vendait des cassettes à une fête de Avante !, à la fin de l’été 1979,
du côté de Setubal, si je ne m’abuse. C’étaient des cassettes plus ou moins
piratées et sur l’une d’elles, j’ai découvert pour la première fois Don’t play
that song d’Adriano Celentano.
Alvaro Cunhal a passé, paternellement, sa main dans
mes cheveux. Depuis, je vote communiste et je t’emmerde.
Ce qui m’est apparu très nettement à
ma relecture des Poneys sauvages de Michel Déon sur la plage d’Ampelas à Paros,
c’est que je finissais par avoir le même triangle géographique d’exil choisi
que lui : Grèce, Portugal, Irlande. Il avait fait sienne cette périphérie
parce qu’il était vraiment de droite dans les années cinquante. Je la fais
mienne aujourd’hui parce que je suis vraiment de gauche dans les années dix. L’important, en fait, c’est la
dissidence.
Pendant l’interruption des
programmes, pensez à regarder Dans la ville blanche d’Alain Tanner. Dans
l’Alfama, les horloges des cafés tournent à l’envers.
Il y a un garçon de quinze ans, pour
l’éternité, sur le siège arrière d’une vieille Ford Cortina qui regarde
Lisbonne disparaître par la lunette arrière alors que chante Celentano sur le
radio cassette et que le PCP n’a toujours pas, ce qui est une bonne chose,
abandonné le principe de la dictature du prolétariat.
Revoir Lisbonne.
Et maintenant, musique!


On liquide et on s'en va, beau titre, oui ...
RépondreSupprimerTexte-images-son, poésie-pertinence-intensité, il a tout ce billet, tout pour accompagner et adoucir la mélancolie d'un dimanche de fin d'été.
RépondreSupprimerL'Alfama, mon quartier préféré et plus précisément la paroisse de Sao Miguel. Un verre de Vinho Verde à ta santé ! Stand by me par Celentano !
RépondreSupprimerJe ne savais pas que l'Angel Dust avait à voir avec la dictature du prolétariat.
RépondreSupprimerJoël, ce n'est pas son meilleur.
RépondreSupprimerMerci, Florence, à bientôt.
Lucien, je n'y manquerai pas.
Lesa, le parti communiste portugais une drogue bien plus forte. Je n'ai toujours pas entamé ma redescente plus de trente ans après
Bonjour, j'adore votre blog, il me fait beaucoup rire (surtout les images, je suis un grand enfant), est-ce grave...?
RépondreSupprimerEn tout cas continuez ainsi, c'est un très habile mélange de politique et d'humour, ce qui est sans doute le meilleur moyen de convaincre efficacement tout en restant ludique.
Étant un jeune qui aime autant la fête et l'esthétique rétro que les bons livres et Joseph Staline je ne suis peut être pas objectif mais bon...
Sea Sun & Socialism!
D, de Feudeprairie (http://feudeprairie.wordpress.com/)
Il me semble, en tant qu'anticommuniste fervent et déclaré à tout crin que c'est moi qui emmerde la grandes consciences à la mords-moi le scoubidou habituées de ton blog, que tu oublies tout de même très cher, Le Cinquième Empire et les rêves lusitaniens de de Roux, parfois anticolonialistes. Je suis même surpris que tu le refourgues pas, quand même, c'est pas anodin.
RépondreSupprimerAnticommuniste primaire et qui vous…
Et 24000 baisers pour la peine :
RépondreSupprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=JOVb3HeECrc
Quelques jours à Lisbonne
RépondreSupprimer--->
Bonn : quelques lourds agissent.
Pour rebondir sur de Roux, on le voit justement en ce moment sur le blogue Littérature à l'estomac :
RépondreSupprimerhttp://la-litterature-a-l-estomac.tumblr.com/post/9560933444/christian-bourgois-et-sa-maison-dedition
[et, pour rester en thème, en cherchant un peu, il y a une vidéo sur le ouèbe de ddr interviouvant Otelo de Carvalho dans une rue de Lisbonne le 25 ou le 26 avril 74.]