vendredi 27 mai 2011

Qu'il n'y a pas de poètes mineurs.

Sur le blog ami La crevaison, Joël rappelle l'anniversaire de la mort de  Francis Carco, un 26 mai 58. Aussitôt nous est revenu à la mémoire ce poème qui fait partie de ceux que nous connaissons par coeur, l'expression prenant ici tout son sens. Ceux qui sont bien utiles à se réciter dans les endroits que personne ne devrait jamais connaître: supermarchés un samedi,  cellules de garde à vue, chambres d'hôpital...
Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.

Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !

C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.


Francis CARCO

11 commentaires:

  1. Le poème et ce tableau, les deux merveilles de ma journée.

    Mersi braz.

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  2. Pour le plaisir, ce texte d'un autre pensionnaire du Lapin Agile : "... Nos visages marqués par la misère produisirent ce miracle. Tess abandonna sa chambre et tous les accessoires diaboliques de sa jeunesse. Elle travaille maintenant dans une usine de Putney. Elle porte un fichu croisé sur ses épaules. Pour se rendre à son travail, elle file le long des murs, telle une belette. Elle est grise comme les murs et comme le travail mal rétribué. Le jour de repos, elle reste chez elle. Son ménage ne lui prend guère de temps. Quand tout est en ordre, elle s'allonge sur son lit et ferme les yeux.
    Pour vivre, peut-être, une existence incompréhensible, au milieu des odeurs et des sons, où les hommes naissent, tournent et s'éteignent de même que des lumières.
    Pierre Mac Orlan
    Docks- in "Sous la lumière froide"
    (Gallimard -1961)
    Mac Orlan, c'est du roman noir, du Goodis ou Thompson avant l'heure. Bref, du beau, du poétique comme on l'aime dans ce blog."

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  3. Moi aussi Askellig, la fel.
    Multumim
    Julius, Tess et Simone Weil, même combat.

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  4. C'est comac Carco, un des chantres de l'argot parisien, merci môme de se rappeler de ce gonze qui savait écrire, et pas avec les arpions !

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  5. tout pareil que askellig + m'en vais faire un tour illico du côté de La crevaison + jamais su apprendre par coeur, mais je crois que celui-ci, il suffira de le lire 7 fois à voix haute.

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  6. Jérôme, il est de qui ce tableau ?

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  7. Il y a des poètes mineurs de fond !

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    1. Et des lacs majeurs en forme de poires.

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  8. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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ouverture du feu en position défavorable