vendredi 27 mai 2011

Je n'irai pas voir La Conquête mais j'ai revu Il Divo

C'est peut être un bon film mais j'attendrai quand même que Sarkozy soit battu ou ne puisse pas se représenter en 2017 (puisque rien ne semble devoir dégoûter les Français par les temps qui courent) pour  voir La conquête quand il passera sur le câble. 
En effet,  j' ai moyennement envie d'être poursuivi par l'image de l'actuel président jusque dans une salle obscure qui est un des rares endroits avec les églises où l'on peut espérer ne pas entendre sonner un téléphone portable. Le Téléphone Portable (ou portatif comme dit le grand Baudoin de Bodinat dans La vie sur terre), la Rolex et le Stylo: un style élyséen qui aura conjugué de manière assez étonnante la vulgarité au néo-pétainisme. On dit étonnant parce que le pétainisme a au moins eu des écrivains qui écrivaient bien. Morand et Chardonne, c'est tout de même mieux que Christine Angot et Tahar Ben Jelloun (pardon Roland...) qui veut nous faire croire que Sarkozy aime les films suédois muets.
Si je parle de ça, c'est parce que j'ai revu la nuit dernière Il Divo, le film extraordinaire de Paolo Sorrentino sur Andreotti. Andreotti  fut sept fois président du conseil italien et un des principaux artisans de la stratégie de la tension, n'hésitant pas à laisser les Brigades Rouges exécuter Aldo Moro, son principal rival au sein de son parti. Sans compter ses probables liens avec la mafia, la loge P2, le réseau Gladio bref un véritable ami de la liberté.
Pourquoi suis-je pratiquement persuadé que La Conquête n'arrivera pas à la cheville d'Il Divo, et ne saura aucunement raconter la violence, la corruption, la sauvagerie même, de la libido dominandi du politique tout en nous plongeant dans un bain d'humour noir qui confine au fantastique, voire à un certain "fellinisme". 
Bref, ne saura être du cinéma italien, c'est à dire du cinéma.

7 commentaires:

  1. Et ben, ta bien raison Jérôme, surtout que le petit versaillais ne «veau» pas tripette, question sociale et humaine, juste un prétentieux qui finalement à trouver son rôle! et je sait de quoi je parle-là, à mépriser les intermittents-(acteur de complément) du spectacle, il aurai mieux fait de tourner sa langue, au lieu de les insultées,,,,,bref, Je dis plus rien, rien qu'a la pensée de prononcé sont nom, il me vient la nausée !


    Ah Jérôme, je vient de parcourir cette nuit (chrysalide des villes) de F, Fajardie, est une jolie dédicace t'ai faite dans le journal du cabinet noir,

    «fin d'éclipse»,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

    Pour Jérôme Leroy, « le cauchemar a déjà commencé » mais le danger ne vient pas, comme dans la mythique série télévisée des sixties, des extraterrestres; ceux qui ont entrepris d'éradiquer de notre planète toute douceur de vivre ont tous figure humaine, certain laisseront un nom dans l'histoire-si elle continue !- d'autre pas, mais, si les livres ne disparaissent pas trop vite, Jérôme Leroy laissera certainement le siens dans l'histoire de la littérature,,,,,,

    Paranoïaquement vôtre, H, et P, J, O

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  2. "ne saura être du cinéma italien, c'est à dire du cinéma" : une bien jolie formule, à laquelle j'adhère sans trop de peine...

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  3. Merci Jean, c'était une présentation faite par Hélène et Pierre Jean Oswald, deux très grands éditeurs (NEO) mais qui avaient la (gentille) tendance à être un peu hyperbolique quand ils parlaient de leurs poulains.

    Florence, je sais aussi notre vieille et héréditaire passion commune sur ce sujet.
    Je t'embrasse.

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  4. Ah oui, Giulio Andreotti, une crapule encore vivante qui réglait ses affaires secrètes chaque matin après la messe !
    Son beau-père, une huile du parti démocrate-chrétien, disait paraît-il de lui : « C'est un jeune homme capable… même de tout. »
    Lié à la Mafia et aux crimes attribués à la Brigade Rouge, il aurait dit : « C'est tellement secret que je ne me le dis même pas à moi-même. »
    Un grand exemple pour tous les dirigeants !

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  5. Au fait, qu'est-ce que vous foutez sur Causeur, entouré de réacs qui n'assument pas et de grenouilles de bénitiers aussi sèches que le gosier et autre chose de Clémentine autain.

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  6. En politique, Jérôme, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on n'est pas toujours d'accord. Mais sur tes goûts littéraires et cinématographiques, j'ai beau chercher, j'ai rien à redire. Il Divo, grand film, je suis d'accord. Et la Conquête, qui peut bien avoir envie de voir ça? Il faudrait tant de talent pour relever le défi de nous intéresser à l'extrême, inédite médiocrité d'un personnage si représentatif de notre temps, que je n'arrive pas à croire que quelqu'un de ces néo-cinéastes ait tout ce talent à disposition, ça se saurait. En plus, franchement, quand on a causé à Gafsa avec des révolutionnaires de 17 ans, à Tunis avec des activistes rétifs à la torture, à Eymoutiers avec des vieux guinguoinistes, et qu'on se retrouve calé face aux paysages du Périgord noir, l'idée de s'emmerder à regagner une ville à rues piétonnes pour voir une semi-merde télévisive… boaf…

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  7. P.S.: je viens de lire le message d'un anonyme qui parle de "crime attribué à la Brigade rouge". L'ignorance pro-situ a encore frappé. Quand donc, chers debordiens, vous mettrez vous dans la tête que les Brigades Rouges n'étaient pas des carabiniers, mais les rejetons du Parti communiste italien, d'autant plus pourchassés par ce dernier qu'ils ressemblaient tant à leur passé partisan? Quand vous mettrez vous dans la tête que les gauchistes n'ont pas besoin de services secrets pour faire des conneries tous seuls comme ds grands? La vision complotiste de l'histoire de l'Italie par Debord est risible, il n'y a que les rescapés de l'alcoolisme (aux vins non naturels, ce qui explique tout) post-situ qui croient encore aux fables sanguinettiennes.

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ouverture du feu en position défavorable