mardi 3 mai 2011

Bandolero!

Bandolero! est un western tardif de Andrew Mc Laglen.  Un faiseur sans génie? Peut-être, mais la cartouche qu'il tire en 1968 atteint sa cible et représente un beau baroud d'honneur hollywoodien contre la suprématie insolente des Italiens à l'époque.
Cependant  l'extraordinaire musique de Jerry Goldsmith ne suffit  pas, quarante trois ans après, à expliquer le charme durable et poignant de Bandolero!.
Son casting de rêve non plus. Et pourtant, le chic désespéré et humaniste de James Stewart, le dandysme désolé et mélancolique de Dean Martin, le jansénisme troublé de George Kennedy, la sexité  de survivante, à la fois animale et tendre, de Raquel Welch auraient largement suffi à enchanter la soirée du cinéphile. 
Mais non, Bandolero!, c'est beaucoup plus que Bandolero!
Ce récit d'une poursuite impitoyable se termine par un combat épique mais surtout un combat où chacun perdra ce qu'il était venu chercher : un frère, un trésor, une femme, une postérité, un Montana rêvé comme une Terre promise. 
Un massacre pour rien, rigoureusement pour rien. 
Et malgré tout, ce western n'est pas nihiliste. Parce que l'honneur de vivre vaut bien l'horreur de vivre et que l'important, ce n'est pas le résultat, c'est la trajectoire.
Allez faire comprendre ça aujourd'hui. 
D'où l'envie d'en finir, une fois pour toutes, en suivant l'expédition désespérée de ces personnages et de  mourir avec eux dans un effondrement à la fois effroyable, dérisoire et magnifique.