vendredi 1 avril 2011

Opération sauvegarde du sourire, 28: Patrick Mandon

Qui a un peu fréquenté Patrick Mandon sait qu'une certaine idée de la civilisation n'est pas encore tout à fait morte. Voici, comme quelques autres ici, quelqu'un qui comprend parfaitement notre devise: "Je ne sais pas si c'était mieux avant, mais je sais que c'est pire maintenant." Son goût pour les vieux livres, les tableaux, les antiquités n'empêche pas une acuité aimablement désespérée quand il parle de l'actualité. Il y a du Swann chez ce gaulliste oldscoule, mais un Swann qui lirait le journal comme pour se convaincre que tout est foutu, hors la compagnie de quelques âmes choisies qui permet de deviser jusqu'au bout de la nuit. Guy Debord, dans sa Correspondance, citant je crois Baltasar Gracian, écrit: "L'heure à laquelle on se couche traduit l'agrément des conversations". Et l'on se couche très tard quand on a la chance de dîner avec Patrick Mandon, dans son cabinet de curiosités. Je crois également, et c'est désormais ce qui renforce notre amitié, qu'il a bien compris qu'une certaine forme de barbarie libérale actuellement à l'oeuvre était infiniment plus dangereuse pour tout ce qu'il aimait que mon aimable communisme poétique, sexy et balnéaire.
Sinon, il est vivement recommandé de se promener sur le blog de ce piéton de Paris qui ressemble à un salon où se croisent de jolies femmes intelligentes et cosmopolites qui parlent de voyage et de littérature. 
Voici la liste de Patrick Mandon. Je ne suis pas certain qu'il ait respecté tout à fait la règle du jeu, puisque tous les titres qu'il indique ont certes une forte charge poétique mais renvoient également à de grandes choses.

Cher Corsaire, pour répondre à l'opération Sauvegarde du sourire, ceci :
L’homme à cheval, Pierre Drieu la Rochelle
De sang froid, Truman Capote, et son adaptation au cinéma, par Richard Brooks
Alcools, Guillaume Apollinaire
Mémoires du prince de Ligne
Journal de l’abbé Mugnier
Alors, bien sûr, on choisit, on élimine, on regrette. On dresse une liste, qui en vaut une autre, mais qui ne les vaut pas toutes.
À bientôt, Corsaire.