samedi 19 février 2011

L'homme qui ne devenait pas fou

On a reçu ça de notre ami Serge Quadruppani. 
  On va le lire et on en reparlera ici et ailleurs. Mais entre nos conversations et son précédent livre sur le sujet (L'antiterrorisme en France, La découverte, 1989), on sait déjà que l'on ne sera pas déçu par une des dernières paroles sensées sur la question et, surtout, dépourvue de cette haine froide, répétitive et gâteuse, si fréquente aujourd'hui, dans toutes les couches de la société envers les ennemis de l'intérieur (immigrés, refuzniki de l'ordre néo-libéral, jeunes des quartiers, syndicalistes criminalisés, etc...)
Dans le disneyland préfasciste de la parole sécuritaire décomplexée  et de l'ethnolibéralisme triomphant qui rêvent si visiblement à la guerre civile pour que la lutte des classes soit oubliée au profit du choc des civilisations, il est assez rassurant de voir que Serge Quadruppani, quand bien même nous ne sommes pas toujours  absolument convaincus par l'efficacité de son spontanéisme antiautoritaire, est toujours sur le pont, le sourire aux lèvres, la rage aux coeur, du côté des humiliés et des offensés.

-Depuis que j'ai lu La politique de la peur de Serge Quadruppani,  (Seuil, 18 euros), je comprends parfaitement comment le système fabrique des ennemis imaginaires,  je méprise Hortefeux et je vais rejoindre une communauté affinitaire sur le plateau des Millevaches.
-Alors, on dit merci qui?
-On dit merci Quadruppani!