Un roman paru en 1900 de Victor Barrucand, un journaliste anarchiste, ami de Fénéon. L'action commence au moment où Auguste Vaillant qui avait lancé une bombe à l'assemblée nationale en décembre 93 va être jugé. On se promène dans les milieux libertaires de l'époque où les écrivains, les poètes, les Venus de barrière qui se promènent avec des bombes dans les fiacres veulent en finir avec un ordre inique.
Quand on pense aux cris d'orfraie poussé par le pouvoir et ses laquais médiatiques devant une poignée de casseurs dont il semblerait, en plus, que certains éléments de la police leur aient servi d'encadrement technique bénévole et discret, on a envie de les renvoyer à ce livre pour qu'ils se rendent compte de ce que peut être la violence politique de ceux qui avaient décidé, il y a plus de cent ans, que tout était bon pour les combattre.
Et puis, c'est aussi un roman qui a le charme suranné des seconds couteaux de la littérature fin de siècle, ce qui ne l'empêche pas, en plus, de mettre en doute, comme le fera le Manchette de Nada, par exemple, le piège dans lequel finit toujours par sombrer le terrorisme politique que les anars de l'époque appelaient joliment "la propagande par le fait."
Avec le feu de Victor Barrucand, (Phébus-Libretto)
Pourquoi la lumineuse et rimbaldienne figure de Saint-Just nous semble-t-elle, en cette saison de révolution qui se cherche et se trouvera peut-être, la plus évidente, la plus proche? Il y a quelques billets, nous vous rappelions l'article 35, celui sur le droit et le devoir d'insurrection, inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793. Nous avons envie, ce soir, d'oublier les critiques que lui adresse à lui et à Robespierre le Marx de la Sainte-Famille.
En revanche, sans que l'on sache pourquoi, nous est revenu le souvenir des décrets de Ventôse, promulgués par Saint-Just en 1794.
Les décrets de Ventôse...On dirait le titre d'un roman des années cinquante, publié chez Julliard par exemple, par un écrivain comme Jean-Louis Curtis ou Jacques Brenner.
Et pourtant, dans leur brièveté, ne seraient-ils pas, ces décrets de Ventôse, les premières mesures que devraient prendre un gouvernement d'Union Populaire arrivant au pouvoir en 2012 et commençant sa révolution par les urnes.
Lisez plutôt l'article I et II de celui du 13 Ventôse:
Article 1 : Toutes les communes de la République dresseront un état
des patriotes indigents qu’elles renferment, avec leur nom, leur âge,
leur profession, le nombre et l’âge de leurs enfants. Les directoires de
district feront parvenir, dans le plus bref délai, ces états au comité
de salut public.
Article 2 : Lorsque le comité de salut public aura reçu ces états, il fera un rapport sur les moyens d’indemniser tous les malheureux, avec le bien des ennemis de la révolution, selon le tableau que le comité de sûreté générale lui en aura présenté, et qui sera rendu public.
Nous sommes très heureux d'avoir été attaqué par les néo-ethnodifférentialistes de Riposte Laïque qui ne supportent pas, surtout en ces temps de mouvement social, qu'on dise qu'ils ne ripostent à rien du tout de ce qui importe vraiment au peuple français dans sa lutte titanesque contre le capitalisme financiarisé et qu'ils sont tout sauf laïques: leurs minables opérations en compagnie des fumiers du Bloc Identitaire valide la vieux dicton "Qui se ressemble, s'assemble" Cela s'est passé sur Causeur, en réponse à un de nos articles paru dans la version papier réservé aux abonnés.
Nous vous le donnons ici dans sa version intégrale, car la maison ne recule devant aucun sacrifice pour ses aimables abonnés
Je n’ai pas de problème avec l’islam. L’islam en a peut-être un avec
moi, je veux dire avec nous ou avec vous, mais je n’en ai pas
l’impression. Par exemple, j’ai un problème avec le capitalisme qui,
après avoir produit de la richesse, produit surtout de la misère en se
financiarisant. Il explique ces jours-ci, avec l’aplomb et un art
accompli du nonsense, qu’il faut travailler plus et gagner
moins alors que les grands patrons travaillent moins et gagnent toujours
plus. J’ai un problème, aussi, avec les boutefeux de la guerre civile
ethnique qui n’ont pas fait leur service militaire mais veulent rouler
des mécaniques rue Myrha1 dans des apéros « républicains » heureusement virtuels, car ces gens-là aiment bien allumer l’incendie mais envoient toujours les autres les éteindre. The same old story,
comme chantait Billie Holliday. Quand il y a une guerre, ceux qui
veulent la faire sont rarement ceux qui la font. C’est pour cela qu’il y
a assez peu de vieux sur les monuments aux morts et que je serais
curieux de connaître, parmi le tout petit nombre d’intellectuels
néoconservateurs français qui voulaient envoyer nos pioupious au feu en
2003, combien étaient ou avaient été ne serait-ce qu’officiers de
réserve.
Irak et Turquie : l’échec du « containment » islamophobe
Comme l’a balancé Eric Raoult à un petit journaliste de Canal+ qui
croyait faire le malin en lui demandant ce qu’il pensait du cadeau fait
par l’UMP à Chirac dans le remboursement des frais de bouche de la
mairie de Paris : « Au lieu de dire des conneries, tu ferais mieux
de remercier le président qui a empêché ton grand frère de revenir de
Bagdad dans un sac en plastique. »
Les islamophobes, au moins ceux qui le sont sur un plan géopolitique,
sincèrement, je ne les comprends pas. Les troupes américaines s’en vont
après avoir laissé plusieurs milliers de morts à eux sur le terrain et
plusieurs centaines de milliers chez les autochtones. Pour quel
résultat ? Eh bien, la création d’une mosaïque de principautés
musulmanes très hargneuses où chiites et sunnites vont se mettre sur la
tronche de plus belle dès que la dernière section de GI aura quitté la
Zone verte. Or, qu’y avait-il avant l’intervention américaine ? Un pays
laïque. C’était une dictature, méchante, cruelle, mais laïque, et Saddam
Hussein valait ce qu’il valait, il n’empêche qu’il tenait son monde.
Alors pourquoi cette guerre ? Ce n’était pas pour sauver la civilisation
occidentale ? Ç’aurait été pour de simples questions
d’approvisionnement pétrolier ? Je sens qu’on va encore dire que je
ramène tout à l’économie.
Même chose avec la Turquie. Voilà un pays que tout le monde commence à
regarder d’un sale œil. Il sert de base arrière aux flottilles dites « de la paix » et son président, Recip Erdogan, musulman modéré2,
remet tranquillement mais sûrement en cause les acquis du kémalisme.
Rappelons que Mustafa Kemal avait, dès les années 1920, occidentalisé
son pays, que sa laïcité intransigeante avait forcé les hommes à se
raser et les femmes à se dévoiler, que la séparation entre l’islam et
l’Etat a fait de la Turquie le seul pays, avec le Mexique, qui ait en la
matière une conception proche de la nôtre. Assez logiquement, les Turcs
se disent : « Nous allons adhérer à l’Europe » ; et l’Europe leur dit, en gros dès les années 1960 : « D’accord, mais dans trente ans, le temps que vous vous développiez un peu. »
Trente ans passent… D’accord, mais il faut arrêter avec les Kurdes,
vous vous comportez n’importe comment ! Ils se calment et libèrent même
le leader condamné à mort. Eh bien tiens, puisqu’on parle de peine de
mort, ce serait bien de l’abolir. Les Turcs l’abolissent. Mais voilà, la
porte reste toujours fermée. Résultat : le peuple turc, qui se sent
tout de même un peu humilié, vote et revote en masse pour l’AKP, le
parti de Recip Erdogan.
Donc, si je fais les comptes, les partisans du « choc des civilisations » et du containment
de l’islamisme ont surtout réussi à transformer deux Etats
pro-occidentaux en deux Etats énervés (et encore l’appellation d’Etat
pour ce qui reste de l’Irak est un bien grand mot.)
Le seul Etat qui aurait le droit d’être islamophobe, c’est Israël.
Pour le coup, entre le Hezbollah libanais et le Hamas gazaoui, il est en
première ligne. C’est sans doute pour ça que l’inflexible « Bibi »
Nétanyahou a décidé d’accepter l’idée de pourparlers directs. Pour
sauver le soldat Abbas, le dernier Palestinien qui ne soit pas
islamiste.
L’islamisme n’est pas consubstantiel à la cause palestinienne, c’est
même historiquement une forme assez récente de cette revendication,
alors que l’OLP et le Fatah étaient avant tout laïques et progressistes
avant d’être débordés par une fraction religieuse qui a prospéré sur le
désespoir, la misère et − soyons honnête − une corruption endémique dans
l’Autorité palestinienne.
Voile, burqa, islam des caves : problèmes réglés
Mais je reviens dans nos parages et, je le répète, je n’ai pas de
problème avec l’islam. Je n’aime pas l’idée qu’un marchand de malbouffe
procède à une opération marketing dans plusieurs villes. Mais lui
rappeler simplement que l’actionnaire majoritaire de ses mangeoires est
la Caisse des dépôts et consignations, donc vous et moi, pourrait
peut-être l’inciter à changer de stratégie commerciale. À moins que
certains politiques aient intérêt à ce que se créent des ghettos
communautarisés comme autant d’abcès de fixation. Je n’ose le penser.
Plus généralement, je suis très étonné qu’on soit islamophobe dans un
pays comme le nôtre où, dès qu’un problème se posait en la matière, il
était jusqu’à maintenant résolu avec la fermeté républicaine qui
s’impose. Le voile à l’Ecole ? Une loi. L’islam des caves ? Un Conseil
français du culte musulman initié par Chevènement et parachevé par
Sarkozy. La burqa ? Une loi initiée par mon camarade André Gerin. On le
voit : la question fait en plus l’objet d’un consensus républicain qui
n’exclut que quelques ayatollahs des deux camps, partisans d’un
gauchisme angélique ou d’une droite ethnico-saucissono-pinardière.
Non, je n’ai pas de problème avec l’islam parce que les problèmes qu’il pose ont été réglés, se règlent ou se règleront.
À moins, c’est vrai, qu’on fasse soudain un lien entre immigration et
délinquance. À moins qu’on refuse de constater que les inégalités
sociales, scolaires, sanitaires ont tendance à se concentrer dans les
mêmes endroits. À moins qu’on remette en question le droit du sol et
l’égalité des citoyens devant la loi. À moins qu’on se mette à
essentialiser ou instrumentaliser tels ou tels de nos compatriotes.
À moins donc qu’on cesse d’être Français.
Dans ce cas, comme c’est le seul pays que j’aime pour ce qu’il a eu
de générosité et de génie (les deux se confondent toujours, au bout du
compte), il ne serait pas impossible que je demande à être déchu de ma
nationalité.
Et je n’ai pourtant aucune sympathie pour les gens qui prient dans l’espace public.
Je suis d’accord : c’est un oxymore. Comme « capitalisme moral ».
Pour se détendre, un peu de yéyé arabe avec une chanson au bien joli titre:
En cas de malheur et uniquement en cas de malheur, c'est à dire si le mouvement social devait être vaincu par l'actuelle oligarchie ploutocratique qui fait dans la projection désirante sous prétexte que quelques pantins dans une chambre d'enregistrement appelée autrefois parlement ont voté une loi illégitime, en cas de malheur, donc, nous rappelons qu'il existe des destinations où se réfugier, rassembler nos forces et repartir à l'assaut.
Et il me revient cette promenade, une nuit d'avril 1980, alors que la débâcle faisait craquer la Neva et que Violetta Moldovan récitait ces vers d'Anna Akmatova sur la ville qui ne s'était jamais rendue:
"Toi qui n’es pas devenue ma tombe,
Ville de granit, ville infernale et chère,
Tu es pâle, figée et muette.
Mon ombre est sur tes murs,
Mon reflet est sur tes canaux".
Ci dessus, trois garçons en colère qu'il va être assez difficile d'emmener voir le dernier Fincher et à qui il est déconseillé d'envoyer des "pokes"si on veut éviter les bourre-pifs non virtuels.
Les valets du Fouquet’s, qui font semblant d’être au pouvoir ces
jours-ci, sombrent dans l’histrionisme hébéphrène. Ils sont déjà morts et ils
ne le savent pas. Leurs pauvres facultés d’idéation les réduisent à se faire
les comptables pleureurs de ce que perdraient leur maîtres à chaque journée qui
passe à cause du mouvement social. Relayés par de complaisants rats
cathodiques, ces chiffres astronomiques sont là pour faire peur et
culpabiliser.
Mais on se demande bien qui, en
France aujourd’hui, à part quelques pendards de la finance peut avoir peur de
perdre quelque chose puisque le peuple n’a plus rien, ou presque. Et ces
chiffres irréels seront toujours moins élevés que les sommes volées par le
quarteron de ministres félons pour sauver, en 2009, des banques folles ruinées par
leur avidité.
Quand la furie prolétarienne,
cette fois-ci ou la prochaine, en aura terminé avec le système, il sera bon de
faire subir à quelques unes de ces âmes choisies le supplice que Suréna,
imaginatif général parthe infligea au consul Crassus : il lui versa dans
la bouche l’or en fusion dont le Romain s’était, durant toute son existence,
montré si appétent.
Les hélicoptères de la déraison répressive peuvent bien
survoler nos villes, le feu est là et les lycéens s’embrassent.
Pour eux, donc,
du doo-wop, et du meilleur…Les rêveurs gagnent toujours à la fin.
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est mon ami Serge Quadruppani. Enfin presque. Il vient de me communiquercette intéressante information qui confirme ce que nous disons souvent ici à propos du pacte multiséculaire passé entre la France et la liberté des peuples.
Pas la petite France ethnolibérale des médiocres têtes de mort actuellement au pouvoir, et qui ne représentent si visiblement et si risiblement que l'oligarchie néo-capitaliste cannibale, celle qui veut ralentir la baisse tendancielle du taux de profit en clochardisant les classes populaires et les classes moyennes de toute l'Europe Occidentale. Ils envoient, ces mourants, ces vieillards vétilleux et vicieux même quand ils ont la gueule en plastique de trentenaires poupins, leur police débloquer des raffineries et blesser des travailleurs qui exercent leurs droits constitutionnels.
En attendant, je ne pourrai pas être ce soir, et j'en suis bien désolé, à la signature à la librairie de l'Atelier (métro Jourdain) du même Serge Quadruppani, pour son Saturne (Editions du Masque), roman noir qui dit tout, et très bien, de la sale tête pourrie et du teint livide de la France et de l'Italie à l'époque du duopole Berluscozy: partouze incessante entre l'antiterrorisme instrumentalisé, le monde de la finance et celui de ses larbins médiatico-politiques. Allez serrer la main à Quadruppani, lisez-le, histoire de vous réconcilier avec le roman noir. Il en a besoin, le roman noir, de réconciliation presque autant qu'un raffineur en lutte à Grandpuits a besoin de renforts (une pétition dans le polar pour les retraites? J'attends mais il est vrai que c'est plus compliqué que l'antifascisme en peau de zob et la traque aux négationnistes imaginaires ). Et pour se faire plaisir, dédié à tous les travailleurs, étudiants et lycéens en lutte, cet hymne néo-doo wop de circonstance
`
Serge, par ailleurs, conseille, pour suivre en temps réels la réalité de la contestation loin des médias collabos, de se référer au site JURA LIBERTAIRE. Gage de qualité, outre la recommandation quadrupanienne, ce site faisait partie de ceux que le cloune Hortefeux voulait cet été assigner en justice parce qu'on y dit du mal de la police.
Ce qui serait bien, dans l'hypothèse où l'insurrection qui vient irait enfin jusqu'au bout de son mouvement et parviendrait à mettre cul par dessus tête ce monde-là, c'est que nous aurions enfin, tous, le temps de lire de la poésie. D'en lire vraiment. Apprécier les effets secondaires d'un bon poème peut demander plusieurs jours. Il serait stupide de passer une vie à travailler quand on sait que l'on n'en aura jamais fini avec Rimbaud, Apollinaire, Toulet, Aragon...
L'automne, dans le Nord, doit être un lycéen manipulé. Il a fait merveilleusement beau les 16 et 19 octobre sur les cortèges lillois.
J'ai mis un certain temps à me rappeler à qui me faisaient penser Fillon, Hortefeux, Estrosi et consorts, annonçant impertubablement sur tous les JT de leurs chiens de garde qu'il n'y aurait pas de pénurie d'essence. Ce déni de réel propre à tous les régimes finissants me renvoyait pourtant à une image bien particulière. Et c'est revenu d'un seul coup. Vous vous souvenez peut-être du dernier ministre de l'Information de Saddam Hussein (il ressemblait d'ailleurs étonnamment à Saddam) qui, le temps que dura cette ratonnade pétroléophile assistée par ordinateur que l'on a appelée seconde guerre du Golfe, abreuva les journalistes de communiqués psychotiques annonçant des victoires décisives sur l'ennemi qui subissait des pertes effroyables alors que les tanks bushistes étaient déjà dans les faubourgs de Bagdad.
Du coup, par association d'idées, je me demande ce qu'est devenu Tarek Aziz, le premier ministre de Saddam. Je n'ai pas entendu dire qu'il ait été pendu. Les Américains avaient trouvé dans sa maison désertée des films de Godard, des disques de jazz et quelques jolies bouteilles (du bordeaux, hélas). Ah oui, Tarek Aziz était chrétien nestorien, je crois. Ou chaldéen. Les bougnoules ne sont pas tous musulmans comme le pensent si souvent les débiles légers des sites identitaires. On se dit qu'une soirée avec Tarek Aziz devait ressembler à une soirée avec un homme civilisé, contrairement à une soirée avec les GI qui entrèrent chez lui et qui durent être bien déçus de voir qu'il n'y avait ni bière, ni film porno, ni rap. Regarder Masculin/Féminin en buvant du Chasse-Spleen, ça ne devait pas être leur truc. Ce n'était pas non plus le truc de leur président, d'ailleurs. On a les maîtres qu'on mérite. C'est pour cela que l'actuel soulèvement social, quelle que soit son issue, est en soi une victoire. Sarkozy gagnera peut-être avec les médias et la police, mais pas avec l'opinion. Mais enfin, rien ne dit qu'il va gagner, en plus.
Maintenant, on va écouter du doo-wop. Les Ronettes qui ont bien raison de dire que toutes les filles sont bonnes. Ecoutez ce petit joyau joyeux, et dites-moi si ça ne donne pas envie de danser un rock auldscoule au milieu des carcasses calcinées avec une fleur de pavé qui sent l'émeute et le plaisir:
Marcel Lapierre est mort. On vous parle de ce résistant à la mondialisation du goût, ami de Debord, sur Causeur et on vous signale que c'est le moment où jamais de vous procurer la réédition du formidable livre de Sébastien Lapaque, Chez Marcel Lapierre (La table ronde, petite vermillon)
Vous sentez comme ça craque, en face, vous sentez comme ça vient, et comme c'est bon? Encore une fois...
Sinon, après la démonstration de force du peuple français qui forme l'avant garde consciente de la future révolution mondiale, on est passé chez Pierre-Louis Basse pour dire du mal des journalistes chiens de garde. C'était bien, en plus, on avait un véritable ami parmi les invités, en l'occurrence ce cher Gilles Perrault
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est,
pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des
droits et le plus indispensable des devoirs."
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, article XXXV
Saint-Just
fut membre de la commission qui rédigea cette déclaration. Il est mort,
exécuté à vingt-six ans. Quoique jeune, il ne semble pas qu'il ait été
manipulé par le parti socialiste.
Ci dessous des portions du peuple le 18 octobre 2010, quelque part en Europe occidentale , (par ordre d'apparition, une portion du peuple jeune, une portion du peuple routière et une portion du peuple raffinée)
Et c'est au hasard d'une conversation paresseuse à la fin d'un dîner amical, alors que l'heure était au rhum arrangé et aux Cohiba, et que passait en sourdine If you need me qu'il apprit avec près d'une semaine de retard la mort de Solomon Burke. Sa tristesse le surprit. C'était une des voix les plus chères à son coeur, une de celles qui s'était approchée au plus près du secret de la soul, de la quintessence du groove. Il se souvint alors de ce 10 décembre 2007, quand avec E., J.M et P., il était allé le voir chanter au Cirque Royal de Bruxelles, une salle qui ressemble vaguement à l'Olympia. Solomon Burke était devenu falstsafien mais la voix était la même, pleine de quelque chose qu'il fallait bien se résoudre à appeler l'amour. A la fin, Solomon avait demandé aux spectateurs ce qu'ils voulaient entendre, il avait crié If you need me et Solomon avait chanté If you need me, un morceau de 1963, un truc qu'il avait surement entendu alors qu'il était dans le ventre de sa mère et dont les harmonies chaudes avaient dû particulièrement bien s'accorder avec le rythme océanique des vibrations placentaires, sinon, Seigneur, comment aurait-il pu expliquer que cette chanson éveillât en lui, à chaque fois, le sentiment d'avoir perdu un monde qu'il n'avait pourtant jamais connu.
...il se rappela pourquoi il aimait la France. La France, ce n'était pas les ripostards usurpateurs du beau nom de laïcité, ce n'était pas les psychotiques crasseux et dizortograkik des sites réacosphériques, les blogueurs acronymiques pseudotrotskistes et vraiment fascistes, ce n'était pas Attali et son rapport plagié sur les chicaco boys pinochetistes, ce n'était pas la nuit du Fouquet's qui n'en finissait pas, ce n'était pas les zélateurs tatchériens de Tina (There is no alternative), non, mille fois non.
Il aimait la France parce que la France, et elle le prouvait encore en cet automne 2010 comme elle l'avait prouvé tout au long de son histoire, c'était la classe totale dans la fronde et l’art rieur d’avoir raison contre la terre entière.
Est-il besoin de rappeler qu'une semaine sociale décisive va s'ouvrir? Est-il besoin de dire notre soutien inconditionnel au mouvement? Est-il besoin de que nous approuverons et soutiendrons tous les moyens, même légaux, que les masses décideront d'utiliser dans leur héroïque résistance au talon de fer néo-libéral.
Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire que le peuple français serait seul contre le monde entier dans sa lutte pour l'émancipation du monde.
IL FAUT SAVOIR CONTINUER UNE GREVE! (pardon, Maurice...)
Nous étions lundi soir chez l'ami Pierre Louis Basse (Europe 1), comme souvent ces temps-ci et le lendemain chez Taddei, à Ce soir ou jamais (troisième chaîne de l'Ortf) pour la revue de presse hebdomadaire de l'émission. On était cerné par des libéraux pur jus mais en même temps, ici, dans la zone chaviste libérée, ouvrir le feu en position défavorable est une spécialité maison comme le savent bien nos aimables abonnés.
...qui nous permet comme si nous étions le dernier homme sur terre, dans le calme de la nuit après le bruit des manifestations, de voir enfin Sans soleil de Chris Marker.
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La voix de Florence Delay, les correspondances entre Cap-Vert, Japon, Guinée Bissau, une méditation douce-amère sur une probable fin du monde et, en tout état de cause, "un voyage aux deux pôles extrêmes de la survie."
(1)thierry csp, pseudotrotskyste et vrai facho dopé à la gonflette, au Qi de ketball, doutait que ce fût possible. On emmerde donc profondément ce mou du bulbe dont l'engagement politique se limite à lire tous les sites de la réacosphére pour dire le contraire de la même manière, sans comprendre, cette pomme, que le style, c'est l'homme et qu'il n'y a pas de forme innocente. Pauvre con
A propos des salons du polar, où les auteurs se rendent de manière de plus en plus machinale, sans se faire payer alors qu'ils y font leur métier, une excellente réflexion de Francis Mizio sur son blogue. Plus généralement le camarade Mizio m'a remis à l'esprit cette remarque de bon sens (donc marxiste) que je me fais depuis des années: comment se fait-il que dans la "chaîne" du livre, tout le monde vive du livre: l'éditeur, le distributeur, le libraire, l'imprimeur, le critique, tout le monde, sauf celui qui les écrit.