mardi 29 juin 2010

G8, G20, ORDURES ET DECOMBRES...

"L'OUVRIER NE GAGNE PAS NECESSAIREMENT LORSQUE LE CAPITALISTE GAGNE, MAIS IL PERD NECESSAIREMENT AVEC LUI."
Karl Marx, Manuscrits de 1844.


Mais que cela ne nous empêche pas de résister en dansant sur cette charmante variante doo wop du "ni chagou nazad !" (Plus un pas en arrière!) de l'Armée Rouge en juillet 42. On remercie donc Maurice Williams et ses Zodiacs. En attendant la contre-attaque.

Bande à part


Le même titre pour un roman de Jacques Perret et un film de Jean-Luc Godard. Apparemment, rien à voir. Le romancier monarchiste et son roman de 1951;  le cinéaste de la Nouvelle Vague  et  son film de 1964. Et puis on y regarde d'un peu plus près, et l'on s'aperçoit au bout du compte qu'il est question, chez les deux hommes, de la même chose. Dans la chronique rigolarde et élégante d'un maquis comme dans celle de deux petits truands accompagnés d'une ravissante idiote, on retrouve un même désir de dissidence intérieure face à un ordre insupportable. Et quelques conseils.
Savoir faire un pas de côté. 
Inventer une science de l'écart (l'écart, c'est aussi ce qui définit le style). 
Bondir hors du rang des assassins. 
Donner sa chance au goût, à l'affinité élective pour mener un baroud d'honneur contre la société spectaculaire marchande ou l'occupation étrangère, ce qui revient au même.
Godard et Perret parlent tous les deux d'amitié et de méthode, de l'amitié comme d'une méthode. 
On peut les écouter. 
Les amateurs de carnages ethniques rôdant déjà dans la cité, il va sans doute être temps, bientôt, de partir et de tenir, d'une manière ou d'une autre. 
En faisant bande à part, par exemple.

lundi 28 juin 2010

Le sel de la terre et le lait de la tendresse humaine

En marge de la dictature mondiale du G20 à Toronto, ils sauvent l'honneur des hommes libres.

Hier, la fin du monde.

On a un peu trop oublié qui était Régis Messac et on a tort. Il est, au plein sens du terme, un homme du vingtième siècle puisqu'il a vécu au coeur de sa monstrueuse brutalité, et en est mort. A 21 ans, en décembre 14, il prend une balle en pleine tête et il est trépané. Déporté Nacht und Nebel en septembre 43, il est porté disparu pendant les "marches de la mort" dans les premiers mois de 1945. 
Dès les années 20, cet agrégé de lettres va être le premier en France à s'intéresser sous l'angle universitaire à ce qu'on appelle aujourd'hui les littératures de genre et soutient une thèse sur Le Detective Novel et l'influence de la pensée scientifique en 29. C'est aussi un militant  syndicaliste sans concessions qui se battra toute sa vie pour une école davantage émancipatrice, ce qui lui vaudra quelques ennuis dans sa carrière professorale. Pacifiste d'extrême gauche acharné, il saura cependant prendre ses responsabilités pendant la Résistance en aidant une filière qui exfiltre les futurs victimes du STO. 
Comme tous les progressistes conséquents, Messac était d'un pessimisme noir et avait trouvé  dans la science fiction, l'anticipation sociale et le récit post apocalyptique une catharsis et, sans trop d'illusion, un moyen d'essayer de prévenir des dangers qui arrivaient.
Ecrit en 35, Quinzinzinzili est une fin du monde qui étonne par sa qualité de noirceur, et sa désespérance métaphysique que l'on retrouvera, à peine plus forte, dans La Route de Cormac Mac Carthy. On ne vous en dit pas plus. 
On vous donne juste ces extraits qui montrent assez quel grand écrivain de la cruauté fut Régis Messac et le sens plastique d'un style qui n'a pas vieilli, ou si peu.

"Et partout, dans les vallées ou sur les sommets, dans les villages et dans les  métropoles, dans les champs ombreux ou sur les plages étincelantes, le visage crispé, les mains à la gorge pour tenter d'élargir le passage de l'air -d'un air qui n'existait plus-, l'humanité mourut en ricanant."

"...un droit de regard sur la momie subcorticale de la ville engloutie..."

"Je réentends des discours d'hommes politiques, -ah combien futiles...Sécurité, désarmement, ha, ha, ha!...Pactes, responsabilités, traité de Versailles, race aryenne...ha, ha, ha...Puis je tiens à nouveau dans mes bras la souple Elena, avec sa robe bleue à reflets électriques; je dîne au Ritz, en smoking, je revisite des expositions futuristes...Futuristes! ha, ha, ha, il était beau le futur!

Quinzinzinzili de Régis Messac  (L'Arbre Vengeur, 13 euros)


vendredi 25 juin 2010

Pour saluer l'été

"Menacé d'aucune mort, ce qui est éternel ne vaut rien."
Frédéric Schiffter,  Traité du cafard.

jeudi 24 juin 2010

24 juin, retour du réel


Babouse Hebdo, 19

Ce dessin inédit du camarade Babouse,  spécialement dessiné pour FQG, je le dédie aux mémoires de Maurice Audin et du général Jacques Pâris de Bollardière. Et en hommage respectueux au camarade Henri Alleg.


mercredi 23 juin 2010

Santa subito!

Un anonyme s'étant sans doute trompé nous fait remarquer dans le post Saramago que c'est aujourd'hui la Sainte Audrey. Joël fait la même chose sur son excellent blog La Crevaison.
La zone chaviste libérée de FQG a donc décidé d'ouvrir sans tarder des pourparlers avec le Vatican et Benoît XVI pour entamer de manière accélérée un procès en béatification puis en canonisation d'Audrey Hepburn sous le nom de Sainte Audrey des Wayfarer.
Nous pensons que nos démarches seront couronnées de succès. Le Saint-Père est en effet un allié objectif depuis la publication de son encyclique Caritas in veritate, véritable brulôt anticapitaliste qui laisse loin derrière lui les pitoyables gesticulations du NPA en la matière.

mardi 22 juin 2010

Point presse sexy et grisant

On a parlé des Lunettes Noires dans Paris Match, Valeurs actuelles, Rue89 version papier, Service Littéraire et France Inter (Parking de nuit).
On remercie donc Marine Tertrais qui trouve notre livre "sexy et grisant", Alfred Eibel qui a bien compris notre "opposition au grand naufrage mental de l'époque", Hubert Artus pour rappeler notre côté "plutôt hussard", Christian Autier qui rhabille les orphelins et Sophie Loubière pour avoir fait de nous son coup de coeur du mois de juin.


lundi 21 juin 2010

L'année de la mort de José Saramago

Une brève sur Causeur pour celui qui fut un très grand écrivain et un courageux camarade, membre du Parti Communiste clandestin sous la dictature de Salazar et de Caetano.

Pari sera toujours pari


Chronique du Talon de fer, Liberté Hebdo du 18 juin

 Nos lecteurs ne sont pas sans savoir que depuis quelques jours La Française des Jeux a perdu son monopole sur les attrape-couillons et notamment sur les paris en ligne qui viennent d’être légalement autorisés. On ne va pas pleurer excessivement pour elle : les jeux d’argent, comme la religion, sont l’opium du peuple. Qui n’a pas vu au petit matin, dans un bistrot, un joueur de Rapido sécher son RSA en moins de temps qu’il ne faut à la CFDT pour signer un accord avec le patronat ne connaît pas le cynisme d’un Etat qui récupère d’une main ce qu’il a donné de l’autre.
Mais là, ca va être encore pire. Sarkozy, dans ce domaine comme dans tant d’autres, a la reconnaissance du ventre. Les paris en ligne, dont les licences d’exploitation ont été données à tous les copains et les coquins de la bande du Fouquet’s vont permettre aux pauvres déjà surendettés de se ruiner sans sortir de chez eux, sauf quand les huissiers viendront les expulser.
Alors, allons jusqu’au bout du cauchemar. Pour l’instant les paris en ligne, casinos virtuels des futures misères, sont limités à trois secteurs : paris hippiques mutuels, paris sportifs à cote en direct sur des épreuves réelles validées par les fédérations, «jeux de cercle» comme le poker.
 Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, d’autant plus que les paris sur la coupe du Monde, avec les performances des milliardaires malpolis qui composent l’équipe de France, ça ne risque pas de passionner les gens. Un Japon-Algérie (je dis ça au hasard, de toute façon, moi je suis pour l’Uruguay de « pépé » Mujica, le président qui roule en Coccinelle (1)), à moins d’aimer le couscous-sushi, ça ne va pas rapporter bézef. Alors pour aider les vautours de ce secteur à piéger les pigeons dans les tripots électroniques, nous allons leur suggérer de permettre aux joueurs de parier sur des choses vraiment amusantes.
Voici quelques suggestions gracieusement offertes par la maison :
-Parier sur le nombre de délocalisations dans les six mois à venir et les licenciements qui vont aller avec.
-Parier sur l’âge auquel on pourra prendre sa retraite en 2030 si rien ne change. 80 piges ? Vous rigolez, c’est bien trop jeune. Autant parier sur la Corée du Nord en finale…
-Parier sur la date des prochaines émeutes en banlieue, après l’abandon total décidé par l’Etat, et le nom de la ville où les premiers incendies auront lieu. Juillet à Clichy sous Bois ? Août à Bobigny ? Septembre à Marseille ? Un bonus pour ceux qui donnent, à la dizaine près, le nombre de voitures brûlées et de blessés graves.
-Parier sur le jour où la première personne mourra de faim dans un quartier d’Athènes ou de Porto à cause des plans de rigueur imposés par les marchés et les FMI.
-Parier sur le nombre moyen d’élèves par classe dans deux ans si Luc Chatel continue sa politique démentielle de suppression de postes. Trente ? Quarante ? Cinquante ?
-Parier sur le temps que tiendraient les éditorialistes aux ordres, style Apathie ou Duhamel, qui trouvent que la « pénibilité » au travail, on ne sait pas trop ce que ça veut  dire, s’ils se retrouvaient  manœuvres sur un chantier du BTP.
-Parier sur combien de siècles il faudra à la Louisiane pour se remettre de ce Tchernobyl du capitalisme qu’est la marée noire géante provoquée par British Petroleum qui a voulu faire des économies en posant une valve provisoire sur le puits qui a explosé ? Au passage parier sur le nombre de gens qui sont au courant que neuf ouvriers sont morts sur la plateforme au moment de l’accident.
Et pour finir, parier sur la seule chose qui en vaille vraiment la peine : le communisme, pour changer tout ça, enfin…

(1)Voir notre Talon de fer de la semaine dernière.

Jérôme Leroy

dimanche 20 juin 2010

Libéralisme avancé.







La grâce violente du film noir


The last run. Les complices de la dernière chance, en français. 
Malgré le remplacement en cours de route de Huston par Fleischer, le film reste un chef d'oeuvre. Pourquoi?
Parce que Georges C. Scott.
Parce que la musique de Jerry Goldsmith.
Parce que l'Algarve en 1971.
Parce que la mélancolie virile.

Pour nos frères et soeurs en insomnie


samedi 19 juin 2010

Yvonne Carroll, encore une fois...

Yvonne Carroll dans ce There He Goes, manière de reflet féminin du There's goes my baby par Marvin Gaye, voit passer quelqu'un ou quelque chose... Le Christ? La Raison dans l'Histoire? Le Communisme?
Ou simplement un garçon qui ne fait pas attention à elle et crée dans son ventre un vide affolant, douloureux, délicieux,  un vide qui la prend et ne la laissera plus jamais en paix.  Un garçon dessinant ce vide qui a les contours mêmes du désir, dans  son  sexe de jeune fille...
A moins que tout cela ne soit la même chose. 
Que le désir d'Yvonne Carroll qui affleure dans sa voix soit la preuve d'une incarnation du Christ, de la Raison dans l'Histoire ou du Communisme.
Il suffit, à la 53ème seconde, d'entendre comment la voix d'Yvonne Carroll, un instant, se dérobe et flirte avec le sanglot avant de reprendre toute sa force subversive, pour se rendre de compte de sa technique de la "dé-pense" bataillienne, d'une  résistance à être pensée par le temps marchand et de rester éternellement vivante pour les coeurs rebelles et électrophones qui danseront sur There He Goes, pour toujours.
Yvonne Carroll, one more time.


vendredi 18 juin 2010

MEXIQUE-SARKO: 2-0

                       Pancho Villa prépare la riposte sociale
                                               Mannequins et pantins

Feu sur le quartier général! tient à remercier la sélection mexicaine pour avoir humilié l'équipe de milliardaires incompétents, méchants et débiles qui prétendaient représenter mon pays alors qu'ils ne représentent plus, dans le domaine foutebalistique, que l'arrogance mortifère de cette hyperclasse mondialisée qui règne sans partage dans le domaine de la finance, notamment.
De plus,  savoir que le gouvernement qui organise une régression sociale sans précédent n'aura pas la diversion qu'il espérait ne peut qu'enchanter tous ceux qui s'apprêtent à jeter leurs forces dans la bataille pour sauver les derniers acquis du CNR.
Anelka au chiottes! Avec Woerth, Baroin et Fillon les collabos des marchés!
Que viva Villa!





Le même, contre le capitalisme


"Il est absurde de considérer la lutte comme perdue."

mercredi 16 juin 2010

Yvonne Carroll

Le silence après du doo wop, c'est encore du doo wop. Yvonne Carrol surgit du Temps pour nous encourager à nettoyer l'infamie de la société spectaculaire marchande avec un petit bout de savon. Et à danser sur les plages du communisme enfin réalisé, pour l'éternité. 
Pour nos frères et soeur en insomnie: Yvonne Carroll...
en remerciant vivement Shane Fenton pour cette charmante découverte.

mardi 15 juin 2010

Flandres: la route du Rhöm

Nos lecteurs savent l'amour de FQG pour la Belgique. C'est pour ça que le score du sinistre Bart De Wever en Flandres nous chagrine assez. On en parle sur Causeur.

Selon une règle connue de nos lecteurs, toute photo réellement obscène ou traumatisante est contrebalancée par une autre qui invite à la rêverie. Ici, une jeune Belge qui veut donner sa chance au plat pays.

dimanche 13 juin 2010

"Grace under pressure"

Rosa Egorovna Chanina,  jeune femme rouge toujours plus belle,  née en 1924. 
Tireuse d'élite.  Engagée en 1943.
54 ennemis abattus, dont 12 snipers pendant la seule bataille de Vilnius,  en juin 1944.
Blessée à l'épaule en décembre de la même année.
Décorée de l'Ordre de Gloire et deux fois de la Médaille du Courage.
Trouve la mort au combat en Prusse Orientale le 23 janvier 1945.
 


samedi 12 juin 2010

Le Monde bande mou

Quand la Pravda française de la "génération lyrique" des bébiboumeurs lance une collection de "romans libertins" pour éviter la détumescence des ventes, on mesure à quel point elle est aussi inculte que petite-bourgeoise. Sur Causeur.
Une ancienne lectrice du Monde qui préfère désormais s'informer et se cultiver grâce à FQG et qui par son ardeur au travail est devenue une des principales collaboratrices du taulier.

C'est mort et ça ne sait pas...

A propos de la réédition des premiers San Antonio dans la collection Bouquins, un article de mézigue dans Valeurs Actuelles.

vendredi 11 juin 2010

Que viva Mujica! Et un, et deux, et trois euros!

Chronique hebdomadaire du Talon de Fer parue ce jour dans Liberté Hebdo, le petit canard rouge.


Connaisse-vous José Mujica ? Il a été élu président de l’Uruguay en mars et vient de présenter sa déclaration de patrimoine. Il possède en tout et pour tout une Volkswagen Coccinelle de 1987 dont la valeur estimée approche tout de même les 1600 euros.


José Mujica a 75 ans. Il en en a passé 14 en prison : dans les années 60, il fut un des chefs Tupamaros, ces guérilleros d’extrême gauche qui luttaient contre la dictature, notamment dans les villes. On pourrait penser que José Mujica va profiter du pouvoir pour s’enrichir. Ca s'cst déjà vu, et pas seulement en Amérique Latine…Apparemment non. Il va toucher par mois, en tant que chef de l’état, l’équivalent de 9500 euros  mais il a décidé de les remettre à la coalition qui l’a portée au pouvoir où se trouve son parti, plutôt bien à gauche, le MPP (Mouvement pour une participation populaire) et à un programme immobilier public pour les pauvres.


José Mujica est entrain de tuer le métier de chef d’état. On ne va pas tout de même faire la comparaison avec le salaire de Sarkozy ? Ce serait démagogique, hein ? Ce serait « populiste », comme dit la droite dès qu’on met en avant les revendications populaires ? Eh bah tiens, je vais être populiste quand même, moi, j’ai bien le droit à mes petits plaisirs, et je vais rappeler que Nicolas Sarkozy s’est auto-augmenté en un coup de 178% et gagne vingt mille euros par mois.


A moins qu’il ne cache une grande âme charitable, je n’ai pas entendu parler qu’il ait financé des programmes immobiliers pour les pauvres. Ce serait d’ailleurs plutôt le contraire si on lit la lettre qu’ont envoyée les maires de banlieue à François Fillon qui a mis en place le énième dispositif bidon, le Conseil National des Villes. Ils sont 44, ces maires, beaucoup de communistes et de socialistes (c’est normal, c’est toujours la gauche qui s’occupe des pauvres et qu’on accuse d’assistanat) mais aussi quelques UMP (quand un mec de droite honnête s’occupe des pauvres, il raisonne toujours à la fin comme un mec de gauche). Que disent-ils, ces élus menés par Claude Dilain, le maire de Clichy-sous-Bois où commença la révolte des banlieues en novembre 2005 : « Faudra-t-il de nouvelles émeutes pour que les pouvoirs publics s’intéressent à nos villes et à ceux qui y vivent ? Au-delà de l’insécurité, inacceptable, nous subissons, et chaque jour davantage, l’enclavement, le chômage, l’échec scolaire, le mal-logement, et une pénurie des services publics.»


 On pourrait leur suggérer de demander de l’aide à  José Mujica, non ? Lui, en plus, ce n’est pas le genre à abuser des logements de fonctions comme Estrosi ou Fadela Amara et d’y loger filles, frères, veaux, vaches, poulets… Il a en effet décidé de ne pas habiter dans le palais présidentiel et de rentrer chaque soir chez lui, où il retrouvera sa femme sénatrice.


Tiens, une parenthèse : Mujica est arrivé au pouvoir à la tête d’une coalition très à gauche appelée Frente Amplio (Front Large) et qui s’est opposée aux deux partis traditionnels, le parti Blanco et le parti Colorado. Frente Amplio, on pourrait aussi traduire ça en France par « Front de Gauche élargi », non , camarades ?


Bon, le jour où vous lirez ces lignes, le match France-Uruguay pour la coupe du monde sera sur le point d’avoir lieu. Comme je suis un mauvais Français, je souhaite la victoire de l’Uruguay. Et même que l’Uruguay soit champion du monde. D’abord parce que je trouve  José Mujica très sympathique et ensuite que je n’ai pas envie que Sarkozy se serve d’une très hypothétique victoire française pour faire oublier le massacre libéral de l’école, des retraites, des délocalisations, des salaires, de la sécu.


Alors pour l’Uruguay : et un, et deux, et trois euros !

Jérôme Leroy

mercredi 9 juin 2010

Frédéric Schiffter et Roland Jaccard en lunettes noires

Notre  camarade en sabotage et piraterie Arnaud Le Guern, dont on rappelle au passage qu'il faut lire son roman Du soufre au coeur nous apprend que Frédéric Schiffter, le philosophe qui aime le surf, la mélancolie et les délectations moroses a apprécié nos lunettes noires et qu'il les a recommandées à Roland Jaccard qui aime, lui, les flirts en hiver, les jeunes filles  et la psychanalyse. Du coup, Roland Jaccard nous a fait un charmant papier sur son blog.
Etre lu et apprécié par ces deux stylistes du désespoir, ces deux orfèvres schopenhaueriens qui cisèlent dans l'humour noir leurs désillusions jamais perdues, a illuminé, ce qui est paradoxal finalement, notre journée.
On pense à nouveau à Chardonne en se disant qu'on ne voudrait avoir pour lecteurs que des gens que l'on voudrait pour amis.
Et, bien qu'ils se méfient tous les deux terriblement de Marx et de Debord, nous nous retrouvons de toute manière avec eux sur Cioran, Rosset, les Lolitas, les moralistes français, les routes de nuit, les épisodes cliniques et la politesse du désespoir.
Merci, messieurs.

pc(jamais ps): Roland Jaccard et Frédéric Schiffter sont désormais bloguerollés dans la zone chaviste libérée. 


mardi 8 juin 2010

Marx en France, juin 2010

"Il s'agit de faire le tableau de la sourde pression que toutes les sphères sociales font réciproquement peser les unes sur les autres, d'un désaccord général et veule, d'une étroitesse d'esprit aussi présomptueuse que mal renseignée, le tout placé dans un cadre de gouvernement qui vit de la conservation de toutes les insuffisances et n'est que l'insuffisance dans le gouvernement.
Quel spectacle! La société se trouve divisée, jusqu'à l'infini, en races aussi variées que possible, qui s'affrontent avec de petites antipathies, une mauvaise conscience et une médiocrité brutales, et qui précisément à cause de leur situation réciproque et ambigüe, sont toutes, sans exception, bien qu'avec des formalités différentes, traitées par leurs maîtres comme des existences qu'on leur aurait concédées. Et dans ce fait d'être dominées, gouvernées, possédées, elles sont mêmes forcées de reconnaître et de confesser une concession du Ciel."

Karl Marx, Contribution à la critique de la Philosophie du droit de Hegel, 1844

vendredi 4 juin 2010

Doo Wop et conflit israelo-palestinien.


L'admirable Gene Pitney est un des rares chanteurs blancs de l'écurie de Phil Spector, dans les early sixties. Et il chante le doo wop comme un Noir, aussi bien qu'un Noir. Ecoutez. Ecoutez bien. "A chaque fois que je respire."
Tout ça pour vous dire que si un Blanc peut chanter comme un Noir, il existe des Israéliens de gauche et je salue mes camarades, bien seuls,  du Hadash. 
Et que le Hamas est une bande d'enflures ultra religieuses qui ont pris en otage une lutte légitime pour l'indépendance  et un état dans les frontières de 67.
Et là je pense à mes camarades du PPP, persécutés par les barbus.
Bref que tout ça est un peu compliqué pour être laissé entre les mains des apprentis sorciers en manque de figure ultime du damné de la terre.
Et que si l'indignation contre Israël, en l'occurrence, est acceptable et même souhaitable  la haine ne l'est pas. 
Et que je préfère boire du kiravi jusqu'à ma mort plutôt que de défiler à côté d'une fille voilée ou d'un salaud qui met une croix gammée dans l'Etoile de David: je suis communiste, moi.
Et maintenant, avant de tirer, laissez-moi finir ce slow. 
"A chaque fois que je respire".




L'école assassinée par ses comptables, même.

On parle sur Causeur du coup de grâce mesquin porté à l'école par Luc Châtel dans l'indifférence générale.

jeudi 3 juin 2010

L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour...

...remarquait fort justement Jacques Chardonne, romancier du couple, en donnant cette dernière phrase comme titre d'un  recueil d'aphorismes tirés de ses romans. Chardonne, c'est un collabo tendance Cognac XO mais il a porté la langue française à un degré d'incandescence glacée telle qu'il faut le lire pour savoir à quel point pouvait être belle notre langue avant que les journalistes, les trentenaires, les tradeurs, les étrons alopéciques pseudotrotsques  ou leurs reflets dysorthographiques  fascistes, s'en emparent sans même lui demander si elle veut danser.
Mais ce n'est pas de Chardonne que je désirais vous entretenir. 
C'est seulement que cette phrase (une épanadiplose, Florence?) aurait pu servir de sous-titre à la biographie passionnante, et assez aimable pour l'instant, que consacre Annette Wieviorka à Maurice et Jeannette Thorez, qui furent, vous ne l'ignorez pas, un couple de dirigeants mythiques de Parti Communiste Français, entre les années trente et les années soixante.
On dit "aimable pour l'instant", parce qu'on a juste eu le temps de lire les cent premières pages, allongé au soleil, près de la Citadelle. L'histoire est belle, passionnante, émouvante. Mais les jeunes filles qui passent et rient dans l'après-midi, ou s'assoient en cercle à l'ombre de Vauban, elles aussi sont belles, passionnantes et émouvantes.
Comme l'histoire du communisme français, finalement.

Maurice et Jeannette, biographie du couple Thorez d'Annette Wieviorka (Fayard, 27 umoc (unité de monnaie d'occupation capitaliste.))

mercredi 2 juin 2010

Point Presse, again

On a eu un bel article de Mauriac dans Madame Figaro. Olivia Mauriac. On la remercie chaleureusement.

Et on salue notre vieux camarade Philippe Lacoche du Courrier Picard pour avoir traité ensemble, avec sa bienveillance amicale, L'Atlantide et les Lunettes Noires

-Jérôme?
-Oui, camarade secrétaire général?
-Elles me vont bien?
-Impeccable, Leonid.
-On est bien ici, non?
-C'est l'Atlantide, camarade secrétaire général, l'Atlantide...

mardi 1 juin 2010

Le dimanche de la vie

 "Le moment idéal réside justement dans cette licence exempte de soucis : c’est le dimanche de la vie, qui nivelle tout et éloigne tout ce qui est mauvais.” écrit Hegel dans son Esthétique.
"One fine day" complètent joliment The Chiffons.
Quand l'acidulé sexy d'un girl group archétypal rejoint l'esprit même du doo wop pour aller vers encore plus d'insouciance, de désinvolture et donc de subversion véritable, cela donne The Chiffons.
On peut danser. C'est même recommandé.


Jean Rousselot

Je parle droit, je parle net, je suis un homme,
Je soupèse l'oiseau, le sein, le mot qui bouge
Je fais ce que je peux de mon corps qui s'étonne,
Je veux ce que je veux du monde que j'épouse,
Je parle droit, je parle net, je suis un homme.


Jean Rousselot (1913-2004),  Il n'y a pas d'exil in Les moyens d'existence (Seghers)