Ma chronique hebdomadaire, le Talon de fer, datée de ce vendredi 5 février:
RTT : je t’aime, moi non plus.
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Les RTT ont dix ans cette semaine. Tout le monde veut plus ou moins leur peau : les patrons qui ne supportent pas que les gens aient du temps (on ne sait jamais, des fois qu’ils se mettent à réfléchir) et les salariés, que dix ans de propagande libérale ont persuadé qu’ils ont perdu du pouvoir d’achat dans l’affaire. Il n’empêche, d’après les sondages, personne n’a envie de revenir en arrière. C’est le paradoxe de la gauche, ça. Faire des réformes que la terre entière va lui reprocher mais dont plus personne ne peut se passer. Genre la retraite à soixante ans. N’est-ce pas, Martine ?
2
Pour la réduction du temps de travail, se souvenir de quelques chiffres. On passe à quarante heures hebdomadaire au Front populaire, à trente neuf en 1981 et à trente cinq en 1997. Rien depuis, au contraire… Vous avouerez, cinq heures de moins en soixante-quinze ans, on ne peut pas dire que le progrès social soit rapide. Moins en tout cas, beaucoup moins que les revenus du Capital.
3
Qu’est-ce qu’un gros con ? Ce n’est pas évident à définir la connerie, la vraie, la chimiquement pure, celle qui resplendit comme le soleil sur la plage en juillet. Bon, essayons quand même. Imaginons un homme politique. Imaginons un homme politique qui trouve qu’il y a trop de Noirs en équipe de France. Imaginons un homme politique qui trouve qu’il y a trop de Noirs en équipe de France et qu’un groupe donné de la population de son pays est composé de sous-hommes. Imaginons un homme politique qui trouve qu’il y a trop de Noirs en équipe de France, qu’un groupe donné de la population de son pays est composé de sous-hommes et qui fait des remarques à connotations antisémites sur un de ses camarades de parti. Imaginons un homme politique qui trouve qu’il y a trop de Noirs en équipe de France, qu’un groupe donné de la population de son pays est composé de sous-hommes, qui fait des remarques à connotations antisémites sur un de ses camarades et qui serait président de région en ayant jusqu’à une date récente appartenu au parti socialiste. Eh bien, là, on aurait une idée assez exacte de ce qu’est un gros con. Bon d’accord, ce n’est pas possible. Mais, non, je n’ai nommé personne, enfin… Sinon, vous ne trouvez pas que la saison est fraîche ?
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Tractage ce lundi 1er février avec quelques camarades à la gare Lille Flandres. Il est 7H15. La France qui se lève tôt fait plutôt bon accueil à nos propositions. Elle a du mérite. On a pour voisins des jeunes sous-payés qui tendent de la presse gratuite, vous savez les journaux de Bolloré et compagnie qui sont une arme de destruction massive pour l’intelligence en gorgeant les gens de publicités, d’infos bidons sur les stars et de délire néo-libéraux. Au moins, ce matin, nos tracts « L’Humain d’abord » feront comme un antidote. Sinon, se souvenir quand même de ce type qui aborde un camarade en lui demandant : « Mais vous n’avez pas honte d’être communiste ? En 2010 ? ». Je n’ai pas entendu la réponse, sûrement admirable, du camarade apostrophé. Mais je pense qu’il a dû lui répondre que non, justement en 2010, en France, il n’y avait pas de quoi avoir honte d’être communiste.
Au contraire. Bien au contraire.
Jérôme Leroy