lundi 29 novembre 2010

Sarkozyste pauvre et moyen pauvre




Le syndrome du larbin, c'est aussi ce que le médecin situationniste Michel Bounan(1), auteur de La Vie innommable et de Incitation à l'autodéfense, avait déjà appelé, il y a quelques temps, l'alexithymie et qu'il définit ainsi: "...de telles "idées dominantes" ne pouvaient être reçues et intériorisées qu'au prix d'une perturbation psychique- que les psychiatres appellent alexithymie-et dont les effets physiologiques et comportementaux étaient ceux qui conduisaient à l'actuel désastre. L'alexithymie était donc le terrain où les idées dominantes s'ensemençaient elles-mêmes pour produire le malheur qu'elles prétendaient nommer."
(1)Je sais que mon ami Serge Quadruppani ne l'aime pas trop et que Bounan est parfois contestable (sur le sida) mais là, ça marche à plein.

20 commentaires:

  1. Renversant. Le ton est délicieusement décalé, on dirait un de ces documentaires antédiluviens que je voyais en sciences nat en troisième, mais le fond est bien là. Et il appuie où ça fait mal.
    C'est une analyse sociologico-politique de la grande majorité des commentateurs du site dont le nom commence par un C majuscule ? Tout y est. Il ne manque rien.

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  2. tu as raison, ça fonctionne à plein. Et d'ailleurs, c'est ce que je disais: Ouellebèc est l'auteur préféré des larbins moyens pauvres.

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  3. Ne crains-tu pas, oh mon serge, de confondre l'émetteur et le message et comme nos Anciens de tenir l'un pou responsable de l'autre.

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  4. Ralala,Jérôme,! j'ai acheter les "Ouellebèc", donc, je fait parti des pauvres larbin, qu'est-ce qu'ils sont irresponsables ces salauds de pauvres. Comme le dis quadruppani
    pourtant j'ai pas l'impression d'être un larbin, comme ces bizarroïde!

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  5. Bah non, l'émetteur s'identifie bien au message, en tout cas dans ses prises de position publiques. Ce qu'il est tout au fond (peut-être un communiste refoulé, un admirateur de 68, un féministe déchaîné), j'en ai rien à cirer. Ce qui compte, pour lui comme pour nous tous, c'est la pratique, en l'occurrence, la pratique médiatico-littéraire.

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  6. une chose est sur, je ne suis pas assez caler pour parler littérature de salons et conflit de tiroirs, cela me dépasse un peut, Mais, cela ne m'empêche pas de lire aussi les livres de serge, Q

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  7. Je suis prêt, Serge, à reconnaître que l'emballement médiatique est toujours suspect mais il y a deux façons pour le Spectacle d'étouffer ce qui le conteste ou le gêne: la surexposition ou la conspiration du silence.Que cette surexposition se fasse ici en grande partie avec la complicité d'un intéressé antipathique, c'est certain. Il a décidé de très bien vivre matériellement dans un monde qui s'effondre quitte à ce que son succès repose sur un malentendu. Mais pour les grands écrivains, de toute manière, le succès est toujours un malentendu, on les aime (ou on les déteste) pour de mauvaises raisons en général.La preuve éclatante de ce malentendu est la vénération aveugle des Inrocks. Quand on sait qui sont les Inrocks et que l'on se livre à une lecture un peu conséquente de Houellebecq, c'est à hurler de rire.
    Maintenant, il faut savoir ce que cherche à dire vraiment Houellebecq auteur au-delà de Houellebecq narrateur. Ce qu'il dit, et là, je te rejoins, n'est pas agréable et joue sur la fameuse extension du domaine de la lutte à savoir un monde dont plus aucun domaine n'échappe au darwinisme social, à la marchandisation, bref au capitalisme destructeur.
    Il ne trouve ça, lui, ni bien ni mal même si la mélancolie grise de ses livres aurait tendance à faire penser qu'il n'en est pas enchanté (et sa poésie le confirme).
    Son succès, outre le dispositif médiatique neutralisant dont je parle plus haut, est dû au fait aussi, qu'il décrit des gens qui sont là, tout autour de nous, que nous n'aimons pas, qu'il n'aime pas et qui ne s'aiment pas mais qui aiment houellebecq parce qu'ils parlent d'eux: effectivement ces larbins pauvres et moyen pauvres pas seulement sarkozystes d'ailleurs mais aussi écololibéraux ou sociolibéraux, ces cadres spécialisés dans le divertissement, le contrôle ou la pseudocritique aurait dit Debord (profs,communicants,publicitaires, artistes subventionnés, auteurs de polar où l'on trouve le coupable à la fin, banquier de succursale, technoco-commercial en mal de sens...)
    Pour parler d'eux, il a en plus inventer son outil stylistique, "la plate-forme" et, de plus, il utilise tout le temps une arme que sont bien incapables d'utiliser ses propres personnages et nombre de ses lecteurs pavloviens qui se ressemblent tellement: l'humour. Un humour gris,oui, mais un humour qui rachète tout.

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  8. Ce qu'il dit [...] joue sur la fameuse extension du domaine de la lutte à savoir un monde dont plus aucun domaine n'échappe au darwinisme social, à la marchandisation, bref au capitalisme destructeur.

    Oh que oui

    Il ne trouve ça, lui, ni bien ni mal

    Et peu iomporte finalement ce qu'il en pense. Comme disait l'autre, we dont need more heroes, ni belles âmes ni parangons. un peu de dévoilement, comme en l'espèce, suffit bien à mon bonheur - et d'ailleurs aux nécessités pratiques de l'agit-prop en des temps difficiles.

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  9. Voilà! Jérôme, je comprend mieux Joël et son analyse qui me semble exacte, si j'ai bien tout compris aux « films » de houellebecq et a la marchandisation destructeur du capitalisme

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  10. Ou-la! Oui, un radicale serge Q,

    il tape fort, c'est le Bigart de la littérature post-mod'.…«ouèlbèque»


    «ouèlbèque», un grand écrivain? ouaf! ouaf! cette glaire de passions tristes montée en mayonnaise par les médias dominants trop heureux de trouver un produit d'appel pour leur cœur de cible, cadres cyniques et tellement abrutis de concurrence que quand leurs chefs les harcèlent, au lieu de se révolter, ces cons se suicident »
    mais peut on lui en vouloir d'être sous les feux de la médiocratie à ouèlbèque, Qu'aurais fait serge a sa place ? Si le succès des ses livres arrivé au firmament de la média dominante, dur, dure réponse!

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  11. Tiens donc, Le Monde, aujourd'hui :

    L'insurrection qui vient (éd. La Fabrique), publié en France en 2007, connaît en Allemagne un succès croissant. Traduit et publié en août par l'éditeur Nautilus, ce livre, - Der kommende Aufstand en allemand -, a d'ores et déjà été tiré à 18 000 exemplaires et se vend comme des petits pains, notamment par le biais d'Internet. Un phénomène que l'entourage d'Angela Merkel suit de près, comme la presse.

    Deux importants quotidiens, Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) et Süddeutsche Zeitung, ont rendu compte du livre, le mettant en relation tant avec la radicalité d'une partie du mouvement social en France qu'avec les manifestations écologiques organisées, début novembre, pour empêcher l'acheminement d'un convoi ferroviaire de déchets nucléaires de la Hague (Cotentin) à Gorleben (Basse-Saxe). L'édition dominicale FAZ estime même que le livre "pourrait devenir le plus important livre théorique de la gauche de notre temps".

    Les deux journaux y décèlent l'influence littéraire de Michel Houellebecq.

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  12. Jean, heureux de te voir dans le secteur.

    Joël, merci, c'est pas mal vu de la part des Allemands, je crois. MH décrit un monde, le nôtre, qui a besoin de l'insurrection qui vient, effectivement

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  13. L'insurrection qui vient a sans doute à voir - dans ses aspects descriptifs - avec le monde dépressif de MH ... L'hypothèse d'une influence de ce dernier sur la recherche d'une issue insurrectionnelle - de plus à base de communes - est en revanche plutôt désopilante.

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  14. En lisant les arguments de Jérôme pour défendre MH, je me demandais si les arguments accumulés, autant sur la forme que le fond, avaient une vraie originalité. J’avoue ne pas avoir une culture littéraire étendue, mais il me semble pour ma part avoir déjà lu aussi chiant… (je ne parle pas bien entendu de Jérôme).

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  15. Désolé, Jérôme, toujours pas d'accord: décrire d'un monde juste ses travers les plus déprimants sans qu'on aperçoive jamais autre chose de possible ne fût-ce que dans les relations interpersonnelles, c'est pas décrire le monde, c'est projeter ses fantasmes. Je n'ai rien contre les fantasmes mais si je ne les partage pas et s'ils ne sont pas racontés de manière ébouriffante, j'en ai rien à cirer.Dans mon monde, tous les babas ne sont pas débiles ni les femmes libérées des salopes (pour en rester au seul MH que j'ai lu à part l'Extension…)

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  16. Tu le dis fort justement, Serge, ce n'est pas ton monde, pas le mien d'ailleurs non plus: c'est pire, c'est lemonde dont MH parle dans les Particules élémentaires.Il me déplaît comme à toi. Je ne sais pas quels rapports MH entretient avec lui, ca m'est égal. Du temps de Flaubert, tous les pharmaciens ne ressemblaient pas à Homais mais le modèle était tout de même majoritaire.Et puis Flaubert aussi est un sale type (sa correspondance pendant la Commune) mais il reste le plus sûr quand il s'agit rendre compte de la connerie bourgeoise, de la bêtise idéologique de son temps, de la pauvreté de son imaginaire.
    MH ne fait rien d'autre chose que rendre compte. Après on peut estimer qu'il le fait plus ou moins bien, mais ça c'est un autre problème.

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  17. «l'insurrection»est a nos porte Jérôme!

    juste une info qui n'a rien avoir avec le sujet

    Cantona parle de révolution et menace les banques ?

    Jérôme, je vient de visionner une vidéo ou Éric cantona lance un appel aux peuple français de retirer tout les avoirs des banques aux 17 décembre pour faire s'écrouler le système, ? est de finir, «un système un peut comme a la spaggiari » c'est l'insurrection qui arrive a nos porte! Houé,,,,,Mdr, il est brave cantona comme ont-dis dans le sud, mais, quoiqu'il a pas tout a fait tort le zèbre, et de plus d'un joueur de foot, rire------------------------»

    bonne journée jérôme

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  18. Vous aimeriez, Monsieur Serge, que MH laissât apercevoir dans ses romans un autre monde que celui qu’il décrit. Eh bien, écrivez-les ces romans ! Et faites-nous fantasmer avec ce monde tel que vous le désirez — plein de belles relations interpersonnelles, sans salopes et peuplé de babas fins lecteurs de Hegel et de Lucacs.

    Concernant le style de critique sociale néo-situ de l’Insurrection qui vient et la forme dite plate de MH, il ne faut tout de même pas être un spécialiste de littérature comparée pour comprendre pourquoi on appelle Houellebecq un écrivain et pourquoi les auteurs du tract cité ci-dessus l’ont signé, assez honnêtement, au reste, sous le pseudonyme collectif de Comité Illisible.

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  19. Ecrivain, incontestablement, MH l’est.
    Maintenant à savoir ce qui fait un grand écrivain, cela semble un peu plus compliqué.
    Vendre beaucoup ne suffit pas, inutile d’en discuter.
    Etre apprécié des critiques et des pointures en littérature ne me parait pas suffisant non plus.
    Halte au pignolage, n’est pas grand médecin qui a de grands patients, n’est pas grand architecte qui a de grands clients.
    Cette qualité, logiquement subjective, dépend à mon avis du jugement, non pas des plus compétents, mais des plus influents. Cela est également valable en post mortem.
    Restent les plus grands, dont l’œuvre, maintes fois soutenue, sera reprise par les plus illustres et les moins cultivés.
    Qui sait ce qu'on reprendra de MH ?

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  20. S.Quadruppani : "..sans qu'on aperçoive jamais autre chose de possible ne fût-ce que dans les relations interpersonnelles"
    Bonsoir, d'accord avec cette remarque, et 2 contre-exemples tirés du Voyage me viennent à l'esprit : le premier avec ce portrait émouvant de l'américaine qui accueille et loge Ferdinand, le second concernant cet employé en Afrique qui envoie de l'argent à Toulouse pour que sa petite fille étudie.

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ouverture du feu en position défavorable