vendredi 17 septembre 2010

Eloge de la mauvaise musique

"Détestez la mauvaise musique, ne la méprisez pas. Comme on la joue, la chante bien plus, bien plus passionnément que la bonne, bien plus qu'elle elle s'est peu à peu remplie du rêve et des larmes des hommes. Qu'elle vous soit par là vénérable. Sa place, nulle dans l'histoire de l'art, est immense dans l'histoire sentimentale des sociétés. Le respect, je ne dis pas l'amour, de la mauvaise musique n'est pas seulement une forme de ce qu'on pourrait appeler la charité du bon goût ou son scepticisme, c'est encore la conscience de l'importance du rôle social de la musique. Combien de mélodies, de nul prix aux yeux d'un artiste, sont au nombre des confidents élus par la foule des jeunes gens romanesques et des amoureuses."

Marcel Proust, "Eloge de la mauvaise musique", Les plaisirs et les jours

Tout ça pour vous dire, parce qu'il fallait bien que ça sorte, que c'est tout de même sur ça que j'ai dansé mon premier slow avec les réactions physiques subséquentes. Et en réfléchissant bien, il y a de fortes chances que ma théorie définitive sur le communisme sexy et balnéaire ait  trouvé son origine dans le poème en prose du grand Jean-François Maurice. Je pourrais me justifier en faisant remarquer que ce sont des FTP qui ont libéré Monaco en 44 et qu'ils ont songé à en faire une république populaire. C'est authentique. Mais malgré tout, je vois bien que sur ce coup-là, je vais quand même du mal à obtenir du jury les circonstances atténuantes.