"D'anciennes habitudes, d'antiques préventions voudront de
nouveau faire obstacle à l'établissement de la République
des Egaux. L'organisation de l'égalité réelle,
la seule qui réponde à tous les besoins, sans faire
de victimes, sans coûter de sacrifices, ne plaira
peut-être
point d'abord à tout le monde.
L'égoïste, l'ambitieux frémira de rage. Ceux
qui possèdent injustement crieront à l'injustice.
Les jouissances exclusives, les plaisirs solitaires, les
aisances
personnelles causeront de vifs regrets à quelques
individus
blasés sur les peines d'autrui. Les amants du pouvoir
absolu,
les vils suppôts de l'autorité arbitraire ploieront
avec peine leurs chefs superbes sous le niveau de
l'égalité
réelle. Leur vue courte pénétrera difficilement
dans le prochain avenir du bonheur commun ; mais que
peuvent quelques
milliers de mécontents contre une masse d'hommes tous
heureux
et surpris d'avoir cherché si longtemps une félicité
qu'ils avaient sous la main ?
Dès le lendemain de cette véritable révolution,
ils se diront tout étonnés : Eh quoi ! le bonheur
commun tenait à si peu ? Nous n'avions qu'à le vouloir.
Ah ! pourquoi ne l'avons-nous pas voulu plus tôt. Oui sans
doute, un seul homme sur la terre plus riche, plus
puissant que
ses semblables, que ses égaux, l'équilibre est rompu
; le crime et le malheur sont sur la terre."
Sylvain Maréchal, Le manifeste des Egaux (1796)
C'est à ses sous-vêtements rouges que l'on reconnaît la jeune babouviste, qui oeuvre pour "l'organisation de l'égalité réelle." Fais comme elle, et profite de ce 14 juillet pour rejoindre la Conjuration des Egaux.

Les jolies babouvistes ne sont donc pas forcément des sans-culottes... Foutre !
RépondreSupprimerLa jolie babouviste en dessous rouges, bien propre à émouvoir certain «corps caverneux», est une inégalité à elle seule !
RépondreSupprimerPapy quadru recommande:
RépondreSupprimerMaurice Dommanget, "Sylvain Maréchal, l'égalitaire", Ed. Spartacus
Tous les Dommanget d'ailleurs, si vous arrivez à mettre la main dessus, sont des sommes d'historiographie révolutionnaire composées par un modeste instit syndicaliste-révolutionnaire des années 30. Ce courant des érudits du peuple, proche de la "littérature prolétarienne", qui se distinguait par le "refus de parvenir", méritera bien un jour qu'on les redécouvre.
A part ça, sache, cher Jérôme nordiste mais ouvert à toutes les expériences exotiques, que les dessous rouges,c'est ce que toute vraie italienne se doit de porter le jour de l'An.
Je pressens là-dessous, si je puis dire, une survivance délicieusement païenne,genre partouze étrusque. Et nous chercherons Dommanget. Je me demande si Régis Messac, dont je parlais il y a quelques billets, n'était pas proche, quoique universitaire, de ce courant prolétarien. (Du mal, tout de même avec Louis Guillou et Henry Poulaille, dans leur écriture romanesque.)
RépondreSupprimer"Le refus de parvenir", beau titre pour des mémoires...
Au lieu de nous appâter avec de la dentelles et des idées rouges, vous feriez mieux de vous évanouir de bonheur : l'amie des chais mieux connue sous son nom de scène Amy Winehouse a promis de nous gratifier d'un nouvelle album d'ici janvier ...
RépondreSupprimerOn verra donc si l'alcool et la métaphysique ont le même effet radiogénique sur Winehouse que sur Leroy et Lapaque ...
La biographie d'Amy nous dit qu'elle est née en 1983, on jurerais que c'est en 1984 !
lumineux !
RépondreSupprimerMessac était en effet proche de Dommanget. Ses écrits sur la littérature prolétarienne sont en préparation. On y trouvera notamment ses réflexions sur les Idées pédagogiques de Victor Considérant, 1935 ; Pages choisies de Babœuf, 1935 ; Blanqui à Belle-Ile, 1936 ; Socialisme et athéisme, de Pottier, préface de Dommanget, 1937.
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