lundi 28 juin 2010

Le sel de la terre et le lait de la tendresse humaine

En marge de la dictature mondiale du G20 à Toronto, ils sauvent l'honneur des hommes libres.

21 commentaires:

  1. Et vlan ! Je croyais en Leroy comme Leroy croit en Marx ...
    Je croyais que son amour de Bernanos et d'autres vieux sages de la littérature critique aurait eu raison de l'alter-jeunisme ... la forme moderne de mai 68 où comment de jeunes crétins jouent à la Révolution, se rêvant prolétaires et masquent les réelles problématiques prolétariennes.
    Alors, on lance du cocktail Molotov et après on vient se réfugier dans les mamelles de nos démocraties occidentales féminisées que sont les tribunaux ... Ouin, j'ai pris un coup de matraque alors que tout le monde devrait adopter mes idées dans un monde normal ... Parce la norme c'est moi et qu'il faut prendre des mesures légales pour désarmer la police et qu'on se batte enfin à armes égales. Merci jeune alternatif et n'oublie pas : be yourself !
    Alors, moi je dis bof à ces jeunes qui mettent un foulard devant le G20 et vont remplir les poches de Heineken dans les G20 de quartier ...
    Moi, j'aime pas le G20, le FMI, Strauss-Kahn, Sarkozy et Aubry, j'ai une sainte horreur des verts et j'éprouve une tendresse pour ce qui reste de cocos en Seine-Saint-Denis et j'aimerais que tous les profs aient la même conception que Leroy de leur métier alors que bien souvent, ils sont des crypto-meirieux, autant dire que je ne suis pas complètement un social-traitre. Mais je crois sincèrement que cette violence désert le combat et le délégitime auprès d'un prolétariat qui ne rève que d'écrans plats et de la prochaine version de Windows.

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  2. Décevoir est un art, cher Singe Vert.
    Pourquoi, malgré vos judicieuses objections, ai-je l'impression alors que l'enfumage mondial par le foot et particulièrement en France parvientà occulter le défilé pacifique de 2000000 de personnes, pourquoi ai-je l'impression que ces jeunes gens qui parviennent à nous rappeler qu'il y a G20 malgré un huitième Allemagne-Angleterre, pour donc ai-je cette impression que je vois là, malgré toutes les objections politiques, LES DERNIERS VIVANTS

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  3. Et ma certitude, pour le coup, que Bernanos verrait en eux la dernière incarnation de ce qu'il appelait l'esprit d'enfance.

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  4. Cher Singe vert, la violence est toujours un piège de toute façon. Quant à savoir si les jeunes qui manifestent en ce moment à Toronto desservent la cause qu'ils défendent auprès du "prolétariat", encore faudrait-il que ledit prolétariat ait connaissance de leur existence. On ne les voit pas beaucoup sur les écrans plats, juste à côté de la console. Je ne crois pas que ces gamins aient grand chose à voir avec l'aristeia, la fureur du combat homérique inspirée par les dieux, mais ils sont bien seuls. il faut du culot et un peu d'inconscience pour manifester en ces temps de foot roi. Alors si on peut entendre le bruit de leurs cocktails molotov pendant une mi-temps...

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  5. Singe Vert reprend l'antienne inusable des cocos en 68: casseurs tous fils de bourgeois qui "jouent à la révolution" et en plus, il leur prête un discours démocrate bêta. Il faut vous documenter, Singe Vert. La plupart de ces gens, comme moi, d'ailleurs, n'utilisent les défenses démocratiques que dans une perspective tactique: contraindre ce monde à respecter ses propre règles QUAND ÇA NOUS ARRANGE. Et quand ses règles ne nous conviennent pas et que nous avons les moyens d'y contrevenir, pourquoi s'en priver? Ça s'appelle la tradition de l'illégalisme prolétarien, qui repose sur la délitimation massive du Vieux Monde et de ses institutions prétendument démocratiques.
    Si pour vous prolétaire=ouvrier d'usine, alors,bien sûr, vous êtes entré dans l'ère de la mélancolie et du "c'était mieux avant", où il n'y a plus grand monde pour faire la révolution, sauf en Chine et en Corée sans doute mais plus pour longtemps, dans les décennies à venir, là comme ailleurs on remplacera les ouvriers contestataires par des machines. Le prolétaire d'aujourd'hui est un précaire. Parmi les précaires, (qu'on les baptise "étudiants","stagiaires", "intermittents" "intérimaires" ou autres) certains essaient d'exprimer leur révolte en cassant des vitrines. C'est sans doute à peine plus efficace que de défiler en criant "tous ensemble eh eh", mais ça ne mérite pas le sarcasme des bernanossiens de gauche.
    La question centrale de comment s'en prendre au Vieux monde n'a certes toujours pas été résolue de manière satisfaisante mais le prolétariat "qui ne rêve qu'écrans plats et prochaine version de Windows", ça me paraît un cliché aussi usé que ceux qui, en 67, soutenaient que le prolétariat était définitivement abruti par le PMU et le pastis.

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  6. oui, la coupe du monde ...
    après, ça fait quand même longtemps qu'elle était prévu cette coupe du monde ... c'est pas sarko qui l'a organisé juste pour que la grève passe inaperçue ...
    finalement, je me demande si c'est pas Thibaut qui a appelé à la grève justement pendant cette CDM pour que son gonflage de chiffre passe inaperçu.
    m'enfin, je vous rejoins sur le succès de la manif'

    par contre, dans la partie d'échecs qui oppose la droite à la ... j'allais dire la gauche ... vous vous rendez-compte ? Mon Dieu ! Que n'ai-je oublié qu'il n'y en avait point de gauche ! Hein quoi ? le PS ? trop occupé à faire la caisse enregistreuse des revendications des lobbys ultra-individualistes ! Et puis, le prolo n'ira pas voter pour un parti qui détient les clefs de l'OMC et du FMI (fendard non ? surtout quand on voit des MJS dans les manifs)

    Niark niark ! Bon, je reprends !

    Dans la partie d'échec qui oppose, disons Sarkozy aux syndicats, il faut savoir sacrifier des pièces maitresses aussi et pendant qu'on avance en ligne droite avec une tour (fillon ou qui que ce soit), on se permet de sacrifier un cavalier (Woerth). Alors les petits pions noirs (les syndicats) se réjouissent que le cavalier soit tombé. Mais l'esprit du cavalier n'attend qu'une chose : se réincarner.
    on finit toujours par regretter Denys de Syracuse, chirac et villepin alors qu'on critiquait, guybedossisait et guillonisait sur ces ambulances faisant mine de ne pas voir que les chars russes manœuvrent sur le pont Charles !

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  7. Je ne suis pas certaine que la violence de ces jeunes, toute relative, soit comparable de quelque manière à celle des libéraux-libertaires actuellement aux manettes.
    cinéphile aviné

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  8. oui, ou à un DRH moyen de France Telecom. Ils font beaucoup moins de morts en tout cas.

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  9. les réelles problématiques prolétariennes
    Pouvez développer ? ça m'intéresse.

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  10. Je veux bien que limiter le prolétariat (précaires est effectivement un terme plus satisfaisant) à la consommation et aux plaisirs spectaculaires relève du cliché vaguement méprisant, mais cela n'en fait pas pour autant une classe homogène. Etes vous si certain de ce qu'il veut ? J'ai une idée à peu près claire de ce qu'il ne veut pas, la manifestation du 24 juin est exemplaire à cet égard, mais cela ne nous dit pas s'il est près a vous suivre dans l'illégalisme prolétarien. Qui pourrait bien muer en illégitimisme prolétarien si vous avez envie de faire son bonheur malgré lui et sans lui demander son avis....

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  11. Rhôô ! je sens qu'on va vouloir me piéger sur les problématiques du prolétariat.

    Bon, je sais pas qui c'est le prolétariat et bien que je sois enfant de prof, je me considère comme ayant baigné dans un milieu bourgeois culturellement et financièrement (pas la haute bourgeoisie hein, la petite, mais globalement, on était pas riche mais on n'avait pas peur des fins de mois).

    Bon, pour moi les problématique du prolétariat, c'est en simplifiant : pas être dans la merde, ne pas avoir que la bouteille d'absinthe pour se consoler le vendredi soir, éventuellement tenter de retrouver un boulot lorsque la catastrophe du chômage de longue durée arrive.

    En cela, j'oppose ces problématiques (très fortement résumés) à celle des jeunes alternatifs qui ont le crâne plein des analyses les plus pessimistes sur le climat ... obamolatres et sarkophobes par principe et croient qu'une société libre est une société où les homos ont le droit de se marier à l'Église. Ces Églises qu'ils veulent s'empresser de fermer pour les hétéros.

    Bon, moi je crois qu'un pays libre, c'est un pays dirigé par une belle femme réactionnaire et réellement socialiste dans un pays sans armée.

    Le Costa Rica me parait à ce titre plus paradisiaque que le Vénézuela.

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  12. Personne ne veut te coincer. Il faudrait juste que tu cesses de confondre, en ce qui concerne le prolétariat et les jeunes coeurs purs des manifs l'appartenance de classe et la conscience de classe.
    Suffit juste de (re)voir tes classiques.
    Pour le reste, réduire Chavez à du sociétal, t'es champion, tout de même.
    Ta problématique du prolétariat, comme tu dis, elle souffre en plus d'un petit problème que Serge t'a déjà obligeamment indiqué: à part l'absinthe qui sent sa maîtrise de lettres, ce que tu décris, c'est à peu près 95% de la population française qui a, justement, un sentiment fasifié d'appartenance de classe (en général la mythique classe moyenne) et aucun de "conscience de classe".
    C'est ce qu'ont compris les gamins de Toronto, ne t'en déplaise. Fils de profs? Et alors, quand bien même, il ne s'agit que d'une appartenance de classe. La conscience de classe en revanche, ils l'ont. Et pas toi. Mais ça viendra.

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  13. Très bien. Il est vrai que posé sur le Capital de Marx, j'avais déposé cette figurine en plastic de Donald Duck en colère, le poing vengeur et j'avais mis un post-it avec cette légende : "Lénine haranguant les foules". (c'est ma façon à moi d'utiliser le droit au blasphème si cher à Val qui a un nom à avoir 2 trous dans le côté, non ? enfin je dis ça, j'incite personne)

    Alors, c'est vrai qu'on fait mieux comme lecteur de Marx et comme avant-garde du prolétariat ayant une conscience de classe.

    Je n'appartiens pas à une classe. et je dois dire que si la conséquence de cette conscience est une somme d'actes inconscients, eux-mêmes conséquence d'une conception de l'inéluctabilité de la violence, et bien me voilà drôlement ennuyé de vous dire merde (poliment). Parce que si l'intelligence ne sert qu'à produire des cocktails Molotov, ça m'ennuie, moi le chrétien qui voit toujours un frère dans son ennemi (pas de blague sur la disparition d'un des 2 comiques).

    - Et si au lieu de se fritter on faisait des boutiques équitables ?
    - Wark warf, ça change pas le monde ...
    - Les Révolution non plus : on détruit, et on recommence pareil en pire mais avec d'autres ... La Révolution n'est-elle pas le fondement d'un nouveau conservatisme ? La conscience de classe révolutionnaire ne serait-elle pas la prise de conscience qu'on va pouvoir être soi-même un jour aussi au bout du fusil et tenir en joug les anciens bourgeois qu'on s'évertuera à prolétariser (on appellera ça supprimer l'esprit bourgeois) ?

    PS : pas de maitrise de lettre, hélas, sans doute, juste une sensibilité cyclothymique à la peinture de Degas ...

    Amicalement,
    Green Monkey (ou Der grüne Affe pour ceux qui peuvent lire Marx dans le texte)

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  14. Maimuta verde (pour Eminescu dans le texte). J'ai bien du mal à définir une classe. Les opprimés et les oppresseurs, c'est un peu court... A peu près autant que votre définition de la révolution. La permutation des rôles de part et d'autre d'un fusil est légèrement réductrice, non ? Vous nous voyez encore sous l'ancien régime ? Oui ? Je m'en doutais !

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  15. Tout ce qui vient de l'Ancien Régime est-il réducteur ? A mon sens, la période qui va du 4°siècle à disons 1789 est plutôt réduite par des réducteurs et considéré comme miasmatique par les grandes consciences qui, se targuant de raisonnements complexes, font l'histoire de l'humanité en 3 dates : 1789, 1968 et 1981, dates auxquelles le peuple s'est fait mettre.

    Ma vision de la révolution est réductrice. Mais la révolution est aussi réductrice (de tête). vous aurez beau m'expliquer que le goulag est un lycée pour adulte où la contre partie de la gratuité est un ensemble de tâches dans des endroits merveilleux (qui n'aime pas les sports d'hiver), j'ai du mal à n'y voir autre chose qu'un Guantanamo sans soleil ...

    Tiens, je vais relire Tocqueville ... Marx attendra, je n'ai nul part où mettre mon Donald.

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  16. le singe rougeJun 29, 2010 06:56 AM

    Tocquevillien, tête de chien.
    Prétentieux, tête de noeud

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  17. Ouais, ouais, ouais, bien sûr, les "sossialiss", les "gôchiss", et les zôtres qui critiquent les "libéralisss", tous des engeances de coupeurs de tête.
    Le singe vert a un tout petit nez. Il a cependant du mal à voir plus loin.
    Tocqueville c'est Milton Friedman en plus poli, quoi.
    Moi je suis "monarchiss" mais Tocqueville je m'en tape. Et ça n'empêche pas de reconnaître que des changements vers plus d'équité sont indispensables.
    cinéphile aviné (TM)

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  18. Je ne dis pas que les intentions ne sont pas nobles, je dis que je suis contre le massacre de qui que ce soit : Romanov, ouvriers de Kronstadt, Louis XVII, Mohamed sur la A13 ou à Charonne.

    Pour moi, un mort est un mort et aucune mort n'est justifié d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un mouvement de foule et qu'il n'y a pas eu de jugement.

    Après, comme je lai déjà dit, j'ai sans doute une vision caricaturale de la Révolution mais vos réflexions sur les têtes de chien et les phrase inargumentée du style Tocqueville c'est Friedman en plus poli, ne m'aident pas franchement à envisager la Révolution.
    Cinéphobe sobre

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  19. Tocqueville est dans la droite ligne de la Révolution française pourtant, enfin la révolution bourgeoise, ce qui n'est pas pareil. Il échafaude les justifications que se sont trouvées les bourgeois pour gouverner. Friedman, lui, ne sent même pas l'utilité de justifier le pouvoir des possédants, de là ma phrase.
    La prolétarisation progressive de la paysannerie a entraîné autant de morts que les révolutions citées (cependant, certes, nous nous rejoignons sur l'inutilité des massacres).
    Cinéphobe, comment-est-ce possible ? Sobre ? Inenvisageable...
    Cinéphile aviné (TM)

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  20. Cinéphobe, c'est comme ça, je n'aime pas la vitesse, surtout celle des chauffards de la Révolution (in l'Aventure c'est l'Aventure, ce qui me rend cnématographophible d'un coup)

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  21. "L'Aventure c'est l'aventure", en vérité je vous le dis, il vous sera beaucoup pardonné.
    cinéphile aviné (TM)

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ouverture du feu en position défavorable