jeudi 3 juin 2010

L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour...

...remarquait fort justement Jacques Chardonne, romancier du couple, en donnant cette dernière phrase comme titre d'un  recueil d'aphorismes tirés de ses romans. Chardonne, c'est un collabo tendance Cognac XO mais il a porté la langue française à un degré d'incandescence glacée telle qu'il faut le lire pour savoir à quel point pouvait être belle notre langue avant que les journalistes, les trentenaires, les tradeurs, les étrons alopéciques pseudotrotsques  ou leurs reflets dysorthographiques  fascistes, s'en emparent sans même lui demander si elle veut danser.
Mais ce n'est pas de Chardonne que je désirais vous entretenir. 
C'est seulement que cette phrase (une épanadiplose, Florence?) aurait pu servir de sous-titre à la biographie passionnante, et assez aimable pour l'instant, que consacre Annette Wieviorka à Maurice et Jeannette Thorez, qui furent, vous ne l'ignorez pas, un couple de dirigeants mythiques de Parti Communiste Français, entre les années trente et les années soixante.
On dit "aimable pour l'instant", parce qu'on a juste eu le temps de lire les cent premières pages, allongé au soleil, près de la Citadelle. L'histoire est belle, passionnante, émouvante. Mais les jeunes filles qui passent et rient dans l'après-midi, ou s'assoient en cercle à l'ombre de Vauban, elles aussi sont belles, passionnantes et émouvantes.
Comme l'histoire du communisme français, finalement.

Maurice et Jeannette, biographie du couple Thorez d'Annette Wieviorka (Fayard, 27 umoc (unité de monnaie d'occupation capitaliste.))