mardi 29 juin 2010

Bande à part


Le même titre pour un roman de Jacques Perret et un film de Jean-Luc Godard. Apparemment, rien à voir. Le romancier monarchiste et son roman de 1951;  le cinéaste de la Nouvelle Vague  et  son film de 1964. Et puis on y regarde d'un peu plus près, et l'on s'aperçoit au bout du compte qu'il est question, chez les deux hommes, de la même chose. Dans la chronique rigolarde et élégante d'un maquis comme dans celle de deux petits truands accompagnés d'une ravissante idiote, on retrouve un même désir de dissidence intérieure face à un ordre insupportable. Et quelques conseils.
Savoir faire un pas de côté. 
Inventer une science de l'écart (l'écart, c'est aussi ce qui définit le style). 
Bondir hors du rang des assassins. 
Donner sa chance au goût, à l'affinité élective pour mener un baroud d'honneur contre la société spectaculaire marchande ou l'occupation étrangère, ce qui revient au même.
Godard et Perret parlent tous les deux d'amitié et de méthode, de l'amitié comme d'une méthode. 
On peut les écouter. 
Les amateurs de carnages ethniques rôdant déjà dans la cité, il va sans doute être temps, bientôt, de partir et de tenir, d'une manière ou d'une autre. 
En faisant bande à part, par exemple.