lundi 10 mai 2010

Une course de champion

Etrangement, dès qu'on parle de littérature, sur Causeur comme ailleurs, il n'y a plus grand monde pour commenter. Ou alors juste pour le plaisir de dénigrer. Cette haine de la littérature, très présente dans la nouvelle génération adulescente, à l'extrême droite comme à l'extrême gauche, de la petite pute ultralibérale racialiste au bourrin néo-trotsko (les écrivains sont tous  narcissiques alcooliques communistes fascistes pédés pédophiles fous bipolaires réacs)* s'exprime curieusement dans les mêmes termes. 
Ca tombe bien: le roman de Le Guern, Du soufre au coeur, va les énerver à mort si par hasard improbable, ils  le feuillettent en librairie.  Ils en crèveront d'épilepsie en se roulant sur le sol. En ce sens, Le Guern, dont c'est pourtant le dernier des soucis, aura fait oeuvre de salubrité publique en dégageant le paysage de tous ces assassins potentiels.
Pour les autres, les quelques autres, les maniaques de la dernière étreinte et du baroud d'honneur, ils seront heureux de rencontrer cette insolente gratuité, cette admirable manifestation du négatif  devant la positivité morgueuse des enfants du spectaculaire intégré: le style.
Attention, il y a désormais un nouveau tireur sur les remparts de Fort Alamo. 
Vous gagnerez peut-être à la fin, mais vous allez avoir de sacrées pertes lors de l'ultime assaut.


*ce qui est souvent vrai, c'est d'ailleurs pour ça qu'ils sont écrivains, habruttys!