mardi 2 mars 2010

Comme un camarade lu en terre étrangère

 


Je chante ce qui s'enfuit avec le foutre et le désir
Je chante l'inappréciable de cette furie
Ce qui dépasse le but et ne l'atteint pas
Ce qui défie encore la psychologie moderne
L'incontrôlable
La perte où rien ne permet de dire
Ce qui est vraiment perdu Je chante
L'amour le seul amour sans calcul l'amour
Pur
Qui ne récolte pas ce qu'il se refuse à semer

Je chante l'amour qui sait ce que sait que d'aimer


Louis Aragon,  La Grande Gaîté (1929)