jeudi 18 février 2010

Quand Magritte encule...

Magritte, à force de l'avoir vu épinglé dans des chambres de jeunes filles, on avait fini par oublier la force radicalement subversive de sa peinture. Un aller-retour à Bruxelles, un déjeuner sur le toit du musée de la musique, merveilleux point de vue sur la ville au sommet d'un bâtiment Art Nouveau: on aurait aimé y aimer dans l'élégance des temps endormis de longues bruxelloises mystérieuses  (Khnopff) ou totalement chaudasses (Félicien Rops) . 
Mais nous étions là pour Magritte et visiter le musée qui lui est entièrement consacré, récemment ouvert à deux pas. Encore plus qu'un musée Magritte, il s'agit d'un musée sur l'histoire du Surréalisme en Belgique, en fait, avec des trésors bibliophiliques entre deux tableaux qui feraient mourir d'envie notre ami George Weawer, bibliomane subversif.
Du coup, on s'est offert ses Ecrits, à Magritte, parce que tout ce qu'on a lu de lui  durant la visite nous a enchanté et, entre autres,  ce tract co-écrit avec le poète Marcel Marien. De toute façon, dans ce musée, tous nos chers suspects habituels étaient réunis dont l'admirable Scutenaire. 
Alors voilà la chose, belle, choquante, drôle, hymne à tout ce qu'on aime: la dépravation, la subversion, la provocation des cons. C'est frais comme des joues d'enfant, je trouve, et pourtant ça date de 1946. Circonstance aggravante, à l'époque, Magritte est au Parti Communiste Belge. Irrécupérable, on vous dit. La réconciliation avec ce monde-là ne viendra décidément jamais.
On cliquera sur l'image.