Il était bon dans ce petit matin de mars
de rouler dans le Dodge obsolète
sur les départementales à l'asphalte usé
il était bon d'écouter Sam Cooke
de regarder se lever l'Eure rose
dans la fin fraîche de l'hiver normand
Il était bon d'avoir les deux Sten démontées
dans les musettes de cuir entre les sièges
avec le radio-cassette et Sam Cooke qui chantait
Il était bon de s'arrêter près de la vieille grange
de sentir l'huile des armes et l'odeur de la terre
d'ouvrir le feu en contrôlant la pression sur la détente
Il était bon de retirer le chargeur
de le réapprovisionner sous le cri du corbeau
Juste dix cartouches ne pas fatiguer le ressort
Il était bon oui vraiment bon de songer
dans la cordite et le
givre des champs
à la fille du temps qui sait les
chansons
et les chante dans le
matin profond.
Et il est bon d'attendre le 11 février, nouveaux plaisirs de lecture en perspective...
RépondreSupprimerha je m'en rappelle
RépondreSupprimerJe suis assez nulle en crtitique littéraire, je ne lis pas trop de poésie mais en vous lisant, JL, j'ai l'impression que j'ai tort
RépondreSupprimerFragments d'histoires, éclats d'émotions...qui mènent aux rives de "L'Eure rose". Aube lyrique et sanglante, doigts crispés dans la moleskine.
RépondreSupprimer"Aux naufragés", sûrement.
J'adore.
Merci.