vendredi 31 décembre 2010

"JE PENSE COMME UNE FILLE ENLEVE SA ROBE."


Catherine Spaak, Claudia Cardinale, Georges Bataille et moi-même présentons à nos estimés lecteurs, tous citoyens de droit de la zone chaviste libérée, nos meilleurs voeux pour l'année 2011.
Nous  souhaitons sincèrement, en suivant la méthode préconisée par le grand bibliothécaire du négatif que fut l'auteur du Bleu du Ciel, que  nous puissions, ensemble, trouver et inventer les nouvelles formes de lutte, de résistance et de solidarité pour non seulement survivre dans le disneyland préfasciste de la France sarkozyste mais aussi passer à la contre-attaque et mettre enfin cul par dessus tête la société spectaculaire marchande.
L'exemple héroïque des jeunesses grecque, italienne, anglaise devrait nous inspirer et nous rappeler que les banques, ça se brûle; les usines, ça s'occupe et les barricades, ça se tient. Bref que le pouvoir, ça se prend par tous les moyens, même légaux.
Nous vous souhaitons également du pain, des roses, de la poésie, du vin naturel, des plages, des livres et du temps libéré dans les ruines du capitalisme mondialisé qui, comme Carthage, doit être détruit.
Vive la zone chaviste libérée!
Vive le doo wop!
Vive le communisme sexy, poétique et balnéaire!
Vive Catherine Spaak en petite culotte!

mercredi 29 décembre 2010

La bunkerisation, stade ultime du capitalisme

Le boom des résidences sécurisées en France, on en parle sur Causeur. Ou quand la Séparation finit par s'inscrire jusque dans l'espace urbain.

Ici, on aime les militaires d'extrême-gauche

De Chavez aux Capitaines d'avril en passant par le génial général Giap, le militaire d'extrême gauche a compris que la première erreur des révolutionnaires était de laisser le monopole des armes à la bourgeoisie et à ses enfants. 
Et qu'il sera toujours utile de savoir mettre une mitrailleuse en batterie et de transformer une rue en cauchemar si les hordes identitaires, petits larbins du Capitalisme commencent à ratonner sur ordre de leurs maîtres pour faire oublier la crise.
C'est pour cela que nous vous invitons à aller très vite sur le blogue de notre ami Serge Quadruppani qui rend hommage à son extraordinaire ami Roger Rey, saint-cyrien, héros de guerre décoré et néanmoins grand combattant anticolonialiste.



mardi 28 décembre 2010

Comme un souvenir de fille en hiver


Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (La Table Ronde, mars 2015)

lundi 27 décembre 2010

Feu sur le quartier general! présente ses meilleurs voeux 2011 au FMI, à l'UE, au CAC 40, au MEDEF et à la bande du Fouquet's


"Le but de la guérilla n’est plus simplement d’être une force d’appoint, mais de devenir elle-même progressivement la base d’un nouvel ordre politique futur et en affaiblissant peu à peu un ennemi beaucoup plus redoutable, d’être finalement en mesure de le renverser et d’accéder au pouvoir."
Mao Tse Toung(1), La guerre révolutionnaire


(1) Homme politique chinois du vingtième siècle, poète et stratège.

dimanche 26 décembre 2010

Comment tenir entre Noël et le jour de l'an, voire beaucoup plus longtemps...

...et accessoirement penser à un supplément à La physiologie des lunettes noires.
On rappellera que Leaving Las Vegas est un des très grands films des années 90, avec la trop discrète mais insoutenablement sexy et corrégienne Elisabeth Shue. En plus, là, la chanson, c'est l'excellente reprise par le groupe Steely Dan de Lonely Teardrops de Jackie Wilson, bien connu de nos aimables abonnés. 
Et que si ça continue comme ça en 2011, on ne va pas tarder, nous non plus, à brûler notre passeport.
Et puis, tiens, pour se rappeler que le doo wop est immortel et que les cuivres, c'est ce qu'il y a de meilleur dans la soul, pourquoi ne pas vous donner l'intégrale du morceau et vous montrer la performance de Steely Dan. Ca dure à peine le temps de boire ses trois premiers ouisquies et ça fait en gros  le même effet:

jeudi 23 décembre 2010

Les morts ne sont pas morts


Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, printemps 2014)



mercredi 22 décembre 2010

mardi 21 décembre 2010

Nous sommes tous des Grecs modernes


 "La foudre gouverne toutes choses" (Héraclite)

La récente disparition de Jacqueline de Romilly nous le rappelle: chaque homme a deux patries, la sienne et la Grèce. On vous donne donc de jolies images des filles et des fils d'Héraclite qui ont décidé de montrer au monde entier que la résistance au capitalisme se joue désormais dans la rue, et pour longtemps.
C'est beau une grève générale, c'est beaucoup plus beau que ces vomitives assises sur l'islamisation qui se sont tenues à Paris dimanche à l'initiative du Bloc Identitaire (consanguins, ethnodifférentialistes et mauvais tireurs) et  des sinistres crétins de Riposte Laïque qu'on n'a pas beaucoup vus dans le mouvement social de l'automne alors que parait-il ces têtes de morts sont de gauche. 
La connerie, c'est quand on croit qu'un islamiste est plus dangereux qu'un banquier véreux alors que c'est le banquier véreux qui a créé l'islamiste. 
Honneur à la jeunesse grecque!
Molon Labé!

NB: ces images viennent du délicieux blogue rendant compte de la résistance grecque que vous trouverez désormais référencé dans notre bloguerolle "marxisme et lingerie"


lundi 20 décembre 2010

Communisme sexy et balnéaire, toujours.

 
-Qu'est-ce que tu fais?
-Je laisse derrière nous la société spectaculaire marchande et je la salue comme il se doigt.
-C'est tout? J'ai senti comme un choc.
-Un choc? Ah, mais non, je viens juste d'écraser Laurence Parisot sans le faire exprès...




-C'est beau une banque qui brûle dans la nuit...
-Superbe! 




-Pourquoi tu fais la tête?
-J'hésite entre vous deux.
-N'importe quoi, mon garçon, tu as oublié que tu étais en Atlantide et que chez nous on est passé de la question des moyens à la question des besoins, comme dans La critique du programme de Gotha. Alors viens plutôt te baigner. Avec nous deux.




-Tu as vu, n'importe quoi, j'ai encore une montre.
-Effectivement, tu as des réflexes ridicules. Alors que tu devrais faire comme Catherine: un bon livre, des lunettes noires et un soda. Vous faites quoi, après, sinon?
-On va danser. 
-Au Engel's? Qui passe ce soir?
-Jackie Wilson.
-Jackie Wilson? Tu parles si je viens.

dimanche 19 décembre 2010

Jacqueline de Romilly (1913-2010)



"Sous le soleil des jours égaux,
Sous des nuits égales sans cesse,
Les Bons, épargnés par nos maux
Jouissent de leur vie surhumaine."
                                    
Pindare, Deuxième Olympique



samedi 18 décembre 2010

Odilon-Jean Périer, Ferry, Besancenot et de la nécessité de la poésie dans un disneyland pré-fasciste

Une petite remarque d'ordre général.
Il pourrait paraître inconséquent de parler de poésie quand Luc Ferry  (décidément bien mal nommé sauf pour le prénom, anagramme du cul dont il a la face) déclare préférer Marine Le Pen à Besancenot, rappelant ainsi le vieux slogan de la droite libérale qui préfère toujours Hitler au Front Populaire ou Pinochet à Allende. Dans la mesure où la grosse bouse -Thierry CSP,, autoproclamé meilleur blogueur de gauche, à l'haleine fétide des camés aux compléments alimentaires, grosse bouse de surcroît shootée à la gonflette,  à l'onanisme et à l'antisionisme rabique, qui en plus a des amis dans la police, n'est pas spécialement représentatif de son parti le NPA, il est quand même évident, même pour un vieux partisan de la IIIème internationale comme mézigue, que Besancenot au pouvoir, quitte à ce qu'on se prenne deux ans de camp à régime sévère, nous épargnera la balle dans la nuque et permettra sans doute de poser les bases d'une société communiste, moins balnéaire que prévu mais bon.
Il pourrait, aussi, paraître inconséquent de parler de poésie quand Hortefeux, le Chiappe des années 2010, ouvertement factieux comme son prédécesseur de 1934, est condamné deux fois en six mois pour incitation à la haine raciale puis atteinte à la présomption d'innocence. Et que pour couronner le tout, il décomplexe encore un peu plus sa police déboussolée en encourageant la fronde contre les juges et en la laissant manifester en uniforme et armée, avec sirènes et gyrophares autour du palais de justice de Bobigny.

Oui, mais sans la poésie, qui est la raison secrète du monde, nous allons tous y passer.
Alors on respire à fond.

Et on ouvre un mince volume, celui des poésies d'Odilon Jean Périer.
Né en 1901, mort en 1927, il fait partie, comme Jules Laforgue par exemple, de cette théorie de poètes qui meurent très jeunes et laissent l'impression d'avoir perdu des petits frères partis trop vite. 
La poésie de Périer est classique, transparente, fragile comme le givre ou le cristal de Murano. "Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps" écrivait-il prophétiquement dans Le citadin, poème-éloge de Bruxelles. Il n'a pas chanté très longtemps, c'est certain. Très haut, en revanche, il semble bien que si. 
Je vous laisse avec lui, le temps de huit vers. Vous allez voir, ça suffit pour se rendre compte de la façon dont cette poésie si simple procède par retombées durables, laissant filtrer un je ne sais quoi qui hante pour toujours.



L'air est tellement pur
Que les Bruxellois dorment
Il n'y a de bonheur 
Que pour quelques personnes.

Que cette automobile
Est profonde et facile
Il n'y a de bonheur
Que pour quelques menteurs...


Odilon-Jean Périer, Le promeneur (1926)

vendredi 17 décembre 2010

Noël en insurrection, Pâques en révolution

 Grâce au blogue du camarade Serge Quadruppani, de jolies photos et une vidéo pour nous rappeler que partout en Europe, la résistance continue contre la dictature UE-FMI. Cette résistance est souvent le fait d'une admirable jeunesse qui a lu L'insurrection qui vient, utilise des boucliers anti-flics qui portent le titre de livres incarnant la culture, la beauté et le sens critique face à la néo-barbarie bancaire du capitalisme spectaculaire. En phase terminale, celui-ci est prêt à tout et va bien finir par faire tirer dans la foule pour imposer aux peuples une paupérisation qui lui permettra de gagner un peu de temps. Mais, il semble bien que rien ne soit joué d'avance. Rien. Nitchevo. Niente. Nothing. Nada. C'est Noël en Europe. Ils sont nés les divins enfants.


jeudi 16 décembre 2010

Jacques Sternberg: dédicaces, souvenirs et hasards objectifs

On a eu la chance d'un peu connaître Jacques Sternberg au moment où l'on était édité par Pierre-Jean et Hélène Oswald qui s'étaient réfugiés aux Belles Lettres et avaient lancé la collection Le Cabinet Noir. Jacques Sternberg faisait partie de ces écrivains qui ressemblaient à leurs livres: il était noir, désespéré et drôle. Il avait l'humour très particulier des survivants, de ceux qui naissent à Anvers en 1923 dans une famille juive, par exemple. Jacques Sternberg était le champion toute catégorie de la short story et même de la very short story. Un paragraphe, voire une phrase. Il a été en France un des pionniers de la SF et a aussi inventé un fantastique bien particulier.  Il a animé la revue Mépris et était ami de Topor.
Il n'aimait pas tellement ses romans. Nous si. Et notamment ce Toi, ma nuit qui ne se contente pas d'avoir un beau titre mais raconte comment dans une société sexo-orwellienne où la pornographie est devenue le mode de vie obligé, un homme tombe amoureux d'une femme et tente de vivre une histoire d'amour comme dans le monde d'avant. Jacques Sternberg n'était pas un puritain, loin de là. Au contraire, avec son solex et son bonnet de marin, il fut un très grand séducteur et un très grand séduit. Mais il avait pressenti dans Toi, ma nuit, écrit en 1965, toutes les ambiguités de la révolution sexuelle qui était sur le point d'advenir et comment la société spectaculaire marchande allait retourner en aliénation ce qui se voulait émancipation.
On a lu Toi ma nuit quand on avait seize ans, en Folio. Ce roman, qui a notre âge, n'est pas pour rien dans la construction de notre imaginaire et l'on sait à qui l'on doit cette sensation durable d'être un homme seul dans une société prétotalitaire où neuf femmes sur dix sont des postchocs implantées.
Quand on a rencontré Sternberg, on lui a demandé de nous dédicacer cet exemplaire. Et puis voilà qu'une "bonne pêche" chez un bouquiniste nous fait trouver l'édition originale, celle de Losfeld, et dédicacée à un autre des maîtres de notre jeunesse, le grand André Pieyre de Mandiargues qui lui aussi, mais dans une veine plus nettement post surréaliste, savait jouer du fantastique et de l'érotisme comme personne, notamment dans Le Lis de Mer, Le Musée Noir ou Mascarets.





Une dernière chose, Jacques Sternberg est mort en 2006. Il ne voulait plus écrire ce qui est toujours mauvais signe pour un écrivain. Pourtant, nous l'avons tanné pour qu'il nous donne un conte, même très bref, dans l'anthologie que nous préparions sur le thème du dernier homme et qui est sortie en février 2004. Il nous l'a donné. Il est bouleversant et à notre connaissance, il n'a pas été repris en volume. Nous l'avons mis, assez logiquement à la fin de cette anthologie où nous avons eu le plaisir de faire écrire les écrivains que nous aimions vraiment et dont certains étaient ou sont devenus des amis: Serge Quadruppani, Jean-Baptiste Baronian, Jean Mazarin (alias Emmanuel Errer), Chantal Pelletier, Philippe Lacoche, mon petit frère Sébastien Lapaque et puis ceux qui sont partis ailleurs, mes compagnons d'éternité,  Fajardie et ADG. 
Et comme la maison ne recule devant aucun sacrifice pour ses aimables lecteurs, cet ultime conte de Jacques Sternberg, nous vous le donnons à lire, ici, dans la zone chaviste libérée. On voit bien que Noël approche. Notre bonté nous perdra.



Hortefire le factieux

Les flics encouragés par un ministre de l'Intérieur à se farcir des juges qui les condamnent, si on y ajoute un mort par flachebaule, ça commence vraiment à sentir le disneyland pré-fasciste.
Pour faire oublier tout ça, les larbins médiatiques mettent bien en avant des truands qui tirent à la kalach pendant un hold-up. Et on nous présente comme une nouveauté terrifiante le fait que des malandrins surarmés allument de l'argousin en pleine rue.  
C'est peut-être terrifiant, mais c'est pas nouveau. Apparemment, tout le monde a oublié le grand banditisme des seventies et n'a pas revu les films de José Giovanni, de Boisset ou de Granier-Deferre. 
Ensuite, n'est-ce pas Sarkozy qui est aux manettes depuis bientôt dix ans en matière de sécurité? La preuve est donc faite qu'il ajoute l'incompétence à l'arrogance et qu'hortefouille l'auverpin est son calamiteux prophète en abjection.
Tiens, à propos d'Yves Boisset, avec ce genre de discours ministériel, il n'est pas impossible qu'un juge de Bobigny finisse comme ça, tellement l'ambiance est au lynchage:
le juge fayard "dit le sheriff" yves boisset

vendredi 10 décembre 2010

Histoire du militant qui ne vieillissait pas.

Pour l'édition spéciale de Liberté Hebdo, le petit canard rouge du Nord, et pour nos biens aimés lecteurs, cette nouvelle publiée pour le 90ème anniversaire du glorieux Parti Communiste Français.

jeudi 9 décembre 2010

La grâce violente du film noir


Alors voilà. Il y a Al Pacino et Ellen Barkin. Il y a la mélancolie virile et la solitude érotique. Il y a la ville. Il y a le sexe et la violence. Il y a la nuit. Il y a l'amour. Il y a une chanson mythique  en guise de fil d'Ariane. Il y a la rédemption. Il y a l'énergie rageuse, souveraine et émouvante de ce qu'on appelle un film noir. Un vrai.

Pour nos frères et soeurs en insomnie.

lundi 6 décembre 2010

La vie est à nous!





















Pour les 90 ans du glorieux et bien aimé Parti Communiste Français (ex Section Française de l'Internationale Communiste), un extrait de La vie est à nous de Jean Renoir, réalisé à la demande des communistes pour la campagne électorale du Front Populaire. Il sera projeté demain à Lille dans le cadre d'une série de trois soirées organisées pour fêter ce joyeux anniversaire.


vendredi 3 décembre 2010

Coups de feu dans la nuit

Je sais, c'est un privilège assez honteux mais il vous faudra attendre le 6 janvier pour vous procurer Coups de feu dans la nuit (Omnibus), édition exhaustive des nouvelles du grand Dashiell Hammett tandis que moi, je les savourerai entre les marrons glacés et les coupes de Drappier zéro dosage. Elles sont présentées et parfois traduites ou retraduites par l'excellente Natalie Beunat qui est aussi mon éditrice à  Syros (pas l'île des Cyclades, hélas). Natalie a déjà retraduit Moisson Rouge en Série Noire et tous les romans dans la collection Quarto.
Dashiell Hammet, ce qui n'est pas si fréquent, est non seulement un écrivain admirable littérairement mais aussi humainement. Sa poésie noire, brutale et behavioriste fonde un genre nouveau pour dire l'horreur inédite de la sauvagerie capitaliste. Mais c'était aussi un militant communiste courageux et un ivrogne d'élite qui avait gardé de son Sud natal une élégance de dandy et une courtoisie extrême. En plus, au moment du maccarthysme,  il n'a pas ouvert la bouche quitte à aller en taule. Autant dire que boire un ou plusieurs verres avec lui aurait été un honneur et que nous aurions eu une conversation intéressante, je pense. Enfin, cela arrivera peut-être, au bar de l'Eternité, s'il existe un paradis pour les Rouges dipsomanes qui aiment les costumes en lin, les histoires violentes et les femmes fatales.

"Je suis l'une des rares personnes moyennement cultivées qui prennent le roman policier au sérieux. Un jour, un type en fera de la littérature et je suis assez égocentrique pour espérer avoir mes chances, même s'il me reste à faire mes preuves."
Dashiell Hammett

 Le 6 janvier, donc.


Sinon, samedi 4 et dimanche 5 décembre, on est au salon du polar de Montigny les Cormeilles.

jeudi 2 décembre 2010

Et Taser, il bat le Beur?

Sur CAUSEUR, une interrogation légèrement inquiète sur l'utilisation des armes "non létales" par la police, après la mort d'un clandestin malien. On rappelle aussi, au passage, les charmes du flachebaule dans les opérations de maintien de l'ordre.
Nous sommes parfaitement conscients, ce faisant, de nous ranger du côté des bisounours islamogauchistes, probablement invertis, assistés et tout, et tout. 
Est-ce ma faute, néanmoins, si la France sarkozyste  ressemble de plus en plus à un film d'Yves Boisset? Elle a décidément l'affairisme et la répression vintage.
Quelques technologies mortifères et hypocrites en plus.

mercredi 1 décembre 2010

Il n'y a pas que de mauvaises nouvelles (Sauter les descriptions, 30)

Il n'y avait pas que de mauvaises nouvelles. 
En ce mois de décembre des années 10, les pôles fondaient sous l'effet du réchauffement climatique et transformaient l'Europe Occidentale en Sibérie paupérisée par le capitalisme spectaculaire marchand: d'ailleurs, il était finalement très cohérent qu'à la financiarisation généralisée du réel  correspondît un nouvel age glaciaire.
Mais bon. Le Guépard. Le Guépard en salle, dans une version remastérisée. 
Il eut l'envie presque physique de se retrouver dans la beauté explosante fixe de Donnafugata. Et sur grand écran, parce que Le Guépard, c'était quand même le film qu'il avait vu trente ou quarante fois, mais souvent dans des lits d'étudiantes, le dimanche soir, sur la troisième chaine de télés vacillantes.
Là, seul enfin, dans une grande salle, retrouver ce qui faisait le monde d'avant, ce qui faisait l'élégance des temps endormis, ce qui faisait que le film le plus politique de tous les temps fût aussi le plus sensuel. L'Histoire, c'était un peu de transpiration sur les tempes de Claudia Cardinale le soir du fameux bal, autant que la fusillade des derniers garibaldiens, en bas, dans la ville, au petit matin.
Et puis, comme le Prince Salina auquel il s'identifiait de plus en plus en vieillissant, il aimait l'idée d'assister à la fin de tout ce en quoi il avait cru mais  de le faire dans un costume de soirée impeccable, un cigare à la main.  D'être partagé entre une ironie discrète, désespérée, polie et l'éternelle fascination pour la beauté de la jeune fille, comme un démenti à tous les pessimismes. La jeune fille qui va rendre, malgré elle, encore plus douloureux ce désir de partir,  de s'effacer,  de se confondre enfin avec le bleu du Temps dans le ciel de Sicile, et pour toujours.


lundi 29 novembre 2010

Sarkozyste pauvre et moyen pauvre




Le syndrome du larbin, c'est aussi ce que le médecin situationniste Michel Bounan(1), auteur de La Vie innommable et de Incitation à l'autodéfense, avait déjà appelé, il y a quelques temps, l'alexithymie et qu'il définit ainsi: "...de telles "idées dominantes" ne pouvaient être reçues et intériorisées qu'au prix d'une perturbation psychique- que les psychiatres appellent alexithymie-et dont les effets physiologiques et comportementaux étaient ceux qui conduisaient à l'actuel désastre. L'alexithymie était donc le terrain où les idées dominantes s'ensemençaient elles-mêmes pour produire le malheur qu'elles prétendaient nommer."
(1)Je sais que mon ami Serge Quadruppani ne l'aime pas trop et que Bounan est parfois contestable (sur le sida) mais là, ça marche à plein.

dimanche 28 novembre 2010

Bientôt dans les bacs

"Si vous n'aimez pas le foute, si vous n'aimez pas le polar, si vous n'aimez pas les nouvelles, alors allez vous faire foutre.
(Michel Poiccard, dans une scène coupée d'A bout de souffle)
Un recueil sous la direction de Fred Prilleux où chaque nouvelle illustre à sa manière une des dix-sept lois fondamentales de cet admirable jeu. J'ai choisi la loi n°2, celle qui concerne le ballon.

samedi 27 novembre 2010

Hugo Chavez contre les robots

Chez l'intellectuel néo-libéral, l'antichavisme rabique, médiatique et fantasmatique est l'équivalent de l'anticommunisme vintage des abrutis de la nouvelle philosophie qui achèvent leurs vieux jours dans le gâtisme conceptuel de l'antitotalitarisme à l'usage des classes moyennes supérieures.
On répond à l'un d'entre eux sur Causeur et on rappelle que le libéralisme, qui paupérise actuellement les peuples européens à très grande vitesse, s'est toujours très bien accommodé des dictatures militaires les plus féroces.
Et que le jour ou moi, glorieux marxiste, communiste maintenu, j'aurai des leçons de démocratie à prendre, ce ne sera pas chez le balbutiant Philippe Nemo et autre évangéliste du marché décavé.
Vive Chavez!
Vive la zone chaviste libérée de ce blogue!
Vivent les manifestants de Dublin, de Lisbonne, de Salonique!

Et devinez qui chante pour Chavez? Mais oui, bien sûr, les champions du doo wop sous De Gaulle, nos vieux amis les Surfs (1) qui ont bien compris qui était ce garçon.
(1) probablement un des groupes préférés de Frédéric Schiffter

Consolatio

Puisque tes jours ne t'ont laissé
Qu'un peu de cendre dans la bouche,
Avant qu'on ne tende la couche
Où ton coeur dorme, enfin glacé,
Retourne, comme au temps passé,
Cueillir, près de la dune instable,
Le lys qu'y courbe un souffle amer,
- Et grave ces mots sur le sable :
Le rêve de l'homme est semblable
Aux illusions de la mer.


Paul-Jean Toulet

jeudi 25 novembre 2010

Daimler dans la nuit (Sauter les descriptions, 29)

Le mardi, il déjeuna (brandade de haddock, harengs grillés sauce moutarde et une bouteille d'Insolite, le saumur de Thierry Germain) avec Denis Grozdanovich, qui était en résidence à la Villa Yourcenar et qui avait envie de prendre l'air en ville. Le soir, il alla à une conférence de Badiou sur l'hypothèse communiste. Qu'il s'agît  de Denis Grozdanovich ou d'Alain Badiou, cela lui remonta plutôt le moral. On avait beau dire, parler littérature avec un écrivain qui aimait ça( ce n'est pas si fréquent les écrivains qui aiment la littérature, en fait) et écouter un philosophe qui vous explique que le communisme, si on excepte le saumur de Thierry Germain, c'est ce que l'humanité a produit de plus aimable, ça permettait d'oublier novembre, la pluie, la procrastination, la bile noire, la fatigue d'être soi.
Mais le lendemain, justement, tout ça revint. La journée se passa sans qu'il eût envie de lire, d'écrire, de regarder un film, ni même de boire. C'est dire si la situation était grave. Et puis, dans la nuit, un peu machinalement, alors qu'il tournait en rond dans sa bibliothèque, il éprouva le besoin irrépressible de relire Frédéric Berthet. Il avait un peu connu Frédéric Berthet, au début des années 90. Daimler s'en va, Paris-Berry, c'était tout de même quelque chose. Des phrases comme "Daimler, qui redoutait depuis des siècles le coup de la petite fille blonde courant dans les blés, se dit que ça y est, c'est arrivé.", lui, il trouvait ça difficilement dépassable, tout de même. 
Et il comprit soudain pourquoi Frédéric Berthet, et pas un autre en cet instant précis. 
Frédéric Berhet était mort à 48 ans, lui en avait déjà 46. 
Ce fut alors que Daimler apparut, assis sur le fauteuil voltaire de la bibliothèque et lui sourit tristement dans la pénombre: "Je ne te le fais pas dire, old sport. Deux ans, ça passe vite. Très vite."
 

mercredi 24 novembre 2010

Having a Party depuis le Congrès de Tours

Sam Cooke, une des plus jolies voix de la soul dit assez justement le bonheur d'avoir un Parti. D'avoir le Parti.

Car il parle bien entendu de la Section Française de l'Internationale Communiste, née en décembre 1920 au congrès de Tours, plus connue sous le glorieux nom de Parti Communiste Français. On en reparlera parce que 90 ans, ça se fête. En attendant, dansons sur Sam Cooke et sur les excellents paroliers Karl Marx et Friedrich Engels: 
"Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien."(Manifeste du Parti Communiste)

Grâce au PCF et à Jérôme Leroy, j'ai une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. Eh oui.

lundi 22 novembre 2010

Karachi

 "Des réseaux de promotion-contrôle, on glisse insensiblement aux réseaux de surveillance-désinformation. Autrefois, on ne conspirait jamais que contre un ordre établi. Aujourd'hui, conspirer en sa faveur est un nouveau métier en grand développement. Sous la domination spectaculaire, on conspire pour la maintenir, et pour assurer ce qu'elle seule pourra appeler sa bonne marche. Cette conspiration fait partie de son fonctionnement même."

Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle (1988)

Conformément à la politique sanitaire en vigueur dans notre zone chaviste libérée, toutes  les photos pouvant traumatiser les enfants et les personnes sensibles sont aussitôt suivies d'une photo de femme nue car les femmes nues, comme le disait Scutenaire, n'ont jamais fait de mal à personne.
 -Non, ne t'inquiète pas,  Jérôme, ça ne va plus tarder, maintenant, l'insurrection qui vient. Mais si, aie confiance...

Histoire du communiste amoureux de Sarah Palin

Non, mais là, tout de même, les lunettes noires, les eaux calmes, le sourire. Un genre d'heure bleue, version Alaska. Passer la main dans ses cheveux, l'embrasser dans le tendre du cou, un peu en dessous de l'oreille. 
Il alourdissait considérablement un dossier  déjà très limite, il en était parfaitement conscient. En même temps, c'était Sarah. Il allait vérifier les horaires des prochains avions pour Fairbanks ou Anchorage. Parce que les bières, dans le buffet de la gare de Remiremont, un dimanche soir, au retour d'un festival de polar à La Bresse(1), ça allait cinq minutes. 
En Alaska, il y avait Sarah. Sarah Palin. Le tendre du cou. Le grand corps déployé et rieur de la reine des glaces. Les eaux calmes.
Les cuisses qui se referment dans un grand silence polaire et brûlant. 
Ne plus revenir, jamais.
Oublier Remiremont.

(1) extrêmenent sympathique et réussi au demeurant

mardi 16 novembre 2010

Halte aux massacres des chrétiens d'Irak.

Celui-ci, en plus d'être chrétien, était ministre des affaires étrangères puis premier ministre d'un régime arabe laïque, détruit par la clique néo-con et/ou affairiste des criminels contre l'humanité Bush, Rumsfeld et Cheney. Il attend d'être exécuté par des fantoches islamistes mis en place par les sus-nommés. Il aime, dit-on, les films de Godard. C'est pour cela qu'une spéciale dédicace de Made in Usa nous semble indispensable pour cet esthète aimable victime des bêtes à cornes.

dimanche 14 novembre 2010

Un dernier pour la route

-Où êtes vous né?
-Hors d'atteinte.
-Joli coin.

Ring Lardner

jeudi 11 novembre 2010

11 novembre et Poppy Day

Comme chaque année, tout à l'heure, nous irons nous recueillir dans un cimetière militaire ou un mémorial. Par chez nous, il y en a presque autant que d'usines délocalisées, c'est dire. On n'a que l'embarras du choix: une vie ne suffirait pas à nommer tous les morts, les pauvres morts, enterrés dans ce petit bout d'Europe où le vingtième siècle a fait son entrée en alliant avec un sens très sûr de l'horreur le nationalisme et la technologie, ce qui inaugurera par la suite la série de carnages industrialisés que l'on connaît. Mais il faut nommer les morts, il faut dire leur nom, au moins une fois, les prononcer à voix basse. On ne sait jamais, c'est peut-être ça l'éternité: un inconnu qui murmure votre nom, près de cent ans après et qui, un petit quart de seconde, pense à vous et vous aime.
 Il est fort possible qu'il fasse gris et pluvieux. La météo a le sens de la mise en scène. L'année dernière, c'était l'étrange momunent du contingent portugais à La Couture, aussi baroque que la Chapelle des Os à Evora. Là on va voir: peut-être à Ypres, ou à Neuville Saint-Vaast ou dans une nécropole de hasard. Les morts sont patients, ils ont parfois un peu froids mais ils sont patients.

En revanche, les vivants, apparemment beaucoup moins et ils ont bien raison. 
Le Royaume-Uni, si souvent cité en modèle par les chiens de garde de l'expertocratie falsificatrice, chargée de faire accepter aux peuples européens la paupérisation définitive pour éponger provisoirement la baisse tendancielle du taux de profit de leurs maitres, va-t-il l'être cette fois-ci encore, cité en en modèle, après le charmant évènement qui s'est passé hier au coeur de Londres. Une manifestation étudiante contre une hausse délirante des frais d'inscription à l'université a aimablement tourné à l'émeute et a fini dans une admirable attaque du siège du parti conservateur.  Il semble que la jeunesse du Royaume Uni ait donc elle aussi décidé après la jeunesse grecque et la jeunesse française que ça ne se passerait pas comme ça, que rien, absolument rien ne justifiait la mise en place de la dictature de la rigueur par les clones tristes Cameron, Sarkozy et Berlusconi fabriqués dans les éprouvettes du CAC 40, du FMI et de l'UE. Il n'y a pas d'autres solutions? 
Apparemment si: des gros pains dans ta face de rat mort.

Si Badiou avait fort justement parlé dans De quoi Sarkozy est-il le nom? d'un transcendantal pétainiste  courant l'histoire de France et si visiblement à l'oeuvre aujourd'hui aussi bien dans la politique de soumission au fascisme du marché que dans l'ethnolibéralisme des têtes de noeud Besson et Hortefeux aidés par les clounes sinistres des sites racistes et identitaires dont certains osent se prétendre laïques, nous, nous trouvons aussi que la France a son transcendantal gaulliste. On en parle sur Causeur, de cet esprit de résistance qui va de Vercingétorix au mouvement social de 2010. 
Avec ce papier, on va encore passer pour un vieux con, un réac de gauche, et à vrai dire, on s'en fout un  peu. 



Les vivants et les morts...
Les vivants, ce sont aussi les taulards. Notre absence des écrans radar  a eu pour cause une rencontre avec ceux du Centre Pénitentiaire de Béziers, un des plus récents et des plus gros de France,  avec huit cent places. On est venu leur parler du roman noir en général et du Poulpe en particulier. Ils étaient une quinzaine et venaient de terminer un atelier d'écriture et de BD sur le sujet. 
Une impression et une certitude sur cette expérience. L'impression: quand la porte se referme derrière vous et que vous entrez dans la cour, cela fait un petit coup au coeur. Il est dû à la fois à une légère appréhension que la goupille de sécurité que vous avez à la ceinture vient fonder mais aussi à une manière de mélancolie prenante qui fait vous demander: "Est-ce ainsi que les hommes vivent?" La certitude: aussi humainement que soit pensée une prison, cela reste une prison. C'est-à-dire une solution provisoire aux contradictions intenables d'une société, qui ne règle rien sur le fond.
Et je veux saluer les vrais lecteurs, attentifs, curieux, drôles aussi, que j'ai vus là-bas, en particulier H. qui en a encore pour un bout de temps mais dont la conscience de classe, la clarté d'expression et l'humour me laissent penser qu'il tiendra le coup. Et plutôt bien.
Et pour ce 11 novembre, avec une pensée pour ce superbe érudit en la matière qu'est Shane Fenton, notre commentateur ès doo-wop, ce sommet de mélancolie virile dû au grand Johnny Ace qui chante à travers le Temps pour les Poilus de 14-18, les étudiants anglais de 2010 et les prisonniers de Béziers et d'ailleurs.