lundi 30 novembre 2009

C'est décidé, je boycotte Patek Phillipe (mais pas Plonk et Replonk)



Après avoir blanchi l'argent des nazis, de la mafia, des émirs du pétrole, après avoir accordé le vote aux femmes dans certains cantons il y a moins de dix ans, après avoir servi de refuge fiscal à tous ceux qui ont fait leur fortune ailleurs, après s'être allongée comme une crêpe devant la justice américaine en arrêtant Polanski histoire de faire oublier ses petits arrangements avec le trafic de drogue international, la Suisse vient d'apporter un point décisif aux partisans d'une guerre des civilisations et provoqué un orgasme généralisé chez tous les grands malades de l'identitarisme raciste. Elle a en effet mis ce dimanche tous les Amine aux arrêts. Et merci pour le chocolat, comme dirait Chabrol. Du Toblerone. Blanc, le Toblerone, évidemment.

dimanche 29 novembre 2009

Ils étaient là, les drapeaux français...


Le soir du 18 novembre, où se jouèrent rappelons-le les matchs Egypte-Algérie et France-Irlande, mon ami Ubifaciunt, contributeur à Article XI, auteur d'un blogue rouge et noir en lien sur le côté, latiniste et anarchiste, était dans la rue, sur les Champs. Comme il ne sort jamais sans son appareil photo, il  en a pris quelques unes intéressantes, dont celle-ci. Pendant que les nasylissiens acronymiques, les souchistes et autres bivouaquistes racistes foiraient dans leur benne en s'autointoxiquant  comme à leur habitude sur des rumeurs d'émeutes, Ubi nous rappelle que les fidélités se conjuguent au pluriel et que la seule guerre civile qui existe est celle que fantasment ces petits ratonneurs en graine qui sont déjà, enflures en putréfaction accélérée, raclures des bidets pourris de l'extrême droite racialiste, dans les poubelles de l'Histoire, cette jolie fille qui n'aime pas ceux qui confondent appartenance et formule sanguine.

samedi 28 novembre 2009

JG Ballard: un art poétique.



"Mais je m'intéressais au vrai futur que je voyais approcher, et moins au futur inventé que préférait la science-fiction. Le futur, faut-il le répéter, est une zone dangereuse lourdement minée, et qui a tendance à se retourner pour vous mordre les chevilles quand vous faites un pas en avant. Un correspondant me faisait récemment remarquer que les verséthiseurs de Vermillon Sands fonctionnent avec du ruban perforé. Et pourquoi tous ces gens branchés vivant dans le futur n'ont-ils pas de micro-ordinateur ou de téléphone portable?
Je pourrais seulement répondre que Vermillon Sands ne se trouve pas du tout dans le futur, mais dans une sorte de présent visionnaire-qualification qui sied à mes nouvelles et à presque tout ce que j'ai écrit par ailleurs."
JGB, 2001


JG Ballard, Nouvelles Complètes 1963-1970, 2 (Tristram, 29 euros)


Il paraît que James Graham Ballard est mort le 19 avril 2009.

jeudi 26 novembre 2009

Se souvenir des belles choses

Spéciale kasdi à toutes les enflures cryptonazies identitaires derrière leurs anonymats foireux, cet amical salut de la grande Armée Rouge qui a libéré Auschwitz et fait courir la race supérieure de l'Oural à la Baltique . On remet ça quand vous voulez.
Как будто в бурях есть покой...

BABOUSE HEBDO, 2


Un des seins ynaidy de Babouse, daissynateure comunisse, kom chak seumayne dé zaurmé (y fô kliquét  sur li maje si cé pat açé grant)

mercredi 25 novembre 2009

Badiou et l'amour, 3


Sur une phrase célèbre de Lacan:

 "Jacques Lacan nous rappelle que dans la sexualité, en réalité, chacun est dans sa propre affaire, si je puis dire. Il y a la médiation du corps de l'autre, bien entendu, mais en fin de compte, la jouissance sera toujours votre jouissance. Le sexuel ne conjoint pas, il sépare. Que vous soyez nu, collé à l'autre, est une image, une représentation imaginaire. Le réel, c'est que la jouissance vous emporte loin, très loin de l'autre. Le réel est narcissique, le lien est imaginaire. Donc, "il n'y a pas de rapport sexuel" conclut Lacan.

(....) Dans le sexe, vous êtes au bout du compte en rapport avec vous même dans la médiation de l'autre. L'autre vous sert pour découvrir le réel de la jouissance. Dans l'amour, en revanche, la médiation vaut pour elle-même. C'est cela la rencontre amoureuse: vous partez à l'assaut de l'autre, afin de le faire exister en vous, tel qu'il est. Il s'agit d'une conception beaucoup plus profonde que la conception tout à fait banale selon laquel l'amour ne serait qu'une peinture imaginaire sur le réel du sexe."

Alain Badiou, Eloge de l'Amour (Flammarion, 12 euros)

La dernière dérive




Quinze ans déjà. Leaving Las Vegas. La seule vraie réussite de Mike Figgis au cinéma. Ce fut notre film culte durant les années 90. Nicolas Cage en scénariste alcoolique au dernier degré, Elisabeth Shue, la trop discrète Elisabeth Shue, en prostituée amoureuse.
Ca parle de suicide choisi et de rédemption impossible. Ca parle de l'amour fou comme d'un rendez-vous manqué dans une ville qui incarne le Spectacle à son degré le plus accompli: Las Vegas.
En plus, il y a Lonely teardrops de Jackie Wilson, en fond musical, c'est-à-dire la meilleure chanson d'un des maîtres du doo wop. Le dandysme de la déglingue, de la fêlure et le corps d'une fille qui veut vous sauver malgré vous, au bord de la piscine miteuse d'un motel en plein désert. D'une fille au beau regard triste, d'une fille  qui n'y parviendra pas mais qui restera là, jusqu'au bout.
Leaving Las Vegas: une illustration parfaite de la phrase de Fitzgerald: "Toute vie est, bien entendu, un processus de démolition."
Honneur aux vaincus.

mardi 24 novembre 2009

Je ne veux pas aller au Village!


Et surtout pas avec les Néo-Verts d'Europe Ecologie. On vous dit pourquoi sur Causeur.

lundi 23 novembre 2009

Poetry in motion



Retrouver ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, février 2015)
jl.nov 09



dimanche 22 novembre 2009

La meilleure chanson française de tous les temps

Vous aurez beau faire: la ville, le temps, l'été, l'amour perdu. Balayés par septembre.
Chaque rue, chaque pierre. L'aveuglante lumière de Paris au mois d'août. Essayez pour voir. Essayez. Pour voir. Que je rigole. Que je pleure.

Badiou et l'amour, 2

"Ce que Platon dit sur l'amour est assez précis: il y a dans l'élan amoureux un germe d'universel. L'expérience amoureuse est un élan vers quelque chose qu'il va appeler l'Idée. Ainsi, même quand je suis en train d'admirer un beau corps, que je le veuille ou non, je suis en route vers l'idée du Beau. Je pense, dans des termes tout à faits différents, naturellement, quelque chose du même ordre, c'est-à-dire que dans l'amour, il y a l'expérience du passage possible(1) de la pure singularité du hasard à un élément qui a une valeur universelle. (...)Or, dans le monde d'aujourd'hui, la conviction est largement répandue que chacun ne suit que son intérêt. Alors l'amour est une contre-épreuve. S'il n'est pas cou comme le seul échange d' avantages réciproques, ou s'il n'est pas calculé longtemps à l'avance comme investissement rentable, l'amour est vraiment cette confiance faite au hasard."

Alain Badiou, Eloge de l'Amour (Flammarion, 12 euros)
(1)C'est nous qui soulignons

vendredi 20 novembre 2009

ENFIN!

Lautréamont, dans une nouvelle édition de la Pléïade. Et qu'on ne vienne pas chouiner sur le prix des livres. 39 euros pour une arme de destruction massive qui vous servira toute une vie, c'est donné.

....les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l'absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d'assises , les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements....

Lautréamont, Poésies I

jeudi 19 novembre 2009

Badiou et l'amour, 1

"Je pense que cette propagande publicitaire relève d'une conception sécuritaire de l'"amour". C'est l'amour assurance tous risques: vous aurez l'amour, mais vous aurez si bien calculé votre affaire, vous aurez si bien sélectionné d'avance votre partenaire en pianotant sur Internet -vous aurez évidemment sa photo, ses goûts en détail, sa date de naissance, son signe astrologique, etc. -qu'au terme de cette immense combinaison vous pourrez vous dire: "Avec celui-là, ça va marcher sans risques!". Et ça, c'est une propagande, c'est intéressant que la publicité se fasse sur ce registre-là. Or, évidemment, je suis convaincu que l'amour, en tant qu'il est un goût collectif, en tant qu'il est, pour quasiment tout le monde, la chose qui donne à la vie intensité et signification, je pense que l'amour ne peut pas être ce don fait à l'existence au régime de l'absence totale de risques. Ca me parait un petit peu comme la propagande qu'avait faite à un moment l'armée américaine pour la guerre "zéro mort"."

Eloge de l'amour d'Alain Badiou (Flammarion, 12 euros)

La pédiatre Antier ne fait pas les choses à moitié.


Dans la série "Les écrans de fumée de l'UMP" pour faire diversion sur les chiffres catastrophiques du chômage et sur la violence des rapports de production toujours plus grande, la pédiatre Antier, député de droite, fait la gentille sociétale en déposant une loi pour interdire la fessée.
Alors non seulement, ils nous affament mais en plus ils veulent désérotiser la sexualité. En effet, toutes ces charmantes perversions entre adultes consentants, que deviendront-elles si ces derniers ont eu une enfance aussi aseptisée qu'une salle d'attente?
Lisez, ou relisez, ce délicieux livre de Serguine. Vous verrez tout ce que les générations futures risquent de perdre à cause de la pédiatre Antier.
Et en attendant, fessez-vous les uns les autres.
Amen.

mercredi 18 novembre 2009

BABOUSE HEBDO, 1


Chaque semaine, en exclusivité pour Feu sur le Quartier Général, mon camarade Babouse qui dessine pour l'Huma (le mardi) et dont le blogue est en lien à côté, nous offrira un dessin inédit sur l'actualité. Aujourd'hui, Babouse nous parle du NPA et de sa stratégie boutiquière pour les Régionales. On dit merci qui?

La nuit tombe sur le disneyland préfasciste, 2



Là, Cesare Battisti joue sa peau. On sait très bien que si son extradition a lieu vers l'Italie comme le demande la Cour Suprême du Brésil dans son bras de fer avec Lula, étant donné l'ambiance de haine chauffée à blanc que fait régner le berlusconisme, ce cryptofascisme lifté, Cesare Battisti n'arrivera pas vivant jusqu'à sa prison. Un film de Rosi... Il a entamé une grève de la faim depuis trois semaines, en désespoir de cause. Il est évident que nous réaffirmons ici une solidarité et un soutien inconditionnels pour cet écrivain trahi par Sarkozy alors que la République Française lui avait promis asile et oubli. J'ai croisé quelquefois Cesare Battisti et j'ai eu le plaisir, il y a quelques années de participer à ses côtés à une anthologie sur la prison. On y trouvait des infréquentables comme Knobelpiess, Dumal et Quadruppani, bien sûr, qui avec Fred Vargas est un des soutiens les plus sûrs de Battisti.

lundi 16 novembre 2009

La nuit tombe sur le disneyland préfasciste


Nous ne sommes pas lecteurs de Marie N'Diaye mais nous pourrions le devenir. Par principe. On explique pourquoi sur Causeur. Faut pas embêter les écrivains. Les maccarthystes de tous bords (il y en a aussi à gauche, camarade...) sont soit des cons, soit des salauds, soit les deux.
Comme Camus, il fallait signer la demande de grâce pour Brasillach, cette ordure si douée. Ou même, et Lénine nous est témoin que ça nous fait mal au cul de dire ça, demander la libération de Soljénitsyne, et pourtant il était dur de faire plus crapuleux dans la haine de tout ce en quoi nous croyons.
La littérature a ses intérêts supérieurs. Ses raisons que la raison ne connaît pas.
La seule chose, si on avait décidé de partir, c'est que l'on n'aurait sans doute pas choisi Berlin. Enfin pas depuis la catastrophe de 1989. Plutôt Caracas, en fait. Oui, Caracas...C'est une idée, tiens...

Novembre

vendredi 13 novembre 2009

Lamballe, fureur du noir

On s'en va pour le ouiquende en Bretagne à Lamballe, pour la treizième édition du salon La fureur du noir.
Les organisateurs ont demandé aux invités d'imaginer à partir d'un choix de photo une quat' de couv et un titre comportant le chiffre 13. Nous, ça a donné ça:Bon, si par un hasard miraculeux, il y avait des lecteurs de Feu sur le Quartier Général dans les côtes d'Armor, ils peuvent passer nous offrir un verre. Ou plus, si affinités.

mercredi 11 novembre 2009

Qui terrorise qui?

Un livre vieux de vingt ans, difficilement trouvable, et néanmoins indispensable parce que prophétique.

Question posée par notre ami Serge Quadruppani dans un remarquable papier pour Article XI, site décidément très fréquentable puisqu'il héberge également l'excellent Ubifaciunt. Alors que le dossier judiciaire des Tarnaciens se révèle complètement vide et falsifié, Serge rappelle néanmoins que l'idéologie antiterroriste, secrétée par les démocraties bourgeoises à bout de souffle, reste le principal danger aujourd'hui pour les citoyens.
A lire d'urgence, comme les états du même nom.

11 Novembre, poppy day.


La Couture, Pas de Calais, Monument aux morts des soldats portugais.
11/11/09, midi.

C’était un temps béni nous étions sur les plages
Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau
Et vite comme va la langue d’un crapaud
L’amour blessait au cœur les fous comme les sages

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre

C’était un temps béni Le temps du vaguemestre
On est bien plus serré que dans les autobus
Et des astres passaient que singeaient les obus
Quand dans la nuit survint la batterie équestre

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre

C’était un temps béni Jours vagues et nuits vagues
Les marmites donnaient aux rondins des cagnats
Quelque aluminium où tu t’ingénias
À limer jusqu’au soir d’invraisemblables bagues

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre

C’était un temps béni La guerre continue
Les Servants ont limé la bague au long des mois
Le Conducteur écoute abrité dans les bois
La chanson que répète une étoile inconnue

As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre

Apollinaire, Calligrammes

mardi 10 novembre 2009

Le meilleur des mondes, vingt ans après.



"Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l'inutilité de toute tentative de s'opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d'obtenir des individus qu'ils renoncent à la contredire, qu'ils n'y songent même plus. Cet intéressant résultat, l'abasourdissement médiatique l'obtient très naturellement par le moyen de ses mensonges incohérents, péremptoires et changeants, de ses révélations fracassantes et sans suite, de sa confusion bruyante de tous les instants. Cependant, si chacun, là où il se trouve, avec ses moyens et en temps utile, s'appliquait à faire valoir les droits de la vérité en dénonçant ce qu'il sait être une falsification, sans doute l'air du temps en serait-il un peu plus respirable."

George Orwell devant ses calomniateurs, quelques observations (Ivréa/EDN, 1997)





Petit bonheur

Comment j'ai fait vomir Dominique Voynet.

lundi 9 novembre 2009

BANDE DE CONS!

Frachon, réveille-toi, ils sont devenus fous!


Les Verts sont décidément le meilleur allié de la droite. Ils en arriveraient même à faire mieux que le NPA qui joue dans la surenchère ces temps-ci pour empêcher l'élargissement du Front de Gauche et des victoires possibles aux régionales (Nord-Pas de Calais, Languedoc Roussillon) pour des majorités de rupture avec le capitalisme. Mais bon, on y reviendra. Pour l'instant, on vous parle sur Causeur de la manière dont Voynet l'orwellienne veut réécrire l'histoire à Montreuil.
La classe ouvrière est le mauvais rêve du bobo enchainé.

Bad girl...


...sur Causeur

dimanche 8 novembre 2009

Les grandes réussites géopolitiques de notre temps

Femme libre, toujours, tu chériras le mur.


On nous casse les burnes assez puissamment ces temps-ci avec la Chute du Mur de Berlin, qui a ouvert une période de bonheur sans fin pour l'humanité, comme on peut s'en rendre compte, notamment dans le tiers-monde, le quart-monde, les banlieues qui sombrent, les usines délocalisées et les abattoirs mondialisés des précarités diverses.
J'ai donc le plaisir de vous présenter notre invitée de la semaine, Nadiejda. Elle est toxico, seropo et pompeuse de routiers sur le périph.
Elle a tout juste l'age de la chute du mur de Berlin. On lui laissera donc dire que vingt ans est le plus bel âge de la vie.
Bienvenue dans le monde libre, Nadiedjda, et ne mets pas les dents, salope...

mercredi 4 novembre 2009

La possibilité du communisme







Sur le Piton d'eau, avec les derniers éleveurs de boeufs en liberté de l'île, au flanc du volcan. 60 têtes environ pour 4000 hectares. Une insulte à l'agriculture productiviste.
Boucan clandestin, ciels changeants, on est à près de 2000 mètres.
Ils vivent là deux jours sur trois, traqués par l'ONF, le Parc, Bruxelles. Leur élevage traditionnel abimerait l'environnement. C'est pour cela sans doute qu'ils ont pu nous offrir tout ce qu'on trouve naturellement dans un rayon de deux cents mètres: le miel sauvage et les piments, le gingembre et les grenadines galets, j'en passe et des meilleures, comme la zamal que l'on fume sans tabac pour ne pas perdre son goût de fleurs. Elle vous envoie, accompagnée par le rhum arrangé avec le camphre, le citron, les écorces de benjoin et les noix de cola, en vol supersonique à basse altitude dans la ravine et sur le cuivre de l'Océan Indien.
Zamal airlines.
Quand vous revenez, on parle à nouveau. On parle politique, agriculture biologique, refus du marché, bonheur d'être au monde, là, avec une morale des sommets. L'odeur de bois fumé entête.
Et l'on ne sait plus si on a affaire aux derniers hommes libres du monde d'avant ou aux premiers de l'âge des nouvelles émancipations.
On est venu pour leur faire écrire sur tout cela.
On aura besoin de toutes les expériences d'utopies concrètes, de tous les témoignages quand l'effondrement prochain de la sphère technomarchande fera apparaître l'hypothèse communiste dans toute sa radieuse beauté matinale et qu'il faudra, ce coup-ci, ne pas la rater et l'étreindre comme une amoureuse de la dernière chance.

"Le communisme, c'est le retour total de l'homme à soi, en tant qu'homme social, c'est à dire humain."
Karl Marx, Manuscrits de 1844