samedi 28 février 2009

Mort d'un marxiste solaire


Michel Clouscard est mort. Il avait 81 ans.
Il aimait les bains de mer, le vin, les filles et la lutte des classes.
Il avait compris avant tout le monde le "néofascisme" postchoc, l'idôlatrie de la consommation, le narcissisme délirant et entretenu par le capitalisme de la séduction chez les zombies acculturés qui confondent social et sociétal.
Nous en avions parfois parlé ici, et aussi chez les Défuntes.
On en parle à nouveau, avec notre camarade Marc Cohen, chez Causeur.
Ni fleurs, ni couronnes, une révolution suffira.

Obscénité du spectacle, spectacle de l'obscénité

A propos d'un concours de miss SDF, on parle de ça sur Causeur

vendredi 27 février 2009

Contre la dérive maoïste, L'URSS reste la seule patrie des travailleurs.






"L'URSS a également ses têtes brûlées qui veulent changer le socialisme du jour au lendemain." Léonid Brejnev.

jeudi 26 février 2009

Jeune, rouge, maoïste, elle gagnera...




"Vous les jeunes, vous êtes dynamiques, en plein épanouissement, comme le soleil à huit ou neuf heures du matin. C'est en vous que réside l'espoir."
Mao, Les jeunes

Sauter les descriptions, 8


Il regarda le couple, dans le bar de nuit où il buvait, sans éprouver la moindre douleur. Il en fut plus surpris que soulagé. Ce n’était pas forcément bon signe. Le couple, donc : lui avait son age, une belle gueule, pas de ventre, le salaud, et elle, la sensualité fraîche et l’élégance sage des jeunes femmes catholiques, immatriculées 78. D’habitude, quand il voyait des couples comme celui-là, il sentait son cœur se pincer et s’apercevait qu’il en avait assez des folles, des psychanalysées, des martyres obscures, des dépressives, des inhumaines, des mutantes. Oui, des couples comme celui-là lui donnaient des envies de berlines luxueuses et sans ostentation qui font crisser le gravier dans l’allée d’une malouinière, la nuit. Et l’envie, aussi, de ce long corps pâle de française, avec des hanches et des seins comme avant, dans le rêche des draps empesés. Et de faire tout ça sans complication excessive parce que la chaudière n’a pas encore eu le temps de bien se mettre en route, et que l’important sera de s’endormir dans les bras l’un de l’autre en écoutant la mer ou en lisant un roman de Paul Gégauff.
Mais là, non. Rien. Pas d’images, pas de pincements.
Il commanda un autre ouisquie. Il était encore plus mort qu’il ne pensait.

mercredi 25 février 2009

Monnaie bleue, le retour

Monnaie Bleue, un roman noir de votre serviteur paru en 1997 va être réédité en avril dans la collection de poche des éditions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, qui inaugure ainsi une série polar.
Nous serons en bonne compagnie avec Hervé Prudon et son mythique Banquise.

Actuellement la couverture de Monnaie bleue nouvelle version se joue entre ces deux possibilités et votre avis est bienvenu.

L'alcoolisme est un humanisme.


Sur Causeur, on explique pourquoi ivrognerie et art de gouverner pour le bien commun vont de pair. A la vôtre!

lundi 23 février 2009

CHAVEZ ET WINEHOUSE S' ENGAGENT POUR JULIEN C.



Le gouvernement du président Chavez a envoyé Amy Winehouse, ici à l'entrée des Nations Unies, pour négocier dans l'affaire des otages de l'Etat Français, et notamment Julien C., retenu depuis plus de trois mois dans les geôles de la clique libérale-vichyste, actuellement au pouvoir à Paris.
Amy nous a déclaré: "J'ai bon espoir. MAM, c'est les FARC en pire mais nous allons y arriver." Et puis juste après :"J'ai lu l'Insurrection qui vient. C'est vraiment bon. Je tiens mon troisième album." Et enfin: "Vous n'avez pas vu Jérôme? On devait prendre un verre à Tribeca..."

Le plus grand slow du monde à danser dans les ruines en évitant les balles

Retour en Atlantide

"Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer - les premiers ! - Noël sur la terre !
Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves ne maudissons pas la vie."
Rimbaud, Matin, Une saison en Enfer.





"Pourquoi cette marche de l'histoire? Pour que l'humanité se sépare
avec joie de son passé. "
Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel

ENGELS, one more time




Le Monde daté du Dimanche-Lundi 22-23 février veut bien signaler notre réédition des deux premiers chapitres de La situations des classes laborieuses en Angleterre, de Friedrich Engels (Mille et une nuits, 3,50EUROS), dont nous vous parlions il y a quelques posts déjà.

dimanche 22 février 2009

Sauter les descriptions, 7



Ce qui lui sembla surprenant, ce fut de ne pas s’en être rendu compte plus tôt. Mais cent ans de culture populaire, d’imaginaire de roman-feuilleton et d’archétypes fictionnels ne l’avaient pas préparé à ce type d’invasion. Et pourtant, la fille qui sortit du lit ce matin-là, il comprit qu’elle le tuerait à la première occasion. Elle ne le savait pas elle-même mais elle le tuerait sans hésiter. Trente ans, longue, jolie mais mutante. Drôle, blonde, rieuse mais mutante. Chaude, sexuelle, tendre mais mutante. Une douceur de meurtrière qui recevait de la musique MP3 directement dans le cortex. Une suavité d’indic qui était bombardé par mille messages publicitaires par jour. Un pragmatisme de morte vivante qui se fichait elle-même sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux.
Il n’avait pas l’intention de résister. C’était trop tard de toute façon. Et puis qui le croirait ? Il enfouit sa tête entre deux oreillers. Avec un peu de chance, il allait se rendormir.

JL 02/2009

samedi 21 février 2009

Rentrer à l'aube


"Enfant, certains ciels ont affiné mon optique."

Rimbaud

vendredi 20 février 2009

Obituaire



Georges Labica (1930-2009)


« Le communisme, c’est le seul contrepoison, le seul antidote, le seul remède, la seule alternative à la société d’exploitation, au capitalisme qui jamais n’a le visage humain. Tous les damnés de la terre savent ça, qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus damnés. Seuls les salauds ne sont pas avec eux et c’est comme ça qu’on les reconnaît. »

Démocratie et Révolution (Le temps des cerises, 2002)

jeudi 19 février 2009

Ca vient et c'est bon...




"On sent partout l'approche de la grande tempête. Fermentation et préparation dans toutes les classes de la société."

Lénine, Le gauchisme, maladie infantile du communisme.

mercredi 18 février 2009

Julien Coupat et le réel


Sur Causeur, Bruno Maillé rappelle avec virtuosité, peine et colère que Julien Coupat en est bientôt à son centième jour d'incarcération.
Pourquoi cette certitude que ce n'est pas sur Facebook qu'on se mobilise pour les prisonniers politiques de la dictature spectaculaire marchande.
Sinon, la Guadeloupe vient de connaître son premier mort par balle. Un syndicaliste. Pour le sens de ce mot, consulter les dictionnaires préchocs.

Sauter les descriptions, 6


Il dansa un rock avec la mariée. Cela l’arrangeait bien : il ne fut pas obligé de s’engager dans des figures trop compliquées parce qu’elle avait encore gardé sa robe blanche. Elle ne la retirerait que tout à l’heure, dans une chambre de l’hôtel, prévue à cet effet. Elle redescendrait en tenue de soirée, élégante, oui, mais elle ne serait plus en mariée… Cette hâte qu’elles avaient toutes, après avoir tant fait d’histoires, à la retirer, cette robe blanche. Ce serait pourtant la seule fois de leur vie qu’elles passeraient pour des princesses, notamment aux yeux des petits garçons présents. Tant pis pour elles. Tant pis pour les petits garçons. Tant pis pour le monde. Un désenchantement de plus, c’était tout. Le rock se termina. Elle le serra contre lui pour le remercier d’un sourire radieux.
Il eut envie de lui dire de ne pas changer de robe trop vite, qu’il serait toujours temps. Il s’abstint et alla au buffet se faire servir un double Busmills Malt.
Avec des glaçons et un fort sentiment de défaite.

mardi 17 février 2009

Facebook est aux portes de la Ville


"Vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable et mondial (avec l’autorisation d’accorder une sous-licence) d’utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n’importe quel contenu déposé sur le site."
Donc, on en est là.
Lisez bien ce texte. C'est le Mane Thecel Phares de notre vie humaine. Ce qui viendra après aura un autre nom, mais pas celui de vie.
Facebook.
Facebook.
On peut lire le dossier dans Le Monde sur les conditions limites-limites d'utilisation (pour que Le Monde s'inquiète...)des données personnelles par les entreprises, mais aussi par toutes les officines chargées de la surveillance généralisée.
Le rêve d'O'Brien, le tortionnaire du Ministère de l'Amour, se trouve réalisé: les citoyens-consommateurs se fichent eux-mêmes. Bien sûr, dans un énoncé typiquement contre-performatif, Facebook, qui est la figure la plus accomplie de la Séparation et de la Virtualisation, ose s'appeler "réseau social".
C'est le côté blagueur du diable, qui a toujours le mot pour rire.
Les prétextes avancés par les utilsateurs interrogés sont toujours ceux qui ressortent en période durable d'abaissement de la raison, ou même du simple sens commun: c'est plus "pratique", "fonctionnel", "c'est dur de s'en passer", "comme tous les autres y sont..." et ainsi de suite.
Vous voulez tenter de résister?
Lectures conseillées: 1984, Rhinoceros, l'Encyclopédie des Nuisances, Le groupe Pièces et Mains d'oeuvre.
Films conseillés: L'invasion des profanateurs de sépulture (les trois versions), THX 1138.
Activités conseillées: sortir dans la rue, s'installer à une terrasse, boire un café, un verre d'eau fraiche, offrir le cou au soleil. Si ça se trouve, il y a encore du monde dehors. Avec de la chance.

Sauter les descriptions, 5


Il alla à Trouville assez souvent dans sa jeunesse. La première phrase de son premier roman, d’ailleurs, fut : « Kléber revint à Trouville en septembre. » La côte normande avait cet avantage d’être pluvieuse et littéraire. Une fois accomplie la formalité de la promenade sur la plage, de l’achat et de l’ouverture des huîtres, on pouvait passer son temps à faire l’amour avec cette grande blonde qui serait la femme de sa vie, à boire du muscadet, à regarder la mer derrière la baie vitrée et à lire in situ la Correspondance de Flaubert. A l’époque, seuls deux tomes étaient parus en Pléiade. Les trois autres mirent quoi, quinze ou vingt ans à sortir.
Résultat, plus de grande blonde, plus de côte normande, plus de jeunesse.
En revanche, toujours beaucoup de pluie, de vin et de littérature.
Beaucoup trop.

Marxisme, winehousisme et communauté des femmes




"Pour le bourgeois, sa femme n'est rien qu'un instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent être mis en commun et il conclut naturellement qu'il y aura communauté de femmes.
Il ne soupçonne pas qu'il s'agit précisément d'assigner à la femme un autre rôle que celui de simple instrument de production.
Rien de plus grotesque, d'ailleurs, que l'horreur ultra-morale qu'inspire à nos bourgeois la prétendue communauté officielle des femmes chez les communistes. Les communistes n'ont pas besoin d'introduire la communauté des femmes. Elle a presque toujours existé."
Marx et Engels, Manifeste du Parti Communiste

lundi 16 février 2009

La destruction fut leur Béatrice





Les splendides photographies que l'on pourra trouver sur le blog d'Ubifaciunt, et qu'il nous conseille de regarder en écoutant notre chère Amy Caviste, chanteuse du négatif, nous rappelle qu'il est possible d'avoir vingt ans et de faire une école de commerce pour gérer la fin inévitable du système techno-marchand avant d'être lâchés par des maîtres qui s'enfermeront dans leurs bunkers climatisés OU de décider, avec Héraclite que: "Ce qui est contraire est utile; ce qui lutte forme la plus belle harmonie; tout se fait par discorde." (fragment 8.)
Nous écrivions à peu près, naguère, ches les Défuntes: aujourd'hui les héraclitéens ont un casque de moto et un foulard sur le visage. Ils dansent avec la déraison spectaculaire , au bal de la nuit, sur toute les places Syntagma du monde.
Ils sont le sel de la terre. Ils sont les coeurs purs.

Sauter les descriptions, 4


Il était assis dans son fauteuil Voltaire et lisait. Le chat sauta sur ses genoux et ronronna. Il trouva soudain la situation beaucoup trop archétypale. Il se leva et prit le revolver d’ordonnance dans son bureau. Il l’arma et l’appliqua sur sa tempe. Puis il changea d’idée et visa le chat qui était resté comme une feignasse indifférente sur le Voltaire, à côté du livre. Mais il renonça et appliqua de nouveau le canon sur sa tempe. A moins qu’il tuât le chat d’abord et lui ensuite.
Il resta hébété, tout l’après-midi, le revolver d’ordonnance à la main, à mi-chemin de son bureau et du fauteuil Voltaire. A un moment, le chat ronronna plus fort, s’étira et fit tomber le livre.
Il sortit de sa torpeur, s’aperçut qu’il avait mal au bras d’avoir serré si longtemps la crosse du revolver.
Décidément, ça ne s’arrangeait pas.

Bravissimo, Venezuela!



Immédiatement après l'annonce de la victoire du oui, la ville de Caracas a été illuminée par des dizaines de feux d'artifice et a résonné de détonations de pétards, tandis que le président Hugo Chavez se montrait au balcon de son palais présidentiel pour chanter l'hymne national.

Le président Chavez a gagné son referendum constitutionnel avec 54, 5% des voix.
Rappelons à nos amis démocrates bourgeois qui trouvent que Chavez sent trop l'Histoire que la France a fait voter le traité libéral de Lisbonne par voie parlementaire alors qu'il avait été désavoué par 55% des Français en 2005.
Le bonheur est une idée neuve en Amérique Latine.
Vive Chavez!
Vive la révolution bolivarienne!
Vive le socialisme du vingt-et-unième siècle!

dimanche 15 février 2009

Poetry in motion



Ce sera tout à fait comme dans cette vie...
- Le même jardin,
Profond, profond, touffu, obscur.
Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se sont jamais connus et qui ne savent

Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit
Des disparus, tout seul, sans amour et sans lampe.
Ce sera tout à fait comme dans cette vie.
La même allée...

O.V de L. Milocz, La berline arrêtée dans la nuit, (symphonie de novembre)

Sauter les descriptions, 3


Il éprouva, pour la première fois, vers l'age de huit ou neuf ans, ce qu'il devait appeler plus tard "un fort sentiment d'irréalité." La sale impression d'être le rêve de quelqu'un ou, à l'inverse, de rêver le monde qui l'entourait, le monde qui se réduisait à une illusion. Tout cela était extrêmement angoissant, en fait. Il avait toujours peur de se réveiller un matin et de se retrouver dans une réalité pénible, par exemple comme compagnon d'orphelinat d'Oliver Twist, brutalement rappelé à l'ordre par la férule d'un maître victorien sadique le chassant du rêve qu'il avait cru être sa vie, celle d'un petit garçon de 1972, avec des grands parents qui l'emmenaient à la mer, dans une Simca 1100. Ce "fort sentiment d'irréalité" le fit beaucoup souffrir, pendant plusieurs années, par intermittences violentes. Quelque chose le dissuada, pourtant, de se confier à une humanité aussi incertaine. Il n'avait pas confiance. Il avait sans doute raison.
Tout cela disparut définitivement quand il entra pour la première fois dans une fille.
Il était temps.

JL 2/2009

samedi 14 février 2009

J'aggrave mon cas


Un éloge de SAS sur Causeur.
Le Culpet(comité uni des lecteurs de polars éthiques) et la PPP(police de la pensée postchoc) sont sur mes traces. Pourvu que Chavez gagne dimanche. Ca sent la demande d'asile politique.
Saint-Valentin est un con.

Hugo, dimanche, lâche pas le manche



Les Vénézuéliens sont appelés à voter dimanche sur un amendement à la Constitution qui permettrait au président Hugo Chavez, depuis dix ans à la tête du pays, de se représenter en 2012. (AFP)


Rappelons que rien ne limite le nombre de mandats présidentiels en France. Je dis ça pour la quasi totalité des médias français qui s'acharnent à présenter Chavez comme un dictateur. Opinion suivie par nombre de socedèmes et socelibs qui ont oublié qu'être de gauche, c'est vouloir changer le monde.
Ah oui, et puis il serait populiste. Dans le langage de la PPP (police de la pensée postchoc), populiste, ça veut dire trouver plus important dans un pays le taux d'alphabétisation et la sécu que la possibilité de faire du roller et du vélo dans les grandes villes.
Chavez foréveure.
Saint Valentin est un con.

Merci les aminches



Bon, comme Allessandra Mussolini, après une formidable nuit d'amour, m'a laissé épuisé, c'est dur de me lever pour aller distribuer toute la matinée sur le marché le dernier hebdo communiste du nord de la Seine. Et ça, c'est pas "virtuel"(note à l'usage des postchocs)
On me laisse y faire une chronique que je vous communique de temps en temps. J'ai même le droit au second degré, voire à la saillie et la provocation. Le stalinisme n'est plus ce qu'il était, camarade. Allessandra, prépare la pasta, je reviens après la révolution.

vendredi 13 février 2009

HALTE AU FEU!

Il semblerait que ça balance pas mal à Paris. On m'accuse sur un blogue ami, dans un commentaire anonyme mais transparent de faire l'apologie d'Alessandra Mussolini dans une brève sur Causeur.
J'invite donc les lecteurs à juger sur pièce et s'apercevoir qu'il s'agit dans cette brève de surtout mettre un gros plomb à l'infâme Eric Besson. (retour de l'ADN et primes à la délation)
Ne pas vouloir le comprendre relève soit de l'abrutissement, soit la mauvaise foi, soit de l'ignorance de toute dialectique.
Mes provocations, comme le reste, je les assume.
E basta cosi, comme dirait Alessandra Mussolini.

Sauter les descriptions, 2


Il apprit la mort de son père alors qu'il était dans un TGV, entre Lille et Paris. Il ferma son portable. Il comprit pourquoi il avait toujours détesté les téléphones. Les téléphones étaient l’équivalent symbolique de la mort. Il avait trouvé de tout temps quelque chose de discrètement obscène à ces voix sans corps. Ces voix plus ou moins déformées. C’était sa femme qui lui avait annoncé la nouvelle. Peut-être qu’elle pleurait, après tout. On entendait mal avec le bruit du TGV. Le trajet allait encore durer une demi-heure. Il regarda son portable. Saleté. Des voix déformées, sans corps, pour dire que d’autres corps avaient disparu, définitivement. D’autres corps qui ne téléphoneraient plus jamais. Le corps de son père, par exemple.
Son père qu’il n’avait pas eu au téléphone depuis un temps fou, d'ailleurs.


JL 2/2009

jeudi 12 février 2009

Poetry in motion



"elle allait répétant je t'aimerai toujours
le vent chassait le sable au coeur des rues désertes
et la mer arrachait les digues de la nuit
il n'y a que les morts qu'on peut aimer toujours"


Jean-Claude Pirotte, Passage des ombres, La Table Ronde

Puisqu'on en parle...


"Pas utopiste, mais combattant.
Pas de croyance à un paradis donné, mais au monde transformé par lui.
Les militants sont la meilleure partie. Car normal que les esclaves aient une mentalité d'esclave. Les militants ne sont déjà plus des prolétaires."

Roger Vailland, Ecrits intimes, p 95

mardi 10 février 2009

lundi 9 février 2009

Alexandrin pour un bifton


Et cette monnaie n'a plus cours que dans nos rêves...

ENGELS FAURAIVEURE !





Nous sommes heureux de vous annoncer, aux éditions Mille et Une Nuits, la réédition des deux premiers chapitres de La situation des classes laborieuses en Angleterre de Friedrich Engels, dans la belle traduction de Bracke et Berthaud (Alfred Costes, 1933), devenue introuvable ou presque.
Cette oeuvre d'un jeune homme en colère est postfacée par votre serviteur. Elle peut se révéler d'une lecture utile à l'époque où la paupérisation se généralise et où le talon de fer se fait d'autant plus écrasant qu'il se sent menacé.
La peinture documentée et dantesque des villes anglaises en plein coeur de la révolution industrielle est un admirable poème de l'horreur capitaliste par Engels que son père, petit patron allemand du textile, avait envoyé travailler à Manchester.
Ce qui nous a donné envie de rééditer ce texte admirable? Le feuilletant il y a quelques années déjà, nous étions tombés sur cette magnifique déclaration de rupture, indiquant bien que pour Engels, il n'y aurait désormais plus de compromis possible avec ce monde-là:
"Voici ce que j'ai fait. J'ai lâché la compagnie des classes moyennes, leurs parties fines, leur Porto et leur Champagne, et j'ai consacré mes heures de loisirs presque exclusivement à la fréquentation de simples travailleurs. Je suis à la fois heureux et fier de l'avoir fait."
On n'est pas sérieux quand on a vingt-deux ans.
La sagesse ne viendra jamais.

La situation des classes laborieuses en Angleterre, de Friedrich Engels
(Mille et Une Nuits, 3, 50 euros)