mercredi 30 décembre 2009

Des plaisirs, 4


On avait presque oublié à quel point on avait aimé Pierre Bettencourt, ce surréaliste méconnu, qui vaut bien Michaux, et qui nous enchanta aux alentours de nos vingt ans. On l'a retrouvé en errant un peu au hasard de notre bibliothèque comme on le fait d'habitude au retour de nos ouiquèndes en Normandie. On vous recommande Fables fraîches pour lire à jeun (Lettres Vives) mais l'extrait proposé vient des Plaisirs du Roi (à tout seigneur, tout honneur), texte à l'humour sadien  sur  la folie du pouvoir absolu. Cela renvoie bien loin à leur misère libidinale les fafounets rurbains, ces idiots à peine utiles du puritanisme pornographique des néo-libéraux. Lisez et jouissez. Amen.

"Le roi ne dédaigne pas d'enfoncer des oeufs durs dans le cul de jeunes vierges, préalablement lavé au lait d'ânesse. Il fait alors s'accroupir la fille sur sa bouche et mord l'oeuf à mesure qu'il sort, tandis qu'en poussant l'enfant souffle."

"Pendant le Carême, le roi couche avec de jeunes lépreuses, au grand dam de la reine qui a peur d'attraper la lèpre. Et il se fait un malin plaisir, au sortir de là, d'aller la retrouver dans son lit où elle se rétracte frileusement à l'idéé de supporter ses caresses. Il la pénètre alors par effraction. 
Le vendredi saint, le roi mange du poumon de tuberculeux cuit à la béarnaise et il force l'aumônier du consulat de France à venir partager son repas, disant que le Christ en Croix en a vu d'autres."

"Il arrive qu'ainsi remonté, il prenne un bain de femmes nues. C'est une grande pièce où elles sont tassées si serrées qu'on s'en trouve frotté de tous les côtés. Il y évolue longuement avec son membre douloureux et se soulage enfin dans des flancs reconnaissants qui inventent pour le libérer les plus suaves secousses du monde."


Pierre Bettencourt, Les plaisirs du roi (Lettres vives)