samedi 10 octobre 2009

Moi, Joseph K, cinéaste, déjà mort à Cracovie...


Il avait toujours su, au plus profond de lui, que la chose innommable qui l'avait raté de peu dans le ghetto de Cracovie en septembre 39, puis dans sa villa californienne en août 69, le retrouverait un jour ou l'autre. Ca vous retrouvait à chaque fois. On pouvait retarder le moment, faire diversion et, avec un peu de chance, laisser cinq ou six chef-d'oeuvres derrière soi mais ça ne vous oubliait jamais.
Jamais.

Qu'il lui faudrait, sale petit juif errant, artiste en plus, prendre sur lui tous les péchés du monde. C'était quand même beaucoup plus facile de s'attaquer à lui. De se refaire une virginité en l'écorchant vif alors qu'on acceptait à peu près tout de cette société-là, du management par la terreur aux désastres écologiques, de la surveillance planétaire généralisée aux bombardements massifs de populations civiles et de la domestication du vivant aux néo-virus émergents.
Les SS, Charles Manson et puis, pour finir, l'Empire du Bien.
Il allait payer. Et cher. Il était là pour ça, en fait. Depuis le commencement des temps.
Allez, ordure, descends, c'est l'heure...