mardi 7 juillet 2009

Comment j'ai rencontré Catherine Spaak

Il est temps que les lecteurs de Feu sur le Quartier Général sache comment j'ai rencontré Catherine Spaak, une des figures tutélaires de ce blogue. L'écrivain oulipien mais néanmoins intéressant Harry Matthews a écrit Ma vie dans la CIA. Je pourrais, moi, écrire Ma vie dans le KGB.
En effet, en 1962, j'ai été envoyé en Italie par le Premier Directoire Principal pour éliminer des troskystes romains, mission dont je me suis acquitté avec une certaine compétence car j'y mettais beaucoup de plaisir.
Ce devait être vers la mi-août. J'avais décidé de prendre quelques jours de repos bien mérités, entre deux coups de piolet, sur la côte Amalfitaine, près de Positano.
Le soir, je buvais du limoncello avec l'écrivain Jacques Chardonne et le matin, je faisais un peu de pêche sous-marine comme on le verra dans le scopitone qui suit. Je m'étais également acheté un joli bandana rouge et un pull moutarde du meilleur goût, en alpaga, qui venait de chez Cerruti- sa boutique commençait à être connue à Milan.
Et j'ai vu cette allumeuse de Catherine danser un touiste avec un type mal habillé tout en me regardant de ce regard que je ne devais plus oublier. Impossible de me concentrer sur Vivre à Madère que Chardonne m'avait dédicacé la veille au soir.
Je décidai donc que le gros con en orange était probablement trotskyste. Il me restait justement un piolet dans mon sac de voyage Tolentino.
Le lendemain, Catherine et moi partions dans mon Aurelia Sport vers les Abruzzes, pour trouver un peu de fraîcheur. Parce qu'on a beau dire, la côte Amalfitaine en août, c'est l'enfer. J'ai juste regretté de ne pas avoir pris le temps de saluer Jacques Chardonne.
Puis je n'y ai plus pensé parce que les jambes de Catherine Spaak dans une Aurélia Sport, un été 62, c'était quand même quelque chose.