mercredi 3 juin 2009

Annemasse, Alphaville et les intuitions déchirantes.




L'intuition déchirante de Godard, dans Alphaville. L'intuition déchirante du monde d'après, le nôtre. La précision désespérée de la prophétie. L'effroi élégant devant ce qui va advenir. Le visage d'Anna Karina qui quitte progressivement son "devenir zombie" pour retrouver l'humanité et l'amour. Eddie Constantine qui transforme son personnage Lemmy Caution, dur à cuire de série B, en détective métaphysique, en Orphée contre l'enfer des machines du contrôle définitif. A l'époque, 1965, on pensait encore qu'on pourrait sauver les postchocs, le jour venu. On était optimiste, c'était le temps de l'Atlantide.
Alphaville, de plus en plus indispensable, pour savoir que vous n'êtes pas seul dans ce monde de mutants policés, que certains l'ont vu venir. Oui, dès 1965...
Nous sommes, nous, en 2009, dans une chambre d'hôtel au ouifi aléatoire, à Annemasse. La chaleur est encore forte malgré l'heure tardive. Genève est à quelques stations de tram. C'est sans doute pour cela que l'on pense "au plus con des suisses pro-chinois", à ce qu'il a compris, à tout ce qu'il a compris, depuis toujours.
Nous vous aimons, frères et soeurs en insomnie.