mardi 30 juin 2009

Et c'est comme si tout recommençait...


Puisque au Honduras, on fait un rimaique de tous les poutches qui ensanglantèrent l'Amérique Latine pour la plus grande gloire de la Marchandise, qu'il nous soit permis ici, grâce au camarade Jean Ferrat de rappeler notre soutien inconditionnel aux processus révolutionnaires et socialistes actuellement en cours chez les membres de l'Alba (cf post précédent) et notamment à l'héroïque et toujours jeune république de Cuba.




LE RETOUR DES SALOPARDS


Poutche à Tegucigalpa.
Cela pourrait être le titre d'un SAS.
C'est pour l'instant ce qui vient d'avoir lieu au Honduras où un président bolivarien, c'est à dire proche de Chavez, c'est à dire en train d'amener son pays, dans la démocratie, vers le socialisme du XXIème siècle a été renversé samedi à la veille d'un referendum
sur une réforme constitutionnelle, qu'il devait gagner triomphalement.
Le Honduras, avec le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua et Cuba fait partie de l'Alba(
Alternativa Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América), un traité politique et commercial pour résister à l'impérialisme étasunien et à ses tentatives constantes de déstabilisation.
Pendant que les yeux des cons sont braqués sur la mort de maïkeule djaquesonne et que les USA font assez habilement croire que tout se joue en Iran, Obama renoue avec la bonne vieille doctrine Monroe, qui fait de l'Amérique latine et centrale le pré carré du capitalisme ianqui.
Les médias français, pour la plupart gravement alexandreadlérisés (maladie autoimmune qui rend gros, néoconservateur et très arrogant) osent sous-entendre, quand par hasard ils en parlent, que ce serait l'armée hondurienne qui aurait sauvé la liberté et la légalité!
Le même raisonnement et les mêmes arguments exactement que lors de l'agression franquiste contre la république espagnole en 36.
Nous reproduisons ici un communiqué de nos camarades du comité bolivarien de Paris (CBP):
NON A LA BARBARIE DES FORCES MILITAIRES HONDURIENNES !
NON AUX HEURES SOMBRES DE LA DICTATURE !
Au Honduras, vient de se produire un coup d'état contre la démocratie. Le président constitutionnel de la république, Manuel ZELAYA, a été séquestré par l'armée et emmené de force au Costa Rica. C'est une tentative des forces les plus réactionnaires contre la démocratie en Amérique Latine.
Les démocrates, les progressistes, les hommes et les femmes de paix, devons nous mobiliser pour affirmer notre solidarité avec le peuple hondurien, appelé ce dimanche à une consultation populaire qui a servi de prétexte au coup de force.
Nous ne pouvons nous résoudre au retour des heures sombres de la dictature.
Nous exigeons le retour du président ZELAYA dans ses fonctions.
Ici, en France, nous appelons toutes les associations latinoaméricaines, les mouvements citoyens et internationalistes à se mobiliser.

lundi 29 juin 2009

Boire avec Bob Giraud



On l'on vous parle des Rimbaud du zinc, circa 1946, dans la ville disparue de Parouart, chez Causeur.

Mes plaisirs et mes jours.



Finalement, nous avons décidé de rester un peu plus longtemps que prévu en Normandie. Le jardin est très beau en cette saison, caché derrière ses murs couverts de vigne vierge, dans l'odeur de l'herbe et du bigarreau. Rien ne vaut ces premières journées d'été, sur une chaise longue, en compagnie des chats. Rien ne vaut cette impression de reprendre son souffle, de retrouver une certaine intimité avec le Temps.
Samedi après-midi, nous avons subi le Premier Salon du Livre de Rouen dont les organisateurs pensent qu'il suffit d'entasser cent cinquante auteurs dans un monument historique surchauffé pour faire un événement culturel. Les Rouennais n'ont décidément pas changé depuis Flaubert qui décrit si bien ce qu'ils sont dans sa Correspondance. Le public, dans lequel les quinquagénaires faisaient figure de galopins sans vergogne, a fait preuve d'une très grande curiosité intellectuelle en se précipitant autour de la table de Jean-Louis Debré et plus généralement des "vus à la télé".
En plus, nos ex devaient toutes être mariées avec des types qui avaient trop fait joujou avec les subprimes puisque si elles sont venues nous dire bonjour, elles n'ont pas mis la main au porte-monnaie pour autant. Alors, après avoir demandé à ce que l'on nous exfiltre de ce piège à rats, nous nous sommes longuement promenés dans la ville où il y a toujours un coin qui nous rappelle...Nous sommes entrés dans les deux seules sortes d'échoppes qui nous intéressent vraiment, les bouquinistes et les cavistes. Bien nous en a pris puisque nous avons trouvé un René Fallet que nous n'avions pas lu, Les Pas perdus, avec remerciement de l'auteur à André Breton pour la libre disposition du titre. Mais aussi et surtout, nous avons trouvé de L'antidote, le vin naturel de Jean-Christophe Comor, gaulliste auldescoule que nous avons quelques fois rencontré dans d'aimables conjurations et qui a abandonné la politique pour devenir vigneron afin de travailler le cépage Carignan comme il aurait voulu s'occuper de la France, avec amour.
Alors, évidemment, le soleil, le jardin, le vin, et René Fallet qui écrit: "Georges rapide attrapa un fusain et traça sur le mur un Y aussi grand que la blonde. Et cette fourche le projeta au fond des granges de l'été."
Sincèrement, vous trouvez qu'il y a des raisons de repartir dans l'immédiat? Vraiment?

Memoranda.

Récemment, il a été question de A vos Marx, prêts, partez! et de En Harmonie, ici, ici, ici, ici, ici, et

dimanche 28 juin 2009

"Qu'il me baise des baisers de sa bouche..."



Bon, alors, au coeur de la nuit, les choses deviennent soudain très claires.
Cette chanson est une des plus jolies de la variété française.
Cette chanson, dans sa légèreté acidulée, pourrait assez facilement mettre les larmes aux yeux.
Cette chanson, avec Le lis de mer d'André Pieyre de Mandiargues et Le Cantique des Cantiques d'un roi juif mélancolique, est sans doute le plus beau texte jamais écrit sur une initiation sexuelle acceptée, souhaitée, appelée dans la souveraineté d'un désir à la fois libéré, inquiet et rieur.
Cette chanson prouverait, si besoin en était, que rien n'est plus beau que les filles de la mer Noire, à vingt ans.
Cette chanson mesure avec cruauté "la perte de tout langage adéquat aux faits" en moins d'un demi siècle. Qui comprend aujourd'hui des mots comme "évincer", "le souffle qui manque à ma vie", "au seuil des amours éternelles" quand même les postchocs de bonne famille disent "ouais", "fais chier", "grave" à tout bout de champ.
Cette chanson a notre age et nous saisissons soudain à quel point nous sommes du monde d'avant.
Cette chanson sera assez idéale pour vider notre dernier chargeur de Mac 50 sur on ne sait qui, on ne sait quoi, quand les dernières villas seront en flammes.
En attendant, écoutez et mesurez ce qui a été perdu et qui ne reviendra plus.
Pour nos frères et soeurs en insomnie, salut et fraternité.

samedi 27 juin 2009

Engels? Engels!

-Qu'est-ce que tu fais, Jérôme?
-Je lis...
-Quoi?
-L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'état de Engels.
-Et c'est bien?
-Je trouve.
-Jérôme?
-Oui?
-Tu me lis un extrait?
-Si tu veux. Tiens, écoute..."Ainsi, la monogamie n'apparait pas le moins du monde dans l'histoire comme l'entente entre l'homme et la femme, bien moins encore comme sa forme la plus élevée. Au contraire. Elle se manisfeste comme l'assujettissement d'un sexe par l'autre, comme proclamation d'un conflit entre les sexes inconnu jusque là dans toute la préhistoire."
-Pas mal. Tu viens te coucher, on t'attend...
-J'arrive.

vendredi 26 juin 2009

...mais Marvin Gaye est vivant.



Oui, que se passe-t-il, Marvin pour que la mort d'un clone post-humain vienne en un instant occulter tout le reste, des licenciements massifs au carnage des mollahs? A toi, camarade nègre assumé, toute ma fidélité et mon amour.

Maïqueule Djaksonne est mort...


... et il n'est pas sûr que ce qu'il représentait, hélas, s'en aille avec lui. Il incarnait le pire des années 80, cette décennie maudite entre toutes qui se termina, cerise sur le gâteau de la mondialisation impériale américaine, par cette catastrophe que fut la Chute du Mur de Berlin. Cette décennie, donc, qui a vu naître toutes les lignes de forces de notre épouvantable présent pré-apocalyptique:
Maïqueule Djaksonne , c'était:

1)Les balbutiements de l'idéologie nazifiante-prométhéenne de la posthumanité, désexualisée, nomadisée, désesthnicisée, clonable à l'infini.
2)Le recours massif à la chirurgie bien mal nommée esthétique comme espérance scientiste d'une éternelle jeunesse.
3) La régression narcissique et infantile qui finit, quand vous êtes adulte, par vous transformer en enculeur honteux de Bambis.
4) Le culte de l'argent et de son omnipotence: rappelons, justement, qu'il put acheter le silence des parents de Bambi avec 23 millions de dollars.

Qu'il aille danser le mouneouaulque en Enfer, avec Dorian Gray, Narcisse et Goebells.
Amen.

mercredi 24 juin 2009

Ce qui ne meurt pas.

On est toujours étonné par la méchanceté de ses contemporains. On croit savoir, mais non. Elle est toujours un cran au-dessus. Si nous croyions un tant soit peu en Dieu, on pourrait voir là la présence la plus évidente du Mal. Mais comme on ne croit pas en Dieu, on préfèrera parler d'hystérie, d'aliénation, de position pénible dans les rapports de production. De bêtise, aussi. Oui, tout simplement de bêtise.
Alors puisque nos insomnies sont plus belles que vos veilles, il suffit de revenir vers ce qui ne meurt pas, vers la splendeur solaire de Donnafugata, vers le visage radieux d'Angelica, vers la fatigue historique, mais si élégante, du Prince Salina. Il suffit de revenir vers Le Guépard de Visconti.

mardi 23 juin 2009

Rouen, la possibilité d'une signature.

On retourne brièvement dans notre chère ville natale, pour le 1er salon du livre, qui se tient, pour ceux qui connaissent, à la Halle aux Toiles. On y signera samedi 27 juin, entre 14heures et 17heures. On appréciera de croiser d'éventuels lecteurs de Feu sur le Quartier général et qui sait de revoir des amis disparus dans le grand fleuve debordien de la SéparationCi dessus, une ancienne amie rouennaise, connue en terminale et fidèle à ses racines vikings, manifestement réjouie à l'idée de me revoir.

lundi 22 juin 2009

Le lieu et la formule


"Le communisme pose le positif comme négation de la négation. Il est donc le moment réel de l'émancipation et de la reconquête de l'homme, un moment nécessaire pour le développement futur de l'histoire."
Marx, Manuscrits de 1844

"J'avais en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de le rendre à son état primitif de fils du Soleil, -et nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule."
Rimbaud, Illuminations

"La commune, c'est ce qui se passe quand les êtres se trouvent, s'entendent et décident de cheminer ensemble. La commune, c'est peut-être ce qui se décide au moment où il serait d'usage de se séparer. C'est la joie de la rencontre qui survit à son étouffement de rigueur. C'est ce qui fait qu'on se dit "nous" et que c'est un évènement."
Comité invisible, L'insurrection qui vient

Après Coupat, Bossuet...


Un mandat d'arrêt vient d'être lancé par la SDAT (sous-direction à l'antiterrorisme) contre Jacques-Benigne Bossuet, qui se fait passer pour évêque de Meaux.
Dans un brûlot anarcho-autonome aussi dangereux que L'insurrection qui vient, de sinistre mémoire, Le Panégyrique de saint François ce Bossuet déclare notamment:

""Je dis donc, ô riches du siècle, que vous avez tort de traiter les pauvres avec un mépris si injurieux. Afin que vous le sachiez, si nous voulions monter à l’origine des choses, nous trouverions peut-être qu’ils n’auraient pas moins de droit que vous aux biens que vous possédez. La nature ou plutôt, pour parler plus chrétiennement, Dieu, le Père commun des hommes, a donné dès le commencement un droit égal à tous ses enfants sur toutes les choses dont ils ont besoin pour la conservation de leur vie. Aucun nous ne se peut vanter d’être plus avantagé par la nature. Mais l’insatiable désir d’amasser n’a pas permis que cette belle fraternité pût durer longtemps dans le monde. Il a fallu venir au partage et à la propriété, qui a produit toutes les querelles et tous les procès : de là est né ce mot de mien et de tien, cette parole si froide, dit l’admirable saint Jean Chrysostome ; de là, cette grande diversité de conditions, les uns vivant dans l’affluence de toutes choses les autres languissant dans une extrême indigence.»

dimanche 21 juin 2009

Sauter les descriptions, 22


À Thionville, les trains tombèrent en panne ou furent soumis à des horaires aléatoires pendant plusieurs mois, à moins que ce fût pendant plusieurs années. Il devint impossible de partir pour Metz, Paris ou le Luxembourg. Lui, il était venu pour un salon de littérature jeunesse, en théorie pour trois jours. Le deuxième, il perdit son téléphone portable, pour arranger les choses. Le salon terminé, les organisateurs disparus, il se retrouva seul. Le temps passa, il quitta son hôtel et s’installa chez une femme aux seins lourds qu’il croisa par hasard dans une rue jaune. Elle lui rappela qu’elle était venue au salon, qu’ils avaient parlé. Il ne s’en souvint pas : plus le temps passait à Thionville et plus il oubliait. Chez elle, elle cuisina des plats consolants comme la potée lorraine, le laissa se servir de sa belle bibliothèque et de son corps calme, silencieux et blanc comme une plaine attendant les invasions et les massacres. Il eut souvent envie de la mordre, de la profaner. Il le fit. Elle se laissa manipuler avec une indifférence troublante. Chaque matin, il alla à la gare. Les panneaux indicateurs ressemblaient à ceux d’une salle des marchés, et plus du tout à ceux d’une compagnie de chemins de fer. Chaque midi, il retourna à l’appartement, manger de la potée et se noyer dans les seins lourds. Chaque après-midi, il but du gris de Toul, lut des romans de Jacques Sternberg, Paul Gégauff, André Pieyre de Mandiargues et regarda la pluie sur le beffroi. L’odeur de la femme aux seins lourds dans le plaisir l’entêta et accrut son sadisme. Si les trains n’étaient pas finalement repartis, il l’aurait sans doute tuée.
Quand il rentra chez lui, il se regarda dans le miroir de l’entrée.
Il avait un peu grossi.

samedi 20 juin 2009

Merci, mon Parti...





...merci d'avoir encore dans tes rangs des hommes comme André Gerin, député maire de Venissieux, qui a de grosses couilles marxistes pour dire que non, interdire la burqa, ce n'est pas stigmatiser l'Islam, c'est émanciper les femmes; de grosses couilles marxistes pour lutter sur les deux fronts, celui des racistes islamophobes qui cherchent la guerre ethnique à tout prix et celui de certains gauchistes (quand est-ce que vous faites le ménage, au NPA?) qui, au nom de l'antisionisme, sont prêts à accepter de défiler aux côtés de femmes voilées et de jeunes connards qui dessinent des croix gammées dans l'Etoile de David.
Merci mon Parti, même si tu laisses dans la minorité des hommes comme lui qui pourtant te redonneraient des couleurs en réhabilitant une ligne dure, classe contre classe. En refusant tout autre clivage, car il n'y en a pas d'autres. Des hommes qui savent que le Noir, le Juif, le pédé, l'Arabe, ce sont des inventions du Capital pour fragmenter les colères, les monter les unes contre les autres et faire qu'on se trompe d'ennemi.
Merci mon Parti de me rappeler que tu fus celui des Surréalistes qui toujours préférèrent la femme nue, libre, rieuse, comme dans un poème de Breton.

Contre-pied



Où l'on défend l'Eglise Catholique, eh oui, pour mieux lutter contre l'oppression techno-marchande ethnodifférentialiste. C'est une brève sur Causeur.

vendredi 19 juin 2009

Retraite à 67 ans?

"Dans son travail, l'ouvrier ne s'affirme pas, mais se nie: il ne s'y sent pas satisfait, mais malheureux: il n'y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et mine son esprit."
Karl Marx, Manuscrits de 1844

Dis, le vérolé du Massif central, tu sais ce que je lui dis à ta retraite à 67 ans?

jeudi 18 juin 2009

18 juin 1940


"A Londres, j'attendais Maurras et Daudet: j'ai eu les juifs, les fous et les aventuriers"

Baudoin de Bodinat, encore une fois.





"Le passé n'a plus de présent pour nous: l'usurpation marchande ne le supportait pas vivant, habité avec du linge aux fenêtres, qui la contredisait toujours: campagnes enchantées du temps de la traction animale, moeurs et usages curieux de ces contrées lointaines peintes à la main, quartiers perdus, rues pensives, paisibles maisons d'avant l'électricité, chansons qu'on chante, profusion des siècles; qui ne sont plus et qui ne reviendront jamais: jetés tout vivants qu'ils furent dans la chaudière du progrès."

Baudoin de Bodinat, La vie sur Terre, réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes, tome premier (Editions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1996)

mercredi 17 juin 2009

Utopie concrète, suite


Si vous êtes dans le coin, il y aura de l'inédit dans l'air...On y lira en public une nouvelle toute fraîche. C'est à Roubaix, la ville de tous les possibles. (on cliquera sur l'image pour voir le détail des festivités.)

mardi 16 juin 2009

Des rapports entre le virus H1-N1 et le pédagogisme


C'est une brève, sur Causeur.

Retour à l'aube


-Ne t'inquiète pas, Jérôme, ce fut une excellente soirée.
-Oui, mais tout de même, Fatou, il y a des ethnodifférentialistes partout, en ce moment. Ils cherchent la guerre des races pour occulter la lutte des classes. Et je n'ai pas envie de ressortir les vieilles Sten des FTP. Mais si on en est là...
-Ce n'est pas nouveau, Jérôme, souviens toi de Bobby Seale, le leader des Panthères Noires: "Notre problème, c'est ce sytème de classe dominante qui perpétue le racisme et l'utilise comme moyen de maintenir son exploitation capitaliste"
-Ils étaient pas racistes, les Panthères Noires, alors?
-Bah non, ils étaient marxistes, surtout.
-Fatou?
-Oui, Jérôme?
-Embrasse-moi en attendant la guerre.
-Je ne fais que ça.

lundi 15 juin 2009

dimanche 14 juin 2009

Poetry in motion

Le portugais l’italien et le français
Sont les plus belles langues du monde penses-tu
Alors que tu écoutes dans la chambre d’hôtel
Une chanson de marisa monte
On devait parler portugais en atlantide
Vivo em constante alegria
C’est la fille qui sait des chansons
Qui t’a envoyé cela grâce au wifi
Elle sait la magie de son temps
Sans illusion pourtant
Sur le progrès ni l’amour elle est française
N’est-ce pas n’est-ce pas n’est-ce pas
On devait rencontrer des françaises comme elle en atlantide
Tu écoutes marisa monte encore et encore
Langue des oiseaux disait de roux langue pour utopie
Comme l’atlantide comme ta jeunesse comme sa jeunesse
Sans illusion pourtant
E um espelho sem razao
Rien ne vaut la chambre d’hôtel
A l’autre bout du pays près de la gare comme d’habitude
Pour écouter une chanson de marisa monte
Allongé les mains croisées derrière la tête
Ecoute la langue des oiseaux
Tu es aussi loin que ta jeunesse
Le tgv qui passe sans s’arrêter
Pur et anonyme comme la chambre d’hôtel
Va peut-être bien en atlantide
Au pays des françaises qui savent des chansons.
Juin 09 JL

samedi 13 juin 2009

Cohn-Bendit, le retour de l'invasion des profanateurs de sépultures


-Oh non, le revoilà, le rouquemoute moraliste, le pote des patrons, le parangon de la "génération lyrique", le mec qu'a pas dû écrire le mot "ouvrier" depuis trente ans.
-Il me fout la trouille à moi. Appelle Jérôme qu'il fasse quelque chose...
-Bah justement, sur Causeur, il montre que Cohn-Bendit, c'est rien qu'un personnage d'Orwell.
-Et après?
-Après, il rentre chez nous, le devoir accompli. Tu as pris ta douche?
-Non, et toi?
-On y va, on laissera couler l'eau pendant des heures, rien que pour emmerder les décroissants.

vendredi 12 juin 2009

Aux militants du NPA...


....et très accessoirement au sinistre CSP qui se chie dessus à force d'hystérie haineuse, ce post emprunté à un de nos abonnés, Le Yogi et le Commissaire, que nous remercions ici. J'attire l'attention sur le fait, assez douloureux tout de même, que l'attitude autiste de la direction NPIste , (les chiffres sont têtus, ce sont des faits), a permis l'élection d'un député européen Front national (et pas n'importe lequel). J'ai pas dit "enculés", car c'est homophobe mais je le pense très fort.(1)

Et si le Front de Gauche avait réuni l’ensemble de l’autre gauche jusqu’au NPA ?
Les scores, le nombre de sièges pour l’autre gauche et aussi le rapport de forces au sein de la gauche auraient été non seulement renforcés, mais nous serions parvenus à changer le paysage politique.
`
Dans chacune des circonscriptions si nous avions fait liste commune, nous pouvons estimer que nous serions parvenus :
Nord : 2 élus au lieu de 1 `
Est : 1 élu au lieu de 0 mais surtout nous aurions privé le FN de leur siège

Ouest : 1 élu au lieu de 0 ce qui aurait privé l’UMP d’un siège

Ile de France : 2 élus au lieu de 1 là encore au détriment de l’UMP
Sud Ouest : 2 élus au lieu de 1 et dans cette circonscription nous aurions pu représenter la 3e force politique…

Sud Est : 2 élus au lieu d’1 et surtout nous aurions privé Le Pen de sa réélection
Centre : 1 élu au lieu de 0 en prenant le 3e siège de l’UMP qui est revenu à Hortefeux…
Symboliquement cela n’aurait pas été inutile.

Dom Tom : pas de changement 1 élu

Ensemble nous aurions pu avoir 12 élus au lieu des 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA, être en position d’offrir une réelle alternative à la gauche qui pantoufle… `
Bien sûr toute extrapolation est toujours difficile à faire mais tout de même cela doit nous inciter à poursuivre la politique de la main tendue vis à vis du NPA.
Pour reconstruire la gauche en France il faut l’union de l’autre gauche. Mesurons également que ce rassemblement aurait permis de laminer le FN. D'ailleurs, en Europe, si nous assistons à la montée de l’extrême droite dans un certain nombre de pays, c’est toujours là où il n’existe pas d’alternative crédible de l’autre gauche.


(1) Nous parlons évidemment de la direction du NPA et aucunement de ses militants qui se révèlent tout de même assez atterrés dans l'ensemble.

A tout hasard...

...et pour les habitants de la métropole lillouase, je signale que je signerai demain samedi, à partir de 14H30, à l'excellente librairie polar/sf/fantastique/littérature de drogués Les Quatres Chemins.

Tourner le dos au vieux modèle productiviste?

-Oui, mais moi qui milite depuis des années au PCF, comment vais- je concilier mon attachement aux principes du marxisme de domination de la nature par l'homme et les nouvelles exigences écologiques de notre temps, hein, comment je fais, moi? Surtout sans sombrer dans le capitalisme vert cohnbenditien? Arrêter de porter des culottes, c'est facile mais se passer de bagnoles....Je vais demander conseil à Jérôme, tiens... Mais si ça se trouve, il n'en a aucune idée, ce branleur... Ou alors à Emmanuel Rousselet, dont vous trouverez le lien dans le bloguerolle, juste à côté? Il dit des choses très intéressantes sur le sujet, Emmanuel Rousselet, et puis on peut lui faire confiance: c'est en écologiste convaincu qu'il a décidé de rejoindre le Front de gauche...

jeudi 11 juin 2009

Où il va être question de Serge Quadruppani, du pubis féminin et de l'abstention aux élections européennes.



Nous sommes à peu près d'accord sur tout avec Serge Quadruppani qui non seulement est notre ami mais de surcroît un des plus grands auteurs de noir de ce temps (on le redit avec plaisir dans le numéro de Lire spécial polar de juin).
D'ailleurs, un jour, ici ou dans un livre, nous raconterons comment cet éternel jeune homme, qui fut victime d'un maccarthysme de "gauche" dans les années 90, a su nous aider contre d'autres psychorigides à l'anathème facile et direct quinze ans plus tard. Il n'y pas pas d'amitié, seulement des preuves d'amitié. Et ce que nous aimons aussi chez Serge, c'est cette foi dans l'émancipation qui passe chez lui par un refus de tous les appareils et la volonté de ne pas reproduire ce dont on a été victime, brisant ainsi la fatalité et la connerie qui font d'un enfant maltraité un père maltaiteur ou d'anciens autonomes amoureux de la liberté des bureaucrates associatifs.
Je lui dois aussi, à Serge, parmi mes plus belles heures de lectures de ces dernières années, qu'il en soit directement l'auteur (Vous n'avez pas encore lu Les Alpes de la Lune?) ou qu'il joue à merveille son rôle de passeur traducteur chez Anne-Marie Métailé nous faisant découvrir ce qu'il y a de plus "caviar noir" dans la production italienne, et là aussi tout le monde devrait avoir lu Pizzeria Inferno de Michele Serio ou les romans de l'extraordinaire groupe Wu Ming (dont le site est en lien chez Actu du noir de l'ami Jean-Marc Lahérerre). Et puis, bon, on en a déjà parlé, mais ça va mieux en le disant, Serge lui ne ménage pas son soutien quand on embastille des penseurs et des écrivains. Pour lui, contrairement aux passionaria vertoranges centristes, ce n'est pas fromage ou dessert, Battisti ou Coupat mais Battisti ET Coupat.
Serge, en plus, il aime le vin naturel, réussit impeccablement le gigot à la tapenade et croit imminent le déferlement de la furie prolétarienne, ce qui fait que passer deux heures avec lui remonte le moral à n'importe qui, même à un stal obsidional-paranoïaque.
Hélas, j'ai deux divergences majeures avec Serge: la première porte sur la douloureuse question du pubis féminin qu'il souhaite voir adopter la forme dite du ticket de métro, voire de l'épilation totale. Nous sommes nous plutôt en la matière partisan de Courbet et de l'écologie radicale et nous aimons la touffe en liberté à la pilosité aussi désordonnée, naturelle et romantique qu'un jardin anglais.
La seconde est sur la question des élections. Estimant qu'il ne s'agit là que d'une mascarade obsolète servant d'alibi à la démocratie bourgeoise pour perpétuer l'oppression capitaliste, Serge affiche un désintérêt total et amusé pour nos vaines gesticulations militantes.
Il se réjouit ainsi sur son blogue joliment intitulé Les contrées magnifiques du taux d'abstention de 60% aux dernières européennes et croit discerner dans le fait qu'elle touche essentiellement les jeunes, les pauvres et les jeunes pauvres et moyens pauvres, les prodromes de la Révolution.
Le problème est que son raisonnement serait recevable si ces 60% avaient conscience d'eux-mêmes en tant que classe. Or, pour l'instant, il s'agit davantage de désespoir. Le problème est qu'en face, en gros de l'UMP à la liste Europe Ecologie, ça arrange, cette abstention. Regardons comment l'UMP pavoise avec 28% de 40% qui ne font pas grand chose, certes, mais sont tellement visibles qu'ils vont servir de blanc-seing pour poursuivre la politique d'ensauvagement ultralibéral du monde. L'abstention n'est pas un refus, ici, mais une passivité aboulique.
Je ne crois pas plus que Serge dans la démocratie spectaculaire-marchande pour changer le monde. Mais je sais qu'elle est là, et je ne vais pas la laisser faire toute seule ses saloperies sous prétexte qu'elle ne me plaît pas. Et puis, après tout, le seul processus de révolution socialiste actuellement en cours sur la planète, à savoir la révolution bolivarienne du Vénézuela se fait grâce à Chavez qui a accédé démocratiquement au pouvoir. Heureusement qu'il ne s'est pas abstenu, le peuple vénézuélien en 1998, parce que pour ce qui est de l'alphabétisation, de la santé, du logement, de la culture, ce serait peau de balle et balai de crin.
Plus généralement l'abstentionniste (mais pas celui qui vote blanc, celui là opère encore un choix qui fut celui de votre serviteur en 2002 quand il décida en conscience dans l'isoloir de laisser droite et extrême droite en tête à tête nauséabond) me fait penser à ces gens qui se plaignent de ne pas trouver l'amour. Encore faut-il essayer... Mais non, les femmes abstentionnistes trouvent que personne n'est assez bien pour elle et les hommes du même genre n'osent pas ou plus, de peur de se prendre une veste. Alors qu'on sait bien, à la lecture de ses Mémoires, que Casanova n'était ni plus beau, ni plus intelligent que la moyenne. Simplement, il tentait sa chance à chaque fois. Et pour dix refus, il connaissait une bonne fortune. Sachant qu'il passait sa vie à ça, essayer d'emballer, il réussissait finalement assez souvent contrairement au timide/abstentionniste, comdamné à se tripoter la nouille.
Donc, tant que la démocratie bourgeoise sera notre forme d'organisation, je voterai à chaque fois. Et parfois, il m'arrivera de gagner, comme en 2005, avec la divine surprise du Non au TCE.
En attendant, je reviens au début de ce billet et vous prie instamment de lire Serge Quadruppani si vous ne voulez pas, comme un abstentionniste, mourir idiot. Par exemple, la novella que nous avons éditée de lui lors de notre éphémère passage comme directeur de collection au Rocher...

mercredi 10 juin 2009

Oui, vous danserez sur moi dans le temps libéré.



Oui, faites ça, s'il vous plait....
Il est temps, vraiment.


thank's fot the first pic, ubi

Toi, je t'aime déjà.


J'aime l'idée que ta candeur violente mette fin à la pourriture libérale dans le grand vent frais et joyeux de la fureur prolétarienne. Je sais que tu ne m'épargneras pas, moi, homme du monde d'avant, avec mes contradictions qui me fatiguent, mes références qui m'encombrent, mes livres, mes alcools, mes paysages.
De toute manière, je ne les mérite plus. Regarde ce que j'ai laissé faire.
Je suis assez heureux, finalement, que ce soit toi qui procèdes à la mise à mort.
Vous danserez sur moi, ensuite, dans le temps libéré.
Tu seras ma fin dans l'effroi que je préfèrerai toujours à l'effroi sans fin de la non-vie dans la société spectaculaire-marchande.
Tu es la beauté convulsive.
Verrà la morte e avrà i tuoi occhi
Dépêche-toi, je te le répète, je suis si fatigué.

mardi 9 juin 2009

Avec tout ça, on avait oubié de vous dire que...


...Christian Authier a fait un bel article sur notre En harmonie dans le Figaro. Que Baptiste Liger dans le dossier Spécial Polar du Lire de juin consacre un long papier au NPN (nouveau polar nihiliste)(1) où nous sommes très fiers de nous retrouver dans la compagnie couillue de Doa et Chainas (nous n'avons pas encore lu son dernier, Anaithésia, parce que tout s'est un peu bousculé entre la campagne électorale et notre cavale française avec la Grande Môme, mais nous ne manquerons pas d'en rendre compte ici et ailleurs, très prochainement, excuse nous Antoine pour ce retard...)
Et puis pour aggraver notre cas, que nous avons écrit un long papier sur l'actualité de Dashiell Hammett dans Valeurs actuelles.


(1)Et non NPA, petits canaillous, qui en l'occurrence signifierait plutôt "nouveau polar anorexique", avec 4, 8% de matière grasse)