dimanche 31 mai 2009

Poetry in motion


vieillir
ce n'est pas seulement prendre du poids
perdre du souffle
mettre plus longtemps
à récupérer d'une cuite d'une dérive
vieillir
c'est aussi par exemple
commencer à aimer godard
pire avoir besoin de revoir
quoi disons au moins une fois
par mois
alphaville la chinoise
et masculin féminin surtout masculin féminin
comme si on allait trouver
dans le noir et blanc de 66
pourquoi
on prend du poids
on perd du souffle
on met plus longtemps
à récupérer d'une cuite d'une dérive
alors qu'ils sont si jeunes là
dans masculin féminin
comme s'ils n'allaient jamais
vraiment
vieillir

jl, 31/05/09

8 commentaires:

  1. Oh boh alors "LONELY TEARDROPS", vous m'avez émue. Il ne faut pas être triste comme ça pour si peu. - Vieillir, la belle affaire! (Quoi? Ce n'était pas ça que disait Jacques Brel? ;) ). Non ce qui compte c'est encore d'avoir fait quelque chose de sa vie. Tout le monde n'est pas dans ce cas qui est le vôtre, vous savez. Ma grand-mère aimerait vivre assez longtemps pour me voir trouver un vrai travail, vivre avec mon copain, recevoir des amies pour le thé. Cela n'arrivera jamais, je suis donc pour toujours devant ses yeux à l'image de notre époque : une décadence par rapport à la sienne. Quand j'étais petite je voulais connaître la guerre pour ne plus subir l'admiration que je ressentais, si forte, pour elle et ses résistances. Cela ne viendra pas. Ou bien pas assez vite sans doute pour qu'elle puisse le voir. C'est-à-dire donc qu'elle emportera et l'idéal de vie en question et sa défaite définitive. Peu importeront ensuite, son regard naïf disparu, les pauvres désirs de norme qui m'avaient aliénée et je sombrerai en me réalisant à ma façon, dans la négation de tout ce qui fut un monde, un pays, une époque. Il n'y aura plus de France. Et les hommes de l'Histoire auront disparu.

    (Suis-je bête... Vous avez 44 ans... Vous appartenez donc déjà pour ainsi dire à une génération perdue... La première peut-être. Bof vous savez j'ai une devise très provinciale : "On ne devrait jamais se sentir perdu nulle part vu que tous les chemins mènent à Rome".)

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  2. Corrégienne ou collégienne? Je ne connais pas le premier mot.

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  3. Ca y est, à présent je connais l'origine de l'expression que vous avez employée. C'est pratique, Google, tout de même. ^^ Mais dans un sens c'est moins joli aussi que d'apprendre d'un maître, ou d'un père, ou d'un amant comme pour le plus gros de mon petit bagage, j'ai pour ainsi dire toujours fait.

    A ce propos vous n'avez jamais répondu à mon premier commentaire. Je vous avais demandé ce que vous entendiez par le terme "préchoc" (appliqué à la femme)... Vous m'expliquerez?

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  4. Sk, merci. Le carré des officiers. On laisse les flingues au vestaire. On donne sa chance au goût. On fera la guerre plus tard, si on la fait.

    Millie, corrégienne, pour vous, c'est le prelier adjectif qui m'est venu à voir votre délicieux presse-book. Beaucoup de douceur, beaucoup de décision.

    Les préchocs sont les enfants né avant le choc pétrolier. A partir de 1973 et très progressivement, une politique d'implantation par une puce a été décidée dans le but d'accroître la soumission aux nouvelles conditions de vie de la société spectaculaire marchande (pollution, chômage de masse, violence accrue des rapports de production). On les appelle postchoc: les trentenaires sont les plus touchés. La preuve ils lisent les Inrocks et croient que le mariage homo est une question plus importante que les délocalisations et ils acceptent de manger debout dans la rue des sandwichs parce qu'ils sont pressés ou même ils parlent seul à des oreillettes. j'appelle ces mutants des postchocs. Cette théorie est développée dans quelques unes de mes nouvelles et surtout dans mon roman paru en septembre, La minute prescrite pour l'assaut.
    Quelques postchocs arrivent néanmoins, sans le savoir, à lutter avec leur implant. On les reconnait à des prises de positions politiques aberrantes et un acharnement violent dans la défense des fromages non pasteurisés.

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  5. Han! C'était donc ça!

    Quand je lis certains auteurs du passé, il me semble appartenir à une même humanité, toute de violence d'appétits et d'espoirs ; je leur reconnais certaines démesures familières - colères de feu, joies terrestres, peines de sang - et je me dis que je suis sous leur protection, que tout ira bien. Mais alors je descends dans la rue et c'est le drame : ou bien ma race s'est complètement éteinte, ou bien j'ai tout simplement halluciné une définition de l'homme telle qu'elle n'existe pas, car d'hommes à mon sens, je n'en vois aucun.

    A présent que vous le dite, je me rappelle qu'il y eut tout un souk à ma naissance, rien n'allait comme il fallait. Je jurerais qu'ils ont oublié de m'implanter! ;)

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ouverture du feu en position défavorable