mardi 26 mai 2009

Poetry in motion



à la superbe jeune fille qui traversait le cimetière

je m'arrête au feu
et je la vois traverser le cimetière -

car elle passe en ce moment devant la clôture
de fer
et à travers les barreaux de la clôture, je peux la
voir
ainsi que le haut des stèles
et l'herbe alentour.

son corps bouge
les stèles ne bougent pas.

je me demande
si quelqu'un d'autre peut la voir.

je me demande aussi
si elle regarde les stèles.

et si c'est le cas
elle est plus équilibrée que je ne le suis
car elle semble y prêter attention.

un corps se déplace
comme animé par un fluide magique
et le soleil de 3 heures 30
fait briller ses longs cheveux.

le feu passe au vert.
elle traverse la rue en direction de l'ouest
je l'imite.

je file vers l'océan
et quand j'y suis
je descends de voiture et reste
pendant 35 minutes environ
à contempler les passants
qui ne sont que des yeux, des oreilles,
des orteils, etc.

tout le monde a l'air de s'en foutre.

L'amour est un chien de l'enfer, Charles Bukowski