dimanche 5 avril 2009

Oui, finalement, Godard 66

Plus ça va, plus on aime le Godard des années soixante. Alphaville, Masculin Féminin, La Chinoise, vous aurez beau faire. Ce monde plein de filles préchocs, c'était quelque chose quand même. On les sentait vivantes, pas implantées.
Même Chantal Goya, c'est dire, dans Masculin feminin, on est comme Jean-Pierre Léaud, on n'a qu'une envie, c'est de coucher avec elle. Les filles qui chantent font souvent cet effet là, d'ailleurs.
Masculin Féminin, c'est 66, l'année où Mao tente une expérience originale et prometteuse en Chine avec la révolution Culturelle, l'année où la France quitte l'OTAN (à ce propos, honneur aux Black Bloc qui à Strasbourg, par une remarquable ruse de la raison, se trouvent être les derniers gaullistes.), l'année où les jupes raccourcissent et où Debord termine La Société du Spectacle.
Bon, sinon, il est évident que la romance yéyé de Chantal Goya, dans Masculin Féminin, est codée.
Il n'est bien sûr pas question d'un garçon derrière le pronom, mais du communisme qui se fait attendre. Et Chantal s'interroge avec angoisse sur la praxis en posant la seule question qui vaille. Comment le revoir?